La liste noire des responsables du changement climatique

Le réchauffement climatique peut être en grande partie imputé à l’action de 90 entreprises entre 1751 et 2010.

Photo © Len Radin / CC BY-NC-SA 2.0
Photo © Len Radin / CC BY-NC-SA 2.0

Le réchauffement climatique peut être en grande partie imputé à l’action de 90 entreprises, de Chevron à Exxon en passant par quelques sociétés d’État. À elles seules, elles sont responsables de près des deux tiers (63%) des émissions industrielles* de gaz à effet de serre entre 1751 et 2010, selon une étude menée par Richard Heede et publiée dans Climatic Change, une revue spécialisée dans l’étude du phénomène du changement climatique.

« Il y a des milliers de producteurs de pétrole, de gaz et de charbon dans le monde. Mais les décideurs, les chefs d’entreprise ou les ministres, […] peuvent tenir dans un bus Greyhound ou peut-être deux », explique Heede au journal britannique The Guardian.

La moitié des émissions attribuées à ces entreprises – 914 gigatonnes d’équivalent CO2 – a été produite durant les 25 dernières années. Parmi ces 90 entreprises, sept seulement n’appartiennent pas à la filière énergétique – ce sont des fabricants de ciment.

À l’automne 2012, lors de la conférence de Varsovie sur le climat, les leaders mondiaux se sont affrontés sur la question du partage du fardeau de la résolution de cette crise climatique. Mais, selon l’ancien vice-président américain Al Gore, cette étude montre que les gouvernements ne sont pas les seuls à devoir agir.

« Les secteurs privé et public doivent ensemble faire ce qui est nécessaire pour enrayer le réchauffement climatique. Ceux qui sont historiquement responsables de la pollution de notre atmosphère ont une obligation claire de faire partie de la solution », a expliqué Gore au Guardian.

Pour mieux illustrer les données et les responsabilités des entreprises privées, des sociétés d’État et des industries gouvernementales, le site du journal a réalisé une infographie interactive qui présente la part d’émission de gaz à effet de serre de chacune de ces entités (cliquez sur l’image pour y accéder).

Guardian-Rechauffement-Climatique

Une autre étude publiée dans Climatic Change a tenté de faire la lumière sur l’industrie de la remise en cause du changement climatique aux États-Unis, qualifiée de « contre-mouvement » par l’auteur Robert Brulle, de l’Université Drexel de Philadelphie.

« Il ne s’agit pas d’une poignée d’individus isolés. C’est une action politique d’envergure », explique Brulle.

Pas moins de 91 organisations think tanks, groupes de défense, associations professionnelles, etc. – tiendraient un discours climatosceptique ou s’opposeraient de manière systématique, dans les médias ou sur le Web, à toute action pour lutter contre le changement climatique.

Ces organisations – dont 79 % sont considérées comme des organismes de bienfaisance – ont reçu des dons de 140 fondations conservatrices à hauteur de sept milliards de dollars entre 2003 et 2010, soit 900 millions par an, selon Brulle.

Cet argent a été distribué à des think tanks conservateurs de premier plan à Washington, dont certains, comme le Heartland Institute, ont pour mission de nier le changement climatique.

Cependant, la provenance des trois quarts de cet argent est obscure, puisque les fonds ont été versés par l’intermédiaire de fiducies ou de mécanismes qui assurent l’anonymat des donneurs. Ainsi, dit Brulle, alors que des fondations comme celle d’ExxonMobil étaient auparavant très impliquées dans le financement des organisations de ce contre-mouvement, elles ne font étrangement plus aucune contribution de manière publique depuis 2008.

« C’est de cette manière que des riches individus ou entreprises traduisent leur pouvoir économique en pouvoir politique et culturel. Ils ont des profits et engagent des gens pour écrire des livres affirmant que le changement climatique n’est pas réel. Au final, ceux qui n’ont pas de pouvoir économique n’ont pas une voix aussi forte que ceux qui en ont, et cela dénature la démocratie », explique Brulle au Guardian.

« C’est davantage un dollar, un vote qu’une personne, un vote », conclut-il.

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* Mise à jour : une version précédente de cet article laissait entendre qu’il s’agissait des deux tiers de la totalité des émissions de gaz à effet de serre (GES), mais il s’agit bien des émissions industrielles. Si l’on se fie aux données du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), ces 90 entreprises sont donc responsables des deux tiers de 45 % des GES mondiaux, puisque les secteurs énergétique et industriel sont respectivement responsables de l’émission de 26 % et 19 % des GES dans le monde.

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5 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Eh Eh… pas un commentaire de nos petits VALETS DE LA DROITE qui se prosternent devant le dieu économique et qui implorent les grandes entreprises à venir nous sauver !!! Ils nous exortent d’adhérer au système de croyance que seul un capitalisme débridé peut sauver l’humanité de la pauvreté et aider, même les travailleurs du bangadlesh, à consommer plus. Donc d’accéder au plus grand bonheur

Ah…ah…ah…et pendant ce temps-là, la semaine dernière, on a dû aller secourir les scientifiques enverdeurs au Pôle Sud en hélicoptère parce que leur navire était solidement pris dans la…GLACE!

Et les glaciers qui envahissent le Golfe Saint-Laurent, chose très…très rare à cette période de l’année!

Et on bat tous les records de froid en Amérique du Nord.

N’importe quoi!

Le déni est la première ligne de défense de l’être humain… MAIS, Il n’en reste plus beaucoup qui s’obstine à croire ce que la grandre entreprise propose comme explication…

Déni???

Tout ce que j’ai écrit est VÉRIDIQUE!

Et le climategate lui? VÉRIDIQUE également.

Le réchauffement climatique provoqué par l’humain est une légende urbaine qui ne mérite qu’à être dénoncé.

On se fout que le réchauffement climatique soit causé par l’activité humaine ou non. Ce qui est important est de se préparer à en atténuer ses conséquences.