La médecine qui en fait trop n’est pas sans risque

Nous dépensons probablement des milliards pour rien — pour des tests, des prises de sang et des traitements qui n’ont aucun effet réel sur notre santé, dit le Dr Alain Vadeboncœur. Pourtant, soigner moins, c’est souvent soigner mieux, explique le blogueur, qui partage ici une histoire fictive… mais fort éloquente.

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Photo : Getty Images

Vous avez 42 ans. Vous rencontrez votre médecin pour une visite de routine, prévue depuis huit mois.

Sante_et_scienceTout va bien, aucun symptôme particulier. Vous êtes plutôt active et ne mangez pas si mal.

Après un bon questionnaire et un examen physique, votre médecin vous rassure, prescrit une série de prises de sang pour compléter votre bilan de santé, de même qu’un électrocardiogramme, que l’infirmière réalise sur place.

Mais en examinant votre électrocardiogramme, votre médecin fronce un peu les sourcils. Évidemment, ça vous inquiète.

Qu’est-ce qu’il voit ? C’est la première fois que vous passez ce test. Peut-être aurait-il dû vous en faire passer un plus tôt ? A-t-on manqué quelque chose de grave ? Votre beau-frère vous l’avait bien dit, à Noël, de passer cet examen plus tôt, lui que sa compagnie envoie chaque année faire un bilan de santé beaucoup plus complet.

Puis il vous rassure : ce n’est qu’une petite anomalie, probablement sans signification. Il vous questionne plus en profondeur à propos vos habitudes de vie et de vos symptômes cardiaques. Vous êtes un peu moins active depuis quelques mois à cause du travail, mais de manière générale, l’exercice ne vous cause aucun problème particulier.

Votre médecin en prend note, vous rassure de nouveau — vous commencez à trouver suspecte son insistance à vous dire que tout va bien — et suggère de passer un tapis roulant pour vous rassurer tout à fait, ce que vous vous empressez d’accepter, parce que vivre avec l’incertitude, ce n’est pas votre tasse de thé.

Alors tout va bien, vous retournez à vos activités, sans toutefois reprendre l’exercice (on ne sait jamais). Vous avez bien hâte de confirmer que les tests sanguins et le tapis roulant seront normaux. Parce qu’un doute persiste.

On poursuit l’évaluation

Quelques jours plus tard, vous passez au CLSC. On vous prélève 4 tubes de sang. Puis, deux mois plus tard, vous vous rendez à l’hôpital pour le tapis roulant. Aucun problème : vous vous trouvez même en bonne forme, ce qui vous rassure. Les jours suivants, vous recommencez d’ailleurs à courir un peu, et tout se passe bien. Vous êtes plus relaxe.

Mais le médecin vous rappelle un matin, sur votre cellulaire. Les tests de sang ne montrent rien de particulier. Mais le tapis roulant est légèrement anormal. Vous sentez une bouffée d’angoisse. Mais ce n’est rien de grave, sûrement un «faux positif». Il planifie un examen complémentaire en médecine nucléaire.

Quelques semaines plus tard, vous prenez votre après-midi — puis le matin suivant — pour passer cet examen (plus précis, qui combine le tapis roulant et la médecine nucléaire). Toujours pas de symptômes. Le personnel est bien gentil, et on vous indique que le rapport sera envoyé à votre médecin. Vous n’êtes pas rassurée, mais bon, vos parents ont 80 ans et aucun de vos frères et sœurs ne souffre de maladie cardiaque. Vous avez de nouveau, toutefois, arrêté la course et vous commencez à mal dormir.

La mauvaise nouvelle

Quelques jours plus tard, la secrétaire de votre médecin vous demande de venir le rencontrer à son bureau. Elle ne veut pas vous dire pourquoi. Cela vous inquiète encore plus. La nuit suivante est atroce œ vous ne fermez pas l’œil. Vous arrivez au bureau du médecin fatiguée.

«Bon, le test de médecine nucléaire n’est pas tout à fait normal.
– C’est grave ?
– Je ne pense pas, mais il va falloir clarifier tout ça.
– Qu’est-ce que j’ai ?
– Il y a peut-être des sténoses sur les artères coronaires.
– Quelles artères ? Des quoi ?
– Les artères qui nourrissent le cœur. Elles sont peut-être bloquées.
– Et je n’ai pas de symptômes ?
– Ça arrive. Je vais demander un avis au cardiologue.
– Et qu’est-ce que je fais en attendant ?
– Prenez une aspirine de bébé par jour et je vous prescris de la nitro.
– Je la prends quand ?
– Si vous avez un serrement dans la poitrine.
– Mais je n’en ai pas.
– C’est juste un «en-cas». Je vous donne des nouvelles pour le rendez-vous.
– Merci, docteur.»

Durant les semaines qui suivent, vous êtes très inquiète, vous dormez mal et, surtout, vous portez toute votre attention à d’éventuelles douleurs dans la poitrine.

Justement, une nuit, vous vous réveillez avec un léger serrement. Vous aviez déjà eu cela dans le passé, mais sans y porter attention. Alors vous vous asseyez sur le bord de votre lit, prenez une bouffée de nitro, et attendez. Après quelques minutes, vous êtes étourdie, vous avez un peu mal à la tête, vous commencez à respirer rapidement. Vous décidez de prendre une autre bouffée.

