La CAQ et la santé : révolution ou simple évolution?

Le Dr Alain Vadeboncoeur se demande à quoi va bien pouvoir ressembler l’action d’un gouvernement caquiste en matière de santé. Il appelle de ses voeux des promesses de réinvestissements comme dans la dernière année du gouvernement libéral, plutôt que des compressions répétées comme dans les premières années de ce même gouvernement.  

Danielle McCann et François Legault (photo : La Presse canadienne)

L’élection de la CAQ ayant été décrite avec justesse comme un tremblement de terre politique, on peut logiquement se demander si elle ébranlera les fondations de notre système de santé. Je parie que non, du moins si on se fie à la plate-forme présentée durant la campagne. Ce qui serait une bonne nouvelle pour tout le monde.

Parce que ses propositions demeurent somme toute dans la continuité de l’action du précédent gouvernement et dans la lignée des propositions des autres partis, dont le PLQ – un peu moins QS évidemment. De plus, les divergences notées avec le PLQ sont plutôt les bienvenues.

La CAQ et la première ligne

Si la CAQ propose sans surprise que tous les Québécois « possèdent » un médecin de famille, on insiste aussi sur l’amélioration des délais pour les rendez-vous urgents, qu’on souhaite limiter à 36 heures (ce qui serait une avancée). On parle ici d’accès adapté, ce qui signifie pouvoir prendre rendez-vous rapidement avec son médecin lorsqu’on est malade. Continuité, donc.

On espère que ce mouvement vers un meilleur accès va s’accélérer, puisque les délais demeurent un problème central dans notre système de santé. À cet égard, il faut savoir que le ministère s’est déjà doté d’un outil pour les rendez-vous en ligne (encore peu utilisé par les cliniques) qui pourrait par ailleurs permettre d’évaluer si l’accès est vraiment « adapté » ou pas.

C’est par ailleurs le modèle hybride intégrant les CLSC, les GMF et les cliniques réseau, que le gouvernement de la CAQ entend appuyer pour la première ligne. Il vise à accroître les heures d’ouverture et à permettre plus de rendez-vous par internet, potentiellement grâce à l’outil informatique mentionné plus haut. Ces orientations sont cohérentes avec le développement qui prévaut depuis la création des GMF, œuvre de… François Legault, ministre de la Santé au début des années 2000. Et celles du gouvernement libéral.

Une promesse plus ambitieuse est de réduire à 90 minutes le délai d’évaluation médicale des patients à l’urgence. Il s’agit d’une amélioration d’environ 1 heure sur les délais actuels, qui sont de l’ordre de 2h30 (même si bien des gens tiquent devant ce chiffre, qui représente pourtant la réalité). Si on peut effectivement diriger les patients moins malades vers la première ligne en quantité, cela ne parait pas nécessairement hors de portée. Tout le monde le souhaite, mais « on verra ».

Concernant la rémunération médicale, les médecins de famille pourront souffler un peu, parce que c’est surtout avec les médecins spécialistes que la CAQ voudra « discuter ». François Legault a par ailleurs promis de rouvrir leur entente afin de ramener la rémunération aux cibles prévues dans l’entente (qu’il avait lui-même initiée comme ministre en 2003). Soit le niveau canadien, en tenant compte d’un différentiel du coût de la vie d’environ 12 %. Différence notable avec le gouvernement Couillard, qui comptait plutôt respecter… ses propres ententes.

Il faut espérer que cela ne mènera pas à une confrontation stérile et que les médecins évalueront que leurs propres demandes correspondaient justement à ces barèmes. Du reste, le premier ministre désigné a mis un peu d’eau dans son vin en indiquant qu’il attendra le dépôt du rapport de l’ICIS sur la question, prévu pour septembre 2019, tout en demandant à l’organisme d’accélérer les travaux.

Par contre, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec devra certainement s’asseoir à la table des négociations pour commencer à discuter des changements que le nouveau gouvernement souhaitera apporter aux modalités de rémunération, pour diminuer la part de l’acte notamment.

Haro sur le surdiagnostic

Un point intéressant et un peu nouveau, bien que le PQ l’avait déjà évoqué sur sa plate-forme, est de « s’attaquer aux problèmes du surdiagnostic médical », certainement un grand défi pour la médecine dans les prochaines années. C’est d’ailleurs une question qui m’intéresse beaucoup, puisque je l’ai souvent abordée sous divers angles. Du nouveau, bienvenu.

