La chasse au bœuf musqué est ouverte

En mal d’exotisme ? Les Inuits ont ce qu’il vous faut : la chasse au bœuf musqué. Cette chasse, permise depuis à peine deux ans, est encore très restreinte. Elle sert avant tout la science.

Huit permis de chasse ont été accordés aux pourvoyeurs cette année. Chacun vaut donc son pesant d’or : jusqu’à 22   000 dollars ! Le chasseur ne peut garder que la tête du bœuf abattu, sa fourrure et 20 kilos de viande. Le reste de la viande est offert aux Inuits, tandis que les organes sont remis au Centre québécois sur la santé des animaux sauvages, à Saint-Hyacinthe. On y étudie l’état de santé de l’espèce.

La chasse au bœuf musqué n’est pas des plus sportives. Lorsqu’ils sont traqués, les bœufs se placent en cercle face au danger, puis attendent. C’est une fois l’animal abattu que le sport commence, dit-on. Le transport de la bête de 500 kilos jusqu’au village inuit le plus proche serait un défi en soi.

Les premiers bœufs musqués ont été « importés » au Québec en 1967. Ils provenaient de l’île d’El lesmere, dans l’extrême nord du Canada. On voulait alors les domestiquer pour en exploiter la laine. Leur qiviut serait beaucoup plus chaude que celle du mouton et plus fine que le cachemire. Mais le projet est tombé à l’eau, et les bœufs ont été relâchés.

Les 15 bêtes arrivées au Québec sont aujourd’hui 1   400. Elles vivent presque toutes dans la toundra près de Kuujjuaq et de Tasiujaq, sur la baie d’Ungava.