La simplicité volontaire du ministre Gaétan Barrette

Le projet de loi 20 du ministre Gaétan Barrette est fortement contesté par les médecins. Avec raison, explique le docteur Alain Vadeboncœur, qui dresse un large portrait des enjeux. 

Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne
Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

Il y a quelque chose de formidable dans le projet de loi 20 (PL20), et c’est la simplicité volontaire. Tout est décliné en trois principes limpides : des quotas de patients, des punitions pour les médecins qui ne les respectent pas et d’énormes pouvoirs conférés au ministre de la Santé pour arranger tout ça.
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Comme l’a souligné le Collège des médecins du Québec, il est un peu difficile de commenter plus en profondeur le PL20, puisqu’il n’y a presque rien d’autre, ce qui fait d’ailleurs la beauté de la chose — surtout quand on sait qu’avec ce presque rien, le ministre va tout régler.

Comme E=mc2 régit l’Univers avec trois lettres, un chiffre et un signe arithmétique, le projet de loi 20 vise ainsi à régler deux problèmes en première ligne : l’inscription du patient à une médecin de famille (par les fameux quotas) et la capacité du patient de voir son médecin en cas de besoin. Dans les règlements, dont personne ne peut encore confirmer le contenu, on trouverait aussi le principe d’assiduité, qui lierait le revenu du médecin à sa capacité d’assurer les suivis par lui-même.

Je ne sais pas ce que l’ex-médecin Serge Mongeau, père de la simplicité volontaire — dont j’ai lu l’autobiographie l’été dernier — aurait pensé du PL20, lui qui a quitté la médecine parce qu’il ne pouvait passer suffisamment de temps avec ses patients, mais je doute qu’il aurait trouvé sympathique l’idée de pondérer chaque visite. Il aurait sans doute ajouté que la médecine est un art subtil, grave et profondément humain, et que la réalité est généralement complexe.

Or, appliquer une solution trop simple pourrait-il être plus risqué que ne le pense le ministre ? Sans aucun doute.

Les risques de la complexité

Un des problèmes auxquels devra faire face le PL20 est qu’il existe d’énormes disparités entre les régions du Québec quant à l’organisation des soins, au rôle des différents médecins, aux établissements et à l’inscription des patients auprès d’un médecin de famille. De là ces grandes différences quant à la capacité de voir rapidement son médecin quand le besoin surgit — ce qu’on appelle aussi l’accès adapté.

Appliquer une solution unique à un tel système complexe équivaut à augmenter le chauffage central d’une maison afin de réchauffer les pièces mal isolées, même si la température de plusieurs pièces est déjà trop élevée et qu’il vaudrait mieux, pour les autres, bien isoler les murs.

Dans bien des régions, il reste peu de patients sur les listes d’attente. Comme le travail est bien fait, que les patients sont vus rapidement et que les délais sont cours, le PL20 n’y servira à rien. Pire, les médecins potentiellement pénalisés par les règlements du ministre se trouveront dans l’absurde situation de ne pas pouvoir trouver de patients pour combler leurs quotas.

Dans d’autres régions, c’est un problème inverse : la pénurie de médecins est déjà telle qu’ils devraient augmenter leur clientèle à plus de 2 500 patients chacun pour «régler le problème» de l’inscription. Là aussi, serrer la vis ne produirait pas les effets escomptés. Il est donc fort possible que PL20 n’obtienne pas l’amélioration de la couverture globale visée.

Par ailleurs, il semble que la plupart des patients âgés et vulnérables — ceux qui ont le plus besoin d’avoir un suivi régulier en première ligne — soient déjà inscrits auprès d’un médecin de famille. Les données récentes montrent aussi que plus d’un million de personnes ont été inscrites en quatre ans. C’est tout de même bien, et cela signifie surtout qu’on dispose déjà d’un moyen efficace pour améliorer la couverture médicale.

Pas de plan B

En médecine, pour bien gérer le risque, il faut prévoir un plan B, qui nous permet de nous en sortir si la réalité ne s’accorde pas à nos prétentions. À l’urgence, lorsque le patient respire mal, on lui passe un tube dans la trachée, et hop ! le tour est joué : il est sauvé.

Sauf que ça peut se mettre à aller encore plus mal — par exemple, si le patient est impossible à intuber. Dans ce cas, il faut un plan B (et même un plan C) pour affronter les complications, dont l’arrêt respiratoire, qui est généralement pire que de respirer mal.

Or, un autre problème avec le projet de loi 20 — de même qu’avec le projet de loi 10 sur la réorganisation du réseau, d’ailleurs —, c’est l’absence de plan B. Le ministre fonce, convaincu que l’intubation sera facile et qu’il ne se trompe pas.

Tant mieux pour lui (et pour nous, et pour nos patients !) s’il a raison, si tout cela est juste et bon, mais qu’arrivera-t-il s’il est dans l’erreur — ce qu’à peu près tout le monde lui répète depuis des mois ? Il arrivera que ça ira plutôt mal.

Alors, comment ferons-nous si ça se met à aller de travers ? Qu’est-ce qui est prévu si les propositions n’aboutissent pas aux effets escomptés ? Et s’il y a crise, comment la règlerons-nous, alors que les fédérations sont échaudées par tout ce qui se passe ? Mystère.

Jouer avec la constante de Planck

Dans cette réalité complexe, où il ne suffit pas de «monter le thermostat», le ministre joue aussi avec le feu en voulant modifier rapidement (et de manière universelle) certains paramètres fondamentaux du système, sans rien tester préalablement. Ce qui revient à vouloir jouer avec la constante de Planck.

Comment, vous ne la connaissez pas ? Le ministre, lui, la connaît, comme j’ai pu le valider récemment. L’analogie suivante ne devrait donc pas lui être étrangère.

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La constante de Planck est un nombre : 6,62606957 x 10-34 m2 kg/s. Apparemment, il détermine avec précision les caractéristiques fondamentales de notre Univers. Il semble qu’un nombre légèrement distinct engendrerait un univers animé par des lois physiques nouvelles.

Voilà pourquoi on ne voudrait pas toucher à la constante de Planck, et c’est un peu la même chose avec le PL20 : jouer avec certains paramètres de notre système de santé, ajouter un quota, soustraire une mesure d’assiduité (on parle souvent de 80 %) ou ajuster une règle de suivi peut sembler anodin, mais en réalité, cela peut transformer fondamentalement notre système de santé. Or, c’est justement ce que souhaite faire le ministre, sans disposer d’un modèle lui permettant d’anticiper les effets.

C’est qu’il est très difficile de prédire la réaction des médecins, tout simplement. Comment savoir s’ils feront plus ou moins d’hospitalisation, s’ils assureront plus ou moins de suivi en première ligne, s’ils prendront en charge des patients plus «lourds» ou plus «légers» ou s’ils adapteront leur pratique de telle ou telle manière ?

