L’andropause : la ménopause des hommes

 

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Bouffées de chaleur, baisse du désir sexuel, manque d’énergie : les patients du Dr Jean Drouin présentent souvent les mêmes symptômes que les femmes en ménopause. « La différence, c’est que, contrairement aux femmes, ils ne comprennent pas ce qui se passe dans leur corps, précise cet omnipraticien de Québec. C’est insidieux : ils ont moins d’énergie au tennis ou au lit et se disent : “Je vieillis.” » Très peu d’hommes se rendent compte qu’ils vivent en fait les contrecoups de la diminution de leur taux de testostérone — chez l’homme, la sécrétion de cette hormone masculine baisse d’environ 1 % par année dès l’âge de 30 ans.

À la différence de la ménopause, l’andropause (les médecins préfèrent le terme, plus précis, d’hypogonadisme acquis) reste largement méconnue du public. Pourtant, autant d’hommes que de femmes — de 30 % à 50 % — présentent des symptômes importants, qui surviennent généralement pendant la cinquantaine. « Certains de mes patients ont des bouffées de chaleur si intenses qu’ils doivent parfois changer leurs draps en pleine nuit tellement ceux-ci sont trempés », dit Jean Mailhot, endocrinologue et président de l’Institut de ressources médicales en andropause du Québec.

Ce spécialiste de la santé masculine a fondé, il y a 10 ans, le Centre d’andropause de Laval. Il a depuis prescrit des thérapies de remplacement de la testostérone dans le sang à plus d’un millier de patients. « Beaucoup d’entre eux avaient consulté plusieurs médecins, avaient subi divers bilans de santé et avaient pris des antidépresseurs avant de venir me voir, pour finalement s’apercevoir qu’ils étaient en andropause. L’hormonothérapie a réglé leurs problèmes presque instantanément. Imaginez tout le gaspillage de temps et d’argent qui aurait été évité si on avait diagnostiqué leur andropause plus tôt ! »

Trop de médecins sont encore incapables d’interpréter les symptômes de l’andropause, dit Jean Mailhot, qui milite pour que le sujet soit enseigné dans les facultés de médecine. L’andropause demeure une question controversée : une partie du corps médical considère que ce n’est pas un véritable trouble médical, mais le résultat normal du processus de vieillissement. L’Organisation mondiale de la santé et le National Institute of Health, aux États-Unis, reconnaissent toutefois officiellement l’andropause depuis quelques années, et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec organise des ateliers de formation sur ce sujet.