Intimidation : vos enfants vous imitent

L’émotion suscitée par le suicide de la jeune Marjorie Raymond a remis l’intimidation et la violence à l’école sur le devant de la scène.

Sur toutes les tribunes, des gens dénoncent ce phénomène et plusieurs demandent des sanctions plus sévères pour les intimidateurs… comme si l’intimidation était un fléau galopant contre lequel tous les moyens sont bons.

Mais y a-t-il vraiment plus d’intimidation et de violence dans les écoles qu’avant? Ou est-ce notre seuil de tolérance qui baisse et nos moyens d’investigation et de dénonciation qui augmentent?

Je n’ai trouvé aucune étude qui permette de dire si l’intimidation et la violence à l’école sont plus ou moins fréquentes qu’avant. Logique, car la plupart des études sur ce sujet sont très récentes (moins de 10 ans).

Les enquêtes sur l’étendue de l’intimidation, comme celle réalisée par l’Institut de la statistique du Québec en septembre dernier, n’ont pas été répétées à plusieurs années d’écart pour qu’on puisse dégager une tendance.

Actuellement, les recherches sur ce sujet portent surtout sur les ressorts de l’intimidation et la mise au point et l’évaluation de programmes d’intervention.

En 2009, le Groupe de recherche sur les environnements scolaires de l’université de Montréal a préparé un rapport sur la violence au secondaire, sur lequel s’appuie entre autres le plan d’action pour prévenir et traiter la violence à l’école du MELS. En voici un extrait:

Ce rapport confirme une évidence : il y a de la violence dans les écoles. Comment pourrait-il en être autrement, l’école étant un microcosme de sa société. Y en a-t-il beaucoup, trop? La réalité dépeinte doit-elle nous préoccuper ou nous inquiéter? Les réponses à ces questions sont nécessairement difficiles, car relatives à des normes qui sont d’abord morales, à l’image des valeurs d’une société ou de celles des individus.

À l’échelle de la société, le taux de crimes violents ne cesse de baisser. C’est moins évident pour les petits méfaits, comme le fait d’utiliser son téléphone cellulaire en conduisant même si l’on sait que c’est interdit parce que dangereux pour soi et pour les autres.

C’est probablement la même chose dans les écoles. Comme le montre cette excellente publicité contre la violence chez les jeunes… vos enfants vous imitent!

Tout cela n’enlève rien à l’infinie tristesse du drame de Marjorie Raymond. En sa mémoire, nous devrions tous nous interroger sur notre propre comportement en société plutôt que de militer en faveur de peines sans cesse plus sévères quand on sait qu’elles ne servent à rien.

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Si les jeunes copient ce qu’ils voient a la maison,le contraire est aussi vrai. Je m’explique,ici c’est mon fils qui subit de l’intimidation,et ce,depuis 6ans,il a 12ans…Et jamais il ne réplique,pourquoi,parce que moi sa mère ne dit jamais un mot, endure tout,ne dit jamais NON et surtout présente l’autre joue quand je reçois une claque,alors mon fils me copie.C’est vrai que les jeunes nous copient mais pas toujours pour le mieux ,
Merci

La criminalité baisse c’est vrai. La population vieilli c’est vrai aussi. Quand on compare les chiffres du québec en proportion avec ceux de d’autres provinces plus sévères, on se rend compte de l’échec du modèle québécois encore une fois.

Mais la sévérité a son prix. Le manque d’autorité et de discipline aussi a son prix.

D’aures oposants au sénateur Boisvenu ont préféré attaquer sa personne et sa position plutôt que le fond de son argumentation. C’est aussi de l’intimidation.

Mais je ne suis jamais opposé de voir la gauche prêcher la responsabilité individuelle. Ça peut aussi s’appliquer à d’autres domaines.

Je suis d’accord avec vous que les enfants ont tendance à imiter ce qu’ils voient dans la société adulte.
Il suffit de lire ce que certains écrivent dans les commentaires-blogues pour réaliser le grand nombre de crapules, de pas-éduqués et d’incapables-de-vivre-en-société qui vivent dans notre belle province.
Pourquoi avons-nous autant de prisonniers dans nos prisons fédérales (peine de plus de 2 ans)et provinciales (moins de 2 ans ou en attente de procès) ?
Mais quoi faire pour que les jeunes soient bien en milieu scolaire ?
Certainement, inculquer le respect de l’autre, laisser vivre les autres en paix et puis peut-être convaincre les jeunes de se tenir en gang, de refuser de se laisser isoler, de refuser les gestes et les commentaires portant atteinte à leur dignité.
Les parents de jeunes harceleurs doivent savoir ce que font et disent leurs jeunes et intervenir tout de suite dans les affaires qui peuvent dégénérer.
SVP Québécois et Québécoises, arrêtez de divorcer, soyez responsables et soyez présents pour vos enfants. C’est une question de vie et de survie de notre grande nation.