Prévoir la réponse des médecins

Il ne faut donc pas croire que les vagues engendrées par le PL20 n’auront aucun effet délétère sur les milieux de soins et les patients. Il y a un risque réel et bien concret. À force de discuter avec des médecins de pratiques et de régions très diverses, je comprends qu’on peut anticiper à peu près tout. Même le pire, sur lequel je reviendrai.

Dans la région X, il est possible (cela est documenté dans de multiples conversations) que les médecins diminuent grandement leur implication à l’hôpital pour assurer une meilleure couverture en première ligne, sans que personne ne soit disponible pour venir les remplacer à l’hospitalisation ou à l’urgence.

Le ministre a d’ailleurs peut-être vu le coup venir en plaçant, dans son projet de loi 10, des dispositions permettant d’obliger un médecin à couvrir un site hors de son hôpital d’attache, mais il est possible que ces mécanismes ne soient pas applicables, ou alors qu’ils n’aient pas les effets escomptés.

Dans la région Y, ça pourrait être tout le contraire : des médecins qui œuvrent à temps partiel dans un bureau pourraient choisir de délaisser leur clientèle pour se concentrer sur les soins d’urgence, affaiblissant du coup la première ligne. Qui peut prédire ces mouvements ? Ni le ministre ni personne.

Du coup, demain matin, des équipes d’urgence ou d’hospitalisation des régions X ou Y pourraient être déstabilisées par la perte de quelques médecins, sans possibilité de pallier ces départs, ce qui mettrait une pression supplémentaire sur les équipes en place. Et il n’y aura pas d’internistes ou de spécialistes en médecine d’urgence pour prendre leur relève si rapidement.

Encore une fois, quel serait le plan B ? Il n’y en a pas. Sinon quoi : un autre durcissement des positions du ministre ? Une nouvelle spirale d’obligations pourrait alors aggraver les choses, d’autant plus que les fédérations, habituellement plutôt coopératives pour trouver des solutions à ces problèmes de couverture médicale, risquent de se montrer moins ouvertes à la collaboration.

Déstabiliser la première ligne

Alors qu’il faut plutôt favoriser la médecine familiale, plusieurs signaux ont aussi montré, dès la fin de l’automne et en début d’hiver, que les étudiants — sonnés par les événements actuels — se détournent de la médecine familiale. Il ne s’agit pas que d’impressions : il y a des témoignages directs et des données de sondages. C’est aussi ce que disent les directeurs de programmes, qui sont inquiets.

Un autre risque, c’est la possibilité que les médecins — écœurés par le comportement et les propos du ministre, soupçonneux des règlements à venir, découragés par l’absence de collaboration, ou encore incapables d’augmenter leur pratique pour une foule de raisons personnelles, organisationnelles ou familiales — décident de quitter le bateau pour le privé ou même d’autres provinces. Ce qui serait bien le pire.

Par exemple, dans la région de Gatineau (qui jouxte la frontière ontarienne), on craint le départ de plusieurs dizaines de médecins, qui choisiraient plutôt d’aller travailler de l’autre côté de la rivière. Ailleurs, des médecins ont déjà signifié ou signifieront que si le PL20 passe tel quel, ils quitteraient le régime public pour «passer au privé». Certains sont pourtant très impliqués dans la médecine sociale et le suivi des patients vulnérables.

Et c’est déjà commencé. J’ai vu passer des dizaines de noms et de lettres de démission, effets secondaires graves contre lesquels il n’y a pas de parade efficace.

C’est peut-être décevant, mais c’est une réalité avec laquelle le ministre devra composer. Bien sûr, il pourrait toujours choisir d’appliquer diverses mesures, comme le contrôle des tarifs au privé ou bien la rétention des médecins dans le régime public — ce qui pourrait même être souhaitable. Mais une fois rendu là, peut-être que les dommages seront déjà faits.

Comme tous ces mouvements surviennent de manière imprévisible, incontrôlable et aléatoire dans un réseau lui-même en réorganisation en raison du projet de loi 10, le ministre risque d’être confronté à de multiples feux à éteindre, sans toutefois disposer d’une structure consolidée pour les affronter.

Et si le ministre avait raison ?

Soyons bon prince. Il est aussi possible que le ministre ait tout vrai ; que son projet de loi soit parfaitement calibré ; que les règlements conviennent exactement à la situation ; que les médecins augmentent leurs activités comme prévu, là où on aura le plus besoin d’eux ; que personne ne quittera le réseau ni la province ; bref, que tout fonctionne à merveille, de sorte que d’ici quelques mois, tout le monde aura son médecin de famille et sera vu en moins de 24 heures en cas de besoin, désertant du coup les urgences et améliorant grandement le fonctionnement de notre système de santé. Mais vous savez quoi ? J’ai comme un doute.

Parce qu’il est également possible que le ministre ait tout faux ; que son projet de loi soit mal calibré ; que ses règlements conviennent assez peu à la situation ; que les médecins n’augmentent pas leurs activités comme prévu, ni là où on aurait le plus besoin d’eux ; que nombre d’entre eux quittent le réseau ou la province ; bref, que plus rien ne fonctionne adéquatement, de sorte que d’ici quelques mois, plein de gens auront perdu leur médecin de famille de plus en plus difficilement accessible, et devront alors accourir en masse aux urgences.

Seul l’avenir le dira. Il ne s’agit pas d’être trop pessimiste, mais au moins, de rester prudent.

Quand un patient va mal, je m’efforce d’administrer un traitement approprié. Cependant, comme il est possible que tout aille encore plus mal ensuite, il est de ma responsabilité de prévoir le coup et d’avoir un plan B — et même un plan C, bien souvent. Et idéalement, je m’efforce, comme médecin, de limiter mes interventions à ce qui est vraiment utile pour améliorer l’état de santé du patient.

Le ministre aurait pu y aller par étapes — en décidant, par exemple, d’un projet-pilote appliqué dans une région donnée, simplement pour tester ses hypothèses et évaluer leurs répercussions. Il aurait alors tout le loisir de reculer en cas de problème et d’ajuster ensuite le tir.

Mais en se lançant tout d’un coup et partout, le ministre court le risque de ne pas pouvoir rattraper les dérapages potentiels.

Travailler avec les médecins

Voilà trop de mots pour dire quelque chose de très simple : il faut bien sûr améliorer la première ligne et l’accès au réseau, qui sont problématiques — mais cela ne peut pas se décréter, pour toutes les raisons mentionnées dans ce texte et énumérées dans les multiples rapports reçus au fil des audiences.

