L’austérité rend malade

En 2015, on meurt toujours 10 ans plus jeune dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve qu’à Westmount. Un billet du Dr Alain Vadeboncœur.

Photo : Getty Images
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Avant l’assurance hospitalisation (mise en place au Québec en 1961), la principale cause de faillite était la maladie — et c’est d’ailleurs toujours le cas aux États-Unis, où on en dénombre près d’un million de cas chaque année.

Sante_et_scienceC’est que la maladie rend souvent inapte au travail, de manière plus ou moins prolongée. Or, sans filet social, la maladie peut plonger n’importe qui dans la misère, agissant ainsi comme un puissant déterminant économique, tant pour le patient que pour sa famille et sa collectivité.

À son tour, la pauvreté engendrée par l’assaut de la maladie constitue — même au sein d’une société relativement juste comme la nôtre — une cause de maladie, un cercle vicieux dont il est difficile de s’extirper. Ainsi, en 2015, on meurt toujours 10 ans plus jeune dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve qu’à Westmount.

Les moyens mis en œuvre pour maintenir ou restaurer la santé constituent donc, dans nos sociétés, une des expressions essentielles du bien commun. Fondés sur la redistribution, ils s’inspirent des principes établis par la social-démocratie et le financement public.

Justement, les politiques d’austérité ont tendance à malmener cette solidarité sociale… ce qui n’est pas sans risque pour la santé.

Le financement public de la santé

Au Canada et au Québec, cette portion publique du financement de la santé est de l’ordre de 70 %, ce qui est bien moins qu’en Europe. Même dans la société américaine, qu’on prétend si différente, près de 50 % du budget destiné à la santé est aussi d’origine gouvernementale. L’investissement public y est même supérieur au nôtre, par habitant et par rapport au produit intérieur brut (PIB).

Alors qu’aux États-Unis, champion mondial à cet égard, les dépenses en santé approchent de 18 % du PIB, elles sont d’environ 11 % au Canada. Au Québec, elles frôlent les 12 %, quoiqu’on y investisse moins d’argent par habitant — un paradoxe qui s’explique par notre PIB plus faible.

Malgré l’importance économique et sociale de la santé (tant du point de vue individuel que collectif), produire des soins coûte cher. Encore plus cher dans l’environnement nord-américain qu’en Europe, notamment en raison du cout élevé des médicaments et du salaire plutôt élevé des médecins.

Tout ça pour quoi ? Pour tenter de prolonger la vie ou, à défaut, d’améliorer la qualité de celle-ci. Certains n’aimeront pas définir de manière aussi triviale l’objectif central des soins de santé, préférant la vision plus large adoptée en 1948 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour qui la santé est un «état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité».

La santé est relative

Deux choses me frappent dans cette dernière définition. D’abord, la durée de la vie n’y est pas mentionnée, alors que c’est tout de même un enjeu clé. Par contre, on ne peut désapprouver l’idée centrale de «bien-être», qui s’approche de la «qualité de vie». Parce que bien vivre vaut mieux que de simplement vivre longtemps.

L’OMS ouvre aussi la porte à d’autres questions : comment qualifier ce bien-être ? Comment disposer d’une définition largement partagée ? Jusqu’à quel point la santé peut-elle être complète ? Et qui peut en juger ?

On le sait mieux aujourd’hui : seule la personne elle-même peut juger de son état de «bien-être», un aspect éminemment subjectif de l’existence. Les décisions variées qui entourent les soins de santé dont elle doit bénéficier doivent donc absolument passer par elle, pourvu qu’elle puisse en juger.

De plus, nos systèmes politiques, économiques et sociaux ne permettent généralement qu’à une minorité de personnes de jouir d’un tel «bien-être». Et même dans ces classes favorisées, le stress, l’accumulation de superflu et le manque de solidarité humaine contribuent peut-être à miner leur bien-être.

Mais il y a plus grave, puisque la définition de l’OMS convainc chacun de son propre éloignement de la santé parfaite, poussant un retour à la recherche plus ou moins frénétique de cette illusion. Peut-être que l’hypocondrie maladive de certains de nos concitoyens s’explique ainsi ?

La définition de l’OMS prête enfin le flanc à une dernière critique : étant donné que notre vie imparfaite reste soumise aux aléas du quotidien, à des malaises pas nécessairement «pathologiques», à notre humeur changeante et à notre réalité sociale mouvante, il s’avère difficile de s’approcher constamment de cet idéal désincarné.

Il s’agit donc d’une cible hypothétique, qui n’inclut pas ses possibilités de réalisation.

