L’amiante vue par le ministre Simard

Pourquoi le Québec s’obstine-t-il à exploiter l’amiante chrysotile contre l’avis de tous les spécialistes en santé publique ? Parce que, selon le ministre délégué aux mines Serge Simard, « la nature a horreur du vide ».

Voyez ses pitoyables explications dans cette vidéo fort instructive de la commission parlementaire sur le projet de loi 79 sur les mines qui se tient en ce moment à Québec, alors que le gouvernement s’apprête à débourser 58 millions de dollars pour la relance de la mine Jeffrey, à Asbestos.

Si le Québec arrête d’exploiter l’amiante, d’autres comme la Russie le feront à sa place et cela sera beaucoup plus dommageable à l’échelle de la planète parce que les normes de sécurité sont moins sévères ailleurs, avance le ministre.

D’ailleurs, selon lui, les preuves de la dangerosité de l’amiante sont établies « à 50/50 ». Quelle mauvaise foi ! Ce qu’il oublie de préciser, comme l’explique très bien le Dr Fernand Turcotte, c’est que les 50 % de « scientifiques » qui pensent qu’il est possible d’exploiter l’amiante sans danger travaillent tous pour le lobby minier.

Dans son mémoire déposé au nom d’un groupe constitués notamment de plusieurs médecins et spécialistes en santé publique, le Dr Turcotte rappelle notamment qu’il a été démontré que l’utilisation sécuritaire de l’amiante chrysotile est un mythe, même au Québec.

En 2009, 102 des 185 décès indemnisés par la CSST étaient reliés à l’amiante.

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Loin de moi l’idée de vouloir minimiser les risques liés à l’amiante, désormais bien connus… mais on oublie souvent quelques points importants:

1) il y a des applications pour lesquelles on n’a pas (encore) de matériau de substitution disponible, du moins à un prix acceptable. Par exemple les vêtements ignifuges des pompiers ou les « raccords anti feu » utilisés dans l’industrie et présents certainement dans votre chauffage.

2) ce n’est d’ailleurs pas la matière en tant que telle qui est dangereuse, mais ses fibres microscopiques, plus précisément celles ayant certaines dimensions (voir http://www.afsset.fr/index.php?pageid=717&parentid=424 ) Les longues fibres des équipements de pompiers et tissus d’amiante utilisés dans l’industrie ne présentent objectivement aucun risque pour les utilisateurs (il faut évidemment faire très attention lors de leur production et de leur destruction). L’amiante chrysotile produit justement ces longues fibres…

3) enfin, au risque de paraitre un peu cynique, je crois qu’il ne faudrait pas oublier de compter toutes les vies sauvées grâce à l’amiante dans tous les incendies qui n’ont pas eu lieu ou qui ont pu être éteints plus facilement. Avant l’amiante, des quartiers, voire des villes entières brulaient (Montréal 1734 par exemple)

A part ça, si « 50% de scientifiques qui pensent qu’il est possible d’exploiter l’amiante sans danger travaillent tous pour le lobby minier », il en reste 50% qui ne travaillent pas pour ce lobby et qui disent que l’industrie mondiale utilise des milliers d’autres substances dangereuses…

Quelle perte de temps. Démontrer en commission parlementaire et appuyé par un mémoire que le matériau est dangereux, et surtout qu’il y a un produit de remplacement et entendre du ministre qui cherche comment leur dire que non, on va continuer parce que la nature à horreur du vide (sans doute faisait-il allusion à son cerveau) ce n’est non seulement frustrant, c’est de constater que quoique vous disiez sur l’état de dangerosité, sur la santé non seulement on continue l’exploitation mais en plus on va financer la mine.
Alors lorsqu’il fut question de corruption eh bin là par les temps qui courrent j’ai compris l’intervention.
Du reste, l’exploitation du sous-sol québécois, pourquoi ne pas l’expliquer plus largement.
Par exemple le droit sur le sous-sol terrestre, le droit sur le sous-sol « off shore » un peu ambigüe sur les droits fédéraux et les droits provinciaux, les redevances selon le minerai, comme l’or ou le fer.
Intéressant de savoir qu’il y a des régions qui se mobilisent pour avoir plus d’autonomie tant qu’à l’application des règles. Un dossier à suivre…Simard s’en sortira-t-il ou sera-t-il mis hors caucus comme ToniTé. Quoique y-a-t’il une différence entre malhonnêteté et incompétence.

Je suis heureux de constater qu’il y a des gens avec une tête sur les épaules.
Il est vrai que le ministre simard n’a vraisemblablement pas l’air d’en faire partie. Ce n’est pas le cas de Dr Goulu qui semble être mieux informé que les auteurs des messages précédents.
En effet, le point intéressant est que l’industrie utilise une multitude de produits dangereux est souvent bien plus que l’amiante. Mais on admet qu’ils peuvent être utilisés de façon sécuritaire.
La plus grosse erreur dans l’utilisation de l’amiante est le produit giclé qui servait d’ignifuge de structure dans les bâtiments, car beaucoup de gens qui n’étaient pas censés être exposés l’ont été indubitablement. Pour le reste, cela se gère plutôt très bien.
Sachez aussi que les fibres de substitution ne sont pas moins dangereuses et que la règlementation et tout aussi sévère envers les autres types de fibres, qui poseront le même problème dans 20 ans si on n’impose pas des précautions d’usage.
Je reconnais que le ministre tient les propos d’une truite sans cervelle, mais bon l’amiante est un produit avec plein de qualités mais sans défaut comme bien des produits utilisés dans l’industrie.
Rappelez-vous que les premiers cas d’amiantose ont été documentés à la fin du 19eme (1880) siècle et qu’il aura fallu attendre 1960 se préoccuper de la santé des travailleurs. Entre temps certains individus ont engrangé l’argent sachant que les cies d’assurance vie n’assuraient plus les travailleurs de l’amiante depuis 1914.
Je veux bien qu’on dénonce et qu’on se moque des cons, mais Il ne faut pas partir en guerre quand il n’y a pas d’ennemi.

Je rectifie la maladresse suivante : l’amiante est un produit avec plein de qualités mais PAS sans défaut comme bien des produits utilisés dans l’industrie.