Il faut plutôt travailler avec les médecins, qui ont peut-être enfin réalisé à la dure — je concède au ministre cette «réussite» — qu’il faut maintenant aussi bouger, s’engager, changer certaines façons de faire, assurer une couverture plus large, se rendre plus disponibles. Tout cela sera fait, j’en suis maintenant sûr, si on reste ouvert à leurs idées et qu’on leur donne les outils nécessaires.

Parce qu’on le sait bien : ce qui fonctionne, en médecine (et ce, à tous les niveaux), c’est la concertation, l’intégration des services et la coordination des soins — mais rarement la confrontation.

Alors, pourquoi ne pas commencer maintenant ? Le ministre reçoit ces jours-ci les contre-propositions. Il devrait les considérer avec la plus grande attention. C’est peut-être sa porte de sortie de crise.

Un geste de bonne volonté serait maintenant bienvenue et simplifierait la donne. Après tout, c’est mieux pour tout le monde d’en arriver à une solution négociée. Même (et surtout) pour les patients.

* * *

À propos d’Alain Vadeboncœur

Le docteur Alain Vadeboncœur est urgentologue et chef du service de médecine d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal. Professeur agrégé de clinique à l’Université de Montréal, où il enseigne, il participe aussi à des recherches sur le système de santé. Auteur, il a publié Privé de soins en 2012 et Les acteurs ne savent pas mourir en 2014. On peut le suivre sur Facebook et sur Twitter (@Vadeboncoeur_Al), et il a aussi son propre site Web : alainvadeboncoeur.com.

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L’état est l’employeur principal (en plus ici l’état a très largement subventionné la formation de ses employés) et en tant qu’employeur a le droit de déterminer ce qu’il attend de ses employés.

Si ceux-ci ne sont pas d’accord ou trouvent que les conditions offertes ne suffisent pas il peuvent toujours aller travailler pour un autre employeur, dans ce cas ça veut dire à l’extérieur ou au privé).

Évidemment comme on a un gros monopole privé on a un très gros employeur et peu d’alternatives, mais à ce que je sache l’immense majorité des médecins ne conteste pas ce système où l’état est seul maitre d’œuvre en santé, au contraire la plupart des médecin appuient ce système.

Alors s’il vous plait messieurs-dames les médecins soyez conséquents et comprenez que vous ne pouvez avoir les bénéfices d’un système capitaliste libre et compétitif tout en soutenant un gros monopole public.

En d’autres mots vous pouvez reprocher bien des choses à M Barrette mais certainement pas de ne pas être logique et conséquent. Vous acceptez et même soutenez ce système à employeur unique alors acceptez d’en vivre les conséquences.

C’est à se demander si vous avez lu l’article (je parie que non).

S’ils ne sont pas content? Je vous coneille de lire la section «Déstabiliser la première ligne».

Les entreprises que j’ai connu qui avant une attitude de «si t’es pas content prend la porte» se sont souvent retrouvé avec des employés…qui ont pris la porte. Très souvent avec les conséquences.

C’est vous qui allez les régler les problèmes? Barette? La population? Non, ce sont les gens dans le système qui vont être pris à pelleter le tas.

On a eu un beau bordel dans ce milieu dans les années ’90 et on s’enligne pour en avoir un autre.

Du calme SVP. J’admet que mon premier paragraphe est moyen mais le reste est correct et ne justifiait en rien une telle intervention.

Bonne journée

Les médecins ne sont pas employés de l’État mais bien travailleur autonome. Leur rénumération est déjà en fonction de leur charge de travail. Un médecin qui travaille deux fois plus que son collègue gagne deux fois plus que celui-ci. En moyenne, un médecin travaille plus d’heures que la majorité de la population québécoise. Ce que le ministre Barrette veut, c’est couper les salaires des médecins de famille parce que le gouvernement ne veut pas payer. Les cibles du Dr Barrette sont faites en fonction de ne pas être atteintes et de justifier une réduction de salaire. Un exemple : selon la nouvelle pondération qui vient de sortir, un patient « normal » ( sans code de vulénrabilité ) vaut 0,8 patient. Vous voyez la farce?

C’est une véritable farce dans notre système de considérer les médecinss comme des travailleurs autonomes, un cadeau qui leur a été fait gratuitement et aux dépends de tous les autres travailleurs. Les médecins ne partagent en aucune façon les conditions de tous les autres travailleurs autonomes, pour qui des mesures de d’allègement et de compensation sont néessaires. Où est la précarité d’emploi et la recherche constante de clients pour un médecin? Où est la contribution au développement économique? Les médecins n’ont qu’un seul client, l’État. Un travailleur autonome avec un seul client verra tout de suite son statut contesté par le fisc: il sera présumé qu’il est réellement un employé et que son employeur et lui veulent éviter les obligations liées à ce statut. Alors, où est l’équité envers les vrais travailleurs autonomes?

Il s’agit d’une réalité canadienne et aussi largement répandue en Amérique du Nord. Vous faites de bonnes nuances, mais c’est tout de même la réalité, et je doute que cette réalité change. Il faut donc composer avec.

L’éducation n’est pas gratuite, mais payé par l’ensemble des Québécois. Tout le monde y a accès, et jamais on n’a parlé que les personnes qui terminaient l’université sortaient avec une « dette » envers la société. Pourquoi est-ce subitement différent pour les médecins? Au cours de leur carrière, les médecins repaieront à l’État plusieurs fois le valeur de leur formation universitaire. Probablement un meilleur « investissement » que plusieurs autres domaines universitaires.

Tout le monde peut être travailleur autonome. Plombier dans une usine? Rien ne vous empêche de partir à votre nom. Ménagère? Rien ne vous empêche d’offrir vos services à des particuliers. Pourquoi est-ce que cela serait différent pour les médecins? Oui, pour le moment, nous avons l’avantage du « marché ». Mais selon certaines prévisions, il pourrait y avoir un surplus de MD de famille d’ici 5-10 ans. Cela pourrait être différent. Et ça c’est déjà vu dans le passé.

Nous sommes en train de sortir du vif du sujet, de divaguer. La question ici, selon le discours officiel, est l’accessibilité aux patients. J’ai toujours pensé que c’était une façon détournée pour Barrette de ne pas payer ses MDs. Le statut de travailleur autonome et de « dette sociale » ont été insérés dans le débat pour faire diversion. Mais bon.. vous avez mon opinion là-dessus.

Merci pour votre commentaire! Effectivement, pourquoi les médecins auraient-ils une dette envers la société quand tout le système universitaire est largement subventionné?

@mlacombe, oui je la vois la farce! C’est vous la farce. Pensez-vous sincèrement ce que vous dites: ce que le ministre Barrette veut c’ est couper les salaires des médecins… En plus vous en rajouté : parce que le gouvernement ne veut pas payer… Franchement ça se peux-tu que le ministre veut ( selon les comparits avec les autres provinces) avoir du rendement pour la rémunération qu’ il donne! Réfléchissez un peu!