Un colloque médical aura d’ailleurs lieu la semaine prochaine à Québec, où je présenterai la conférence d’ouverture, dont le thème est justement le surdiagnostic. Organisé par la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, il propose une réflexion sur les impacts liés par exemple au dépistage précoce et parfois inutile de certains cancers.

Il s’agit toutefois d’un sujet pointu, plutôt complexe et mal compris de la population, pour lequel un travail main dans la main avec le Collège des médecins et les fédérations sera requis, tout en assurant de diffuser une information pertinente à la population.

Infirmières et hôpitaux

Pour ce qui est des infirmières, on semble avoir l’intention de répondre aux attentes des syndicats, en augmentant le nombre de postes d’infirmière à temps complet, en abolissant les heures supplémentaires obligatoires, en révisant les ratios de patients par infirmière et en déployant plus d’infirmières praticiennes spécialisées. De l’oxygène. Comme tout le monde en offrait.

Une orientation qui sera saluée, notamment par tous les acteurs du réseau, et une claire volonté de décentralisation. Comme j’en parlais dans mon texte récent dans L’actualité, la centralisation à outrance du réseau de la santé, notamment autour de la figure du ministre Gaétan Barrette et du ministère, a engendré son lot de problèmes, tout en étant décriée par la plupart des experts. La CAQ entend donc favoriser l’autonomie des établissements en leur donnant plus de latitude pour « assumer leurs responsabilités ». Une orientation bienvenue.

Toujours du côté des hôpitaux, le futur gouvernement souhaite contrer l’escalade des tarifs de stationnement dans les hôpitaux, qui atteignaient des dizaines de dollars un peu partout, la CAQ se propose de ramener un prix plafond de « 7 à 10$ selon les régions » et la gratuité pour les deux premières heures. Une mesure facile à décréter, mais qui nécessitera un financement de plusieurs millions de dollars, puisque bien des hôpitaux s’appuient sur les stationnements pour assurer en partie l’équilibre de leurs finances.

Personnes âgées

Quant aux personnes âgées, un des grands thèmes de la campagne en santé, on mise sur des mesures de « gériatrie sociale » – un peu à l’image de la pédiatrie sociale, chère au gouvernement libéral -,  s’appuyant sur des structures privées sans but lucratif mais subventionnées par l’État pour offrir de nouvelles façons de faire. Je reste méfiant de voir à quoi pourrait ressembler ce nouveau modèle..

Comme tous les partis, la CAQ souhaitait bonifier les soins à domicile, certainement une vraie priorité de notre système, qui investit fort peu dans ce type de soins, comme dans le reste du Canada d’ailleurs, contrairement à des pays européens qui font beaucoup mieux en la matière. De même, l’embauche de personnel supplémentaire en CLSC sera bienvenue, de même que le support accru aux résidents hébergés. Ce que chacun promettait en campagne.

L’ambitieux projet de « Maisons des ainés » est pour sa part questionnable, dans la mesure où il représenterait des coûts élevés et entraînerait une augmentation des besoins de main-d’œuvre, déjà en pénurie.

Sur un sujet connexe, la CAQ souhaite mener une consultation publique sur la possibilité d’élargir l’aide médicale à mourir aux personnes atteintes de la maladie Alzheimer, un sujet sensible qu’il faudra mener avec tout le doigté possible.

Dans la continuité

Comme on le voit, les orientations de la CAQ en matière de santé sont dans la continuité des développements récents et ne devraient pas a priori causer de heurts si la plate-forme est respectée. Certaines mesures sont même les bienvenues et seront bien reçues par les différents intervenants de la santé.

Comme il y a toutefois loin de la coupe aux lèvres, on suivra avec attention la nomination de la probable ministre de la Santé, Danielle McCann, qui a été directrice générale de l’Hôpital de Verdun puis PDG de l’Agence de Montréal. Ses premières décisions donneront une idée des orientations des quatre prochaines années. Le Dr Lionel Carmant, pour sa part, trouverait une position de ministre délégué à l’enfance, où ses compétences en neuropédiatrie seront utiles.

