Interdire les salons de bronzage aux mineurs ?

La Californie est devenue cette semaine le premier État américain à interdire strictement l’utilisation des lits de bronzage aux mineurs, même avec l’autorisation de leurs parents.

Cette mesure préconisée par l’OMS et que réclament de nombreux spécialistes de la santé, vise à contrer l’augmentation du nombre de cancers de la peau à un jeune âge, alors que le bronzage artificiel est de plus en plus populaire chez les adolescentes et les jeunes femmes.

Au Québec, la Société canadienne du cancer réclame aussi une telle interdiction, et invite la population à signer sa pétition sur le site de l’Assemblée nationale.

La recherche a démontré que le bronzage artificiel est, tout comme le bronzage au naturel, une cause majeure de cancer de la peau. 

Une étude menée sur 2 300 personnes au Minnesota l’an dernier a notamment calculé que les personnes qui recourent aux salons de bronzage voient leur risque de mélanome augmenter de 75% par rapport à celles qui se contentent de bronzer au naturel.

Selon l’Association américaine de dermatologie, 2,3 millions des 30 millions d’Américains qui recourent aux salons de bronzage sont des adolescents, surtout des filles.

Depuis 1992, le taux de mélanomes a augmenté de 3% par an chez les femmes blanches américaines de 15 à 39 ans.

La motivation est principalement esthétique, mais les salons de bronzage évoquent aussi souvent l’argument des carences en vitamine D pour justifier leurs services.

Un argument fallacieux s’il en est, puisque des suppléments de vitamine D sont beaucoup plus sécuritaires et peu coûteux pour contrer d’éventuelles carences.

Sans compter que bien s’alimenter et passer du temps dehors permet en outre d’éviter quasiment à coup sûr de manquer de vitamine D, un problème qui touche surtout… les 50 ans et plus.

La protection du chiffre d’affaire des salons de bronzage vaut-elle la peine qu’on se prive d’une mesure de santé publique qui n’a d’autre conséquence néfaste?

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