Vous êtes complètement aveuglé par la propagande du Dr Barrette.

Les médecins québécois sont parmi les moins bien payés du Canada, si ce n’est les moins bien payés. Rien ne prouve qu’ils offrent un moins bon rendement que les autres MDs du reste du Canada. Même pas Barrette. Il a torturé et re-torturé les chiffres pour sortir un supposé nombre magique qui prouverait que les méchants MDs de famille paresseux du Québec sont la cause de tous les problèmes du système. S’il était un étudiant à l’université présentant des statistiques, il coulerait son année et passerait devant le recteur pour expliquer pourquoi tant de malhonnêteté.

On revient au 0,8 patient? Vous voyez 1 patient, mais on n’inscrit que 0,8 sur votre feuille de rendement. C’est comme si je vous payais 20$ de l’heure mais que je décidais de comptabiliser 45 minutes pour chaque heure travaillée. Après 4 heures, vous auriez 60 $ dans vos poches au lieu de 80 $. PERSONNE et AUCUN SYNDICAT n’accepterait ce genre de malhonnêteté. Et pourtant, c’est ce genre de grossièretés que Dr Barrette lance au visage des médecins semaine après semaine.

Vous croyez peut-être Dr Barrette, mais nous, on ne se laissera pas berner par ses manipulations.

Ne parlez pas comme si l’État était un employeur privé, svp. Un employeur privé peut s’amuser à improviser, voire faire faillite, mais l’État a le devoir d’assurer l’intégrité de ses institutions autant que de bien les administrer.

Vous n’avez pas tort en affirmant que les médecins jouissent d’une sécurité de revenu lié à la structure du système de santé et qu’ils ont des devoirs envers ce système. Cependant, dans les faits, ils demeurent des travailleurs autonomes et ne sont donc pas (pour la vaste majorité d’entre eux) des employés. On peut aimer ou non cela, mais il s’agit d’un fait, avec lequel il faut composer. La conséquence principale est qu’ils sont relativement libres de prendre certaines décisions et que le ministre doit en tenir compte quand il cherche à changer les choses. Merci du commentaire.

@Alain Vadeboncoeur, 🙁 les médecins sont relativement libres de prendre certaines décisions et que le ministre doit en tenir compte…) Oui avec leur statut prévilégié les medecins ont une certaine liberté mais pas comme de VÉRITABLES travailleurs autonomes! SI le VRAI travailleur autonome décide de réduire ses HEURES, forcément il va y avoir des conséquences sur ses revenus( j’ en suis un). Par contre le médecin jouit seulement du statut de travailleur autonome au point de vue du fisc; mais por le reste il est rémunéré par l’ état son employeur!

Les médecins sont de VRAIS travailleurs autonomes, quelque soit votre définition.

La grande majorité des MDs est payée à l’acte ou à l’heure. Si je travaille la moitié moins d’heures que mon collègue, je gagne la moitié de celui-ci. Si je vois la moitié moins de patients que mon collègue, je gagne la moitié de celui-ci.

La singularité du projet de loi de M. Barrette est que le salaire horaire ou par acte est coupé lorsqu’on atteint pas les cibles. Imaginons que je gagne 50$ de l’heure. Je décide de ne travailler que 25-30 heures par semaine ( la définition du temps partiel pour un médecin ). Je n’atteins pas les cibles du Dr Barrette. Je ne suis pas seulement payé 25-30 heures à 50$/hr… mais CHAQUE HEURE est moins payée de 30 %. Mon taux horaire est alors de 35$ au lieu de 50$/heure. Je ne me souviens pas qu’il y ait une clause semblable pour quelconque travailleur au Québec, qu’il soit autonome ou pas.

En passant… les cibles du Dr Barrette sont très dures à atteindre. Ce n’est pas un hasard.

On a plus de médecins qu’ailleurs en Amérique, mais on ne peut en trouver un lorsqu’on a besoin d’en voir un demain matin.
Pourquoi? A cause des politiques d’admission dans les facultés qui font que 75% des étudiants sont des filles.
Or, on sait depuis fort longtemps, que les femmes-médecins travaillent beaucoup moins que les hommes.
Résultat, les 4 millions de Québécoises sont les principales victimes de nos politiques d’admission qui devraient favoriser les gars.
Ca au moins, le Conseil du Statut de la femme et le ministre de la Santé l’ont compris.
Dommage que le Doc Vadeboncoeur ne soit pas encore rendu là.

Les causes du manque d’accès à un MD sont multiples. trouvez UNE seule raison pour expliquer le manque d’accès est extrêmement réducteur. Les autres provinces et pays sont au prise aussi avec un problème d’accessibilité. Beaucoup de reportages sur la supposée supériorité des autres systèmes de santé penchent plus vers un sensationnalisme et s’éloigne d’un protrait juste et balancé. Au-delà de ça, il y a tout de même place à amélioration dans notre réseau, mais il faudra la coopération de tous les acteurs. Dr Barrette est probablement la pire personne au Québec pour aller chercher la coopération de tous.

Un des facteurs majeurs, souvent passé sous silence, est qu’il y a effectivement beaucoup plus de médecins par habitants dans les systèmes européens.

@Alain Vadeboncoeur, tant mieux, mais il faudrait aussi voir leur rémunération a ces médecins et leur prestation de travail!
Malgré tout ce qui se dit , c’ est toujours le CÔUT patent du système qui oblige les gouvernements a revoir le système! On invente pas les malades en Europe comme ailleurs! Y a t’ il dans ses pays des gens qui se rendent a l’ urgence d’ un hôpital pour un rhume ou tout autre genre de petits malaises! J’ en doute!

Pour avoir passé toute ma vie active dans le réseau de la santé et proche d’une faculté de médecine, vous avez entièrement raison en soulignant qu’un des grands problèmes à la diminution des heures de travail est la féminisation de la profession, plus particulièrement avec l’arrivée de la nouvelle génération très centrée sur elle-même. C’est un sacré problème et le ministre essaie de rétablir la situation (lire: faire comprendre à ces femmes médecins que quand on choisit une telle profession, on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre) en utilisant le seul incitatif possible: l’argent.

C’est un commentaire qui est triste.

La société moderne essaie de concilier le travail et la famille. Et les médecins ne devraient pas y penser ? On veut des médecins humains, mais on veut les forcer à délaisser leur famille? L’arrivée des femmes en médecine a eu beaucoup de positif et a concordé avec plus d’humanisme en santé. Oui… il y a des femmes qui décident de travailler à temps partiel et ne font pas 80 hr/sem comme le faisaient leurs ancêtres masculins. Toutes les femmes au Québec ont le droit à des congés de maternité mais pas les femmes médecins ? Toutes les femmes – et hommes!! – au Québec peuvent faire le choix de combiner carrière et vie familiale mais les médecins n’y auraient pas droit. Vous êtes qui vous pour nous ôtez ce choix? Et en passant, lisez mon autre commentaire sur cette page par rapport à la rémunération des médecins : un médecin qui travail moitié moins est DÉJÀ payé moitié moins. Pourquoi en rajouter?

