Gaz de schiste: la science du BAPE contre les cow-boys

Bravo! Le rapport du BAPE sur le développement durable de l’industrie des gaz de schiste au Québec (pdf) est un modèle du genre: bien documenté, argumenté et articulé, il apporte des réponses claires, basées sur la science et la raison, aux multiples questions que pose cette nouvelle filière énergétique.

Sur l’échelle du sérieux, je le placerais à l’opposé de l’espèce de pamphlet publicitaire que nous avait servi cet automne  le ministère des Ressources naturelles en guise de document technique sur le développement du gaz de schiste au Québec.

Les conclusions des commissaires Pierre Fortin, Michel Germain, Jacques Locat et Nicole Trudeau sont sans appel : avant d’aller plus loin, il faut étudier de manière scientifique les impacts potentiels de cette activité industrielle et le faire de manière transparente, en collaboration avec les compagnies et dans le respect des principes du développement durable.

Il faut aussi, d’urgence, revoir l’encadrement inefficace de l’industrie, en plaçant l’évaluation des projets sous la tutelle d’un seul ministère – celui de l’environnement – et en faisant le ménage qui s’impose dans la Loi sur les mines.

Le BAPE va-t-il faire fuir l’industrie ? Je n’en ai aucune idée. Mais si elle accepte de rester dans les conditions dictées dans ce rapport, le Québec pourra se targuer d’avoir encadré le développement de cette filière énergétique de manière responsable.

Quant aux «cow-boys», ces compagnies qui font leur beurre des règlements déficients et des sites abandonnés une fois les dollars encaissés, qu’ils aillent chercher ailleurs un autre Eldorado.

Le gouvernement du Québec va-t-il suivre ces recommandations ? Le ministre de l’Environnement Pierre Arcand a l’air convaincu.

Mais je me demande ce qu’en pense sa collègue Nathalie Normandeau.

La démarche scientifique préconisée par les commissaires du BAPE implique quand même un sacré coup de barre dans la gestion des ressources naturelles…

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Ce rapport semble avoir été dicté par M. Lucien Bouchard, en entrevue avec Mme Anne-Marie Dussault en ondes sur RDI lors de son entrée en fonction comme Président de l’APPGQ, son seul client dans ce dossier étant Talisman.

Pourquoi devrions-nous faire confiance à ce gouvernement?

Ce gouvernement nous ment depuis 8 ans… Le seuil de tolérance de la population québécoise est atteint… Le PLQ a eu sa chance… son départ rapide serait, à mon humble avis, la meilleure solution… mais le peuple du Québec, endormi dans le confort et l’indifférence, aurait besoin d’un électro-choc pour se réveiller… Qui va le lui donner ?
La phrase de Jordi Bonet gravée sur la murale au Grand Théâtre de Québec me revient à la mémoire:
« Vous êtes pas tannés de mourir, bande de caves! »

@André Lacombe Gosselin
Plutot méprisants et injustes vos propos sur le peuple Québécois. Il n’y a aucunes lois qui permettent au peuple ou au Parlement pour pouvoir destituer le gouvernement Charest.En l’absence de moyens juridiques ou légaux il ne reste que le temps qui amènera à l’échéance du scrutin.
Le peuple Québécois réagit énergiquement et sans répit par ses organisations populaires ou partisanes et la bataille sur le gaz schiste en est un exemple percutant.
Votre raisonnement correspond au pattern que l’on entend ou lit souvent de certains partisans du PQ.

Non pas bravo, mais il faut dire ENFIN!

J’avais l’impression que ce rapport du BAPE serait écrit par le Gouvernement et par l’Industrie, bref je n’y croyais pas du tout. Erreur de ma part car j’ai eu la surprise de lire un excellent rapport, bien documenté et qui couvre tout; du moins ce que j’en comprends.

C’est rafraîchissant de lire un document scientifique qui nous sort des « politicailleries » habituelles que Mme Normandeau nous sert avec sa sauce rouge.