Quoi qu’il en soit, on gardera un œil attentif sur ces éventuels titulaires, tout en les invitant à redonner rapidement de l’oxygène au réseau en démarrant la décentralisation et en réglant la question sensible des pénuries de personnel, qui minent actuellement les équipes.

Et en souhaitant que le gouvernement caquiste ressemble davantage au gouvernement PLQ de la dernière année, avec de multiples promesses de réinvestissements, qu’à celui des premières années, dont les compressions répétées ont fait bien mal. À suivre, donc!

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51 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Que cela soit en santé ou en éducation, il y aurait de la place pour passer d’une politique de mots à une politique de décisions.

On pourrait dire aussi une politique d’action… voire de résultats? Merci du commentaire.

Je ne crois pas que j’aurai la patience de suivre tout cela pour encore 4 ans. Le système québecois va frapper dans le mur inéluctablement. Seule la fuite me semble une option.

Je doute fort que les systèmes aussi complexes « frappent des murs ». Il peut y avoir lente dégradation ou amélioration, selon l’évolution des choses. Ça fait au moins 30 ans que j’entends tous les ans parler du « mur » qui va être frappé, par exemple dans la phrase: « les urgences vont frapper un mur », sans avoir jamais constaté un tel mur. Mais vous avez raison, cela prend de la patience. Bonne journée. Ou bonne fuite.

@ Alain Vadeboncoeur,

Merci beaucoup pour votre réponse.

On croit que certains systèmes sont : « too big to fall », c’est une erreur. Il y a toujours ce qu’on appelle en physique un « moment » de rupture, c’est : la Loi des moments. C’est hélas vrai pour les humains que nous sommes. C’est pour cela qu’il est important de préserver la vie précieusement.

Cependant, la question était plus terre à terre : entre autre de savoir de quels agrégats sont formés le mur. Exemples : le mur du son ou un mur de paille. L’autre question est de savoir si nous sommes outillés et/ou formés pour frapper le mur. En fonction de tels paramètres on peut très bien frapper un mur puis en sortir ou alors bien pas. C’est selon. En somme : quelles sont nos vraies chances de survie ?

À fin de vous parler avec mon cœur et en toute franchise : je n’ai pas confiance dans la CAQ. Il y aura « peut-être » quelques petites réformettes cosmétiques qui feront « peut-être » quelques contents. Si ce n’est qu’on ne reconnait pas les progrès avec des sondages d’opinion et des indices de contentement (satisfaction).

Pour progresser, cela prend un engagement de tous, y compris des usagers du système de santé. J’espère que vous ne serez pas en désaccord avec moi.

La Terre aussi est « un système complexe ».
Cela ne l’empêche pas de crouler sous nos assauts.

Pour ce qui est du surdiagnostic, lequel sera l’objet d’une réflexion organisée par la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, et qui abordera « les impacts liés par exemple au dépistage précoce et parfois inutile de certains cancers », la population dont je suis espère que le contraire sera vrai aussi : une réflexion sur le manque de dépistage précoce et la prétention que prévenir n’est pas guérir…
J’aime assez la mise en garde adressée à la population ignare (dont je suis):
« Il s’agit toutefois d’un sujet pointu, plutôt complexe et mal compris de la population, pour lequel un travail main dans la main avec le Collège des médecins et les fédérations sera requis, tout en assurant de diffuser une information pertinente à la population. »
Bien, oui : pourquoi inclure la population dans une réflexion si complexe : l’info prédigérée par le Collège des médecins et les fédérations nous sera diffusée. Chanceux que nous sommes que NOTRE SANTÉ soit placée entre de si bonnes mains !
À quand aussi la réflexion sur la surmédication?
Celle sur la collusion des pharmaceutiques?

Et, une oubliée, celles sur les salaires?
Un instant de conscience, simplement parce que, pour la sauvegarde de la Santé, il y a, à côté de la médecine, une foule d’OBNL où les professionnels de formation universitaire gagnent 25 000 $ par année… sans doute « parce qu’ils ont la vocation » ou fait « le choix de la simplicité volontaire» ….