L’évolution de la médecine

Jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle, sauf pour ces chirurgies brutales qui visaient à sauver le malade — des amputations pratiquées sous sédation alcoolique, par exemple —, l’art médical, basé sur les vieilles théories grecques des quatre humeurs, était pour une bonne part de la fumisterie, sans base empirique ou scientifique solides. Il présentait des résultats sans doute comparables à ceux de n’importe quel charlatanisme.

Mais avec l’arrivée de l’école de physiologie allemande, de la «controversée» théorie française des microbes (Pasteur) et de l’invention de l’anesthésie à l’éther, la médecine a commencé, vers la fin du XIXe siècle, à se rationaliser. Elle s’est alors mise à fonder ses pratiques sur un embryon de science et a permis des interventions de plus en plus complexes.

Il faut attendre la seconde moitié du XXe siècle pour que se raffinent les outils méthodologiques permettant de mesurer l’effet réel des traitements sur les patients, alors que les épidémiologistes mettront au point, durant les années 1960, l’analyse des «facteurs de risque» des maladies, qu’on tentera dorénavant d’évaluer avec de plus en plus de précision.

La mise en œuvre fulgurante des technologies, des médicaments, des laboratoires de recherche et des spécialités médicales donne alors l’illusion que toutes les maladies seront bientôt vaincues et qu’on repoussera du coup la sénescence, et même la mort.

Pourtant, l’accroissement de 30 ans de l’espérance de vie qu’on a constaté au XXe siècle est, dans nos sociétés, essentiellement attribuable à l’amélioration des déterminants sociaux de la santé — notamment la salubrité, l’éducation, le travail, le revenu, le support aux communautés et le soutien à l’enfance, sans oublier les programmes sociaux de redistribution apparus juste avant la Seconde Guerre mondiale.

La médecine ne peut s’attribuer à bon droit que 8 de ces 30 années, ce qui n’est déjà pas si mal.

La maladie est bien mal répartie

Dans nos sociétés plutôt riches, environ 5 % de la population «utilise» la moitié des ressources en santé, surtout pour recevoir des soins hospitaliers très onéreux. Sans l’investissement social massif requis, la médecine n’aurait rien à offrir aux grands malades et réserverait les soins au petit nombre de personnes qui sont en mesure de les payer directement — comme c’est encore le cas dans bien des pays.

Par contraste, environ la moitié de population n’«utilise» que 3 % des ressources globales en santé, surtout pour des soins ambulatoires ponctuels, ou encore en se rendant au cabinet du médecin ou à l’urgence, par exemple.

La redistribution demeure le puissant moteur de cette grande réussite, et un outil essentiel pour assurer les soins aux plus malades d’entre nous. Des politiques d’austérité trop sévères pourraient avoir l’effet exactement contraire et affecter la santé d’une grande partie de la population.

C’est un pensez-y bien.

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Pour en lire plus à propos de l’austérité et de la santé, je vous invite à vous procurer l’ouvrage 11 brefs essais contre l’austérité, qui vient de paraître sous la direction de l’économiste Ianik Marcil et dans lequel j’ai rédigé le chapitre Mortelle austérité, où je traite des effets sur la santé des politiques d’austérité en vigueur dans plusieurs pays.

En voici un extrait :

ianik

«Dix ans plus tard, dans une autre région du monde, un tout petit pays allait donner une puissante leçon d’autonomie par ses choix et son étonnante trajectoire suite à la récession de 2009 : l’Islande. Alors que l’île était aux prises avec une crise économique majeure comme bien des pays, le FMI lui proposait une baisse de 30 % du budget de la santé en échange de son aide, mais le ministre de la Santé de l’époque a refusé tout net, démissionnant plutôt que d’appliquer des coupes d’une telle ampleur. Et pour une des premières fois, la logique économique du FMI était directement remise en question. Le fonds jugeait alors qu’un réinvestissement dans les programmes sociaux était une perte nette, où chaque dollar investi ne rapportait que 50 ¢. Mais des chercheurs, dont Basu et Stuckler, ont plutôt calculé, à la demande des gouvernements, qu’un dollar investi produisait en réalité un gain économique de 1,70 $. Autrement dit, l’investissement dans les programmes sociaux pouvait rapporter au net. De plus, en analysant les gains potentiels secteur par secteur, ils ont montré que les montants injectés en santé et en éducation rapportaient jusqu’à 3 $ par dollar investi, tandis que la défense ou le sauvetage des banques faisait plutôt perdre de l’argent!»

