Le climat? On s’en fout!

À moins d’habiter sur une autre planète, vous avez certainement entendu parler de la COP21. Mais gageons que comme de nombreuses personnes, vous avez bien du mal à ressentir cette «urgence climatique» dont tout le monde parle. Comparé à nos préoccupations quotidiennes, le climat, on s’en fout!

Sante_et_scienceUn sondage mené en septembre auprès de la population canadienne par des chercheurs de l’Université de Montréal confirme que 80 % de la population ne se sent pas sérieusement touchée par les changements climatiques. Moins d’un Canadien sur quatre se croit bien informé et prêt à assumer une partie des coûts de la lutte contre les changements climatiques.

Inquiétant? Pas complètement.

Beaucoup de facteurs contribuent à nous rendre si peu sensibles à cette cause. Mais peut-être plus pour longtemps.

Pendant des années, on a assimilé les changements climatiques à un problème d’ours polaires sur la banquise, une préoccupation certes sérieuse, mais complètement déconnectée de nos soucis quotidiens.

Puis les organisations qui soutiennent les climatosceptiques sont entrées en scène et ont réussi à semer le doute pour servir leur idéologie, maîtrisant à la perfection toutes les techniques de désinformation pour nous faire croire que les scientifiques étaient dans l’erreur.

Les chercheurs, que rien ne préparait à affronter cette habile communication, se sont embourbés dans des explications laborieuses que beaucoup de gens ont eu bien du mal à suivre. Certains environnementalistes ont versé dans le catastrophisme, ce qui a contribué à éloigner encore plus de gens. À quoi bon se soucier d’une menace qui semblait inexorable plutôt que de profiter de l’instant présent?

Ce portrait sombre s’est cependant nettement amélioré dans les dernières années. Les climatosceptiques ont de moins en moins de tribunes, les climatologues ont appris à communiquer plus clairement, les environnementalistes sont devenus plus pragmatiques et les grands de ce monde semblent, au moins en partie, avoir compris ce qui est en jeu.

Signe des temps, après des années d’un silence pesant sur les enjeux climatiques, le Vatican et d’autres autorités religieuses se mobilisent enfin. L’Encyclique du pape François sur la «sauvegarde de la maison commune», Loué sois-tu, constitue un vibrant appel à l’action, même pour des non-croyants.

Reste que la menace est encore difficilement perceptible.

D’abord, parce que le climat est une question complexe que notre inculture scientifique ne nous aide pas à décoder. Avant d’être climatosceptiques, les Canadiens sont souvent «climato-ignorants». Dans un autre sondage récent du CIRANO sur les préoccupations des Québécois en matière d’énergie, un répondant sur six a classé (à tort) le pétrole parmi les sources d’énergie renouvelables!

Lorsque la conférence de Paris a débuté, il faisait -11 degrés à Québec. S’imaginer qu’un réchauffement global de plus de 2 degrés puisse avoir des conséquences catastrophiques dépasse l’entendement pour la plupart des gens. On ressent physiquement une canicule, on comprend ce qu’implique une inondation majeure, mais une hausse moyenne des températures reste une donnée abstraite à laquelle on a bien du mal à donner du sens.

Le climat est un problème global dans lequel chaque individu a une microscopique responsabilité, noyée parmi bien d’autres tracas. De nombreux biais cognitifs empêchent de penser de manière rationnelle aux problématiques environnementales. Le fait qu’on ait tous l’impression d’être un peu meilleur que la moyenne ne nous encourage pas à agir, par exemple.

Neuf ans de gouvernement conservateur à Ottawa n’ont pas aidé les Canadiens à y voir plus clair sur ces enjeux.

Même quand il est question de l’avenir de nos enfants et petits-enfants, on a bien du mal à se projeter jusqu’en 2100 ou même en 2030. On pense bien plus à nos achats de Noël, encouragés par une logique économique qui pousse à la consommation. Si on nous vantait autant les transports en commun que le Black Friday, on y sauterait à pieds joints!

La menace climatique semble éloignée dans le temps, mais aussi dans l’espace. Vu du Québec, elle l’est en partie, puisque les personnes qui souffriront le plus des dérèglements du climat sont celles qui vivent dans des pays pauvres.