@ Patrick Daganaud,

Je pense que vos commentaires s’adressaient plutôt au docteur Vadeboncoeur qu’à moi-même. Vous levez cependant des questions très pertinentes. Je pense notamment aux OBNL : des intervenants avec des formations universitaires gagnent même moins de 25 000 ; c’est sans compter les bénévoles dont certains ne comptent pas les heures et sans qui bien des OBNL ne pourraient pas même exister.

Mais ces personnes dévouées, tout le monde s’en fout… puisque quand on aime, on ne compte pas… c’est bien connu.

@Patrick Daganaud
Je vous remercie de votre commentaire aimable et mesuré.
Dans ma compréhension, frapper un mur veut dire s’effondrer. Ni le système de santé ni la Terre ne vont s’effondrer. Les deux risquent surtout d’être de plus en plus dysfonctionnels (surtout la Terre), ce qui ne ressemble pas à « rentrer dans le mur ». Mais vous êtes libre de le comprendre différemment.
Pour ce qui est du « manque de dépistage précoce » il faudrait avoir des exemples et des faits pour commenter. Mais le surdiagnostic est un phénomène réel et documenté, si cela vous intéresse.
Par ailleurs, je n’ai pas l’habitude de parler à travers mon chapeau. Dans un vaste sondage réalisé en Grande-Bretagne, 2.6% des répondants pouvaient fournir une définition se rapprochant de celle qui est généralement acceptée. Voici la référence, si les faits vous intéressent: doi:10.1136/bmjopen-2015-010723
Je n’ai évidemment jamais écrit ni pensé qu’il fallait tenir la population en dehors de ce débat.
Pour ce qui est de la surmédication et du pouvoir pharmaceutique, imaginez, j’ai souvent écrit sur le sujet et je l’ai même enseigné à l’université, si cela peut vous rassurer.
Quant aux salaires, au cas où vous n’étiez pas au courant, je fais partie des médecins qui se sont prononcés contre les hausses récentes et pour une redistribution dans le système de santé.
Je me permets en terminant de vous suggérer de vous renseigner un peu avant d’écrire, si vous trouvez que c’est important.
Bonne journée vous aussi.

Souhaitons que l’équipe de la CAQ ayant des expériences en gestion apporte un bond vers des approches de technologie et de gestion modernes, générant des gains d’efficacité et d’économies $ dans ce système lourd et désuet. On devrait au moins voir les fax, les pagettes et le papier disparaitre… !

Bien d’accord avec vous qu’on est dû pour des avancées technologiques. Ça commence d’ailleurs, mais bon, ça reste lent. Merci du commentaire.

Pour commencer à désengorger les urgences, il faudrait obliger les cliniques pédiatriques à offrir des heures prolongées pour les jeunes enfants. Pas normal qu’un bébé doit être malade selon avec un horaire de 9 à 5 heures, du lundi au vendtedi.

Bien d’accord, mais j’imagine que les GMF et les Supercliniques surtout font aussi de l’accès adapté pour les enfants? D’ailleurs, ces cliniques ne doivent pas discriminer selon l’âge.

J’espère également qu’il prendra en considérant le travail des paramédicaux (Travailleuses sociales, ergo, physio, nutrition, orthophoniste, etc). Ces personnes qui tentent de faire leur travail le mieux possible dans un contexte de coupure et de bureaucratie excessive (paparasse à ne plus finir). Ces personnes ont besoins d’être écouter plutôt que de se faire imposer afin que les services offerts à la population soit desservi de façon équitable dans un délais raisonnable, ce qui n’est pas toujours le cas présentement. Ces personnes tiennent à bout de bras une grosse partie de la fondation du réseau de la santé et il ne faudrait pas l’oublier comme M. Barette a fait.

Toutes ces professions sont essentielles et ont été parfois malmenées dans le récent cycle de réforme. C’est à voir.

Encore une fois je cherche des mots d’encouragements pour le secteur des services sociaux, où l’on nous demande de faire plus d’interventions auprès d’une clientèle, disons-le qui est très lourde, avec des ressources humaines qui s’effritent avec les années. J’ai envie d’interpeller Mme McCann directement tellement je suis désespérée! Et comme vous, de participer ou de créer une journée de rassemblement afin de réfléchir ensemble. Merci d’avoir écrit un texte vulgarisé aussi rapidement après les élections! Bonne continuité.

