L’avenir de la centrale de Gentilly se discute à Bécancour

La Commission canadienne de sûreté nucléaire (un conseil, baissez le son avant de cliquer sur le lien, sortez votre drapeau canadien et ne manquez pas la grandiloquente vidéo de présentation!) tient mercredi à Bécancour le premier jour de ses audiences publiques visant à examiner la demande d’Hydro-Québec pour renouveller le permis de la centrale nucléaire Gentilly-2.

La société d’état a déjà présenté son dossier aux commissaires le 10 décembre dernier. Demain et jeudi, c’est au tour du public de poser ses questions. Et elles seront nombreuses, comme en témoigne le nombre de mémoires déposés!

Même si les commissaires doivent seulement se prononcer sur le renouvellement du permis pour une période de six mois, ils entendront surtout parler du projet controversé de remise à neuf qu’Hydro-Québec compte entreprendre prochainement.

On peut suivre les audiences sur place ou par webdiffusion.

Il m’a fallu un bon bout de temps pour préparer l’article Gentilly, la centrale de tous les soupçons, que vous pouvez lire à ce sujet dans l’édition de L’actualité en kiosque en ce moment.

J’ai lu des tonnes de documents et parlé à des dizaines de personnes impliquées dans le dossier… sauf aux spécialistes d’Hydro-Québec, puisque la société d’État m’a refusé toute entrevue!

Hydro-Québec n’a de toute évidence pas progressé depuis qu’elle a reçu le Prix de la Noirceur de la FPJQ en 2009.

Quand j’ai débuté mes recherches, je n’avais aucun a priori. J’étais prête à écouter les arguments de chacun, en essayer de départager les peurs irrationnelles des craintes fondées, les innombrables opinions à l’emporte-pièce des rares faits avérés et des impératifs techniques. Tout un défi!

Mais le constat est clair : pour plusieurs raisons, la remise à neuf de Gentilly est une erreur qui a bien peu de chance de profiter aux Québécois.

La perspective d’un démantèlement n’est pas écartée, a déclaré le PDG Thierry Vandal au lendemain de l’accident de Fukushima, sans – évidemment – vouloir élaborer. Une annonce pour calmer le jeu, ou un début de revirement?

Tout ce que l’on peut dire, c’est que ce ne serait pas la première volte-face d’Hydro-Québec. Rappelez-vous du Suroît

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Une petite correction, le renouvellement est pour une période de 5 ans et non de 6 mois.
Marc Drolet
Commission canadienne de sûreté nucléaire

Selon moi, la réfection de la centrale nucléaire de Gentilly est une complète aberration quand on pense qu’il y a, à quelques kilomètres, dans le parc industriel de Bécancour, une centrale au gaz naturel de 550 MW construite en vitesse par « Trans-Canada Energy » à la demande expresse de Hydro-Québec (Pour pallier à un supposé manque d’énergie pour les années 2006 à 2010 et non pas pour avoir une police d’assurance comme mentionné par H.-Q.), et mise en service en septembre 2006 (et non pas en 2008)et qui n’a pas encore produit pas un seul kilowatt, parce que Hydro-Québec est en situation de surplus, ce qui n’avait pas été prévu.

Par contre, Trans-Canada Energy a eu la prévoyance de mettre une clause de pénalité dans son contrat en cas de non-fonctionnement et qui coûte à H.-Q. entre 150 et 200 MMS/année, qui préfère payer la pénalité plutôt que de faire tomber les prix à l’exportation en inondant le marché du Nord-Est des USA.

Plutôt que de payer cette pénalité à chaque année, pourquoi ne pas démanteler Gentilly et mettre en marche cette centrale au gaz naturel? Au prix où est le gaz naturel, H.-Q. ferait de grosses économies.

Et ne venez pas me dire que le démantèlement coûterait aussi cher que la réfection: On ne peut comparer les deux: En effet, même si on rénove la centrale, il va bien falloir la démanteler un jour. Alors, les coûts de démantèlement, on va les payer un jour ou l’autre et ils s’ajouteront tout simplement aux coûts de la réfection.

Ceçi étant dit, ma préoccupation majeure concernant la centrale nucléaire de Gentilly est d’un autre ordre: Je serais plus rassuré (ou peut-être moins)si le PDG d’Hydro-Québec ou le ministère de la Sécurité Publique nous expliquait leur plan d’urgence en cas d’accident nucléaire majeur. J’imagine qu’il en existe un!

Je parle d’un accident nucléaire survenant dans le cours normal des opérations (Je ne parle pas des travaux de réfection qui augmenteront à coup sûr le niveau de risque)obligeant lea autorités à évacuer la population dans un rayon de 20 à 30 kilomètres, à interdire toute circulation maritime sur le St-Laurent, à interdire toute circulation automobile sur les autoroutes 20 et 40, à évacuer tout le parc industriel de Bécancour et mettre à l’arrêt toutes les usines qui s’y trouvent,et ceçi pour une période indéterminée. Quel est le plan prévu pour tout ça? Comment continue t-on de faire fonctionner la société québécoise dans de telles circonstances?

J’espère que la réponse à ces questions n’est pas: Il n’y aura jamais d’accident!!! On est peut-être à l’abri des tsunamis masi quand on sait que tout le réseau d’Hydro-Québec a déjà ét paralysé par une simple pluie verglaçante, vaudrait peut-être mieux être moins fanfaron avec le nucléaire!