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À propos d’Alain Vadeboncœur

Le docteur Alain Vadeboncœur est urgentologue et chef du service de médecine d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal. Professeur agrégé de clinique à l’Université de Montréal, où il enseigne, il participe aussi à des recherches sur le système de santé. Auteur, il a publié Privé de soins en 2012 et Les acteurs ne savent pas mourir en 2014. On peut le suivre sur Facebook et sur Twitter (@Vadeboncoeur_Al), et il a aussi son propre site Web : alainvadeboncoeur.com.

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Ce n’est pas l’austérité qui nous rend malade:
… c’est le manque d’éducation des gens – y compris les médecins – sur ce qu’est réellement la santé… et la maladie.
… ce sont les médicaments qu’on donne à un corps qui essaie déjà de se désintoxiquer, et qui produisent d’autres effets… que l’on appelle «secondaires»
… c’est le manque de responsabilité de tout le monde face à sa santé, ses émotions et ses pensées…
… ce sont les aliments morts et toxiques
… Bref, c’est le manque d’amour de soi…

À méditer

Tout à fait juste. Au Québec, des études ont montré que l’accès aux services de santé n’est pas lié au revenu. La pauvreté, contrairement à ce qui est véhiculé par des adeptes du social, est beaucoup plus un marqueur de certaines situations (faible éducation, mauvaises habitudes de vie, etc.) qu’un véritable facteur de risque. Autrement dit, ce n’est pas en haussant le revenu des ‘pauvres’ que l’on améliore leur santé, en moyenne bien sûr. Un cas caricatural: des pauvres qui gagnent des millions à la Lotto et qui ne change pas leurs comportements pour autant.

MERCI ! Mon ami n’a que des éloges à votre endroit .Et pour tout vous dire votre nom vous va à merveille =Chevalier de cœur, sans peur et sans reproche.

Je pense que la définition de la santé de l’OMS est une définition humaniste. Alors, on peut considérer qu’un état complet de bienêtre physique, mental et social contribue nécessairement à favoriser la durée de la vie. Il serait possible de dire les choses autrement, en sorte que le bienêtre ne peut être réellement accessible que par la durée. Que ce qu’on appelle trivialement « l’espérance de vie », que cette espérance est susceptible de se décupler dès lors qu’on vit bien la vie.

L’inverse sera également vrai selon moi. Lorsque pour toutes sortes de raisons, on se trouve blessé par la vie. Lorsqu’on éprouve du mal être. Il devient palpable qu’on devient plus à risque de développer toutes sortes d’affections ou que nous sommes plus à risques d’accidents de toutes sortes ou d’infirmités. Tout cela peut altérer la vie.

Hors, si des philosophies abordent la question du bonheur, notre condition humaine encore maintenant ne valorise pas bonheur. Ce qui est valorisé ce sont des objets, des services et les humains selon la valeur des services qu’ils sont susceptibles de rendre dans la société. Le bonheur dans ce cas devient éphémère.

Valoriser les humains à l’égal des objets constitue pour moi, une sorte de viol de l’intégrité humaine. Cela devient la porte d’entrée de toutes sortes d’affections : physiques, mentales, émotionnelles. Ce risque existe pour toutes les classes sociales. Considérant qu’être surévalué est un facteur de stress aussi grand qu’être sous-évalué. Le mal être ou l’inconfort éprouvé par chacun, sera un facteur qui aggrave ou met en péril la vie quelle que soit la classe sociale.

Si une personne appartenant à une classe aisée meurt d’une overdose ou perd la vie dans un accident qui aurait pu être évité. Ce ne sont pas en apparence les causes d’une maladie. Néanmoins ce mal être produit de facto une réduction drastique de l’espérance de vie.

Vous touchez je crois un point important quant à la distribution de la santé. J’y vois un facteur déterminant pour conserver les gens en santé. Seulement voilà, la distribution passe également par le pouvoir d’achat. Si l’État n’a pas les moyens de parer à tous les besoins. Il faut bien que ce soient les gens qui de diverses façons puissent avoir assez de subsides pour pouvoir accéder par eux-mêmes à l’ensemble des services.

En ce sens, une bonne distribution des services publics est intrinsèquement liée à une bonne redistribution du bien commun pour tous les citoyens. En somme, il ne faudrait pas hésiter à donner de l’argent aux gens pour qu’ils puissent avoir accès à des soins de santé optimums plutôt que de les contraindre à utiliser des services qui risquent d’être insuffisants très souvent.