Mais vous vous sentez de plus en plus mal. Votre vue s’embrouille, vous ne voyez plus très bien, vous êtes de plus en plus étourdie, puis…

Vous vous retrouvez étendue sur le sol, votre conjoint est à côté de vous, tentant de vous réveiller. Vous ne savez plus où vous êtes.

«Qu’est-ce que t’as ? Tu m’as réveillé, tu es tombée ?
– Je sais pas, j’avais une douleur dans la poitrine…
– Comme ton angine ?
– Je sais pas trop, c’est la première fois. J’ai pris la nitro, puis plus rien.
– Et là, ça va mieux ?
– J’ai encore un malaise.
– OK, j’appelle l’ambulance.
– Non, ça va aller.
– Non, c’est ton cœur. Reste là.»

L’ambulance arrive quelques minutes plus tard. Les paramédics vous donnent de l’oxygène, prennent votre pression et votre pouls, vous branchent sur un moniteur cardiaque, vous font passer un électrocardiogramme, puis décident de vous amener à l’hôpital.

À l’hôpital

Une fois à l’urgence, l’infirmière vous évalue rapidement, puis le médecin. On effectue un autre électrocardiogramme ; il n’est pas tout à fait normal, puis on vous donne différents médicaments.

Le cardiologue vous rencontre au matin. Il sait que vous êtes en attente d’une évaluation cardiologique et consulte votre examen récent de médecine nucléaire.

Il vous informe qu’il est possible que les blocages aient progressé, mentionne en passant que la perte de conscience est probablement due à la nitro ou bien à une arythmie, et propose de vous hospitaliser pour passer un cathéter cardiaque afin d’en avoir le cœur net — il rigole un peu de son jeu de mots.

Vous acceptez : vous ne pouvez plus vivre dans l’incertitude. On vous trouve une chambre à l’étage, et le lendemain, on vous transfert en salle d’hémodynamie, un lieu impressionnant rempli de cadrans et de bidules. Vous préférez fermer les yeux, car tout cela vous inquiète beaucoup.

On vous réexplique la procédure, vous fait signer le consentement, puis l’examen débute. Le cardiologue introduit un cathéter dans votre avant-bras droit. Ce n’est pas très douloureux. On vous informe régulièrement de la progression de l’examen. Tout va bien.

Lorsqu’on vous injecte du colorant, vous sentez comme un peu de chaleur, mais rien de plus. À un moment donné, vous sentez quelques palpitations, mais cela ne dure pas.

«C’est presque terminé, madame.
– Et les blocages ?
– Tout est beau, il n’y a pas blocage.
– Mais l’examen montrait des blocages.
– Les examens ne disent pas toujours la vérité, vous savez.
– Vous êtes bien certain ? Avez-vous regardé partout ?
– Tout ce qu’on doit regarder.»

Vous êtes rassurée, mais en même temps, un peu inquiète. Alors d’où venait le serrement ressenti cette nuit ? Et les anomalies sur l’électrocardiogramme ? Et le test de médecine nucléaire ?

Mais l’examen se termine, somme toute sans complication. On vous remonte à votre chambre. Vous vous endormez assez tôt ce soir-là. On interrompt la prise des médicaments qu’on vous avait administrés à l’urgence.

Le lendemain, le cardiologue vient de nouveau discuter avec vous. Votre examen est tout à fait normal. Vous lui posez les mêmes questions. Il n’y a pas de nouvelle réponse. Simplement que les tests ne sont que des tests et que, parfois, ils exagèrent un peu. On appelle cela des faux positifs. Mais avec l’examen des artères coronaires, on peut être bien certain qu’il n’y a aucun problème. Cette fois, vous êtes un peu plus rassurée.

De petites complications

Par contre, vous ressentez des démangeaisons depuis la veille. Vous en parlez au cardiologue. Il examine votre peau. Effectivement, il y a des placards rouges un peu partout. Sans doute une réaction allergique. Rien de grave. Il vous prescrit des antiallergiques et vous donne congé, avec arrêt de travail pour la semaine.

Vous retournez à la maison, fatiguée, mais rassurée. Vous commencez les médicaments contre l’allergie. Mais les rougeurs et les démangeaisons empirent. Cela vous inquiète. En soirée, vous retournez à l’urgence. La réaction a beaucoup progressé, au point d’avoir le visage bouffi.

On commence un traitement de cortisone intraveineuse et on vous garde pour la nuit. Dans le brouhaha de l’urgence, vous ne dormez pas du tout. Au cours de la nuit, la réaction diminue en intensité. On vous laisse partir au matin, avec quelques médicaments antiallergiques, dont la cortisone. Quelques jours plus tard, les rougeurs ont disparu.

Retour au bureau du médecin

Vous rencontrez votre médecin après deux semaines. Tout va bien. Vous avez recommencé à courir. Vous n’avez aucun symptôme particulier. Un doute vous reste quant à l’état de vos artères, mais ça ne doit pas être si grave.

«Je suis content de voir que tout va bien.
– Moi aussi. Je n’arrivais plus à dormir.
– Au moins, maintenant, on peut être complètement rassuré.
– Oui. Mais je ne comprends pas pourquoi les tests étaient anormaux.
– Ce sont des faux positifs. Il ne faut pas s’en faire avec ça.
– Est-ce qu’on ne devrait pas au moins contrôler l’électrocardiogramme ?»

Le médecin hésite.

«Non, ça ne serait pas utile. La coronarographie est normale.
– Je me demandais : pourquoi l’avoir fait au début ?
– Vous savez, on n’est jamais trop prudent.
– Merci, docteur.
– Pas de quoi.»

