La journée qui dure une seconde de plus que les autres

Ce mardi 30 juin, avant de frapper minuit, l’horloge du temps universel coordonné (UTC) marquera une seconde de plus qu’à l’accoutumée : il sera alors 23 heures 59 minutes et 60 secondes.

Photo : kengo/Flickr
Photo : kengo/Flickr

FouineurTous les quatre ans, le 29 février fait son apparition dans le calendrier civil afin d’aligner ce dernier à la rotation effective de la Terre autour du Soleil – qui dure, dans les faits, légèrement plus longtemps que 365 jours. On parle alors d’une année bissextile.

Depuis les années 1970, le calendrier est manipulé d’une autre manière avec l’introduction des secondes intercalaires, qui ont pour but de compenser le ralentissement graduel de la rotation terrestre.

En effet, l’échelle de mesure du temps utilisée par l’humanité diffère de celle fondée sur la rotation de la Terre, qui est irrégulière en raison de facteurs tels que les marées ou encore les tremblements de terre.

Afin de synchroniser ces deux mesures, le Service international de la rotation terrestre et des systèmes de référence (IERS) décrète quand c’est nécessaire l’ajout d’une seconde intercalaire à la fin du mois de juin ou de décembre. L’annonce est faite six mois à l’avance auprès des laboratoires du temps des différents pays, dont le Conseil national de recherches du Canada.

Ce mardi 30 juin, avant de frapper minuit, l’horloge du temps universel coordonné (UTC) marquera ainsi une seconde de plus qu’à l’accoutumée : il sera alors 23 heures 59 minutes et 60 secondes.

Depuis 1972, 25 secondes intercalaires ont été ajoutées. Or, le 30 juin 2012, cette fameuse seconde a causé bien des soucis à de nombreux sites Internet. Des systèmes informatiques et applications utilisant le Network Time Protocol (NTP) afin d’être synchronisés avec l’UTC n’ont pas su comment interpréter ce soudain changement. C’était le cas de la plateforme Linux, du programme Java ainsi que des sites Reddit, Gawker, LinkedIn ou encore FourSquare.

En 2015, la nouvelle seconde additionnelle ne devrait pas causer autant de problèmes, chacun ayant appris de ses erreurs. Amazon et Google, notamment, ont décidé de répartir cette seconde sur toute la journée qui précède l’instant fatidique. Lors de chaque mise à jour de leurs serveurs, quelques millisecondes seront ajoutées afin que les horloges soient déjà synchrones au moment de l’introduction de la seconde intercalaire.

Si les géants de l’informatique ont remis les pendules à l’heure, les marchés boursiers semblent légèrement plus inquiets. Et pour cause : ce saut d’une seconde sera le premier à se produire pendant les heures de négociation depuis l’apparition des marchés électroniques.

«Les systèmes étant de plus en plus connectés, il devient d’autant plus difficile de prédire exactement quelle pourrait en être la conséquence, de même que sa portée», a expliqué Hiroki Kawai, directeur des systèmes d’échange au sein du Japan Exchange Group, à Bloomberg. «Le système est aussi fort que son maillon le plus faible. Il risque d’y avoir des problèmes», a renchéri Greg Wood, de la Futures Industry Association.

Nombreux sont ceux à souhaiter la suppression de cette seconde intercalaire, dont la nuisance rappelle le fameux «bogue de l’an 2000» et les catastrophes informatiques envisagées au moment du passage au nouveau millénaire. L’IERS se réunira d’ailleurs en novembre prochain, à Genève, afin de statuer sur son sort.

Si d’aventure elle était supprimée, et qu’ainsi, notre mesure du temps n’était plus associée à la rotation de la Terre, «le siècle prochain, nous aurons peut-être une minute d’écart entre les deux», précise Daniel Gambis, le directeur de l’IERS, à Science et Vie. Et dans quelques milliers d’années ?

Laisser un commentaire

À quoi bon s’en faire, d’ici là l’humain sera disparu de la surface de la terre et la question en sera celle d’une époque révolue.