Ce sont les gens qui font rouler l’économie ; l’État ne fait rouler l’économie qu’au travers et par la nature de ses investissements. Il n’y a pas à ma connaissance de corrélation évidente entre ce que coûte un service public et le bienêtre qu’il rapporte à tous les citoyens.

Ainsi certaines personnes de toutes conditions survivent grâce à nos soins de santé. Ce qui est toujours mieux que rien. Lorsque tant d’autres doivent ou bien périr ou bien forcément trouver les moyens de se débrouiller autrement.

Bon article. Mais que fait-on de la responsabilité individuelle ? L’ignorance est aussi à blâmer. C’est en partie elle qui rend les gens malades. Les plus ignorants de notre société fument, boivent comme des trous et mangent mal. Pourquoi pensez-vous que les autochtones reniflent de l’essence ? Parce qu’ils sont désespérés, inactifs et pris dans des réserves en pleine forêt. Si on les sortait de leur trou et on leur offrait de l’instruction, cela changerait-il quelque chose ? L’hôpital Saint-Sauveur de Val-d’Or est rempli d’autochtones obèses et malades, car le gouvernement leur donne des sous, mais pas d’outils sociaux pour s’en sortir. Etc., etc…

Docteur Vadeboncoeur
Il y a un mot clé qui est disparu des discours sur la santé depuis plusieurs années. C’est le mot « PRÉVENTION ».
Ayant une formation universitaire de second cycle en activité physique, j’ai longtemps oeuvré dans ce domaine et j’ai toujours cru dans les bienfaits de l’activité physique et des saines habitudes de vie pour permettre à une personne de mieux profiter de la vie….en santé. Je suis certain que je n’ai rien à vous apprendre dans ce domaine.
On a vu, au fil des gouvernements, les heures accordées à l’activité physique diminuées pour faire place à d’autres activités pédagogiques. Toutes aussi importantes, il va sans dire, mais, depuis les Grecs, on sait qu’un esprit sera sain dans un corps sain. On parle d’obésité ches nos enfants. Le temps passé devant les écrans de télé et d’ordinateur remplacé le temps de la « récréation ». Et je ne parle pas de la récréation à l’école, mais bien, de cette récréation qui permet aux jeunes de faire le plein d’énergie et de se « recréé ».
Alors, qu’attendent les gouvernements pour remettre l’activité physique au centre du développement de nos jeunes, ce qui aura un effet sur les adultes et en bout de piste, nous verrons, sans aucun doute, une santé collective en meilleure santé.
En tout cas, « l’image » de santé que nous renvoie le présent gouvernement n’est guère rassurante.

Bien dit. Mon fils est diplômé en sciences de l’activité physique. Il pratique des sports tous les jours avec ses enfants. Jamais de télévision pendant l’heure des repas. Informatique limitée à quinze minutes par jour sur les Ipads. Jeux extérieurs obligatoires pour mes deux petits enfants. D’ailleurs, dès que leur repas est terminé, ils ne songent qu’à aller dehors jouer avec leurs ami(e)s dans le parc. Ni ma bru, ni mon fils ne boivent de café (à quarante ans, il faut le faire !), ne fument pas, ne se droguent pas. Ils valorisent la famille et la santé. L’extracteur de jus est au programme, ils aiment voyager, triment dur pour l’éducation de leurs enfants. Et tout cela a commencé dans les années soixante-dix, lorsque mon épouse et moi emmenions notre fils en canot, en planche à voile, à vélo, etc. Les gens ont tous une histoire…

Je me pose toujours la question à savoir si l’exercice aide vraiment à prolonger l’existence et à vivre en bonne santé. Bien sûr elle diminue l’embonpoint. Mais à part ça?

Par contre, l’espérance de vie est supérieure chez la femme, et je dirais qu’une grosse majorité de ces dernières font peu ou pas d’exercices. De plus, l’effet de l’exercice peut être difficile à mesurer, parce que ceux qui en font en croyant à ses bienfaits ont aussi des habitudes de vie plus saines: ils ne fument pas, boivent du café modérément, évitent les drogues et sont peut-être plus optimistes dans la vie. Et comme une grosse part de leurs exercices se fait dehors, on ne peut pas séparer l’effet du plein air et du Soleil de l’effet de l’exercice. Pour les sports d’équipe, se retrouver en groupe peut avoir un effet bénéfique sur le moral, et cet effet est peut-être bien supérieur à l’exercice lui-même.

Dans certains autres pays, on parle des bienfaits de la méditation et de la prière. Au lieu d’accélérer le rythme cardiaque, on le diminue… Et pour ne pas faire d’embonpoint, on peut se demander si des jeûnes plus fréquents, d’un jour ou deux, ne seraient pas plus bénéfiques à long terme.