Aucune étude, aucun chiffre n’a été publié qui montrerait que les femmes-médecins travaillent moins, à génération et responsabilités égales. Ce que vous prenez pour un fait est une spéculation non prouvée. Les femmes ont le dos large!

Vous voulez que l’on retourne à une médecine ou ce sont des hommes qui travaillent 80 heures semaine avec une femme à la maison. Désolée, ca n’existe plus. Les jeunes hommes veulent aussi voir leur famille. J’ai connu un jeune médecin il y a 30 ans qui avait décidé de travailler trois jours semaine pour pouvoir s’occuper de son fils. Ca ne date pas d’hier et c’est un phénomène de génération plus que de genre.

Ces chiffres sont sûrement connus du MSSS (facile à compiler avec les données de la RAMQ) mais le ministre n’est pas assez fous pour aborder le sujet sous cet angle. On ne veut pas retourner en arrière mais on veut que la nouvelle génération de médecins (femmes ou hommes) prenne les responsabilités liés au statut de médecin, au lieu de penser à leur petite personne en premier. Quand on choisit cette profession (vocation), on devrait choisir d’être disponible, surtout après ce que ca nous coûte en taxes pour les former. Quand au médecin qui travaillait à temps partiel il y a 30 ans, une exception.

Désolé, mais franchement simpliste et sexiste comme commentaire. L’admissibilité en médecine est basée sur des critères bien précis dont le sexe ne fait pas parti. Le dossier scolaire, des examens, des entrevues et des mises en situation. Pour arriver a rencontrer ces critères il faut avoir « travaillé » fort, très fort. Ajoutons a cela que les 5 années requise ne sont pas des vacances.
Les femmes qui arrivent en médecine y sont arrivé en travaillant fort, longtemps et on maintenu le rythme durant toutes les années qu’on durée leur études. Les « gars » si ils veulent arriver en médecine n’ont qu’une chose a faire. Fare la même chose que les filles « Travailler »
J’ai une fille médecin et pour y arriver elle a du faire de gros sacrifices.

Vous parlez comme si le facultés avaient des mesures de discrimination positive envers le femmes, ce qui n’est évidemment pas le cas. Il y a plus de femmes en médecine simplement parce que les femmes performent mieux que les hommes sur tous les paramètres, voilà tout. Pour avoir souvent parlé de la question avec des pédagogues, il semble très difficile d’établir des critères objectifs qui permettraient de changer la donne. Ceci dit, mis à part les périodes de grossesse et lorsqu’il y a des enfants en bas âge, il semble que les femmes médecins, d’après la FMOQ, n’ont pas un profil si différent de celui des hommes médecins. Merci du commentaire.

Je ne souscris pas au commentaire de MC, notamment, comme le faisait remarquer quelqu’un, parce qu’ils (elles) sont rémunérés à l’acte. Ils ne peuvent donc avoir le beurre et l’argent du beurre.

Cependant, je ne suis pas certain qu’il n’y a pas de mesures incitatives pour les femmes. La dernière fois que j’ai vérifié, il y a plusieurs bourses d’études universitaires privées, provinciales ou fédérales aux cycles supérieurs qui sont pour les femmes. Il n’y en a pratiquement aucune pour les hommes. Ceci en dépit du fait que les femmes sont légèrement surreprésentées dans les universités depuis plusieurs années, du moins au Québec.

À vérifier.

Comme dans toutes les professions très contingentées, les Facultés prennent le fameuse côte « R » pour sélectionner les candidats, les étudiants les plus performants, peut-être aussi les plus compétitifs. Les Facultés écrèment ainsi le marché étudiant.

À mon avis, les Facultés devraient prendre des étudiants dans toutes les catégories de la côte « R », qui assurerait une plus grande diversité d’individus et une plus grande diversité de profil psychologique.

Tout à fait d’accord avec vous. Nous payons le même prix pour former des médecins qu’ils soient hommes ou femmes et nous nous attendons à la même « production » . Elles nous coûtent trop chères ces femmes médecins

Comme l’ensemble du système universitaire est subventionné, alors aussi bien généraliser et dire que la formation des femmes coute cher en général et quelles devraient toutes rester à la maison!!!

Et que penser de la formation des infirmières, peut-être devrions nous aussi les remplacer par des hommes!!!

Monique, pas fort comme commentaire!

je ne comprend pas gouverner par des médecins et banquiers tous devraient aller sur des roulettes!!!!!!!!

Après s’être affairé pendant des lunes à fermer le marché des soins médicaux aux autres intervenants, à limiter le nombre d’étudiants, à empêcher les médecins étrangers de pratiquer ici, le Cartel des médecins a réussi à créer une rareté artificielle de médecins très lucrative pour ses membres.

Pour régler le problème, Barrette fonce dans le tas, en espérant des résultats avant les prochaines élections.
Ca va donner ce que ça va donner, personnellement je n’ai de sympathie pour aucun des deux côtés.

À la base du problème: le corporatisme de cette pseudo élite.

Votre point est intéressant. Il y a effectivement eu historiquement beaucoup de résistance des médecins envers les autres professions. Je vous suggère à cet égard la lecture de l’Histoire de la médecine au Québec 1800-2000, un excellent bouquin. Mais durant les dernières décennies, c’est le gouvernement qui a déterminé et diminué les entrées en médecine, essentiellement pour des raisons budgétaires, comme il a fermé des lits d’hôpitaux pour les mêmes raisons. Merci du commentaire.

Je suis d’accord avec le début du commentaire comme quoi les médecins ont œuvré , de concert avec le gouvernement, à contingenter les inscriptions en médecine afin de maintenir leur rentabilité.
Ils serait bon qu’ils reconnaissent leur responsabilité dans ce fait au lieu de toujours évoquer le manque de médecins comme cause de bien des maux.

Pas dans les récentes décennies, à ma connaissance. C’est une décision gouvernementale qui vise essentiellement à contrôler les dépenses de santé, déterminées à 85% par les décisions médicales.

Au Québec il y a trop de gens qui vont voir leur médecin pour rien, il faut arrêter de voir les médecin quand on va bien pour laisser la place au gens qui se sente malade. on passe trop de test pour rien.Plus on se tient loin des hôpitaux et des pilules plus on reste en sante

Il y a un peu de vrai dans ce que vous dites, comme j’en ai souvent parlé. Le « besoin » de voir un médecin est loin d’être également réparti, et des gains pourraient se retrouver là, dans une révision de certains aspects de la pratique. Merci du commentaire.

