La crise économique touchera-t-elle davantage les hommes?

Dans les temps difficiles, les hommes ont tendance à négliger leur santé. Comme l’ont démontré, après la chute de l’Union soviétique, les Russes qui se sont réfugiés dans la vodka et la cigarette.

La crise économique touchera-t-elle davantage la santé des hommes que celle des femmes? Le secteur
manufacturier, qui compte une main-d’œuvre fortement masculine, n’a jamais été si mal en point. Aux États-Unis, pas moins de 82 % des emplois perdus depuis le début de la récession étaient occupés par des hommes. Pour la première fois dans l’histoire de ce pays, le taux d’activité des femmes sur le marché du travail pourrait même dépasser sous peu celui des hommes, pouvait-on lire récemment dans le New York Times. La tendance est semblable au nord de la frontière. En 2007, les femmes ont obtenu plus des trois quarts des nouveaux emplois au Québec, selon l’Institut de la statistique du Québec. Et c’était avant même le début de la crise.

Or, les hommes ont tendance à négliger leur santé dans les temps difficiles. Après la chute de l’Union soviétique, au début des années 1990, une grande partie de la population russe s’est appauvrie. Beaucoup d’hommes se sont réfugiés dans la vodka, la cigarette, et leurs habitudes alimentaires se sont détériorées. Résultat: l’espérance de vie des hommes russes a chuté, passant de 65 à 59 ans, tandis que celle des femmes est demeurée stable, à 72 ans. Le président Medvedev et le premier ministre Poutine ont récemment élevé la santé des hommes au rang de priorité nationale.

«Qu’on le veuille ou non, les hommes pensent encore souvent qu’ils ne sont pas de “vrais gars” s’ils ne parviennent pas à subvenir aux besoins de leur famille», explique Laurent Garneau, coordonnateur au Centre de prévention du suicide du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Même s’il se réjouit de la baisse du taux de suicide au Québec depuis 10 ans, Brian Mishara, directeur du Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie (Université du Québec à Montréal), s’inquiète lui aussi des possibles retombées de la présente crise. «Il y a un lien bien documenté entre les taux de chômage et de suicide», dit-il.

Laisser un commentaire