La gestion intégrée de l’eau, un voeu pieux de Québec ?

Un rapport (pdf) d’experts réunis par le Conseil de la science et de la technologie dans le cadre de son projet Perspectives Science Technologie Société montre qu’il reste beaucoup à faire pour que le Québec soit réellement capable de gérer ses ressources en eau de manière intégrée.

Dans la Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau et visant à renforcer leur protection (pdf), adoptée en juin 2009, le gouvernement a reconnu que seule la gestion intégrée de l’eau à l’échelle des bassins versants permettra de protéger adéquatement cette ressource.

Mais comment, dans les faits, réaliser cette «intégration, et faire en sorte qu’on puisse tenir compte des avis des différents paliers de gouvernerments, des industries, des agriculteurs et producteurs forestiers, des groupes communautaires et des citoyens ?

C’est là que le bât blesse, selon ce rapport, puisqu’on ne sait tout simplement pas comment s’y prendre.

Les experts proposent donc à Québec de mobiliser des scientifiques pour étudier de manière systématique tout ce qui se passe à l’échelle d’un bassin versant, en choisissant pour ce projet pilote de préférence un bassin versant dans lesquels la gestion de l’eau fait l’objet de conflits (ce qui ne devrait pas être bien dur à trouver).

À cette échelle, des spécialistes en tout genre pourraient documenter ce qui empêche de regrouper les connaissances et les données sur l’eau ou d’harmoniser les règlements, chercher des manières plus efficaces de suivre l’état des ressources en eau et l’impact des différentes décisions.

Ils devraient aussi analyser les questions de gouvernance pour qu’on soit capable «de formuler clairement comment, par qui, à quel coût et à quelles conditions les services seront fournis aux divers usagers (incluant les usagers silencieux) de l’eau».

Entre 1998 et 2007, le Québec a consacré 0,1 % de ses budgets de recherche à la gestion intégrée de l’eau, peut-on lire dans ce rapport. Ce serait largement insuffisant pour couvrir les besoins en la matière.

Le sujet est pourtant crucial, comme on le voit en ce moment avec la question du gaz de schiste.

L’industrie affirme que son usage de l’eau ne serait pas incompatible avec une saine gestion de la ressource, ce que nient plusieurs organismes locaux, pendant que Québec ne sait pas sur quel pied danser.

Ce serait un bon endroit pour commencer les recherches sur la gestion intégrée…

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Un très mauvais rapport.
Il existe déjà des pistes d’action connues.
Voir comment l’on fait de la recherche «transdisciplinaire».
Pour l’eau, les spécialistes capables d’encadrer la réalisation de la «gestion» intégrée seront issus du monde de la gestion et de la coopération, et non pas des milieux «scientifiques».

Portons un toast! À l’eau!

Je félicite le fait que l’on prenne une position au moins idéologiquement, on est enfin prêt à faire quelque chose. Je n’ai pas lu le rapport, mais seulement lu quelques articles çà et là. Est-il vraiment nécessaire de le lire? Quand est-ce qu’une activité humaine fut favorable pour la préservation de sa qualité ou de sa disponibilité? Nos activités ne font-elles pas que; soit épuiser une ressource que l’on pense, à tort, inépuisable et/ou altérer ses aspects tant bactériologique que physico-chimiques? À telle enseigne que maintenant, il faut traiter très sérieusement à peu près tout les types captages, quels qu’ils soient, pour pouvoir utiliser cette eau à des fins d’hygiène et d’alimentation humaine ou animale. Nous devons même traiter nos rejets dans l’espoir d’assurer la disponibilité future de l’eau à des coûts abordables pour la collectivité et aussi, bien sûr, pour préserver la faune et la flore.

Donc un gestion qui ferait que la ressource; appartienne à la collectivité, c’est-à-dire à chacun de nous, qu’elle ne soit plus exploitable, captable et commercialisée sous toutes ces formes impunément ou par et pour le profit de n’importe qui, pour n’importe quoi, sans que nous ayons un droit de regard et le droit d’exiger des droits d’exploitation qui profitent à la collectivité et non à un ou quelques individus, n’est pas seulement requis mais bien un droit (obligatoire).

L’eau c’est la vie! Sans elle, il n’est rien de ce que l’on connaisse, À preuve, on en recherche même sa trace sur Mars pour voir s’il y avait une possibilité de vie passée ou présente.

Peu importe qui fera l’étude, pourvu que l’on s’y éternise pas et que l’on agisse maintenant. Nous avons trop d’indices que l’eau est devenue denrée rare et possible source de tension entre les peuples en quête d’eau dans l’avenir. Faut voir les étendues d’eau en voie d’assèchement, parfois presque complet, comme la mer d’Aral et plus prés de chez nous, le fleuve Colorado.

Comme il a été rappelé au récent Forum québecois sur l’eau tenu à Montréal les 25 et 26 octobre 2010, le rapport du BAPE sur la question de l’eau a 10 ans. L’amorce légale avec une première loi sur l’eau a débuté en 2002. Une loi qui n’est en « vigueur » qu’à peine à moitié….à cause de la question épineuse de la gouvernance. Comme partout dans le monde qu’il ait soif ou non!
La gestion doit être cohérente avec la notion de paytrimoine nationale et de bien commun. La formule sera publique-communautaire. Les experts y ont leur place, mais une gestion de bassin versant s,articule d’abord autour de la société civile. La vraie question c’est l’arbritage des usages . Pour ça il faut apprendre à parler un langage commun en partageant les informations et en recueillant les informations de façon ouverte et transparente. Qui serait arbitre? Le commissaire au développement durable et-ou le vérificateur général; peut-être une régie…
Mais rien n’ira bien si tous les règlements relatifs à l’eau dans diverses lois et ministères responsables ne sont pas harmonisés avec la loi principale!