Si vous avez de bonnes études qui ont été faites sur les effets de l’exercice, avec des groupes randomisés, et non des études observationnelles (sans groupe »placébo »), j’aimerais bien en entendre parler. Parce que j’ai bien l’impression que la croyance aux bienfaits de l’exercice n’est que ça, une croyance. C’est comme ceux qui prennent un régime sans gluten et qui se sentent mieux: il ne coupent pas que le gluten, et on peut difficilement démontrer que l’amélioration de leur bien-être est vraiment lié au gluten.

Excellent billet sur l’évoluion de la médecine, du non moins excellent urgentologue Alain Vadeboncoeur. Ce derait être lui notre ministre de la « santé »

J’habite Hochelaga-Maisonneuve et je constate presque sur une base quotidienne la cause principale de cette mortalité prématurée (par rapport à Westmount): la cigarette. On dirait que les efforts soutenus, depuis une vingtaine d’années, pour réduire la dépendance au tabac n’ont pas atteint ce quartier. Tant qu’on n’aura pas compris les causes de cette anomalie et trouvé des moyens de la freiner, il y aura peu d’espoir de voir l’espérance de vie s’améliorer dans le quartier.

La médecine aussi est malade et les médecins endoctrinés par les compagnies pharmaceutiques aussi.

Ma mère qui était mourante d’un cancer très agressif dans un département de soins palliatif d’un hôpital de l’est de la Métropole, continuait à être bourrée de pilules jusqu’à la fin, m’enfin tant qu’elle était capable d’avaler.

Elle avait droit à ses comprimés pour la haute pression, le cholestérols et pleins d’autre, on lui prenait même sa glycémie quatre fois par jour.

Elle était en fin de vie, elle n’avait plus que la peau sur les os, ne voyait plus, ne parlait plus, n’était plus capable de bouger, même pas le petit doigt, souffrait le martyr, même des patches de 75 µg/h de Fentanyl et des entre-doses de 4mg de Dilaudid aux heures ne réussissaient pas à soulager sa douleur et on continuait à la bourrer de pilules qui ne servaient plus à rien.

Je me demande combien toutes ces pilules inutiles ont pus couter à l’hôpital et indirectement à la société.

Je me demande combien l’acharnement médicale influencé par les grandes compagnies pharmaceutiques peut bien nous couter collectivement chaque années.

Je crois que les médecin avant de blâmer les politiciens, devraient commencer par se regarder le nombril et réfléchir à leurs propres actions.

Au cours des 14 dernières années comme administrateur indépendant sur des conseils en santé, j’ai entendu à plusieurs reprises des sommités affirmer qu’un bon système de santé repose sur une première ligne de soins forte pendant que les gouvernements successifs durant ces années ont tout fait pour l’affaiblir que ce soit par l’imposition aux médecins généralistes des AMP ou les réformes hospitalo centristes de Couillard et Barrette. Tant qu’on permettra à des politiciens néophytes en gestion de procéder à des réingénieries aussi absurdes les unes que les autres, on assistera au naufrage lent mais inéluctable de notre système de santé publique.

D’après moi, votre article, c’est de la bullshit. C’est : » À soir on fait peur au monde »

D’après moi, votre commentaire, c’est de la bullshit. C’est : » À soir on montre au monde qu’on a rien à dire »

J’étais désespéré de savoir, avec à l’annonce du budget des libéraux que le budget à l’éducation était d’une maigreur jamais vu. Celui de la santé un peu plus. D’apprendre que le salaire des médecins occupe presque la moitié du budget à la santé c’est une honte, que reste-t-il pour les autres travailleurs rien.
L’éducation est un déterminant important pour l’amélioration de la santé et des conditions de vie. Il serait juste et équitable d’enlever à la santé et de remettre à l’éducation
Louise G

Bonne article, félicitation monsieur Vadeboncoeur.
C’est bien de voir, qu’il y a des gens nous rappelle que les services de santé, n’ont pas toujours été gratuit. Donc quand on nous dit, qu’on n’a jamais essayé le contraire de notre système, c’est faux… c’est juste que la très grande majorité d’entre nous, ne l’on pas connu.
L’histoire a tendance à se répété… car on n’apprend malheureusement pas des expériences des autres.

