Le Canada veut s’agrandir… sans le dire

En cherchant à déterminer précisément la limite du plateau continental au nord du Canada, des chercheurs américains et canadiens ont découvert qu’elle pourrait être passablement plus éloignée des côtes que ce que l’on pensait. Quelle surprise!

Photo : Adrian Wyld / PC
Photo : Adrian Wyld / PC

Ça fait un petit moment que j’attendais cette nouvelle, détaillée ici, à l’heure où plusieurs pays  se préparent à se disputer les richesses naturelles de l’Arctique.

Plutôt que d’essayer de nous faire croire à une découverte presque fortuite, le gouvernement du Canada pourrait être honnête et nous dire clairement qu’il cherche à repousser les frontières du pays. D’autres le font bien!

Le plateau continental, c’est le prolongement du continent sous la mer. Sa limite est déterminée en examinant la structure géologique des fonds marins et leur degré de parenté avec les roches présentes sur la terre ferme. Selon la Convention du droit de la mer, les états ont des droits jusqu’à 200 miles nautiques de leur côte (ce qu’on appelle la Zone économique exclusive) ou jusqu’à la limite du plateau continental, si elle est située au delà.

Les appareils de détection sismique installés à bord du brise-glace Louis-Saint-Laurent ont détecté des sédiments sous-marins à plusieurs centaines de milles de la limite actuelle officielle du plateau continental, nous dit-on. Si la preuve peut être faite que ces sédiments ont un lien géologique avec la terre ferme, alors le Canada pourra demander une révision de son territoire devant la Commission des Nations Unies des limites du plateau continental.

Le Canada, qui a ratifié la convention sur le droit de la mer en 2003, a jusqu’en 2013 pour demander des révisions des limites de son plateau continental. Il est temps de s’y mettre.

La France fait preuve de moins d’hypocrisie et affiche clairement ses ambitions : dans le cadre du programme EXTRAPLAC (Programme français d’extension du plateau continental), des navires de recherche sillonnent les mers au delà des côtes de la France et de ses nombreuses territoires d’outre-mer (Antilles, St-Pierre-et-Miquelon, îles Kerguelen…) à la recherche de sédiments qui lui permettraient de repousser les limites des plateaux continentaux sur lequel elle peut revendiquer des droits.

Son site web (fort instructif, voyez les cartes!) liste aussi clairement les enjeux: coopération avec d’autres pays, environnement, pêcheries (pour les espèces vivant au fond des mers, puisque les eaux de surface ne sont pas incluses dans cette convention)… et évidemment ressources minérales. La France a déjà déposé plusieurs demandes de révision auprès de la commission de l’ONU.

Les États-Unis, eux, n’ont pas signé cette convention. Encore un truc à faire pour Obama…

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Je suis bien heureuse de connaître ce site internet français. Merci. Mais je ne comprends pas pourquoi vous dites que les Canada a caché les explorations?

Depuis belle lurette le Canada parle de l’exploration des fonds marins dans le Nord pour déterminer les limites du pays. Plusieurs communiqués du ministères des ressources naturelles, datant de 2008 et avant en font état. Les médias anglophones du pays ont abordé le sujet plusieurs fois. L’émission scientifique sur les ondes de la Première chaîne a également touché la question, ainsi que d’autres émissions diffusées dans le Nord du pays. Monsieur Francoeur a écrit un bon article, mais a seulement mis à jours certaines de mes connaissances sur le sujet. Parce que je me sens concernée par la politique canadienne, je multiplie mes sources d’information. Je lis aussi les médias en anglais. Ils ont parfois une longueur d’avance sur certains sujets.

Dans le cas de St Pierre et Miquelon, aucun navire francais n’est présent sur la zone. La France marche sur des oeufs quand il s’agit du Canada.