Mise à part les effets des mégafusions sur un grand nombre de professionnels et de cadre intermédiaires, les ressources à l’extérieur des hôpitaux, en particulier en lien avec les CLSC, semblent avoir le plus écopé dans le récent cycle de réforme. Vivement une évaluation et une mise à niveau de tout cela. Bonne journée.

Certains éléments me semblent importants å rajouter: 1-le décloisonnement du recrutement universitaire de futurs medecins 2- La reconnaissance des diplômes des médecins et infirmières provenant de l’étranger. 3- L’aggravation appréhendée de la pénurie de nouveau personnel infirmier en raison de la baisse des admissions dans les CĖGEP. Ce dernier point est particulièrement inquiétant. Bien que justifiées, les doléances exprimées depuis quelques années ont rendu la profession peu attrayante.

D’accord avec vous, bien que je ne suis pas certain de bien comprend le premier point.

Visitez des pays où les systèmes médicaux fonctionnent et prenez des notes cette fois-ci.

Bien sûr. C’est d’ailleurs ce que je fais parfois. Mais vous avez sûrement des exemples précis en tête qui permettrait de discuter vraiment?

Bonjour…..nos sommes tous là à crier après le système de santé déficient. …mais que faisons nous individuellement pour protéger NOTRE santé….pas facile le système …..mais si par notre prévention personnelle nous pouvions nous en passer.?….nous en sommes dépendants. ….200 jours pour avoir un nouveau médecin? Faux…..avoir un médecin en 36 heures …..je n’y crois pas…..diminuer les heures à l’urgence encore moins….. moi c’est une infirmière dans ma pharmacie qui m’a aidée à régler un petit bobo …..j’avais essayer pendant 2 heures à joindre un médecin en ligne?.Arrêtez de parler des super cliniques ,des super infirmières de faire semblant de donner plus de pouvoir aux pharmaciens. ..car le Collège des médecinS contrôle TOUT…..NE LÂCHE PAS ..VEUT GARDER TOUS LES POUVOIRS il est là le plus grand problème. .Bon j’ai fini par m’inscrire dans un extraordinaire Clinique privée où j’ai un service 4 Étoiles au cas ou j’aurais besoin de soins urgents…PEUT ÊTRE QUE N’ÉTANT PLUS GOUVERNER PAR DES MÉDECINS NOUS POURRONS VOIR UN NOUVEAU JOUR SE LEVER……mais je reviens au prends soin de ta santé toi même pour ne jamais avoir besoin de médecin. ..Dr Vadeboncoeur vous je vous aime et vous respecte….continuer votre excellent travail.

Pourtant, depuis 15 ans, le Collège des médecins a beaucoup changé et travail main dans la main avec les ordres infirmiers et pharmaciens. Les choses bougent pas mal, et dans la bonne direction.

Merci, Docteur Vadeboncoeur, de votre excellent résumé des promesses de la CAQ en santé.
Comme nous le savons, « le diable se cache dans les détails ». S’attaquer au surdiagnostic, c’est louable, mais comment ? Il faudra expliquer à la population qu’en faisant cela, un rare cancer, par exemple, qui pourrait s’avérer méchant, ne sera pas dépisté. Les médecins s’exposeront à plus de poursuites et ce ne seront ni le gouvernement ni le Collège qui iront les défendre en Cour. Les discussions risquent d’être ardues, mais doivent se passer dans les associations médicales, qui possèdent l’expertise appropriée.
Je suis, comme tout le monde, en faveur de l’amélioration de soins à domicile. Mais il y a une question qui me taraude : combien de personnes qui se trouvent dans les CHSLD pourraient rester chez elles ? Y a-t-il des données à ce sujet ? Le poncif : « il est préférable de vieillir chez soi » est bien implanté dans le discours public, mais n’est-ce pas un vœu pieux pour de nombreuses personnes âgées ?

Merci de votre attention !

