La planète à l’heure de l’ornithomancie

En Arkansas, en Suède et même à Saint-Augustin de Desmaures, proche de Québec, on a retrouvé des dizaines d’oiseaux morts mystérieusement depuis le début de l’année.

Pour certains hystériques, il est évident qu’il s’agit d’un signe annonciateur de la fin du monde en 2012, survenu on ne sait trop pourquoi avec un an d’avance. À moins que ce ne soit un coup des gouvernements ou des militaires qui nous cachent sûrement quelque chose.

On se croirait revenu au temps des augures des Romains, des divinations basées sur l’analyse du vol et du chant des oiseaux.

Pour d’autres, c’est probablement la faute au climat, à la pollution ou à un mystérieux phénomène planétaire pour lequel on n’a pas encore d’explication scientifique.

Mais les vrais coupables, ce sont l’information qui circule instantanément d’un bout à l’autre de la planète comme jamais dans l’histoire de l’humanité, et l’esprit humain qui cherche toujours à donner du sens à des coincidences et n’a aucun sens inné des grands nombres et des probabilités.

Cette quête du sens a beaucoup aidé l’humanité, mais à l’heure de l’information instantanée et planétaire, elle mène à ce genre de délires collectifs.

Les mortalités massives d’animaux sur la planète ont toujours existé mais n’ont jamais été autant commentées.

Une véritable contagion d’irrationnalité!

Prenez l’exemple du magazine Time, qui présente sur son site un Top 10 des mortalités massives d’animaux. Ça a l’air sérieux et bien documenté, mais c’est n’importe quoi.

En fait de Top 10, le Time a recensé quelques cas de mortalités rapportées dans les deux ou trois dernières années dans les médias un peu partout dans le monde, qui n’ont a priori rien de plus catastrophique que des phénomènes similaires se déroulant depuis la nuit des temps.

Voyez cet article (pdf en anglais) datant de 1907 qui relate la mort de 750 000 bruants lapons survenue lors d’une nuit d’orage du 13 au 14 mars 1904. Avouez que ça a dû être impressionnant!

Qui plus est, le prétendu palmarès du Time mélange allègrement des événements isolés et des épidémies comme celle du syndrome du museau blanc, d’origine fongique, qui touche actuellement les populations de chauve-souris de l’Amérique du Nord.

Une petite question pour conclure sur ce délire. Savez-vous combien il y a d’oiseaux dans le monde ? Pas en nombre d’espèces, mais bien en individus.

On ne connait pas la réponse exacte, mais le chiffre couramment admis est de 200 à 400 milliards d’oiseaux (pdf en anglais).

Laisser un commentaire

Bonjour,

À part le contenu ma foi plutôt maigre de ce billet, je note surtout le ton condescendant à la limite du mépris, et je me demande si c’était bien utile en quoi que ce soit…

Cordialement (malgré tout)

Yvon Roy

Au contraire cet article est très pertinent.

Un jour aussi chez-moi un mystère d’oiseau a été élucidé.

Il y avait toujours beaucoup d’oiseaux morts au bout de la grange surtout des étourneaux. C’était toujours à la même place: vis à vis du pignon en bas de la gouttière.

Le jour où on a découvert la vérité on a appris que c’était moi qui les descendait du toit à la carabine.

Bien content que vous soyer de retour, j’attendais avec impatience un nouveau billet.

Je vous sugère de corriger le texte: « survenue dans par une nuit d’orage » par « survenue lors d’une nuit d’orage ».

Remi

Je dirais plutôt un ton exaspéré et irrité. Tout de même un exercice utile de déconstruction d’un non événement.

Et le Champs magnétique de la terre avec lequel ses animaux se déplace et s’oriente…nous savons qu’il y aura une grande activité solaire fin 2012 début 2013… (tempête magnétique comme en 1989 au Québec)…

Quel condescendanse effectivement ! Quel loby industriel vous a payé pour faire votre article ?

«Quel condescendanse effectivement ! Quel loby industriel vous a payé pour faire votre article ?»

On suppose donc que la cause est industrielle et que l’auteure de l’article est vénale. Voilà ce que je déteste le plus. Des accusations gratuites et offensantes sans l’ombre du début d’une preuve pour les appuyer. Pitoyable.