Et vous quittez la clinique. Le lendemain, vous avez planifié de la marche en montagne.

*

Pas de «punch»

Alors, où est le «punch» dans cette histoire ? Il n’y en a pas. Mais c’est une excellente illustration de ce qu’on appelle le «surdiagnostic», phénomène sur lequel je reviendrai souvent.

Récemment se tenait à Montréal un colloque fort intéressant, organisé par l’Association médicale du Québec, et traitant justement de ce problème croissant. Ce jour-là, une initiative fort importante était lancée : la campagne Choisir avec soin, qui vise à sensibiliser les médecins, les autres professionnels et les patients aux problèmes posés par le surdiagnostic.

Au fait, le punch, il y en a un : nous dépensons probablement des milliards pour rien — pour des tests, des prises de sang et des traitements qui n’ont aucun effet réel sur notre santé. C’est parfois la fausse croyance qu’il est préférable de tout diagnostiquer et de tout traiter qui est en cause, largement partagée, autant par les médecins que par les patients.

Or, les seuls gestes importants, en médecine, sont ceux qui permettent d’allonger la durée de la vie ou d’améliorer sa qualité. À chaque fois qu’un médecin pose un diagnostic ou bien donne un médicament, il devrait se poser cette question.

*

Pour revenir à mon histoire, somme toute banale, qu’est-ce qui a cloché ?

D’abord, il n’y avait au départ aucune indication de faire passer un électrocardiogramme à une jeune patiente active et sans symptôme. Le test était peut-être légèrement anormal, mais il ne signifie pas grand-chose si le patient est jeune.

Sans doute n’aurait-on pas dû lui faire passer un tapis roulant non plus. Car à partir du moment où l’on s’engage dans une démarche diagnostique, il devient de plus en plus difficile de reculer.

Le tapis roulant n’étant pas complètement normal, on demande un examen de médecine nucléaire, pour «rassurer». Mais il arrive parfois qu’il n’est pas normal, même sans maladie sous-jacente. Aucun test n’est parfait.

Alors, on va plus loin. On ajoute de l’aspirine en prévention, et on prescrit de la nitro. Mais la nitro peut avoir comme effet secondaire de faire chuter brutalement la pression. Alors on se ramasse avec une perte de conscience qui aurait pu causer des blessures. Et surtout, une situation clinique dont la gravité apparente vient d’augmenter, alors qu’au fond, il n’y a pas de symptôme réel.

À l’urgence, avec l’histoire de douleur thoracique et de médecine nucléaire anormale, l’orientation vers une coronarographie devient presque obligatoire. La roue continue de tourner.

Fort heureusement, sauf pour l’allergie aux médicaments (qui aurait pu être encore plus sévère), il n’y a pas eu de complication majeure. Parce qu’aucun examen n’est sans risque. Pour un cathétérisme cardiaque comme celui-là, on parle d’une mortalité généralement estimée à 1/10 000 (qui, bien sûr, est plus fréquente chez les patients âgés ou très malades). Mais pas de zéro. C’est un pensez-y bien.

Le message dans tout cela ? La profession médicale devrait faire de la question du surdiagnostic un enjeu majeur de réflexion et de formation, et ce, pas seulement pour des raisons économiques. Parce que souvent, soigner moins, c’est soigner mieux.

* * *

À propos d’Alain Vadeboncœur

Le docteur Alain Vadeboncoeur est urgentologue et chef du service de médecine d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal. Professeur agrégé de clinique à l’Université de Montréal, il enseigne l’administration de la santé et participe régulièrement à des recherches sur le système de santé. On peut le suivre sur Facebook et sur Twitter : @Vadeboncoeur_Al.

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Ouais, pis rien de mieux que l’expérience. Écoutez les plus vieux et fermez vos gueules et oubliez un peu l’académique. En Géologie on porte des interprétations à partir d’observation souvent visuelle. Pis malheureusement ça ne marche pas bien comme méthode. Mais essayer de convaincre des amoureux de leur science que leur prétention ne vaux pas grand chose c’est pas garant de succès.

Est-ce seulement moi? Je ne comprend absolument pas le commentaire précédent!
Le billet du Dr. Vadevoncoeur par contre est éloquent et combien vrai! Personellement, j’ai dû refuser des tests qui me semblaient exagérés et je ne le regrette pas. Je crois qu’on traite trop aggressivement, surtout dans le cas de cancers qui « grossissent » très lentement…

Il y a pire que cela Alain. Je te parle ici de chirurgie esthétique. Il y a quelques jours, une jeune patiente décide de se faire faire une liposuccion abdominale. Quelques jours plus tard elle ressent un léger malaise, puis le lendemain, elle descend les escaliers et tombe face contre terre, elle ne se relèvera jamais. Diagnostic: Embolie pulmonaire massive. Elle prenait des anovulants à 44 ans. Le chirurgien ne le savait pas. Est-ce que la médecine en avait fait trop? La patiente avait payé des milliers de dollars pour se faire refaire un ventre, c’est fini…Primum non nocere! On est loin de
cela. Et que penser de toutes ces chirurgies esthétiques non indiquées?