Il ne faut jamais être solitaire dans une cours d’école,comme dans la société en général. Les enfants solitaires, qui n’arrivent pas à s’intégrés socialement sont ceux qui se font harcelés. Les êtres humains ne sont pas différents des loups, si tu ne fais pas partie de la meute gare à toi.

Eh bien oui c’est vrai, les enfants ont tendance à imiter ce qu’ils voient, donc tous ces humoristes qui s’amusent aux dépends des gros, des maigres etc….

Je n’ai que 15 ans, mais même si je suis jeune, je crois être bien placée pour pouvoir donner mon opinion, puisque je fréquente présentement l’école secondaire donc je suis témoins de bien des choses. Premièrement, je suis entièrement d’accord sur le fait que nous, les jeunes, sommes influencés par nos parents sur notre manière d’agir, et pas seulement par hérédité, mais par l’exemple qu’ils nous donnent. Et je pense que c’est aussi de la façon dont on est élevé qui va déterminer comment on va agir si on est victime d’intimidation (ou encore si on en est témoin ou qu’on en fait subir à quelqu’un d’autre). Moi, personnellement, je ne me fais presque jamais intimider, et je ne pense pas que ce soit à cause que j’ai de la chance, mais plutôt à cause de ma façon de vivre et mes manières d’agir (que m’ont en quelques sortes inculquer mes parents). Je m’explique: À l’école, je suis plutôt timide et réservée, donc je suis discrète et passe souvent inaperçue, mais on ne m’intimide pas pour autant. C’est surtout parce que j’ai de très bonne amies, donc je ne reste pas souvent seule, mais c’est aussi parce que mes parents m’ont appris à vivre, à ne pas chercher à « faire chier » le monde (désolé l’expression, mais c’est plus clair comme cela), à ne pas rester seule dans mon coin à me couper du reste du monde (une personnes peut-être introvertie, mais elle doit reconnaître qu’elle est humaine et qu’elle doit partager sa vie avec d’autres), donc à ne pas être la proie de ceux qui s’amuse à intimider les autres (et qui selon moi le font pour se sentir supérieur car ils ont une mauvaise estime d’eux-même).
Bref, j’espère vous avoir éclairer un peu sur la vison des jeunes sur l’intimidation, et s’il y a quelque chose dans mon message qui vous fait douter, dites-le moi et je me ferai le plaisir de vous expliquer!

M. Tremblay,

Pouvez-vous m’indiquer les chiffres sur lesquels vous basez l’affirmation suivantes et leur sources s’il vous plait:

«Quand on compare les chiffres du québec en proportion avec ceux de d’autres provinces plus sévères, on se rend compte de l’échec du modèle québécois encore une fois.»

Le respect
Le respect ne s’ordonne pas. Mais il s’enseigne.
J’ai grandi à une époque où j’ai appris à vouvoyer mes parents(père. mère. oncles, tantes) Et à plus fortes raisons les étrangers qui étaient plus âgés que moi.
Cet exercice m’ a petit à petit instillé un sens du respect pour l’autre, une prise de conscience de l’importance de l’autre. C’était un apprentissage de la civilisation par l’usage des civilités.
Puis, pour soi-disant permettre à l’enfant de mieux s’épanouir, on a voulu, dès le bas âge, le traiter en adulte.
Bien sûr, on leur dit qu’il faut respecter l’autre. Ils le savent.
Mais la véritable formation implique plus que le savoir. Il faut le savoir, le savoir-être et le savoir-vivre. Les deux dernières parties de cette exigence sont totalement absentes dans la majorité de nos foyers aujourd’hui. Et, avant de s’en prendre aux commissions scolaires, il faudrait d’abord amener les parents et les enseignants à changer.

Je suis québécoise et enseignante en Ontario. L’intimidation dans les écoles, celle où j’enseigne et celles que mes enfants ont fréquentées, est très présente. Ce n’est pas un phénomène unique au Québec. Les élèves sont surtout intimidés à cause de leur apparence, leurs vêtements, leur rendement académique et leur orientation sexuelle. Nous essayons d’intervenir à chaque fois que nous sommes témoins d’intimidation, mais les enseignants ne peuvent pas tout voir. Je ne connais pas tous les parents de mes élèves, je ne peux donc pas juger, mais j’ai moi-même été victime d’intimidation (bullying) tout au long de mon enfance et de mon adolescence de la part de mon grand frère sous les yeux complices de ma mère qui se demande toujours, aujourd’hui, pourquoi je n’ai aussi bien réussi ma vie que lui! La volonté de réduire l’intimidation dans mon école est sincère. Je m’en réjouis car les conséquences de l’intimidation sont à vie.