Un autre problème me préoccupe. L’application des quotas va entraîner le départ à la retraite de nombreux médecins »d’un certain âge », question de qualité de vie, arrivés à un âge où l’énergie commence à baisser, peu importe la profession. Or ces médecins sont précieux en première ligne. Il y a un savoir-faire qui ne s’acquiert que par une longue expérience et non dans les livres. Plus de jeunes médecins devront être formés pour les remplacer. Les économies s’en verront diminuées. Ayant œuvré pendant 35 ans dans le secteur diagnostique (laboratoires), j’ai été à même de constater que les jeunes médecins coûtent plus cher (prescriptions d’analyses plus nombreuses et
plus coûteuses). C’est un processus normal, leur expérience ils doivent l’acquérir »par expérience » justement. En résultera-t-il alors des économies de bouts de chandelles en plus de nous priver de plusieurs joueurs au faîte de leur compétence?

Vous avez pleinement raison, et il y a pas mal de signes que plusieurs MD prendront leur retraite. Or, ce sont souvent eux qui ont le plus de patients. Bon point.

« …est fortement contesté par les médecins… » (sic)

Euh…c’est parce que ce n’est plus tout à fait le cas maintenant:

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2015/03/19/006-fmoc-barrette-quotas-ponderation-projet-loi.shtml

Extrait:

« Le ton était cependant conciliant entre le ministre et le représentant des omnipraticiens lors de la présentation du mémoire de la FMOQ à la commission qui étudie le projet de loi controversé, ce qui tranchait avec le ton de confrontation qui présidait aux échanges avec la présidente de la Fédération des médecins spécialistes, la Dre Diane Francoeur, mardi. »

En gros, la situation du Québec est totalement absurde: on a plus de médecins qu’avant, on les paie beaucoup plus qu’avant et on n’a toujours pas de services! Et on attend toujours de plus en plus longtemps pour ne serait-ce qu’avoir accès à UN médecin. Pas une cohorte. UN SEUL!!!

BRAVO à notre Ministre de la Santé qui est le seul personnage a avoir eu le « guts » de s’attaquer au corporatisme médical.

Y’en a marre de voir ces fortunés gâtés mener tout le ministère de la santé sans vouloir faire face à leurs responsabilités.

Pour votre premier point, la position de la FMOQ n’est pas d’accepter l’idée des quotas et du PL20, mais de proposer des solutions alternatives pour régler le problème de l’accès, ce à quoi le ministre semble effectivement ouvert. Tant mieux si les discussions reprennent. Pour le reste, vous n’avez pas tort quant au fait que le ministre a passablement « brassé » les médecins, ce qui pourrait accélérer les changements requis pour assurer une meilleure couverture. Merci du commentaire.

Oui l’image de la carotte et du bâton du ministre Barette est très bonne. Les médecins ont tout eu: le beurre, l’argent du beurre et…la crèmerie.Ce qui n’a rien donné, alors notre ministre essaye le bâton. Il ne restait que cela à essayer.

Une loi 20 pour casser – de façon irréparable – le système actuel.
La « création » des 50 Super cliniques promise lors de la campagne électorale. (Comme un miracle attendu pour régler l’ensemble des problèmes et combler l’ensembles des besoins à l’externe)

Nous aurons alors droit à la santé avec les PPP-PscP

Puisque le Pognon suivra le Patient jusque dans les Poches des Propriétaires des super cliniques Privées.

_____________________________
La promesse en santé du parti Libéral est de créer(!) 50 Super Cliniques privées où les examens seront gratuits. Les examens seront gratuits -pour le patient.
Le personnel – médecins, accueil, infirmières – sera pris dans le bassin provincial des travailleurs de la santé. Le même personnel sur lequel on compte pour faire fonctionner nos hôpitaux.

La première ligne a toujours été (sauf pour les CLSC) un PPP. On peut aimer cela ou non, mais c’est le cas dans la vaste majorité des pays du monde. Merci du commentaire.

Il y a une cause qui explique en grande partie les graves lacunes du système de santé québécois, notamment le problème d’accessibilité, et c’est le fait que les regroupements et fédérations de médecin n’ont pas eu à coeur de se pencher sur la question et de tenter d’y apporter des remèdes eux-mêmes. Il a fallu que le ministre sorte le fouet et menace leur portefeuille et leur statut privilégié pour que les médecins commencent à réagir. Par des protestations d’abord…et peut-être maintenant en proposant des solutions. C’est absolument vrai qu’une réforme ne peut réussir si les mêdecins ne veulent pas y consentir. Mais il faudra alors qu’ils bougent eux-mêmes, qu’ils fassent en sorte de se recadrer. Ilil faut être assez honnête pour admettre qu’au Québec, les médecins ont de meilleurs salaires et une meilleure qualité de vie que dans 99,9 des autres pays sur la planète terre. Pourquoi ne se montrent-ils pas plus reconnaissants pour tous ces avantages octroyés? Ils agissent souvent comme des enfants gâtés, un mandarinat qui menace et utilise le chantage pour préserver

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vos choix de mots, mais vous avez raison sur certains aspects: l’attitude du ministre (mais pas nécessairement ses solutions) permettra (peut-être) de faire avancer les choses sur la question de l’accès, qui est un vrai problème. J’ai d’ailleurs tendance à penser que c’était la stratégie du ministre depuis le début: créer un rapport de force avec la profession médicale. Merci du commentaire.

Vos analogies tirées de la physique ont été prises en note et seront resservies vous pouvez en être certain. Quant au contenu de l’article, il est de la même nature que tout ce qu’on lit sur le capitalisme sauvage, les inégalités sociales, la pauvreté des enfants … Des constats, des critiques, mais jamais de solutions alternatives. La coopération est un moyen, pas un but. D’ailleurs, lorsque je regarde nos grandes coopératives multinationales …

Moi aussi je vais faire simple. Comme le doc Barrette.

Élevé dans un village de 3000 habitants, avec un seul médecin, la plupart du temps. Une urgence? Un appel et la réponse a toujours été «viens à 9 heures à la fin des visites». Aujourd’hui, j’ai l’un des médecins le plus rapide du GMF, ils sont 6. C’est trois semaines pour un rendez-vous.

Comment obtenir un rendez-vous le lendemain avec son médecin de famille, lorsque nécessaire évidemment, je ne le sais pas. Mais vous, vous devriez le savoir et faire des propositions en ce sens. La guerre des titans n’intéresse pas les «patients».

Permettez-moi de vous suggérer une excellente lecture où je traite de ces points plus en profondeur: http://www.luxediteur.com/content/priv%C3%A9-de-soins. Vous retrouverez aussi dans plusieurs de mes articles de blogue antérieur des textes sur beaucoup de ces solutions. Cela vous permettra de voir que je m’intéresse pas beaucoup, moi non plus, à la « guerre des titans ». Bonne journée.