@Michel Barry ; sans offense, l’exemple que vous donnez, selon moi, n’a pas de rapport avec celui de dr. Vadeboncoeur .La femme qui a décidé de faire une liposuccion, l’a fait de son propre gré. Elle a caché délibérément au md. qu’elle prenait des anovulants. Donc le md. n’avait pas le tableau complet de la situation. Toute chirurgie, d’ailleurs presque tous les gestes que nous posons dans la vie, ont ou peuvent avoir des répercussions. Le risque zéro n’existe pas. Oui, la dame a payé des milliers des dollars. Et c’est normal; ce n’était pas quelque chose de… vital. On paye de milliers de dollars pour une auto. Si on ne fait pas attention à la conduite, on risque d’avoir des accidents avec séquelles ou de mourir. C’est la même dynamique.
Pour ce qui est de… « primum non nocere », je pense que le chirurgien a certainement pesé le pour et le contre. Mais, comme vous l’avez dit, la patiente n’a pas tout dit au md. Puis, même si la chirurgie esthétique peut paraître futile vue de l’extérieur, elle rend service à bien des gens mal dans leur peau, dans leur tête, dans leur vie sociale. Priver des milliers des personnes de l’effet bénéfique de la chirurgie esthétique, pour quelque cas qui…tournent mal ? Il faut voir la cause.
Cordialement,

Le rapport est ce que fait la médecine pour soigner les patients…et ce qu’elle ne devrait pas faire.
Ce qu’elle fait en trop, ce qu’elle fait et qui est non indiqué ou non requis. La chirurgie esthétique a ses défenseurs, et je comprends très bien que certaines gens ont un besoin de cette intervention( la chirurgie esthétique en général). En chirurgie esthétique on s’entend qu’on est loin du Primum non nocere ( Botox, chirurgies invasives au visage, à l’abdomen, implants…) Ce sont tous des éléments
non nécessaire à une bonne santé. D’accord que cela peut améliorer le bien être d’une personne en se sentant plus jolie, améliore ses pensées, son bonheur, sa qualité de vie et son rapport avec les autres.

C’est aussi un problème, d’un autre ordre cependant. Mais effectivement, cela montre qu’il n’y a aucune intervention sans risque. Faisons donc des interventions indiquées. Quant à la chirurgie esthétique, dans la mesure où la personne comprend bien le risque…

J’ai déjà eu un cas similaire à ce que tu décris, mais avec une issue inverse. Une jeune femme qui faisait detriathlons. Elle me décrit des palpitations à l’effort. Ok, elle venait même pas pour ça et était là pour sa mère, bref , à sa demande, je lui remets une consultation en cardiologie sans conviction de la nécessité pour une épreuve d’effort chez cette jeune femme…Elle a eu son épreuve d’effort rapidement et est restée hospitalisée »obligatoirement » devant le risque grave d’arythmie suite au résultat de ce test, et un Pace défib. lui a été installé avant qu’elle ne retourne vivre à l’extérieur! Est-ce qu’on lui a sauvé la vie? Probablement. Mais le défib. n’a pas fonctionné après 2 ans.

Mais elle avait des palpitations à l’effort, c’était donc une bonne idée de tenter de mettre en évidence une arythmie par une épreuve d’effort.

Je pense qu’il vaut mieux proposer de ne pas du tout se faire soigner. On va aller économiser encore plus. Et pendant que nous sommes encore relativement en forme, on paiera les impôts pour nourrir une caste administrative médicale qui coûte autant que les soins dispensés par le corps médical pour nous assurer au moins d’avoir un jour des soins palliatifs couverts à 100%. Au lieu de prévenir pour mieux guérir, on s’assure aussi de pouvoir mourir un jour dans la dignité?!

Y aura-t-il au moins un médecin qui ait le courage de dénoncer le vrai problème du système de santé?

Bonjour. Ce que je décris ici a peu à voir avec les coûts, et tout avec la bonne pratique de la médecine. Ceci dit, je suis tout à fait d’accord avec vous quant au fait que le contrôle des coûts a des effets secondaires indésirables dans les soins aux patients.

Bonjour Dr. Vadeboncoeur, J’ai lu avec grand intérêt votre chronique car c’est exactement ce qu’il m’est arrivé il y a maintenant presque dix ans… Je n’étais âgée que de 56 ans. La seule différence c’est qu’ils ont détecté une anomalie avec blocage pas très élevé mais situé au tronc commun, ce qui a nécessité une opération chirurgicale d’urgence. J’étais également une personne en bonne santé, aucun antécédent familial, je pratiquais certains sports et mon poids était encore dans la cohorte du poids santé, mon alimentation était presque parfaite. C’est par l’intermédiaire d’une médecin néphrologue qui m’avait par ailleurs donné mon congé car j’étais en observation pour de l’hypertension artérielle, laquelle en définitive n’exigeait aucun suivi, que la démarche s’est amorcée. L’omnipraticien qui me suit depuis une trentaine d’années ne m’avait jamais prescrit aucun médicament pour le cholestérol ni pour l’hypertension. En sortant du bureau de la néphrologue, prête à partir, je lui mentionne que j’avais eu à deux reprises, lors de marches en montagne, à des intervalles très espacés, une petite douleur, plutôt vague, du côté droit. Suite à ces paroles, elle m’a envoyée en médecine nucléaire et s’en est suivi alors une kyrielle d’examens, tel que vous le mentionnez dans votre chronique. Mais la coronographie fut malheureusement concluante. J’ai donc subi tout le stress dont vous parlez mais cette étape fut nécessaire et je remercie le système de santé de m’avoir pris en charge. Je fus opérée à l’Institut de cardiologie de Montréal. En conclusion, suite à votre chronique, il y a sûrement des cas de surabondance de tests mais chaque cas s’avère différent et laisser l’incertitude jouer son rôle en médecine n’est sans doute pas l’idéal (surtout en matière de cardiologie!). Personnellement, je n’ai jamais su comment interpréter cette grande aventure médicale, mais sans la suspicion de la néphrologue qui a décidé soudainement de m’envoyer en médecine nucléaire pour éclaircir le cas, suite à une petite intervention verbale faite avant d’ouvrir la porte de son bureau… je ne ferais sûrement plus partie de cette planète… Je la remercie encore pour son professionnalisme, comme je remercie également le chirurgien qui m’a opérée. Je voulais simplement vous faire part de mon histoire en espérant aussi une grande discrétion. Je vous remercie pour votre attention dans cette lecture.