La vie peut en faire plus encore. J’ai 88 ans, cela fait 23 ans que je suis sivie pour le cœur, merci à la recherche. L’âge est là et je vis encore intensément, rachel

La santé dépend de l’âge aussi. J’ai 88 ans, depuis 23 ans, je suis suivie pour le cœur. Merci à la recherche. Je vis, je puis lire, aimer, rire et prier, j’aime la vie ,les jeunes et les vieux. Mais je dois y aller plus molle. Merci à l’actualité de nous faire participer à son forum. Rachel.

Le Québec n’est pas le tiers monde. Entrer dans le système nous introduit à toute une gamme de soins de haute qualité îl faut écouterlesmédecins. Pour la diète et les exercices. Modération pour vivre longtemps et bien. Rachel.

Votre comparaison entre les citoyens de Westmount et de Hochelaga-Maisonneuve n’est pas appropriée puisque le problème fondamental entre ses deux segments de citoyens n’est pas essentiellement relié à l’accès aux soins de santé mais à la façon de se nourrir.

J’ai oeuvré auprès de plusieurs OSBL du domaine d’aide alimentaire et peux vous dire sans ambages que les personnes démunies préfèrent se payer internet et un téléphone cellulaire que de préparer des repas nutritifs.

Nous donnions des bons d’achat et recevions les factures avec les bons d’achat des deux supermarchés et avons constater avec consternation que les gens achetaient des repas tout faits à des prix hors de tout sens commun au lieu d’acheter des biens consommables de bien meilleure qualité.

Alors que nous avions pris entente pour que les bénéficiaires ne puissent acheter de billets de loto, de vin et bière nous avons rapidement aussi radier les repas près pour consommation, les boissons gazeuses, les croustilles et chocolat etc…

Un tollé s’en suivit mais nous avons expliqué à ces personnes qui disaient ne pas savoir cuisiner (à 40 et 50 ans, il faut être vraiment de mauvaise foi) qu’il y avait des OSBL qui donnaient des cours de cuisine et que nous paierions les frais. Faut-il préciser que la plupart de ces OSBL sont aussi des cuisines communautaires dont les participants se séparent les plats cuisinés pour seulement 5$.

Des 600 et plus bénéficiaires il n’y eut qu’une vingtaine de personnes qui se sont inscrites. Hors leur malheur est créé par ceux-ci. Vous conviendrez qu’il y a une catégorie de personne qui préfère la facilité à la notion de “bon père de famille” qui nourrirait ses enfants convenablement.

Dès notre arrivée nous nous sommes aperçus que les bénéficiaires téléphonaient dès le premier du mois. Nous avons demandé à chaque personne de faire le bilan de leurs revenus et dépenses pour nous apercevoir de cette réalité indéniable du “je vis comme les riches” je cache certains revenus (comme les pensions et les revenus pour enfants le 21 de chaque mois) pour faire paraître que je suis plus pauvre qu’il n’en est en réalité.

Nous rencontrions les personnes chaque vendredi du mois. Nous avons aboli l’aide pour les premiers douze jours du mois car il est invraisemblable qu’une famille ne puisse se nourrir avec leur chèque de Solidarité ou de la RRQ.

Nous avons d’ailleurs découvert plus de 55% des bénéficiaires qui avaient un conjoint qui travaillent et donc fraudaient Solidarité et conséquemment les contribuables.

De tous les bénéficiaires que nous avons eus, AUCUN n’a voulu s’inscrire à un programme d’aide au budget.

En ce qui a trait aux politiques de la santé, le gouvernement n’aurait jamais dû accepter la création de cabinets privés car ce faisant, ils ont tronçonné le nombre de médecins qui seraient disponibles pour l’ensemble des citoyens. De par cette décision ils ont notamment démontré que les médecins sont souvent des personnes avec un prix et non des valeurs.

Pour ma part je leur mettrais mon pied au … et je ne suis pas le seul à penser de la sorte. Les petits gâtés de la société feront face d’ici peu à un mouvement d’écoeurantite (sic) aiguë et pourraient manifester aux portes de ces cabinets de luxe pour les mieux nantis.

Un grand ami qui est décédé disait depuis près de vingt ans que la prochaine guerre en serait une de guerre civile qui commencerait par les G8, des personnes pauvres contre les mieux nantis, je crois tout comme lui que ce temps surviendra de plus en plus rapidement.

Que c’est bien dit ! Malheureusement, aucune oreille pour vous entendre. On ne dit pas ces choses–là. La vérité n’est pas à la mode ces temps-ci. Désolé.

Votre note sur 10 ans plus jeune à Hochelaga vs westmount est basé sur quel enquête, qui date de quand? je suis curieux.