Dre Havrankova je crois, ce qui me taraude, c’est de laisser encore une fois « les discussions dans les associations médicales… » Sans questionner leur indéniable expertise, je crois qu’il serait sage d’y associer des experts externes, neutres, qui pourraient s’assurer que le résultat final de ces réflexions ne sera pas guidé par le seul réflexe corporatif et n’amènera pas une douloureuse perte de confiance dans ces associations. La ridicule crisette de la jaquette, ça vous rappelle quelque chose? Concernant votre préoccupation pour les personnes âgées qui souhaiteront demeurer à domicile le plus longtemps possible, ayez confiance. Une large partie de ceux et de celles qui vont prendre leur retraite dans les 15 à 20 prochaines années au Québec devraient être en mesure d’assumer une part significative, sinon l’ensemble des coûts reliés à une telle décision. Bien sûr, ceci exigera une remise en question de certaines pratiques actuelles du monde médical au Québec et aussi, ce à quoi je crois profondément, un effort individuel de chacun des citoyens pour prendre en charge sa propre santé par un ensemble de moyens dont le Dr Vadeboncoeur, notamment, a déjà largement fait part dans ses chroniques et dans son dernier livre.
Serge Cloutier

Les notions même entourant le surdiagnostic, qui sont assez récentes dans la science médicale, ont besoin d’être comprises, diffusées, enseignées. Et en même temps discutées en public et avec les gens, puisque cela les concerne au premier chef. Mais nous en sommes bien bien loin. Éventuellement, les décisions doivent être prises conjointement par les médecins et leurs patients, par exemple à propos du dépistage… ce qui est aussi loin d’être le cas actuellement. Presque à chaque fois que je demande à un homme ayant eu un dosage d’APS ce qu’il a discuté avec son médecin, il me répond: « Rien, juste que c’est pour le cancer de la prostate ». C’est un gros problème. Nous sommes au début de comprendre.
Pour ce qui est des soins en CHSLD, je ne suis pas un spécialiste de la question, mais ce qui est bien démontré, c’est que les investissements en soins à domiciles sont bien inférieurs ici (au Canada) que dans la plupart des pays d’Europe comparables, et de loin. Il y a donc toute une côte à remonter, d’abord. Bonne journée à vous.

Comme observateur de l’évolution du réseau depuis presque 20 ans et ancien administrateur indépendant de celui-ci, j’ai surtout vu le démantèlement progressif des soins de première ligne et sa privatisation alors que toutes les études sur la performance des différents systèmes de santé pointent vers une première ligne forte comme facteur de succès.

Quand vous parlez de la privatisation de la première ligne, vous voulez dire quoi? Le volet médical? Les professionnels en CLSC? Les cliniques privées? Tous les systèmes de santé comparables ont une première ligne à financement public et propriété privée, comme chez nous. Pour ce qui est des cliniques privées, le phénomène (en croissance) reste malgré tout marginal dans le volume total des soins. Merci du commentaire.

À 75 ans, ce qui me désespère et m’exaspère, c’est la dévalorisation, ou parfois, l’incompétence des CLSC. Je suis de ceux qui pensent que les CLSC auraient pu (et dû) être ouverts tous les jours, 24 heures par jour.
Pendant 22 ans, j’ai vécu à Longueuil, et lorsque j’avais des problèmes, pas toujours graves (sauf une fois), je savais que je pouvais compter sur le CLSC de Longueui-Ouest. Il y avait là une formidable compétence, bien accompagnée par du dévouement et par le désir d’aider.
Depuis presque 13 ans, le CLSC de mon quartier est celui de Côte-des-Neiges. Là tout n’est qu’incompétence, «je-m’en foutisme» et absence totale de générosité, de compassion ou de dévouement. Qui plus est, on nous parle parfois en anglais ou en espagnol, deux langues que je connais bien, langues qui ne sont pas celles que j’utilise lorsque ma santé est déficiente ou désespérante. À 75 ans, et souffrant d’une sténose spinale extrêmement douloureuse, on m’a refusé, cavalièrement et de manière méprisante, toute aide à domicile.
J’ai connu, au cours de ma vie, de nombreux médecins ouverts, compétents et capables d’écoute. Mais depuis quelques années, je sombre dans une rage bien contrôlée. J’ai un médecin de famille qui me déteste et que je n’aime pas. Heureusement, j’ai reçu un peu d’aide de l’Institut universitaire de gériatrie.
Après ce tissu de lamentations, je dirai que l’aide à domicile serait prioritaire. En mars dernier, j’ai fait une gastro-entérite fulgurante, et déshydratante. J’ai dû payer 250$ pour qu’une médecin vienne chez moi, pour quasiment me sauver la vie.
Je m’ennuie de vieux médecins comme Jacques Ferron, lequel j’ai bien connu.
Presque nulle est ma confiance dans le système de santé.
Jean-Serge Baribeau, sociologue, écrivain public