J’en ai assez d’aller attendre dehors à 7:00h du matin pour obtenir un r-v pour dans 1 mois avec mon médecin de famille. Au téléphone à 9:15 il n’y a plus de rendez-vous disponible.

Vous avez complètement raison. Mais il y a d’autres manières de régler ce problème.

Cher docteur, vous avez sans doute oublié que cela fait 20 ans que notre système de santé tourne en rond à cause du controle absolu des CMDP des hopitaux, du collège des médecins et de toutes les associations et fédérations de médecins. Il y a de plus en plus de médecins et de moins en moins d’accessibilité. Le peuple a élu le PLC avec l’espoir qu’il puisse réussir là ou tant d’autres n’ont pu rien faire. J’ai confiance en le Dr Barrette.

La constante de planck est un nombre et non un chiffre!

Le docteur Vadeboncœur confond aussi la réalité de l’univers avec la théorie de la physique. Ce n’est pas la constante de Planck qui détermine l’univers mais bien l’inverse. L’univers est tel qu’il est.. Il se fout éperdument des lois de la physique. La physique essaie de saisir le comportement de la matière avec des modèles et des équations. La physique quantique est une représentation de certains aspects de l’univers. Pour rendre compte du comportement de la matière, des équations ont été établies et la valeur d’une constante a été mesurée. Si l’univers était différent, ce qui est hautement hypothétique, la constante de Planck serait différente.

Bien sûr, je ne suis pas naïf au point de penser que la constante de Planck a été établie et que l’univers s’est modelé ensuite… Il s’agissait d’une simple image. On pourrait cependant faire une analogie: le système de santé est complexe et ses « paramètres » (comme le nombre de patients vus) ne sont pas prédéterminés, ils demeurent une conséquence de l’organisation général du système de santé. En conséquence, pas plus qu’on ne peut modifier la constante de Planck pour « améliorer l’univers », pas plus qu’on ne peut penser transformer le système de santé sur la base de quelques nombres. Merci du commentaire.

Cher Dr Vadeboncoeur

Le projet de loi a pour fondement d’enlever la main mise qu’ont les médecins sur tout l’appareil médical dont ils ont abondamment abusé durant des décennies. Il est grand temps que les médecins fassent de la médecine et non de jouer à la “castonguette” notamment pour écrire des prescriptions de médicament dont les bénéficiaires utilisent depuis des années.

Le système de la RAMQ permet aujourd’hui de connaître la médication de tout patient, le dosage ainsi que la durée de temps. Une infirmière pourrait tout aussi faire ce travail sans avoir à garder près de 57% des patients dans les salles d’attente inutilement.

Hors si un patient a besoin d’un nouveau médicament ou s’il désire faire changer son dosage c’est différent mais les statistiques de la Grande Bretagne tout comme celles du Canada ou encore une fois le Québec ne participe pas, indique clairement que près de 77% des renouvellements ne concerne qu’une simple renouvellement sans plus.

Les milliers de médecins qui écrivent des prescriptions pour trois mois alors qu’ils savent très bien que les patients les utilisent depuis des années devraient cesser de ramasser de l’argent vite fait sur des besoins inutiles qu’ils créent de toute pièce en exigeant que les bénéficiaires se présentent quatre fois par années pour des prescriptions qui devraient être renouveler annuellement.

Cette pratique carrément abusive des fonds publics doit cesser et avant hier n’était pas trop tôt. Il y a de nombreux exemples et ce forum n’est pas l’espace pour en faire la liste complète. Je n’ai qu’à souligner les nombreux dits “spécialistes” de pratique privée qui se servent des équipements et temps de blocs opératoires pour leurs poches mais aucun médecins jusqu’aujourd’hui n’a rien dit, préférant en être complice et se tourner la tête. Belle exemple d’hypocrisie par excellence.

Les médecins ne devraient pas avoir plus de 10% de représentation sur les Conseils d’administration des hôpitaux pour faire place à des administrateurs compétents, mais non, il faut qu’ils aient la presque totalité des sièges pour voter des sommes faramineuses sur des projets à leurs petits “namis” qui gagnent déjà plus d’un quart de millions. Sans compter les sièges sur les Fondations qu’ils occupent.

Le Québec est le seul endroit ou la discorde est à ce point invivable et ce depuis des décennies.

Le nombre de dossiers sur lesquels les médecins ne voulaient pas laisser d’autres professionnels de la santé s’incorporer au milieu médical dépasse tout entendement sans compter la politique d’ingérence et de non qualification de médecins provenant d’outre-mer par simple mauvaise foi d’un Québec névrosé et raciste.

Il était temps qu’un ministre mette le pied à terre et commence à faire le ménage. Les médecins n’ont plus le haut du pavé sur la question de la confiance des bénéficiaires non plus, je préfère taire les commentaires acerbes et propos acides d’un grand nombre de ceux-ci.