Excellente publicité. On cible souvent les jeunes pour faire de la prévention, mais on oublie les adultes qui sont de piètres exemples. Belle hypocrisie. « Faites ce que je dis mais pas ce que je fais. »
Non, l’intimidation n’est pas un phénomène nouveau. Il y a 2000 ans, ça s’appelait de la persécution. Pour que ça cesse, il ne faut pas se laisser faire, mais comment se défendre? Les jeunes ont-ils vraiment les moyens de se défendre? Sont-ils écoutés?

Je suis le père d’une ado. de 16 ans qui a été harcelée et intimidée par le passé (… elle est décédée en juin 2011). Je crois que tout commence par le respect; le respect de l’autre, le respect de son propre enfant, le respect des autres et ce ce faisant, amènera le respect réciproque.
Tout n’est qu’une question de respect. Un employeur envers ses employés. Un premier ministre envers ses concitoyens, etc … Amen et paix pour toi Stéphanie.
XXX

Nos jeunes vivent l’intimidation presque chaque jour. Je crois que même si les adolescents sont difficiles à suivre, les parents doivent maintenir le dialogue de manière à comprendre leurs jeunes. Il y a certains qui ne pensent jamais à demander comment l’enfant à passé la journée. Comme on l’a toujours dit: tel père, tel fils. On peut enseigner à nos jeunes le respect de l’autre, le respect de la différence.

Un jour, lorsque mon fils était au secondaire, j’ai décodé un message d’intimidation dans son agenda. C’était plus que de l’intimidation, c’était des insultes très offenssantes. Je me suis adressée à la direction de l’école, qui a très bien collaboré. Le jeune qui était l’auteur a reconnu le mal qu’il nous a fait. Mais j’étais très étonnée devant le mutisme de ses parents, c’était comme si ce jeune était orphelin. Où sont les parents??? Que font ils pour préparer leur enfant à devnir un bon citoyen?

Je suis un peu tannée d’entendre des : « C’est triste pour sa mère ; c’est pas si grave que ça ; y’en a pa tant que ça… »

Tant que la société agira de manière désinvolte par rapport à l’intimidation et qu’il n’y aura pas ou peu de conséquences pour les intimidateurs, des jeunes continueront d’en être victimes.

Lorsqu’un jeune intimide un autre jeune au point de pousser ce dernier à mettre fin à sa vie, le temps n’est plus à la causette mais à l’application du Code criminel.

Le Code criminel du Canada contient plusieurs articles qui pourraient s’appliquer dans un tel cas.

Par exemple :

Article 245
Quiconque administre ou fait administrer à une personne, ou fait en sorte qu’une personne prenne, un poison ou une autre substance destructive ou délétère, est coupable d’un acte criminel et passible :
a) d’un emprisonnement maximal de quatorze ans, s’il a l’intention, par là, de mettre la vie de cette personne en danger ou de lui causer des lésions corporelles
b) d’un emprisonnement maximal.
Article 219. (1) Est coupable de négligence criminelle quiconque montre une insouciance déréglée ou téméraire à l’égard de la vie ou de la sécurité d’autrui :
a) soit en faisant quelque chose
b) soit en omettant de faire quelque chose qu’il est de son devoir d’accomplir.
Article 220. Quiconque, par négligence criminelle, cause la mort d’une autre personne est coupable d’un acte criminel passible :
a) s’il y a usage d’une arme à feu lors de la perpétration de l’infraction, de l’emprisonnement à perpétuité, la peine minimale étant de quatre ans
b) dans les autres cas, de l’emprisonnement à perpétuité.

Article 222
1) Commet un homicide quiconque, directement ou indirectement, par quelque moyen, cause la mort d’un être humain.
5) Une personne commet un homicide coupable lorsqu’elle cause la mort d’un être humain :
a) soit au moyen d’un acte illégal
b) soit par négligence criminelle
c) soit en portant cet être humain, par des menaces ou la crainte de quelque violence, ou par la supercherie, à faire quelque chose qui cause sa mort.

Article 224
Lorsque, par un acte ou une omission, une personne fait une chose qui entraîne la mort d’un être humain, elle cause la mort de cet être humain, bien que la mort produite par cette cause eût pu être empêchée en recourant à des moyens appropriés.

Article 241
Est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de quatorze ans quiconque, selon le cas :

a) conseille à une personne de se donner la mort
b) aide ou encourage quelqu’un à se donner la mort.

Ces articles du Code criminel soulèvent une réflexion que nous devons avoir en tant que société ; une société où tous les jeunes sont en droit d’aller à l’école sans se faire intimider.

Je termine en rappelant que la violence est difficile à contrer quand elle fonctionne et qu’il n’y a pas de conséquences pour l’agresseur.