Je suis désolé pour vos souffrances, je compatis avec vous. Vous avez visiblement vécu des expériences désagréables dans le système de santé. Les visites à domicile sont certainement utiles pour les personnes qui ne peuvent se déplacer. Je serais tout de même curieux de savoir comment un médecin a pu vous « sauver la vie » à domicile. Je vous souhaite tout de même une meilleure relation avec votre médecin… ou un nouveau médecin avec lequel vous pourriez avoir une meilleure relation. Bonne suite.

Témoignage touchant et troublant, M. Baribeau. Je vous souhaite des lueurs d’espoir. Pour ceux et celles – dont je suis – qui n’ont pas eu la chance de connaitre ce vieux médecin qui vous inspire encore, pourriez-vous énumérer des mots-clés qui, à partir de son souvenir, pourraient inspirer des médecins contemporains?
Je viens de taper «prix Jacques-Ferron» dans mon universel moteur de recherche et je n’ai rien trouvé. Une idée, comme ça…

Le problème, c’est qu’il est quasiment impossible de demander un nouveau médecin de famille. J’ai essayé, et on m’a dit que lorsqu’on a un médecin de famille, on doit rester avec ce dernier… JSB

Dans cette éventail de ce qui est à faire dans le réseau de la santé et des services sociaux, il manque un élément qui n’a pas été abordé ni même effleuré par l’auteur: L’ÉROSION DU CARACTÈRE PUBLIC DU SYSTÈME. Attention à ne pas poursuivre dans la voie tracée par le PLQ depuis 15 ans.

Parce que cela ne fait pas partie de la plateforme de la CAQ (contrairement à 2012, où il y avait un projet de création d’un hôpital privé à Québec), tout simplement. Mais c’est une question fondamentale sur laquelle j’ai beaucoup écrit dans le passé, et régulièrement dans les dernières années. Je vous réfère à mon premier essai, paru en 2012: Privé de soins. Bonne journée. http://www.luxediteur.com/catalogue/prive-de-soins/

Concernant les stationnements, si les changements prevus en première ligne permettent aux gens de se rendre dans les CLSC et les cliniques. Les urgences seront moins encombrées et les coûts diminueront en conséquence.

Je crois qu’un gouvernement qui n’est pas médico-centriste – la gouvernançe du PLQ relevait de deux médecins – favorisera la participation de professionnels compétents comme les pharmaciens et les infirmières cliniciennes, ce qui permettra aussi d’améliorer sensiblement l’accès aux soins de première ligne.

Bonjour,
Il y a quelques années, j’ai dû me rendre à l’urgence par la grande porte soit en ambulance dans un hôpital de région. L’urgentologue était seule avec sa merveilleuse équipe d’infirmières. J’avais une hémorragie interne très difficile à traiter. Le médecin qui n’avait pas beaucoup d’expérience m’a sauvé la vie. Un gros merci à cette femme médecin qui venait de Trois-Rivières pour combler la pénurie de médecin dans ma région. Elle a travaillée pendant deux heures sans arrêt sur mon cas. Et oui, les gens ont dû attendre mais je peux vous dire qu’elle se tenait informé de l’état de tous les gens inscrits à l’urgence mais ce soir là, c’est moi qui ralentissait l’urgence. Je m’en excuse…

La gestion du service des urgences est pas mal plus compliquée que je le croyais. Mais un seul médecin de garde pour une population de 25,000 habitants ne me semble pas approprié. Aucune clinique n’était ouverte ce soir là et le CLSC n’existe que de nom dans cette ville. L’hôpital croit bien faire son travail mais inévitablement des gens meurent faute de soins . C’est un humain qui m’a reçu. Il ne pouvait pas avoir d’autres cas aussi compliqué en même temps. Mais ça… personne ne contrôle cela…

Ah, j’oubliais ! Durant la même soirée , il y avait 3 vétérinaires pour à peu près 6,000 animaux. Alors la promesse que nous aurons accès à un médecin dans un délai de 90 minutes…. c’est noble, c’est bien mais très peu réaliste. Je ne crois pas que nous avons assez de médecins. À tout le moins, dans les régions.