Ce qui étonne dans votre article, c’est que les médecins peuvent individuellement faire ce qu’ils veulent, par responsabilité sociale et professionnelle – j’en suis persuadé – ou tout simplement par caprice. Ce qui me frappe surtout dans votre argumentaire, c’est le pouvoir du caprice pour désorganiser le réseau et desservir les patients.
Les médecins que le Québec a formés peuvent légitimement aller travailler en Ontario. Les médecins qui préfèrent des cas légers peuvent choisir leurs patients. Les médecins qui ne veulent pas de cotas dans leur cabinet personnel peuvent opter pour une pratique en hôpital. Rien ni personne ne coordonne le tout et ce n’est pas possible de le faire.
Imaginez les casernes de pompier avec des pompiers qui pourraient décider de travailler au central plutôt qu’à la caserne, qui pourraient décider de partir leur service d’incendie privé destiné à ceux qui ont les moyens de faire éteindre leur feu plus rapidement puisque, les pompiers désertant les casernes parce qu’ils en ont le droit, le nombre de pompiers par caserne ou le nombre de casernes deviendrait insuffisant pour que les pompiers du réseau public puissent rendre adéquatement le service attendu d’eux.
Ce que je lis entre les lignes de votre article, c’est un peu la description de la tour de Babel où chacun fait ce qu’il veut, ce qui finit par desservir tout le monde.
On peut aussi lire entre les lignes la présence d’une forme de pouvoir occulte qui n’acceptera jamais de se soumettre, alors que l’ensemble des citoyens n’ont pas le choix de ne pas se soumettre : qu’on pense aux parents de garderies, aux enseignants avec leurs cotas d’élèves et la diminution imposée des ressources de soutien, aux élèves qui subissent Ce qui étonne dans votre article, c’est que les médecins peuvent individuellement faire ce qu’ils veulent, par responsabilité sociale et professionnelle – j’en suis persuadé – ou tout simplement par caprice. Ce qui me frappe surtout dans votre argumentaire, c’est le pouvoir du caprice pour désorganiser le réseau et desservir les patients.
Les médecins que le Québec a formés peuvent légitimement aller travailler en Ontario. Les médecins qui préfèrent des cas légers peuvent choisir leurs patients. Les médecins qui ne veulent pas de quotas dans leur cabinet personnel peuvent opter pour une pratique en hôpital. Rien ni personne ne coordonne le tout et ce n’est pas possible de le faire.
Imaginez les casernes de pompiers avec des pompiers qui pourraient décider de travailler au central plutôt qu’à la caserne, qui pourraient décider de partir leur service d’incendie privé destiné à ceux qui ont les moyens de faire éteindre leur feu plus rapidement puisque, les pompiers désertant les casernes parce qu’ils en ont le droit, le nombre de pompiers par caserne ou le nombre de casernes deviendrait insuffisant pour que les pompiers du réseau public puissent rendre adéquatement le service attendu d’eux.
Ce que je lis entre les lignes de votre article, c’est un peu la description de la tour de Babel où chacun fait ce qu’il veut, ce qui finit par desservir tout le monde.
On peut aussi lire entre les lignes la présence d’une forme de pouvoir occulte qui n’acceptera jamais de se soumettre, alors que l’ensemble des citoyens n’ont pas le choix de ne pas se soumettre : qu’on pense aux parents de garderies, aux enseignants avec leurs quotas d’élèves et la diminution imposée des ressources de soutien, aux élèves qui subissent les coupes dans le service alimentaire. On peut aussi penser, par exemple, aux augmentations des tarifs d’électricité dont les médecins, eux, ont très largement les moyens de s’acquitter sans douleur. Mais quand ça leur fait mal à eux : HOLA! PAS TOUCHE SINON JE FOUS LE BORDEL!
Et c’est grâce à nous tous, les payeurs de taxes, les subventionneurs d’universités et de cours de médecine, que trop de médecins devenus irresponsables sociaux ne nous fournissent pas les services dont nous avons besoin. Oui, ils en fournissent et généralement de qualité lorsque nous réussissons à en obtenir. Oui, certains médecins se tuent à la tâche comme ma médecin de famille qui soignera moins de patients si elle applique les quotas du docteur Barette, comme le spécialiste qui suit une de mes proches ou celui qui me suit et dont la tâche doit certainement nuire à sa qualité de vie familiale. Mais globalement, il faut bien admettre que l’accessibilité, et la santé qui en dépend alors, est un fiasco. La qualité de vie et le bien-être des médecins, lui, est assurément un succès. Et lorsqu’ils ont besoin de services médicaux, je suis convaincu que ni eux ni leurs proches n’ont de problèmes d’accessibilité.
Pourquoi les pompiers, les enseignants se voient-ils affecter un poste, un horaire de travail, des clients qu’ils ne choisissent pas et pas les médecins? On a peur d’eux. On a peur qu’ils quittent pour ailleurs. On a peur qu’ils aillent au privé. On a peur que, ayant été formés par nous, ils agissent en ingrats. Parce qu’on leur en reconnaît le droit. Belle gang de moutons.
On vit dans une société libre après tout. Pas les pompiers, pas les enseignants, mais les médecins, oui.
On devrait exiger des étudiants en médecine qu’ils signent un engagement à pratiquer au Québec sous peine de lourdes sanctions financières, à cause de l’argent, mais aussi de la confiance et de l’espoir qu’on investit en eux et qui se traduiront par une perte des plus sèches s’ils choisissent librement et « à bon droit » de nous manquer de respect.
On devrait aussi ramener leurs revenus à des proportions raisonnables, très raisonnables. Des pompiers salariés, ça éteint des feux. Des enseignants salariés, ça enseigne. Pourquoi pas des médecins? Et avec la même masse salariale, on pourrait peut-être payer jusqu’à deux fois plus de médecins. Une fois et demi, ce serait déjà bien. On pourrait même y aller graduellement. De toute façon, les Québécois, eux, sont habitués d’attendre et ils sont bien patients (devrais-je plutôt écrire « De toute façon, les patients, eux, sont habitués d’attendre et ils sont bien Québécois »?).
Il y aurait bien sûr un tollé. Les syndicats de médecins agiteraient le spectre de la peur. Les patients auraient peur. Ça durerait un temps, comme la contestation de la loi 53, et ça se terminerait en Cour Suprême.
Pensez-vous que les médecins aimeraient retourner au système d’avant l’assurance-maladie – s’ils se souviennent de ce que c’était, des factures impayées, des patients-clients après lesquels il fallait courir pour se faire payer. Et s’il y avait désertion, exode massif, du système de santé publique, pensez-vous que les médecins réussiraient à maintenir les mêmes tarifs et le même niveau de vie. Présentement ça va bien, il y a relativement peu de médecins ayant déserté le réseau public et suffisamment de clients fortunés pour maintenir les tarifs. Mais avec un exode massif de médecins?
Vous souvenez-vous des menaces des médecins en ’70 ou lors de l’instauration de l’assurance-maladie ou de l’assurance-santé, je ne me rappelle plus laquelle? Ça devait être l’hécatombe, non? Depuis, vous souvenez-vous de ces médecins partis travailler aux States et qui sont revenus, bien contents de revenir? Vous rappelez-vous de ce grand spécialiste parti pratiquer aux States et qui a dû se résoudre à pratiquer la médecine familiale?
Tant qu’à brasser la cage, faisons le pour la peine. Barrette est encore bien trop gentil. La simplicité volontaire, c’est pas vraiment ça. Relisez Mongeau cet été.

Une chose est certaine, les généreuses augmentations qu’ont reçu les médecins dans les années passées n’ont pas donné les résultats escomptés. On a même vu au cours des dernières années s’ouvrir des Coopératives de santés où on demande aux membres une cotisation annuelle ce qui défraie une large large part des dépenses de bureau des médecins. Pourtant, on avait accordé aux praticiens le statut de travailleur autonome ce qui leur permettaient de soustraire de nombreuses dépenses découlant de leur pratique. Le temps des bonis incitatifs est terminé. Il est temps d’explorer d’autres avenues pour améliorer l’accessibilité aux soins de première ligne.

En fait, j’irais plus loin, je me demande bien comment on a pu s’imaginer que la hausse des revenus pourrait régler le problème de l’accès.

Le but inavoué du PL20 est d’effectivement diminuer les effectifs de médecins, afin de diminuer la facture totale du système de santé Québécois. Le processus se fait par la coercition, au lieu de donner un incitatif de départ volontaire comme ce qui avait été fait sous Lucien Bouchard. Bref, malgré qu’on répète ad nauseum que le PL20 augmentera l’accessibilité aux soins de santé, rien n’est moins sur, à cause de la baisse prévisible de l’effectif de médecins.