» De plus, en analysant les gains potentiels secteur par secteur, ils ont montré que les montants injectés en santé et en éducation rapportaient jusqu’à 3 $ par dollar investi, tandis que la défense ou le sauvetage des banques faisait plutôt perdre de l’argent! »

Qu’est-ce que cela va prendre pour enfin voir qu’il est plus que temps de changer notre mode de pensée du

Oups…

notre mode de pensée de la PRIORITÉ à l’Économie et accessoirement si possible à l’intérêt HUMAIN…

Nos enfants sont de plus en plus condamnés à l’AUTISME par les pesticides qui nous donne des fruits et légumes sans imperfections esthétiques et donc plus rentable pour nos sacro-saintes industries mais on tergiveste car: ce n’est pas ENCORE prouver à 100%…

Au lieu d’aller chercher de l’argent dans les profits astronomiques de nos banques ( qui partiraient sûrement pour les paradis fiscaux si on s’avisait de leur demander leur juste contribution ), nos MINISTRES BANQUIERS préfèrent couper dans les CPE et l’Education….

Bien sûr, moins d’accès à une éducation pour TOUS favorise la docilité et le contrôle des laissés-pour-compte et le maintien des privilèges pour les TRÈS mieux nantis… ( Et non, ce n’est pas VOUS et MOI, contrairement à ce que l’on essait de nous convaincre en nous donnant l’impression que nous perdrons du pouvoir d’achat si nous modifions les règles du jeu social…)

Votre propos me plait mais suivant beaucoup l’économie, ce qui me déplait c’est la comparaison avec l’Europe ca je ne suis plus capable. La plupart des pays de l’Union Européenne on des déficits monstrueux qu’ils ne savent pas dompté. Ils doivent actuellement révisé bien des programmes et faire des choix s’il ne veulent pas que leur filet social ne s’écroule dans un horizon pas si lointain, tant qu’ moi c’est se comparé a des systemes aussi malades que le notre. Nous aussi nous sommes a l’heure des choix que ca plaise ou non. On met plus d’argent a une place find maintenant qui est le volontaire pour coupé l’équivalent dans le sien ?

Ce n’est pas l’austérité qui est responsable du désastre dans le système de santé québécois (et – je dirais – le système de santé canadien, en général). L’organisation défectueuse du système, les privilèges de l’Ordre des Médecins, l’exclusion SCAN-DA-LEU-SE des médecins étrangers, les salaires faramineux des médecins québécois corroborés avec les impôts énormes, voilà les vraies causes de l’échec du système de santé! NOTA BENE: un médecin étranger représente un énorme profit pour le Québec et le Canada, qui économisent énormément en argent investi dans sa formation, mais à cause d’un système stupide, ces gens sont traités comme des non-qualifiés, sont rejetés et obligés pratiquement à reprendre leurs études sans pouvoir beneficer du mondre appui. Et pendant ce temps-la, on nous dit qu’il n’y a pas assez de médecins, on nous sert le vieux (et faux!) prétexte que « notre médecine est tout à fait spéciale », on attend des années pour avoir un médecin de famille, les urgences débordent et les malades y attendent 8-10-12 heures ou même plus… À l’inverse du Canada/Québec, les pays de l’Europe occidentale (France, Grande-Bretagne, Allemagne, pays scandinaves, Belgique etc.) cherchent désespérément des médecins étrangers pour combler leur déficit. Par consequént, en France, en Belgique, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suisse, ce problème de manque de médecins n’existe pas (ou s’il existe, il est rapidement résolu) !!! Y a-t-il quelqu’un qui peut nous expliquer pourquoi l’Europe occidentale peut résoudre le problème de la pénurie de médecins et le Québec n’y arrive pas??? Voilà ma réponse : Au Québec ON NE VEUT PAS résoudre le problème!!! L’Ordre des Médecins ne veut pas renoncer à ses privilèges, les politiciens ont toujours du pain sur la planche avec ce problème qui est au centre de toutes les campagnes électorales, la plupart d’eux ne veulent pas mettre en danger leur avenir politique en s’attaquant à ce problème complique, les gens sont ignorants et is croient toutes les mensonges qu’on leur sert… Voila les vraies raisons du mauvais fonctionnement du système de santé quebecois!

Merci pour cet article très éclairant sur les liens entre l’autorité et la maladie..

