La Palme d’or de la pire coupe d’Ottawa en recherche

La Région des lacs expérimentaux, un laboratoire de recherche de Pêches et Oécans Canada devra fermer ses portes en 2013, car sa mission «ne correspond plus aux priorités du gouvernement fédéral», ont appris ses employés le 17 mai dernier.

Parmi les innombrables coupes d’Ottawa dans les domaines de la recherche fondamentale et de l’environnement, celle-ci est probablement une des pires.

Commne vous le verrez (si le lien ne disparait pas rapidement) dans cette vidéo présenté par Ottawa pour vanter la science canadienne, la RLE (ELA, Experimental Lakes Area en anglais) est une infrastructure de recherche unique au monde et d’importante planétaire.

Depuis 1968, les scientifiques du RLE analysent en continu les caractéristiques physico-chimiques et biologiques de 58 lacs typiques de la région du bouclier canadien, situés en Ontario, à environ 250 km à l’est de Winnipeg.

C’est l’endroit au monde où l’on dispose de la série de données la plus longue et la plus complète sur l’eau douce, dans une région épargnée par le développement urbain et industriel.

Des données qui ont été essentielles pour étudier et comprendre le phénomène des pluies acides, et qui servent entre autres, aujourd’hui, à analyser les éclosions de cyanobactéries, la pollution par des nanoparticules et des perturbateurs endocriniens, ou l’impact des changements climatiques et du développement hydroélectrique sur l’eau.

Pour économiser moins de 3 millions de dollars par an, Ottawa veut se départir de la RLE et espère qu’un repreneur se manifestera.

Cette annonce suscite de nombreuses réactions. 

La fermeture de la RLE est ni plus ni moins qu’une catastrophe pour la recherche sur l’eau douce, comme l’explique ce communiqué du Groupe de recherche en limnologie et en environnement aquatique, qui regroupe 39 professeurs-chercheurs du Québec et leurs équipes.

Dans un article de la revue scientifique Nature, un chercheur de l’Arizona estime quant à que c’est aussi choquant que si les États-Unis décidaient de fermer les labos de Los Alamos, fleuron de la recherche en physique nucléaire, ou qu’on décide de démanteler le meilleur télescope du monde.

Bob Brennan, qui a quitté la direction de Manitoba Hydro en février après 22 ans en poste, qualifie pour sa part cette décision de «honteuse». 

En 1996, dans la dernière grande période de coupes dans la recherche fédérale, la RLE avait déjà failli fermer, raconte cet article du magazine Science publié en 2008.

Pressé par plusieurs sociétés savantes internationales, le gouvernement fédéral avait alors reculé et s’était contenté d’abolir plusieurs des postes des chercheurs de Pêches et Océans Canada affectés à la RLE qui depuis, avait repris du mieux.

Cette fois-ci, ce ne sera pas facile, vu le peu de considérations que le gouvernement Harper semble accorder aux arguments des scientifiques, particulièrement quand ceux-ci travaillent en recherche fondamentale sur le milieu naturel.

Et dire qu’un centième du montant consacré au programme d’achat d’avions militaires F-35 pourrait faire vivre la RLE pendant près de 100 ans…

Les chercheurs ont formé une Coalition pour la sauvegarde de la RLE et recueille des appuis sur leur page Facebook  Savetheela et sur la pétition savetheela.org.

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Merci pour ce signalement!

p.s. Ce titre me semble curieusement formulé, j’ai du le relire pour comprendre.

Los Alamos come on lol

C’est peut-être regrettable, mais ça permettra à d’autres chercheurs d’obtenir de nouveaux fonds de recherche. On n’a pas le choix de finir à redistribuer les fonds de recherche si on veut rester compétitif. Peut-être jugeait-il que l’ampleur du projet ne pouvait plus être justifié ou que les infrastructurs étaient désuettes.

Et les F-35… une mauvaise dépense n’en justifie pas une autre franchement c’est quoi ce genre d’argument.

@Mathieu Gagné
Harper coupe dans pratiquement tout ce qui est recherche en environnement parce que ca entrave ses projets de pipelines et de pétrolières, il musele les scientifique qui pourraient mettre les batons dans la roue à ses projet d’exploitation. Informez-vous sur la loi mammouth, les seuls personnes qui vont pouvoir jugé si un projet est écologiquement responsable c’est une groupe d’économistes qui n’ont aucune notion de biologie!

@Mathieu Gagné

Honnêtement, je ne vois pas de problème à comparer une dépense de F-35 avec le financement du RLE… C’est simplement de jeter un regard sur les dépenses et les priorités du gouvernement fédéral.

Je trouve infiniment plus triste de dépenser 3 millions de dollars pour la poignée de boulons qui va servir à fabriquer un F-35 que de financer le RLE.

(Bah! J’exagère à peine!)

ET bien moi je crois que l’important n’est pas de comparer les dépenses mais bien de constater où sont les priorités. Et présentement, les priorités vont du côtés des pétrolières. Manifestement, le goût du pouvoir et de l’argent est au coeur de ses priorités au détriment de l’environnement et du respect des écosystèmes. Je ne partage pas ses valeurs là.

@ Elie

« Je trouve infiniment plus triste de dépenser 3 millions de dollars pour la poignée de boulons qui va servir à fabriquer un F-35 que de financer le RLE. »

Vous n’exagérez pas ni pour les boulons ni pour les besoins d’argent.

Je ne sais pas si vous savez, mais les boulons pour l’aéronautique ce n’est pas donné. Tous passés aux rayons X il me semble et un boulon ne peut jamais être serré une deuxième fois.

On pourrait facilement imaginer qu’il y a des grosses mains qui, dans l’ombre, manipulent la marionnettes et lui fait faire tout ce qu’elles désirent.

Il y a un autre mot pour ça…attendez un peu que je me rappelle….ah oui! Le lobbyiste…..

Tout se joue dans les coulisses.

Libéraux ou Conservateurs, c’est la même poutine. Presque rien pour nous, les gens ordinaires, mais, ultra-dévoué pour les grandes corporations et les requins de la finance.

Il faut voter avec nos portes-feuilles ou ce qu’il en reste……à moins que vous ayez une meilleure idée?

Voilà, j’espère avoir été conforme à votre nétiquette rouge.

Quelle politique noséabonde gouverne nos dirigeants (politiques ou financiers?)
Il me semble que nous sommes bien loin du plus grand bien pour le plus grand nombre. On est en train de rejeter les compétences nécessaires à la survie même de notre espèce.
On a perdu les sens de l’histoire à construire. Nos démocraties se sont perverties dans l’urgence des 4 ans et dans les sommes démesurées nécessaires pour plaire aux votants. Quelle désolation!

Il parait que les pétroliers et les miniers son les priorités pour Ottawa. Même s’ils détruisent l’environnement, pour le moment, les politiciens sont-ils bénéficié directement?