La petite Zoé Bernard n’est plus

Le touchant hommage du Dr Alain Vadeboncœur à la petite Zoé Bernard, une fillette de Bromont décédée à l’âge de 8 ans d’un grave cancer, le lymphome de Burkitt.

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Photo : Teikan-Do / Flickr

Les maladies graves qui touchent les enfants, c’est terrible. Comme pour Zoé Bernard, atteinte d’un grave cancer, le lymphome de Burkitt.

La fillette de Bromont est décédée récemment à l’âge de 8 ans. Elle était «prête à devenir un papillon». Mes plus sincères condoléances à ses parents et à ses proches.

Beaucoup ont été émus par la petite Zoé, qui avait reçu un émouvant témoignage à Noël, sous forme de milliers d’oursons en peluche provenant de partout au Québec.

Mais tout avait commencé beaucoup plus tôt pour elle. Peut-être vous souvenez-vous de son histoire. Affectée par un problème cardiaque qui menaçait sa vie, elle avait reçu un nouveau cœur avant l’âge de trois ans, ce qui lui avait sauvé la vie.

Après ce miracle de la médecine moderne, c’est donc un cancer qui l’a vaincue. Il n’y a pas eu de second miracle.

D’ailleurs, le cancer pourrait être en lien avec la greffe : le risque de cancer est augmenté par les médicaments antirejets que prennent tous les greffés, dont le rôle est justement de diminuer la réponse immunitaire, pour éviter que le corps ne rejette ce qu’il considère comme «étranger».

Mais comme notre système immunitaire a aussi pour fonction de nous débarrasser des cellules anormales apparaissant journellement à la suite de mutations spontanées, la capacité de lutter aux cancers qui proviennent souvent de telles mutations est donc affaiblie.

J’en connais quelques-uns qui sont passés tout jeunes, comme Zoé, par de telles épreuves. Peut-être n’en gardent-ils pas de souvenirs, mais ils restent marqués, de plusieurs manières.

Les parents aussi, bien entendu. Le lendemain de son décès — j’imagine que c’était un hasard —, Télé-Québec présentait justement un documentaire où ils témoignaient :

«Nos enfants, on les imagine grands. Qu’est-ce qu’ils feront plus tard… Pour Zoé, ça bloque. Il n’y a pas d’images»

La maladie de Zoé me rappelle aussi que nous avons, comme société, la chance de pouvoir nous occuper des plus malades d’entre nous et de leur permettre ainsi de vivre mieux, ce qui est bien loin de la réalité vécue dans bien des pays du monde. Partout, des enfants meurent tous les jours de maladies qu’on pourrait pourtant aisément prévenir ou traiter, à faible coût, comme la malaria ou le choléra.

Aux États-Unis, c’est plutôt la folie des humains qui cause des ravages : les cancers et les maladies cardiaques n’arrivent là-bas qu’en seconde et troisième place, parmi les causes de décès d’enfants. La première place est occupée par les armes à feu. Les balles de fusil tuent là-bas 2 fois plus de petits Américains que les cancers et 5 fois plus que les maladies cardiaques. Impardonnable.

Je ne peux m’empêcher de songer, enfin, aux enfants de mon arrière-père, Ulric Gaboury, médecin décédé à 91 ans, parce que 6 sont décédés en bas âge : Marie Bernadette, à un jour ; Rosalie Huberte, à 18 jours ; Edmond Alexis, à 3 mois ; Joseph Ulric, à 4 mois ; Alphonso, à 6 mois, et Marie Walburga, à 4 ans.

Pourtant, ils avaient accès aux soins médicaux et n’étaient pas si pauvres. Seuls quatre ont vécu jusqu’à l’âge adulte.

Le contraste est saisissant avec notre époque. On peut se demander comment ils pouvaient continuer à vivre après de telles épreuves.

Alors, en l’honneur de Zoé, j’aborderai dans mon prochain texte les greffes cardiaques. Je vous parlerai aussi de Sylvain Bédard, étonnant greffé cardiaque de l’Institut de cardiologie de Montréal, qui a traversé le Canada à vélo et grimpé le mont Sajama à plus de 6 000 mètres.

Qui sait, peut-être réussirai-je à vous faire signer votre carte de don d’organe et à aviser vos proches de votre intention. Pour que d’autres, comme Zoé, puissent avoir une seconde chance de vie, même brève.

Bon repos, petite Zoé.

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Bravo pour votre beau témoignage. Vous sauvez des vies et Zoé est maintenant un beau papillon. Je suis présentement au Guatemala. Je suis Suzanne de l’organisme SuDen-entraide. J’ai eu le grand privilège de rencontrer Catherine, maman de Zoé. Une amie d’une amie nous a contacté pour nous offrir une partie des nombreux toutous de Zoé pour que nous les apportions aux enfants démunis du Guatemala. Le 24 janvier, nous chargions un conteneur avec plusieurs milliers de toutous qui feront le bonheur de milliers d’enfants.. Ce conteneur arrivera au Guatemala vers la fin de mars. Aujourd,hui le 31 janvier, j’arrive au Guatemala à Panajachel avec un valise remplie de toutous de Zoé.. Je vais distribué ses toutous dans un hôpital pour enfants. Notre organisme est basé à Panajachel et nous aidons beaucoup les enfants handicapés et les enfants malades. Dans quelques semaines, je placerai des photos sur notre page facebook suden-entraide et notre blog sudenguatemala.blogspot.com. Merci Sabrina, Catherine, Marie-Josée de nous avoir permis de partager ses beaux instants. Je vous embrasse et envoie beaucoup d’énergie maya du Guatemala,
bravo docteur pour le miracle que avez réalisé pour donner des années de bonheur à Zoé et sa famille.

Bravo à vous pour cette belle idée magnifique idée et ce beau projet. C’est un peu une transplantation de toutous, finalement.

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