L’Islande, la Finlande et plein d’autres pays peuvent nous donner des leçons….Il faut que tous se mettent ensemble pour décider de la nouvelle logique économique du Quebec et un ministre de la sante plus intelligent qu’orgueuilleux car visiblement ce n’est pas la bonne.logique.l,austérite surtout quand elle n’est pas nécessaire si on budget différemment Affecter la santé d’une grande partie de la population n’est de toute évidence pas un bon concept. Je pense personnellement que bien que moins glamour la médecine sociale et préventive est la clé d’une amélioration de la santé de la population. Et comme en médecine, on enseigne d’aborder le patient avec une approche bio-psycho-sociale,je dirais que de nos jours il faudrait enseigner une approche bio-psycho-spirituo-sociale, ce qui m’appart un meilleur concept. A ce sujet, le documentaire Heureux Naufrage, le livre Mal a l’âme de Denise Bombardier, la trilogie de Denys Arcand historien de formation je crois (le Declin de l’Empire Americain, les Invasions Barbares et l’âge des ténèbres),entre autres, sont très révélateurs sur LE problème no 1 d’aujourd’hui a savoir le manque d’amour au sens large et la solitude. S’attaquer aux racines du mal, ne peut que donner des ailes!!! L’être humain n’a plus qu’une cellule familiale souvent éclatée, plus de parvi de l’église: qui est maintenant FB avec des gourous plus ou moins vertueux d’ailleurs, que le monde du travail et les bons vieux amis et la famille quand elle est la comme tissu social. Il faut absolument a mon très humble avis, une église renouvelée au sens communautaire et spirituel pour retisser cette courte-pointe. Tous les écrans, bien que divertissants ne sauraient remplacer une rencontre, une poignée de mains, un regard affectueux, un câlin avec d’autres êtres humains. J,ai fait d,ailleurs une expérience interessante dans ma classe ou la fille la plus flyer de la classe s’amuse a donner des câlins amicaux aux élèves quelque peu perturbes d’une classe d’éducation aux adultes et bien le résultat est étonnant!!!!! Les renfermes sourient et sortent de leur bulle, toute la classe rigole et nous nous faisons un honneur d’être la classe la plus flyee de l’ecole!! A partir du moment ou on on est bien avec soi-même et que l’on regarde l’autre droit dans les yeux et qu’on l’écoute, il y a quelque chose de magique qui se passe ….L’authenticite, la congruence et l’empathie de Carl Rodger je pense.La société a besoin du retour a cette magie je crois. Donc non a l’austérité mais réinvestissons dans le préventif, a la source du problème….

Le systeme de santé serait être axée beaucoup plus sur une médecine sociale et préventive; il y a tant d’alternatives aux médicaments qui abreuvent l’industrie pharmaceutique…. La musicothérapie, l’art-therapie, l’exercice physique sous quelque forme qu’il soit, le theatre, si libérateur d’émotions enfouies et meme la cuisine, la couture et le jardinage!!! Voyager dans le temps et l’espace par avion ou dans les livres,revisiter le passe, s’inspirer des chefs d’oeuvre de toutes sortes que l’humanité qui nous précède nous a laisse, nous prétentieux baby-boomers qui comme des enfants ne sommes plus vraiment des adultes, des phares pour la génération qui nous suit. Meme la mythologie grecque, égyptienne ou romaine est riche d’enseignements, de leçons de sagesse. Et la Bible que nous avons jeté avec l’eau du bain est un livre de recettes de bonheur pour nous pauvres terriens qui cherchent a résister ou accepte les injustices terrestres… Si certaines sont inévitables, d’autres ne le sont pas et c’est sur celles-la qu’il faut miser. Le soleil luit pour tout le monde , la honte est également repartie dans la courbe de gauss des croyances, et comme dirait je ne sais plus qui, les lus belles choses au monde ne se comptent pas. A ce sujet Andre Comte-Spongille et son petit traite des grands vertus fait moins biblique et est tellement génial qu’il intègre tout et si j’avais une sorte de cure ou de gourou, je ferais la promotion de ces belles valeurs humanistes avant tout. Mais j’ai espoir qu’avec Ianik Marcil comme économiste, Jean-Francois Nadeau comme historien et communicateur, Alain Vadeboncoeur comme médecin, Joelle Tremblay comme philosophe et toute cette belle ribouldingue de sages, ce sera nous la ribouldingue, oui c’est nous, c’est nous!!! 🙂 de Marie Quatre Poches XX P.S » :petit mot de Dame Plume: n’oubliez pas de faire la promotion de l’amour dans l’engagement pour tous et peut-etre d’un peu plus d’amour platonique pour pallier au manque de biodiversité quotidienne….:)

Je ne l’ai meme pas lu et je devine ce qu’il y a dedans! 🙂 Je suis certaine que c’est brillant.

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