Il y a une petite différence. Vous aviez de rares symptômes, et de l’hypertension, et plus de 50 ans. Donc votre profil de risque est plus élevé que la dame de l’histoire.

Ce que vous mentionnez d’autant plus important qu’un malaise lié à l’effort, s’il se répète, peut effectivement signifier la présence d’angine. Si le malaise est nouveau, il s’agit bien d’angine instable.

C’est curieux mais cet article raconte, à peu de chose près, le scénario que j’ai vécu il y a 1 an. Ce n’est pas une histoire fictive mais pratiquement la mienne, incluant la crise de panique en pleine nuit……
Toute cette démarche angoissante pour une simple douleur au cou lors de mes exercices physiques. Il aurait été moins compliqué, moins stressant et plus économique de vérifier les muscles de mon épaule avant toute chose. J’ai vécu un enfer pendant tout le processus.

Qu’ajouter de plus, vous gentil docteur avez entièrement raison. Je ne sais pas ce qui s’est passé entre le moment où l’accès à un médecin ou un spécialiste se faisait presque subito presto et la surprotection du patient. Pourquoi a-t-on voulu faire de la prévention un dada et croire qu’avec cette nouvelle orientation on finirait par se tourner les pouces dans les bureaux de médecins?

J’aime bien vous lire. Votre exemple vient me confirmer ce que je sais depuis fort longtemps. J’ai été infirmière en régions éloignés et en international, infirmière durant 45 ans. Je me demande pourquoi il est nécessaire d’avoir un médecin de famille si nous sommes en bonne santé. Quand nous avons un problème réel de santé il est facile d’aller à un sans rendez-vous, d’ailleurs même si nous avons un médecin de famille lorsque nous en avons besoin il n’est jamais disponible donc à quoi ça sert? cette fictive patiente à surement un médecin ultra prévenant en plus il l’a rappelle pour lui donner les résultats ce qui est très rare de notre médecin soit disant de famille. Quel mensonge!!!

Vous posez là une question pratiquement tabou… mais très importante. Je ne suis pas loin d’être en accord avec vous.

Je comprends qu’on parle ici exclusivement de coûts, et non de l’angoisse des patients soumis à des tests inutiles, comme tente de le faire valoir votre exemple fictif. Auquel cas il faudrait tout autant considérer l’angoisse des patients à qui sont refusés des tests nécessaires. Je préfère des examens peut-être coûteux à des examens qu’on éviterait pour des raisons de coûts. En outre, il faudrait savoir ce qui coûte réellement le plus cher: les diagnostics tardifs qui entraîneront des soins très coûteux, ou les tests dits inutiles, dont l’utilité est quand -même d’éliminer des maladies graves sans parier sur le dos du patient. Je n’ai pas ces données.
Mon exemple à moi n’est ni fictif, ni très rare: quand un patient vous fait part de saignements macroscopiques durant des années et que vous ne prescrivez pas de cystoscopie par souci d’économie (à moins que ce ne soit par incompétence, mais c’est une autre question), le patient finira à l’urgence, en hémorragie, pour se voir enfin prescrire la cystoscopie depuis longtemps nécessaire. Cette cystoscopie démontrera avec des années de retard un cancer de la vessie. Qui sera plus difficile à traiter. Le nouveau message gouvernemental sur l’avantage de diminuer les tests multipliera ce genre de situation. (PS: Le cancer de la vessie est le plus cher à soigner de tous les cancers. Aussi bien l’identifier plus tôt.).
Cette question mériterait des prises de position moins sommaires, et moins démagogiques.

Une hématurie macroscopique est une indication claire d’investigation. Je ne sais pas pourquoi ça n’a pas été votre cas. Mais les propos du docteur Vadeboncoeur font références aux examens NON-indiqués.

Contrairement à ce que vous dites, je ne parle pas de coûts, mais bien de pratique de la médecine. D’une part, certains tests sont non seulement inutiles mais peuvent entrainer des interventions qui posent un risque. D’autre part, pour aller dans le sens de ce que vous dites, si on limitait l’usage de certains tests effectués inutilement, on dégagerait du temps (et de l’argent) pour effectuer les tests vraiment indiqués. Ce qui répondrait sans doute à votre inquiétude.

Bonjour Alain,
belle illustration de l’aphorisme du Dr Knock qui est devenu aujourd’hui,: Un individu en santé est un celui qui n’a pas été suffisamment investigué.

Beau travail
Su un autre terrain peut-on se demander pourquoi des médecins qui travaillent dans une province où le coup de la vie et de la pratique est moins élevé qu’ailleurs au pays devraient être rémunérés comme ceux qui travaillent dans les autres provinces?

