Le marketing tue-t-il les bons médicaments ?

Plus un médicament fait l’objet d’un marketing intense auprès des médecins et des patients, moins il a de chances d’être efficace.

C’est en substance ce que suggère le professeur de l’Université du Texas Howard Brody dans un article troublant publié récemment dans le American Journal of Public Health.

La «loi du bénéfice pharmaceutique inverse», comme le chercheur a baptisé ce phénomène, résulterait de six pratiques de marketing courantes dans l’industrie pharmaceutique.

– diminuer le seuil d’un marqueur biologique, à partir duquel on considère qu’un médicament peut être utile, par exemple donner des antidiabétiques à des gens ayant un niveau de glucose dans le sang de 110 mg/dl plutôt que 140 mg/dl;

– cibler des facteurs de risque (taux de cholestérol, pression sanguine) plutôt que des maux (infarctus, décès), comme pour les statines qui visent à diminuer le taux de cholestérol;

– insister sur la sécurité accrue par rapport à des médicaments plus anciens. Selon Howard Brody, cet arrgument aurait permis aux nouveaux antidépresseurs de faire augmenter artificiellement le nombre de gens traités pour dépression.

– exagérer l’efficacité tout en présentant le produit comme plus sûr, comme ce fut le cas pour le Vioxx, un anti-inflammatoire sensé diminuer les riques de  saignement gastro-intestinal mais qu’on a dû retirer du marché en raison d’un risque cardiovasculaire nettement accru;

– inventer de nouvelles maladies pour trouver de nouveaux patients à qui prescrire des médicaments, comme la phobie sociale pour les antidépresseurs ou le prédiabète pour les antidiabétiques;

– encourager discrètement des usages non approuvés d’un médicament, une pratique révélée par la condamnation récente de plusieurs compagnies par des tribunaux, comme AstraZeneca en avril dernier.

Toutes ces techniques de vente agressives auraient  le pouvoir de transformer un médicament ayant donné de bons résultats lors des essais cliniques en un piètre produit générant des effets secondaires inattendus et peu de bénéfices pour nombre de patients.

D’où, selon Howard Brody, le nombre croissant de médicaments «blockbusters» qui font l’objet de retraits de vente ou de sévères critiques.

Selon le chercheur, les autorités et les médecins devraient tenir compte de ces dérives et mettre à leur tour au point des stratégies pour contrer ce phénomène qui coûte très cher à la société.

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La révélation de toutes ces pratiques me donne mal à la tête. Je vais donc prendre une acetaminophene à action prolongée à micro-bulles à effet ultrarapide.

Je suis également scandalisé de ces partiques à en avoir mal à la tête. Je vais faire bouillir de l’écorce de bouleaux.

En fait, le problème évoqué n’est pas tant que le marketing tuerait les bons médicaments, mais qu’il en fasse apparaître de mauvais…

Le gouvernement devraient mieux encadrer ces pratiques. Elles sauveraient beaucoup de sous et de vie. Car les compagnies pharmaceutiques sont là pour faire de l’argent donc faire virer l’économie. C’est qui est normal. Et le marketing est outil pour arriver à ces fins. C’est comme pour l’industrie alimentaire. Elle est très bien encadrée, ce qui évite les grands débordements.

L’article dont vous rapportez tel quel les conclusions est indigne d’une publication comme l’Actualité. Vous devriez à tout le moins vous demander ce qui est fondé et ce qui ne l’est pas.
C’est ça du journalisme! et non pas de rapporter les données de n’importe quelle étude bidon comme s’il s’agissait de la pure vérité!

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