@Patrice Poisson Il faut comparer au temps d’attente actuel, qui est autour de 2h30. 90 minutes n’est pas si loin. Mais vous avez raison, je le répète souvent: une grande différence avec les pays d’Europe (où on trouve moins d’attente) réside dans le nombre bien inférieur de médecins. Merci du commentaire.

Merci du commentaire. C’est souvent trop peu. Surtout s’il n’y a pas d’autre accès dans la région. Un des problèmes fondamentaux de notre système est de tenter de faire de la médecine comme en Europe mais avec bien moins de médecins. Bonne journée.

Je l’ai déjà dit, je le répète : j’espère que le nouveau gouvernement auras la sagesse de faire usage de la vôtre!

Il parait que l’espoir fait vivre…. J’espère que vous ne serez pas déçue. Alors bonne vie, peu importe le gouvernement….

Bonjour Docteur
Intéressante lecture de votre exposé et de tous les commentaires. En santé moi j’ai confiance pour la suite des choses. Décentralisation par l’initiative aux intervenants de première ligne. Introspection des bien pensants de tout le système et pour toute gouvernance positive centrée sur la personne. Merci

Je ne pourrais pas dire que j’ai « confiance » mais surtout que si la plate-forme est appliquée, ça pourrait ne pas aller si mal. A suivre donc.

CLSC – À l’origine, lorsque ces quatre lettres traduisaient – chacune et ensemble – la base de ce que doivent être les services de santé, on aurait souhaité que tous – incluant les médecins – travaillent ardemment à recentrer pour de bon le système de santé, tant au niveau de la qualité des liens interprofessionnels que dans le développement d’infrastructures autres que les hôpitaux et les cliniques médicales (ordinaires ou supers). Ça n’a pas été le cas. Est-il trop tard?
J’apprécie habituellement la justesse des propos du Dr. Vadeboncoeur, notamment lorsque son analyse du système de santé va plus loin que le discours centré sur le médical. Tout ce qui peut aider à penser la santé de manière plus globale dans des contextes où la médecine n’accapare pas la presque totalité des préoccupations – et des discours – est sincèrement bienvenu.
Le surdiagnostic et les excès de la médecine: en plus des excellents livres publiés sur le sujet depuis 2015, il faut noter la formation organisée par le CSSS de Gatineau les 2 et 3 février 2018 dans le cadre des Journées scientifiques Montebello: «Une ébauche de solutions, des pistes pour s’en sortir». De telles initiatives, réservées exclusivement – ou presque – aux professions médicales, semblent intéressantes. Invitons donc la FMOQ à diffuser aussi les éléments de contenu de ses propres formations. Il est correct que l’État consacre des fortunes pour former des médecins, osons ensuite demander à leurs élites corporatistes de redonner au citoyen les dividendes de ces précieux savoirs. On sait qu’une personne bien avisée et bien accompagnée est beaucoup mieux équipée pour résister aux dérives actuellement dénoncées. N’ayons pas peur de revendiquer une démocratisation des contenus de formations critiques liées à la «sur-médecine», alors que l’idée des rapports égalitaires représente encore ici une valeur largement affichée.

Bon article Dr Vadeboncoeur qui amène à réagir . J’habite Gatineau, la grande oubliée, et je bûche à travers un système pour prendre soin de ma fille de 26 ans lourdement handicapée. J’ai donc vu un très grand nombre d’intervenants en 26 ans… médecins, travailleurs sociale, préposés, auxiliaires, famille d’accueil. On me donnait la subvention et je devais me trouver et engager plus d’une trentaine de préposés et gardiennes. Je pense que ma région est la pointe de l’iceberg qui frappera le reste du Québec bientôt….peu importe l’argent que l’on versera, le système va plonger….LE MANQUE de PERSONNEL! Je pense que le Québec devrait aller dans les pays francophones, identifier, former et ramener chez nous ceux qui « passent le test de valeur »…prêt à apprendre, travaillant et vouloir aider son prochain!