La parité ne règlerait pas grand-chose…

C’est l’avis de la Dre Christiane Laberge, médecin de famille à LaSalle, qui propose plutôt de rémunérer les gestes cliniques dits « féminins ».

La maturité des filles entrant à la faculté est plus grande en général, car elles traversent leur crise d’adolescence surtout au secondaire. Pour les gars, c’est au cégep. Malheureusement pour eux, c’est aussi le moment où se ramassent les points de la fameuse cote R.

Les filles travaillent d’emblée dans un esprit de coopération. Dans telle clinique, les femmes médecins se sont entendues pour ne pas partir ensemble en congé de maternité. Et puis, de plus en plus d’hommes aussi prennent un congé de paternité.

Dans l’ensemble, les hommes préfèrent aller en spécialité. En médecine de famille aussi, on se spécialise de plus en plus (soins palliatifs, urgence, obstétrique). Les médecins devront coopérer pour coordonner le dossier-patient, le dossier à médecin unique tendant à disparaître. La médecine solo se fond de plus en plus dans les UMF, GMF et autres cliniques-réseaux, laissant entrevoir la fin du « lonesome ranger ». Les filles sont plus enclines à accepter ce genre de collaboration.

Les Plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM), les Activités médicales particulières (AMP) et autres contraintes dissuadent bien des gars d’entrer en médecine. Et ces traditionnels travailleurs autonomes à 70 heures/semaine n’ont plus des épouses qui s’occupent des affaires internes pendant qu’ils font de la politique ou du syndicalisme. La démobilisation sociale ne frappe pas que la médecine. En politique, les gens ayant une vision ne se bousculent pas non plus au portillon !

Les plus jeunes adultes, toutes professions confondues, refusent, au nom même de l’équilibre, les heures supplémentaires, les horaires de fin de semaine ou de soirée. La vie émotive, sociale et personnelle, qui se déroulait à l’hôpital, est dépassée. Les personnes des deux sexes veulent une meilleure qualité de vie.

Hommes et femmes médecins devront se battre ensemble pour une pratique médicale reconnue, valorisée, efficace et, surtout, rémunérée à sa juste valeur. Les gestes dits « féminins » (explication des pathologies et des traitements, entrevues motivationnelles, etc.) ne sont pas rémunérés, l’argent épargné en rendant ces services n’étant pas comptabilisé. Nos syndicats devront exiger qu’ils le soient, au même titre que d’autres actes cliniques.

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