Océan, chaleur et oiseaux : nouvelles biologiques insolites

Tour d’horizon des découvertes scientifiques qui sortent de l’ordinaire.

Illustration : Stéphanie Aubin

Un océan de virus

195 728 : c’est le nombre d’espèces de virus recensées dans les océans du monde par une équipe de chercheurs américains. Leurs travaux, publiés récemment dans la revue Cell, multiplient par 13 le nombre d’espèces précédemment identifiées en mer !

Une seule cuillerée d’eau de mer peut renfermer des millions de virus. N’annulez toutefois pas vos vacances à la plage : la grande majorité d’entre eux sont sans danger pour les humains. Ils s’attaquent plutôt à ce qui vit dans l’eau, que ce soit des poissons, des algues, des baleines ou encore des bactéries.

Les virus marins demeurent méconnus de la communauté scientifique et le nombre d’espèces identifiées devrait continuer de croître au cours des prochaines années, au fur et à mesure que de nouveaux secteurs maritimes seront échantillonnés. Ces travaux sont importants : des études récentes ont démontré que ces micro-organismes contribuent à capter le CO2 dans l’air pour l’emprisonner dans les profondeurs de la mer, un mécanisme que des chercheurs rêvent d’utiliser pour lutter contre les changements climatiques.

Climatiser la Terre

Une jeune pousse américaine, SkyCool Systems, est parvenue à réduire de 20 % la consommation d’énergie d’un climatiseur traditionnel. Son secret : envoyer la chaleur dans l’espace.

L’appareil de SkyCool Systems, qui s’ajoute à n’importe quel climatiseur commercial, n’a pas de ventilateur géant pour souffler l’air chaud vers le ciel. Il se base plutôt sur le rayonnement thermique, un phénomène bien connu des physiciens.

Tous les matériaux émettent de la chaleur sous forme de rayons infrarouges. Une partie est reflétée par l’atmosphère terrestre — ce qu’on appelle l’effet de serre —, mais à certaines longueurs d’onde, ces rayons traversent le ciel pour aller se diffuser dans l’espace. Et c’est précisément à ces longueurs d’onde que le système de la jeune pousse dégage sa chaleur !

Hélas ! la technologie de SkyCool Systems n’est pas encore commercialisée. Il y a toutefois urgence d’améliorer l’efficacité de la climatisation, dont la consommation d’énergie a triplé dans le monde de 1990 à 2016.

L’Australie, patrie des oiseaux

Photo : Gary Carter / Getty Images

Ce joli geai bleu dans votre mangeoire a un ancêtre australien. Même chose pour le pinson, le chardonneret, la mésange, le cardinal… et l’ensemble des quelque 6 000 espèces d’oiseaux percheurs, révèle une nouvelle étude de l’Université d’État de la Louisiane.

Les oiseaux percheurs, aussi appelés passériformes, représentent plus de 60 % des espèces d’oiseaux dans le monde. On les reconnaît à leurs pattes à quatre doigts, dont l’un est situé à l’arrière afin de s’accrocher plus facilement aux arbres.

Les chercheurs ont longtemps cru que les passériformes étaient originaires d’Amérique du Sud. L’analyse de l’ADN des 137 familles connues d’oiseaux percheurs, combinée à l’étude de fossiles, a toutefois démontré que c’est au pays des kangourous que sont apparus ces animaux à plumes, il y a près de 47 millions d’années.

Cette découverte est la première de l’étude OpenWings, dont l’objectif est de comprendre l’histoire évolutive des 10 560 espèces d’oiseaux dans le monde. Il n’en reste plus que 4 000 à régler !

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