Merçi de m’avoir lu.

Gilbert Savard

993 Noël-Carter Apt.5

Québec, Qc

G1V 5B7

Autre question… Si le cout de la rénovation est estimé a 2 milliards, celui du démentellement a 1.5 milliard quel sera le cout du démentellement dans 25 ans !? Que se passet’il si un A380 tombe sur la piscinne que l’ont devrais renommé …poubelle ?
Les vents dominant sont en direction des Apallaches!!! L’eau de reroidisement dans le St-Laurent !!!

La CCSN a le droit le plus légitime de souligner son 65ième anniversaire. Même avec une vidéo d’une autre époque au look de StarWars (certains pourraient ironiser; mais de quel côté de la Force?) et au contenu à des années-lumière de la subtilité. Étonnant pour une organisation officielle qui se veut sérieuse.

En ce qui concerne G2, on sent bien que le vernis est en train de craquer, même chez Hydro-Québec. Et pas pour des raisons de santé ou de sécurité.

Je ne me souviens plus des chiffres, une personne très crédible m’a expliqué que les éoliennes sont beaucoup plus rentables que la remise à neuf de la centrale Gentilly-2.

Je me demande bien pourquoi Hydro tient tant à ce projet qui ne serait pas rentable. Il y a t-il des gens qui influencent à leur avantages Hydro comme ce fut le cas pour le pétrole et le gaz de shale et le moteur-roue.

Excellent article sur Gentilly-2 et qui permet de mesurer le silence qui perdure autour du nucléaire un mois après les accidents qui ont dévasté Fukushima et plusieurs autres villages portuaires au Japon… accident dont on n’arrive toujours pas à mesurer les conséquences à l’échelle planétaire. Une chose demeure: les refus de rencontrer la journaliste scientifique Valérie Borde ajoutent à l’inquiétude ambiante. Contrairement à ce qui se passe au Canada, en France, on parle abondamment du nucléaire, de Fukushima et de la situation des centrales en voie de réfection.

Deuxième essai. J’aime bien votre blogue mais je suis étonné par votre position sur la réfection de Gentilly-2. Il n’y a pas de quoi s’offusquer qu’Hydro ne répond plus aux journalistes car l’information est souvent édité pour ne garder que les passages controversés qui permettent à la nouvelle de durer.

J’ai suivi les audiences et les arguments des opposants m’apparaissent très fragiles et peu fondés. Doit-on mettre toute la technologie nucléaire à la poubelle juste pour le principe de précaution ou parce qu’Hydro n’accorde pas d’entrevue? Selon les opposants oui. Si SNC achète EACL, est-ce que le PQ va exiger qu’il déménage son siège sociale en Ontario … probablement. Je trouve que les audiences ont plutôt démontrées la naïveté des opposants. J’ai même lu que certains souhaitent remplacer Gentilly par une centrale au charbon! Aussi bien exploiter les gaz de schistes et batir le Sûroit, au moins nous conserverons les emplois.

Beaucoup d’information a été révélé pendant les audiences et les commissaires me semblent très compétents et attentifs à tous les faits exposés. Si il y avait problème dans cette industrie il aurait été soulevé. J’ai trouvé assez pathétique le témoignage de Marcel Jetté, cité dans votre article comme un retraité d’Hydro, alors que dans les faits il n’a jamais été employé de la société d’État. On repassera pour l’exactitude journalistique.

Chose certaine, il n’y aura pas de nouveau réacteur au Québec ni de nouvelle centrale thermique. Quand à la technologie nucléaire, elle va continuer de croître en Ontario et sa menace continuera de s’exercer sur le Québec.

Effectivement, la remise à neuf de Gentilly est une erreur qui a bien peu de chance de profiter aux Québécois.

Électricité nucléaire, chère et dangereuse

En relation avec le sujet, voir l’article du 26 avril de Mme Corinne Lepage dans le journal français Libération, au sujet du nucléaire.
http://www.liberation.fr/terre/01012333860-pourquoi-le-gouvernent-fait-le-choix-d-une-electricite-chere-et-dangereuse.
De surcroit, la grosse différence avec toute autre risque est le caractère irréversible du désastre. On se remet du charbon, de la marée noire, du terrorisme, d’un barrage qui saute etc.. , mais jamais d’un accident nucléaire qui rend invivable pour l’homme un territoire pour des générations et des générations.
Que tout défenseur du nucléaire(certainement très rationel) s’engage à passer au moins ses cinq semaines de vacances dans les zones déjà sinistrées (Japon, Russie, Ukraine etc..), cela nous rassurera sur l’innocuité des impacts pour la santé, la société et l’environnement !!. Mais j’ai un doute sur l’empressement positif des intéressés. Probablement, le syndrome du » je ne veux pas aller dans votre cours ».
Courir le risque nucléaire pour pouvoir gaspiller tranquillement de l’énergie correspond exactement à l’inverse du développement durable.

Enfin, comme toutes les filières industrielles sans avenir, ce sera (et c’est déjà) encore au public de payer le démantèlement, les mesures d’aide au chômeurs du nucléaire (cols blanc et bleu) et surtout le traitement des déchets, non pas pour dix ans ou vingt ans , mais pour des générations..
Arrêtons les dégâts tout de suite. Il y a bien mieux à faire.
PS: l’avenir de la centrale de Gentilly concerne tout le Québec. Ce n’est pas un problème localisé à Bécancour.
Amicalement

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