La médecine personnalisée: progrès ou poudre aux yeux?

Des traitements sur mesure, basés sur l’analyse de vos gènes, grâce à la médecine personnalisée. Vous y croyez?

Dans cinq ans, décoder votre génome prendra 15 minutes, avec une machine plus petite qu’un téléviseur, et l’opération coûtera moins de 1000 dollars, affirme Jay Flatley, président d’Illumina, leader mondial des instruments de séquençage de l’ADN.

Depuis la publication de la première ébauche du génome humain (dans les magazines Nature et Science), il y a tout juste 10 ans, les techniques de séquençage et d’analyse de l’ADN ont fait des bonds prodigieux.

Grâce à elles, les chercheurs ont beaucoup progressé dans leur compréhension de l’influence que nos gènes exercent sur notre état de santé.

On connaît aujourd’hui plus de 6000 maladies monogéniques causées par un seul gène, comme la fibrose kystique. Même si chacune est plutôt rare, globalement, des millions de gens sont concernés.

Mais on a aussi trouvé une composante génétique à la plupart des maladies trèrs courantes, comme les cancers, les problèmes cardiovasculaires, l’asthme, l’infertilité ou l’obésité.

À partir de ces découvertes, les chercheurs ont inventé plus de 2000 tests de laboratoire pour repérer des facteurs de risque dans le génome des individus, préciser des diagnostics, choisir et doser des médicaments ou prédire le risque de récidive ou de complications.

On a aussi trouvé des médicaments ciblant des mutations graves, comme l’Herceptin, qui traite les femmes aux prises avec une forme particulièrement agressive de cancer du sein.

La médecine basée sur nos gènes, qu’on dit personnalisée, est-elle à la veille de révolutionner les soins de santé, comme l’annonce l’Américain Francis Collins, directeur des National Institutes of Health et grand artisan du projet Génome Humain?

 Grâce à une bourse en journalisme scientifique des Instituts de recherche en santé du Canada, j’ai eu la chance de pouvoir enquêter pendant plusieurs mois sur ce sujet, pour découvrir que la vérité est bien moins rose que certains voudraient nous le faire croire.

Même si les progrès sont indéniables, bien des promesses ne pourront pas être tenues, et ce même si les gouvernements, Québec y compris, investissent plus que jamais dans la médecine personnalisée.

Problèmes de science, de fiabilité des tests, d’intégration dans le système de santé, de coût, d’éthique… on n’est pas au bout de nos peines!

Pour en savoir plus, lisez «La révolution du sur-mesure», dans le numéro de L’actualité en kiosque ces jours-ci. Et dites-moi ce que cela vous inspire!

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Médecine sur mesure possiblement pour ceux qui pourront se la payer (pas le tests de génome mais la médecine) mais prévention sur mesure ça oui alors. Car si un tests de génome est effectué sur chaque enfant de moins de mettons 5 ans, les parents de ce dernier et cet enfant plus tard pourraient ajuster (S’il le veut bien)son mode de vie pour diminuer les risques de maladie de source génétique. Par exemple un enfant dont les tests détecteraient une propension aux infractus, pourrait (ses parents au début lui par la suite) adapter son alimentation et ses activités physiques.

Gilbert Duquette
Témiscouata suir le Lac

Je n’ai pas lu l’article au complet dans le numéro en kiosque, mais d’après le résumé que vous en faites ici, je pense que cette médecine ultra sophistiquée viendra alourdir le coût des soins de santé de façon inversement proportionnelle au nombre de personnes qui en bénéficieront.

M. Duquette (commentaire no 1) y voit des avantages en matière de prévention, et il a raison. Pour ma part, je m’interroge sur la pertinence d’un investissement majeur dans une médecine basée sur l’ADN, pompeusement appelée « médecine personnalisée », alors que toutes les prévisions parlent de vieillissement de la population. Pour les aînés actuels (et futurs), le mot « personnalisée » devient ici un détournement de sens inqualifiable.

Pendant qu’on décortiquera l’ADN de Junior, ses grands-parents et arrières-grands-parents continueront de moisir dans des mouroirs. De n’avoir accès à aucun médecin de famille. De se buter à des CLSC qui ferment à 17h et ne sont ouverts que sur semaine. De se faire dire par une infirmière débordée sur Info-Santé qu’ils devraient aller à l’urgence… pour attendre sur une civière dans un couloir pendant des heures, sinon des jours, et ce, s’ils ont eu la bonne idée de prendre une ambulance pour s’y rendre.

Et ce n’est là qu’un aspect de la question. Vous parlez aussi de problèmes de science, de fiabilité des tests et d’éthique. On n’est pas vraiment pas sortis du bois!

P.S. Avant qu’on me le dise, je vais de ce pas me procurer le numéro en kiosque et… le lire.

Le rôle du génome dans les pathologies n’est que rarement déterminant (maladies génétiques). Mais chez tout le monde, « il » peut comporter des « points faibles » qui rendront plus sensible l’organisme à certaines maladies.
En cancérologie, le choix des stratégies thérapeutiques est maintenant très aidé par la connaissance fine des particularités du cancer et de la personne atteinte.
Les recherches dans ce domaine sont donc des plus utiles. Le coût de ces innovations sera plus élevé? Mais, déjà, soignons-nous au même prix qu’il y a 50 ou 60 ans?

Je préférerais très nettement qu’on investisse dans des programmes de prévention, qu’on mette l’accent sur une alimentation saine et bien équilibrée, sur la consommation de produits frais et peu transformés, sur la diminution du sel dans la restauration, en particulier le fast food, et dans les produits préparés et les plats congelés.

On devrait aussi insister sur les vertus de l’exercice, nous avons une trop grande proportion d’enfants obèses et leur sédentarité ne peut que contribuer au développement de diverses maladies.

Quand on pense qu’au Québec, une proportion de plus en plus importante de gens sont sur médication dès 30 ans et souvent plus jeunes encore, j’ai comme l’impression que c’est la mentalité des médecins et des pharmaciens qu’il faudrait réformer et cela passe par l’université.

L’école devrait jouer un bien plus grand rôle qu’elle le fait présentement, tant en matière d’alimentation qu’en ce qui regarde l’exercice.

Avant de parler de médecine miracle, commençons donc par apprendre à respecter la merveilleuse machine qu’est notre corps et à cesser d’agir comme des irresponsables, comme si la médecine pouvait défaire des décennies d’habitudes néfastes et comme si nous n’avions pas qu’une seule enveloppe corporelle.

On trouve cet article en ligne ? Car je suis de l’aute côté de l’Atlantique et ça ne va pas être pratique de passer dans un kiosque…

Sinon, le chiffre de 1000 dollars donné est déjà largement dépassé, aujourd’hui, on séquence son génôme (avec certes une qualité imparfaite) pour bien moins http://www.bortzmeyer.org/23andme.html

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