La fin des huîtres sauvages?

85 % des récifs naturels d’huîtres ont disparu dans le monde, et les 15% restant sont en mauvais état, selon une étude publiée dans l’édition de février de la revue Bioscience.

Michael Beck, chercheur à l’Université de Californie à Santa Cruz et 13 autres biologistes ont étudié 144 baies dans le monde, réparties dans 44 «écorégions» et connues pour abriter de grands récifs d’huîtres. À chacun de ces endroits, ils ont mesuré la superficie des récifs actuels et l’ont comparée à des données datant d’il y a 20 à 130 ans selon les sites.  Ils ont aussi analysé les statistiques de cueillette à ces endroits.

Bilan: dans 70 % des baies analysées, il y a aujourd’hui au moins 10 fois moins d’huîtres que dans le passé. La situation est particulièrement critique dans 37 % des baies, où les huîtres ne sont plus assez nombreuses pour constituer un écosystème fonctionnel.

Les chercheurs estiment que globalement, ce sont 85% des récifs d’huîtres qui ont été perdus. Un chiffre certainement conservateur, car en plusieurs endroits les données les plus anciennes dataient d’une époque où la dégradation avait certainement largement débuté.

La situation est particulièrement critique en Amérique du Nord, en Europe et en Australie, où les huîtres sauvages ont disparu de régions entières au cours des dernières décennies.

La surcueillette est la principale responsable de ce déclin, mais d’autres éléments ont joué un rôle important, comme la destruction pure et simple des récifs pour faciliter le trafic maritime à l’entrée des ports, la pollution, des maladies et la compétition des huîtres d’élevage exotiques échappées de parcs.

 Aujourd’hui, les trois quarts des huîtres sauvages pêchées dans le monde proviennent d’une zone allant de la Virginie au golfe du Mexique.

Les récifs d’huîtres rendent un grand nombre de services écologiques et économiques, selon les chercheurs. Ils abritent de nombreux poissons qui font l’objet de pêches commerciales, constituent une réserve de nourriture pour les oiseaux et préviennent l’érosion côtière. En outre, les coquilles filtrent l’eau qu’elles rendent plus claire et facilitent l’absorption des nitrates.

Il est encore temps d’agir, croient les biologistes. Mieux encadrer la cueillette, l’interdire dans les zones les plus critiques, protéger ces écosystèmes, prévenir la contamination par des huîtres exotiques… plusieurs actions pourraient permettre aux populations sauvage de prendre du mieux.

Comme consommateur, la meilleure chose à faire reste d’acheter exclusivement des huîtres d’élevage.

Laisser un commentaire

Peut être ont-elles déménagés ?
Elles sont peut être plus intelligentes que les êtres humains qui détruisent tout ?
Il faut savoir que 99% des fonds marins qui constituent 75% de la terre restent inexplorés .

L’huitre n’est qu’une cellule vivante très sensible à ce qu’elle consomme (plus que nous !), qui répond à son environnement et qui en reflète les dégradations naturelles ou provoquées.
Tout comme les proliférations d’algues bleues dans les lacs canadiens. Règler écologiquement ces problèmes n’est pas difficile mais qui le veut vraiment ?

Les plus populaires