ENFIN, le rapport du BAPE a été écrit par des personnes compétentes et sérieuses et nettoie un peu la couche de « l’impression » de corruption et d’incompétence qui recouvre le Québec depuis plusieurs années.

Vous avez dit « Gestion responsable du dossier » Madame Borde, c’est exactement l’impression qui se dégage de ce rapport.

La suite? Qu’on laisse les scientifiques travailler dans les prochains mois à répondre aux questions soulevées dans ce rapport. Surtout, qu’on mette de côté les Rouges, les Bleus clairs, les bleus foncés, les verts, les fédéralistes, les souverainistes, les gauchistes, les droitistes, les communistes, les capitalistes, etc…

J’ai le sentiment que le Shale pourrait servir à repositionner le Gouvernement du Québec dans la gestion de SES ressources naturelles.

@Roger

Dans l’ancien concept chinois du ‘Mandat du Ciel’, noter que le peuple avait le droit de se soulever contre un empereur et son état si il perdait le Mandat – par exemple, devenir carémment injuste.

Et en démocracie, manifestations, pétitions, voire, actions en justice, sont légitime si il y a matière à actions.

Démos Krates – La Voix/La Gouvernance par le Peuple.

Le Peuple. Pas juste un parti.

Valérie (où Madame l’ingénieure), je ferais davantage confiance aux indiens.

La science du BAPE est plutôt limitée par les contraintes de la technologie et son manque de possibilité à valider la fiabilité des solutions disponibles.

Le BAPE a définis ses objectifs dans les principes: « L’évaluation devra accorder une attention particulière aux impacts et aux risques pour les eaux souterraines afin de déterminer les conditions environnementales encadrant le développement de l’industrie. »

Mais sans l’obligation de mettre en œuvre une autre solution que la fracturation hydraulique.

« Pour évaluer certains des impacts potentiels sur l’environnement et trouver, s’il y a lieu, des solutions aux problèmes, il faudra réaliser des forages incluant de la fracturation hydraulique. »

En France, « s’il n’y a pas d’autres technologies que celles utilisée en Amérique du Nord aucun gisement ne sera mis en exploitation. »
Le Conseil Général de l’Industrie et du Développement Durable, c’est à dire à des ingénieurs généraux, est chargé de faire une évaluation technique afin de déterminer s’il existe une technologie pour ce type particulier d’exploitation. Son rapport est attendu en Juin.

Au Québec, pourquoi l’industrie voudrait-elle se lancer dans des expérimentations couteuses, qui n’ont jamais été entreprises auparavant, et ensuite devoir répondre à des questions, comme si elle ne connaissait pas déjà les réponses? Parce qu’en lieu de ces réponses cette industrie à toujours préféré nier les problèmes.

Au plus simple, il suffit de faire des forages aux dessus de zones plus ou moins contaminées pour faire des prélèvements. On pourra ensuite évaluer l’évolution de la dispersion des contaminants aux travers des différentes couches géologiques impactées par l’hydro-fracturation. Selon l’âge des puits, on pourra aussi valider différents modèles et estimer les risques sur de plus longues périodes de temps et extrapoler à d’autres formations géologiques.
Mais ces zones plus ou moins fortement contaminées sont surtout aux États-Unis.

Aux États-Unis, la légitimité de l’exploitation du gaz de schiste est davantage basée sur la confidentialité des accords de gré à gré. La liste des produits chimiques fut tenue longtemps secrète. Et toute entente résultant de la «réparation» de dommages est assujettie à des clauses de non-divulgations.

Au Canada, c’est un peu plus subtile. La légitimité de l’exploitation du gaz de schiste est davantage basée sur une acceptation sociétale qui dans tous les cas était considérée comme déjà acquise.

En Colombie-Britannique, par exemple, l’acceptation sociétale est confortée de par les privilèges et autres généreuses redevances octroyés à la bonne société, et de par les droits et obligations de se taire octroyés aux premières nations qui résident dans les zones d’exploration et d’exploitation.

Au Québec, ce n’est déjà plus le bon exemple: non seulement n’y avait-il qu’une seule nation là où il y a du gaz et peu d’intérêt à le prendre; mais l’industrie s’en est prise malencontreusement aux vaches, et à voulu dépasser tous les quotas de laid.