Anonce d’un cancer agressif de la prostate fin octobre 2013, prostatectomie radical 15 novembre, convalessence 6 semaines à trois mois.
Au bout de 10 semaines fin janvier je pelte, puis quelque jour polus tard douleur adominal sévère , urgence 1er fois 2 février 2014, laxatf RX et TAco, douleur insuportable urgence 2 ième fois 14 février 2014 , gastro , antiacide. 5 mars mon médecin généraliste prescri décontracttant gastrique. 10 mars 2014 3 ième fois urgence douleur un autre gastro diagnostique une déchirure musculaire sous sternum pas de traitement faux que j’apprenne à vivre avec la douleur !!! . 12 mars l erevois mon généraliste qui me prescris un anti inflamatoire . cela fait trois semain que je fait rien et je commence , un peur , à aller mieux.
Un mauvais diagnostique au départ voila le pourquoi de tous les tests et de ma souffrance depuis trois mois.

Je pense avoir un début d’Alzheimer. J’ai 52 ans et les pertes de mémoires, comme les hésitations lorsque je parle, se multiplient.

On m’a proposé de passer un IRM (résonance magnétique), mais j’ai paniqué dans l’appareil.Je ne me savait pas claustrophobe. Je n’ai pas fait de suivi ni revu de médecin depuis. D’après ce que je sais (je peux me tromper), il n’y a pas de traitement efficace contre l’Alzheimer. La médication prescrite présentement ne fait que retarder les symptômes de 1 an. De plus, on peut se questionner sur la validité des études cliniques puisqu’il est probablement extrêmement difficile de mesurer la dégradation lente et graduelle de la mémoire et de voir si une médication a un effet réel.

Je souffre aussi d’apnée du sommeil. Avant qu’elle ne soit diagnostiquée, je me plaignais de mes jambes qui ce contractaient pendant mon sommeil (connu sous le nom de restless leg syndrome). J’ai passé quelques tests neurologiques qui semblaient démontrer un problème. Par contre, ce symptôme est souvent associé à l’apnée. En traitant l’apnée, les contractions involontaires ont beaucoup diminué, mais il y en a encore.

D’un autre coté, le traitement du syndrome des jambes qui bougent ne me semblait pas pouvoir se faire sans effets secondaires. Un des médicaments pouvant être prescrit pour cette affection est le Gabapentin. Chez moi, il provoque une très grande somnolence. Se lever la nuit et jouer à des jeux vidéos pour ‘’faire passer’’ la période de contractions musculaires involontaires fonctionne assez bien pour moi.

En conclusion, je dirais que consulter pour faire diagnostiquer une condition médicale réelle qui ne peut être traitée correctement ne vaut vraiment pas la peine. C’est une dépense inutile. De plus, certains traitements sont à peu près inefficaces, surtout dans le domaine des maladies reliées au système nerveux (incluant la dépression légère) et de l’obésité.

Tout à fait d’accord ; en médecine on ne demande pas de test si on ne sait pas quoi faire avec le résultat
Le « pif » clinique est souvent le meilleur indicateur ( 37 ans de pratique bientôt)
Et je travaille en privé surtout pour des bilans préventifs et j’applique toujours la loi du « pif » clinique
même si les patients peuvent payer eux-mêmes pour une panoplie de tests souvent superflus ;
Un bon échange avec le patient permet de réassurer beaucoup d’entre eux et dans mon cas si le patient
Exige toujours un test que je juge non essentiel à la clinique , bien au moins , c’est lui qui paye pour.

Le combat contre le surdépistage, le surdiagnostique et le surtraitement sera difficile. Comment convaincre des patients, qui n’ont pas les connaissances médicales, statistiques et épidémiologiques, quand les médecins eux-même n’y font pas attention?

Pour ma part, dans ma pratique au bureau, une de mes « armes » de prédilection est le guide pratique de l’examen médical périodique du Collège des Médecins, que l’on trouve ici: http://www.cmq.org/fr/Public/Profil/Commun/AProposOrdre/Publications/~/media/Files/Guides/EMP-2014.pdf?41417 .
Ce lien est dans l’onglet « favoris » de mon ordinateur de bureau, et, quotidienement, je le lis avec les patients pour qu’ils voient eux-mêmes que non, aucun test n’est indiqué pour eux cette année là, et que si tout va bien, ils ne peuvent revenir me voir qu’au besoin ou dans 3 ans.

Il faudrait que cette brochure soit imprimée et envoyée dans tout les foyers du Québec, au lieu d’être cachée dans les méandres obscures du site du collège.

Dr Dominique Garant, Omnipraticien, CH Amos, CLSC Barraute, podcast Lobe Frontal.

Excellent article, situation meme pas exagérée. Je suis medecin. J essaie de ne pas tomber dans l abus des examens mais pas toujours facile ! Peur de manquer un diagnostic et des poursuites qui s ensuivent,; patients de plus en plus informés via internet et pas toujours adéquatement et qui exigent des examens inappropriés tel des résonnace magnétique par exemple. Nous avons certainement notre méa culpa a faire, mais la population aussi je crois !!

