La naissance du dragon nucléaire

Le premier réacteur nucléaire entièrement chinois vient de voir le jour. Un pas de géant pour le pays qui a de grandes ambitions énergétiques pour les prochaines décennies.

Le tout premier réacteur nucléaire 100 % conçu et fabriqué en Chine s’apprête à entrer en service, ce qui marque une étape clé dans les ambitions énergétiques du pays, qui vise à devenir carboneutre en 2060. 

La Chine compte déjà 49 réacteurs nucléaires, tous construits à l’aide de technologies étrangères venant principalement des États-Unis et de la France. Avec 49 gigawatts de puissance installée, elle est la troisième puissance nucléaire mondiale derrière ces deux pays. Le réacteur numéro 5 de la centrale de Fuqing, située dans le sud-est du pays, est le premier-né du modèle à eau pressurisée Hualong-1 (« premier dragon », en mandarin), conçu et construit entièrement en Chine.

Douze autres réacteurs nucléaires sont en construction au pays, dont quatre Hualong-1. Les ventes à l’étranger ont aussi démarré : deux réacteurs sont en construction au Pakistan, qui en a déjà commandé trois de plus. Une autre commande en Argentine est en attente depuis quelques mois, freinée à la fois par la pandémie et par la guerre d’influence que les États-Unis et la Chine se livrent sur le nucléaire sud-américain.

En parallèle, l’empire du Milieu investit massivement dans la recherche sur la fusion thermonucléaire, qui consiste à forcer des noyaux d’atomes à fusionner dans un plasma à plus de 100 millions de degrés Celsius pour libérer une quantité faramineuse d’énergie. Depuis 2003, le pays est partenaire du grand projet international ITER de réacteur thermonucléaire (qu’on appelle également un tokamak). Le réacteur, situé en France, devrait générer son premier plasma en 2035. Mais la Chine possède aussi ses propres réacteurs et entend battre sous peu un record de température de fusion dans le troisième tokamak qu’elle vient de construire. 

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