Déjà en désespoir de cause, l’industrie va-t-elle aussi se risquer à un autre désaveu après le rapport du CGIDD en France?

Les réalités de la nécessité de la faisabilité technologique et de l’acceptation sociétale, peuvent-elles prévaloir sur les prétentions de la nécessité de l’économie à décumuler dès maintenant ses fabuleuses richesses?

En fait, ll y a beaucoup de questions. Mais les flèches de certains indicateurs tendent plutôt vers la nécessité de se conformer aux contraintes de la réalité.

Même le chef Roland Willson du village autochtone de West-Moberly se demande de plus en plus si les risques d’exploitation du gaz de schiste concernent aussi son lointain Nord-Est très au loin de Vancouver. Et Steve Thomson, notre ministre of “Natural Resource Operations and Energy” a dû commencer à le lire ce fameux rapport du BAPE.

(En Colombie-Britannique, il est possible de rappeler tous député élus depuis plus de 18 mois, à l’aide d’une pétition qui en 60 jours devra recueillir la signature d’au moins 40% des électeurs inscrits. http://www.elections.bc.ca/index.php/referenda-recall-initiative/recall/)

Le Québec a de la fuite dans les idées.

Compte tenu de son impact National en termes d’enjeux économiques et de risques mal maîtrisés, il aurait été logique que le Québec assume le développement de toutes ses ressources énergétiques (selon le model d’Hydro-Québec).

En fait, c’est au Québec de déterminer ses priorités, d’en assumer les responsabilités et de gérer les bénéfices en fonction de l’acceptabilité des risques.

Autrement, en assujettissant ses responsabilités et priorités à la précarité des entreprises, le Québec va se précipiter dans des ennuis plus graves que ceux qu’il veut éviter.

Le 14 Janvier en réponse aux fuites du puits à Leclercville, le ministre de l’Environnement dit « qu’il n’y aura pas d’exploitation du gaz de schiste au Québec si ce n’est pas fait correctement. … Je sens actuellement que l’industrie n’a pas le contrôle de la situation. »

Effectivement, il était temps qu’il s’en aperçoive.
Mais, point n’est besoin ni de transparence ni d’être responsable, il ne suffit que d’un peu de chance pour éviter une catastrophe…

Le 24 Mars, en réponse aux tentatives infructueuses de colmater la fuite du puits de La Présentation, la ministre des Ressources naturelles a ordonné la fermeture du puits. Et « l’entreprise devra s’assurer qu’il n’y aura pas d’impact environnemental. »

Il est évident qu’il y a là contradiction entre la nécessité de restaurer l’environnement, et l’incapacité de limiter l’ampleur des dégâts. Mais il faut beaucoup de naïveté pour croire ne pas en être tenu pour responsable.

Et ce n’est que le début de la première phase: l’exploration!

Au sujet de l’exploitation, un rapport de l’Institut National de Santé Publique conclut qu’il est impossible d’évaluer les risques de pollution atmosphérique et de contamination de l’eau, tels que:

– Risques technologiques: explosions ou incendies au site de forage, accidents liés aux gazoducs, migration de gaz dans les résidences.

– Risques liés à la pollution de l’air: émissions fugitives de méthane et fuites de sulfure d’hydrogène (H2S), un gaz explosif et toxique, plus lourd que l’air, donc potentiellement très dangereux pour la santé humaine et animale.

– Risques reliés à la contamination de l’eau: eau souterraine: (méthane dans sources d’eau potable), eaux de surface: (fluides de fracturation dans l’environnement).

En plus, il y a impact sur la qualité de vie: nuisances spécifiques issues de la circulation des camions, du bruit, de la luminosité (éclairage constant des sites 24/7) et des vibrations.

Tant et aussi longtemps qu’aucune technologie fiable et sécuritaire n’existera, c’est déjà une évidence, « rien ne peut être fait correctement! ».
Dans ce contexte, il ne doit pas y avoir d’exploitation du gaz de schiste.

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