Je dois avouer que j’ai énormément de respect pour la profession de medecin. Mais je suis loin d’être en accord avec Dr Vadeboncoeur. J’espere que nous ne sommes pas rendu a minimiser les examens lorsque le risque est faible seulement pour accélérer le temps d’attente ou sauver de l’argent. J’ai moi même eut la chance apres avoir rencontrer des urgentologue qui ne voulait pas faire de surevaluation… d’en voir un qui lui m’a envoyé faire un scan du cerveau même si tous les tests neuro etait A1. Et bien 1 semaine plustard j’etais sur la table d’operation en neurochirurgie. Une de mes bonnes amies avait mal au ventre, on lui a dit quelle avait un simple mal de ventre alors quelle avait 2 litres de liquide dans le ventre et un cancer de stade 3 aux ovaires. La profession de medecin doit sauver des vies et non gerer des budgets. Les maladies cardiaques sont de plus en plus vue chez des patients de jeune age et même chez des gens très actifs. Je crois qu;un medecin de famille qui observe une anomalie ne fait que son travail en poussant un peu plus et c’est très bien comme cela. D’ailleur ils sont souvent regardé de haut par les medecins spécialistes mais n’oublions pas le vieux dicton Vaut mieu prévenir que guérir et la prévention commence dans leur bureau je crois.

La question n’est pas là. Certains examens ne servent à rien, voilà tout. Or, il est fréquents que des tests effectués inutilement mènent à d’autres examens inutiles et éventuellement des interventions qui comportent une part de risque. Ceci dit, la médecine est aussi un art et les erreurs font partie de la pratique. La solution aux erreurs potentielles n’est cependant pas de demander trop de tests, mais de prendre davantage son temps et de mieux écouter ses patients.

Je crois sincèrement que vous avez raison car j’ai moi-même vécu des mois de cauchemars car pour une hystérectomie on m’a fait passe un électro on a découvert un Wolf, j’ai passe la batterie de test avant d’avoir le ok pour la chirurgie et mes enfants aussi l’ont passe des mois avant d’avoir les résultats. Quand on entre la-dedans ça devient un tourbillon sans fin et le stress, l’angoisse et l’incertitude nous gruge! Je n’ai que 37 ans alors etait-ce vraiment nécessaire?

Je vais me faire l’avocat du diable. Il arrive trop souvent que les médecins pêchent par l’excès contraire, ne se fiant qu’au résultat d’un test et négligeant d’investiguer davantage malgré les symptômes, la plainte et la parole du patient qui devraient l’orienter autrement. Ce manquement à croire le patient peut mettre la santé et la vie du patient en danger.

Quelques exemples tirés de mon expérience. Jeune femme, 23 ans, je me présente pour me faire poser un stérilet mais j’ai des symptômes aigus d’infection vaginale. Je sais que celle-ci doit être traitée avant la pose du stérilet pour éviter qu’elle envahisse l’utérus et les trompes et ne cause l’infertilité. La doc me fait un prélèvement et me demande de revenir quelques semaines plus tard (quand elle aura les résultats). Les résultats sont négatifs, elle veut poser le stérilet. J’ai pourtant des symptômes encore très évidents, j’hésite, elle me dit qu’il est IMPOSSIBLE que j’aie une infection en regard des tests. Elle pose le stérilet. Dès les jours suivants, j’ai des douleurs intenses à l’utérus et du côté droit, ça m’élance jusqu’à mi-jambe et je fais de la fièvre. Je retourne la voir, elle maintient qu’il est IMPOSSIBLE que ce soit une infection et me dit que ça va passer. Je retourne chez moi. Je la rappelle quelques semaines plus tard (non, mes règles n’ont pas réglé le problème, et la fièvre continue), elle maintient sa position et dit que je dramatise ! Mais après plus d’un mois, elle me rappelle : «Venez vite que je vous traite, j’ai reçu un avis du labo, leur frigo était défectueux et ils ont eu beaucoup de faux négatifs» ! Elle me prescrit des antibiotiques. Je lui demande de retirer le stérilet pour que ma salpingite (maintenant bilatérale) guérisse plus vite, car j’ai trop mal, je n’en peux plus, et elle REFUSE («ce n’est pas nécessaire»). J’endure encore, la douleur persiste malgré l’antibiotique, elle refuse toujours de me le retirer. Je me décide alors à aller voir un autre médecin, qui est scandalisé de ces méthodes et me retire immédiatement le stérilet. La douleur cesse sur-le-champ et je guéris enfin. Mais voilà, quand j’essaierai sans succès de tomber enceinte quelques années plus tard, les examens révéleront que j’ai les trompes complètement maganées et que je suis devenue stérile. Ce qui ne serait pas arrivé si la doc m’avait crue au lieu de juste se fier à son test, à une technologie qui EST faillible.

Quelques années plus tard, je tombe néanmoins enceinte et ça se passe mal. Douleurs intenses du côté droit, s’intensifiant de jour en jour. Je sais que je suis à très haut risque de grossesse ectopique et me précipite chez un gynéco. À l’échographie abdominale, il ne voit rien. Le test sanguin montre que je suis encore enceinte, mais le médecin croit que j’ai avorté et que c’est resté collé et veut me faire un curetage. Rendez-vous à l’hôpital 2 jours plus tard. Pendant les procédures d’admission, la douleur s’intensifie en coup de poignard et devient absolument intolérable. Je hurle, je demande une intervention d’urgence, je suis maintenant CERTAINE que c’est une grossesse tubaire et je sais, pour avoir lu sur le sujet, que si la trompe se rompt, je mourrai au bout de mon sang en moins de 10 minutes. C’est l’exemple classique de l’urgence médicale. Il est 14 heures, le médecin doit me faire mon curetage à 19 heures. Je me tords de douleur sur mon lit pendant des heures, je supplie l’infirmière d’appeler le médecin, elle dit qu’il n’est pas joignable et que je me plains pour rien, «cessez de crier, ça ne fait pas si mal que ça un avortement !». Je la supplie de me descendre à l’urgence ou en salle d’op, elle REFUSE et me traite d’HYSTÉRIQUE. Son ton est cinglant et son mépris, total. L’angoisse s’ajoute à la torture. PERSONNE dans l’hôpital ne m’entend, ne me croit ; externe, interne, autres infirmières, tous me regardent comme si j’étais folle. RETENEZ : le pouvoir du médecin traitant est absolu, même quand il se trompe. Même mes proches appelés au secours croient que je suis entre bonnes mains à l’hôpital et que j’exagère. Si j’étais à l’extérieur, j’appellerais le 911 pour qu’ils m’amènent à l’urgence ! Mais là… Tout ce que je peux faire, c’est essayer de ralentir ma respiration et les battements de mon cœur dans l’espoir que ça ralentisse la division cellulaire de l’embryon afin que la paroi hyper distendue de ma trompe résiste jusqu’à ce que le médecin arrive… C’est fou comme on s’accroche à un mince espoir ! Quand le gynéco arrive enfin pour m’opérer, IL CROIT ENCORE À L’ÉCHOGRAPHIE PLUTÔT QU’À MOI et maintient qu’il va me faire un curetage. La douleur m’empêche de penser et même de respirer, je suis cyanosée (bleue foncé) et tétanisée (contracture de tout mon corps) sous la douleur, mais je suis par-dessus tout horrifiée et je mobilise mes dernières énergies pour lui dire que JE REFUSE le curetage, à moins qu’il ne me fasse une laparoscopie avant (pour éliminer le Dx de grossesse tubaire), s’il refuse de m’opérer tout de suite ! Je dois presque lui tordre le bras pour qu’il me promette une laparoscopie. Il a fini par accepter. Bien sûr que j’avais raison. Mon insistance m’a sauvé la vie… Et le fait que j’étais instruite et renseignée : quelqu’un de plus démuni que moi en informations n’aurait sans doute pas survécu. J’ai appris plus tard qu’avec une échographie endovaginale plutôt qu’abdominale, le médecin aurait pu préciser le diagnostic plus tôt et m’épargner cette torture qui m’a laissée, cette fois, avec un État de stress post-traumatique.

Évidemment qu’ensuite, j’ai décidé de changer de gynéco. Au suivant que je vois, je raconte mon histoire en insistant sur la relation de confiance que je cherche, je lui dis que j’ai besoin d’un médecin qui va m’écouter, m’entendre et me croire, que si j’ai mal et que ses tests ne révèlent rien, qu’il fera d’autres examens ! Sa réponse (ton hautain et indigné) : «Sachez Madame que moi, je ne me laisserai jamais tordre un bras, que les femmes ont toujours plein de douleurs abdominales insignifiantes et que j’agirai toujours suivant les résultats des examens que JE jugerai bon de faire passer et non selon vos présomptions. Et comptez-vous chanceuse d’être encore en vie, il y a encore aujourd’hui plein de femmes qui meurent d’une grossesse ectopique». Comme c’est rassurant !!! Pas besoin de vous dire que je n’ai jamais revu ce médecin.

J’ai 60 ans maintenant et je n’ai jamais trouvé de médecin qui me comprenne, qui me fasse confiance et à qui je puisse faire confiance. C’est déjà assez dur de trouver un médecin de famille comme ça, faut pas ambitionner sur le pain bénit ! Prends ce qu’on te donne, t’as pas ton mot à dire.

J’ai extrêmement peur de vieillir et de me retrouver, tôt ou tard, livrée aux mauvais soins d’un médecin ou du personnel de quelque hôpital ou CHSLD qui se câlissera comme de l’an quarante de la parole du patient. Je me demande si je ne serais pas mieux de me suicider avant d’en arriver là, tellement j’ai peur.

Bref, si vous pouviez enseigner à vos étudiants-médecins à écouter leurs patients et à accorder foi à leurs dires et à leurs symptômes au lieu de juste se fier à leurs tests, je vous en serais grandement reconnaissante pour tous ceux et celles qui viendront après moi.

Merci d’avoir pris la peine de me lire.

Je suis tout à fait d’accord que l’erreur inverse se retrouve aussi. Et comme elle a des conséquences importantes ou immédiates ou graves, on s’en rappelle bien davantage.

Cet article m’a particulièrement intéressée accompagnant mon père depuis six mois atteint d’un cancer des os de type myelome multiple. Il a quelques mois, je me suis opposée à ce que père subisse une deuxième biopsie osseuse en demandant à l’oncologue si cet examen était vraiment nécessaire pour mon père qui a 87 ans d’autant plus que cet examen semble particulièrement douloureux. Cet examen n’a finalement pas eu lieu.
Je me demande aussi s’il n’y a pas là un moyen de réduire les coûts de notre système de santé? Je crains que mes trois magnifiques filles ne puissent bénéficier d’un minimum de soins de santé alors que nous avons droit à une panoplie d’examens. Merci pour cet article que je gl8isse dans mon dossier «suivi médical de papa».

mon médecin m’a dirigé vers une colonoscopie pour seul motif que je ne l ai jamais passé a 62 ans. Aucune douleur suspecte diarrhée constîpation ou autre symptômes d un malfonctionnement quelconque….pousse-t-on trop loin la « prévention« ????

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