Les Québécois sont habitués à des écarts de température au cours d’une année qui peuvent dépasser les 60 degrés en un même lieu. À cause de la neige, le débit des cours d’eau fluctue déjà énormément avec les saisons. Nos infrastructures et notre mode de vie sont conçus pour les grands écarts. Savoir qu’on pourrait avoir parfois un peu plus chaud à cause de vagues de chaleur ne nous émeut pas beaucoup, pas plus que la menace d’inondations n’inquiète les riverains habitués aux embâcles. Et pourtant

Les changements climatiques ont déjà de très nombreux effets sur nos vies, même au Québec.

L’agriculture mondiale, qui en pâtit, a fait augmenter le prix de nombreuses denrées dans nos paniers d’épicerie. Les agriculteurs d’ici sont aussi inquiets.

Les sécheresses qui frappent l’Afrique et le Moyen-Orient, y compris la Syrie, ont attisé les guerres, font fuir des migrants et participent au désespoir, terreau fertile pour le terrorisme qui nous inquiète tant.

Dans un autre registre, l’an dernier, 63 Québécois ont contracté la maladie de Lyme, transmise par des tiques qui, il y a quelques années seulement, ne trouvaient pas au Québec des conditions de vie propices.

Si vous avez l’impression de payer toujours plus cher vos assurances, vous n’avez pas la berlue. En 2013, le Bureau des assurances du Canada a dû compenser 3,2 milliards de dollars de pertes au pays à cause des catastrophes naturelles, un record dans l’histoire du pays.

Bref, ce qui se joue à la COP21 nous touchera tous d’une manière ou d’une autre, que l’on s’y intéresse ou non.

Le fait que 150 dirigeants soient présents à Paris, en plus de quelque 40 000 personnes dont 3 000 journalistes, donne la mesure de la préoccupation. Jamais on n’a ressenti une telle volonté mondiale de s’attaquer à l’urgence climatique.

Du coup, dans les prochaines années, il y a de bonnes chances que les gouvernements fassent appel à des bâtons et des carottes de plus en plus gros pour tenter de faire évoluer nos habitudes.

Un exemple: pour financer le Fonds vert de lutte et d’adaptation aux changements climatiques, le Québec doit encore récolter plus de 2,3 milliards de dollars avec son marché du carbone dans les cinq prochaines années.

Les automobilistes ont commencé à y contribuer, même si peu en ont conscience: en date d’aujourd’hui, Petro-Canada ajoute à ses prix 4,01 cents par litre d’essence pour refiler à ses clients sa facture du marché du carbone. Et ce n’est qu’un début.

Au fil des ans, non seulement les changements climatiques auront de plus en plus d’effets dans nos vies, mais les efforts de lutte et d’adaptation feront aussi de plus en plus parler d’eux, car les gouvernements devront justifier leurs actions. Espérons qu’ils sauront le faire en expliquant convenablement les enjeux.

Les questions de climat deviendront ainsi rudement plus immédiates, concrètes et proches de nos préoccupations quotidiennes. Gageons qu’à ce moment-là elles auront toute notre attention!

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9 commentaires
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De fait, les scientifiques ont manqué le bateau de la communication. Si les pharmaceutiques peuvent nous alerter avec une augmentation de 18% du risque de cancer du colon en mangeant des charcuterie, les climatologues n’ont pas eu l’idée de nous informer d’abord de l’état de la température moyenne idéale ou actuelle.

J’ai appris il y a quelques jours que la température moyenne sur terre se situait à 4C. Une augmentation de 2C en relation avec cette donnée est énorme.
Il doit bien y avoir des gens en mesure de calculer le nombre de watts qui correspondent à cette augmentation. Sans mentir, je crois qu’il faut aussi mettre en perspective les données en de termes qui frappent l’imagination.

Trop de gens manquent de culture scientifique. Trop de gens sont heureux, au Québec du moins, de voir les hivers doux se succéder. Pour l’été, il y a des climatiseurs.

Lucie: une augmentation de 2 degrés est une augmentation de 0.7 %. On voit que vous n’êtes pas forte en physico-chimie.

Depuis le « climategate », j’ai complètement décroché des prédictions catastrophiques de nos « enverdeurs ».

«Signe des temps, après des années d’un silence pesant sur les enjeux climatiques, le Vatican et d’autres autorités religieuses se mobilisent enfin. »

Ha ha! Je suppose que ça n’a rien à voir avec le fait que le Pape est aussi un anticapitaliste notoire!

Et après ça on accuse ceux qui sont sceptiques face au brouhaha médiatique actuel d’ignorer la science.

«Lorsque la Conférence de Paris a débuté, il faisait -11 degrés à Québec.»

Encore un argument très fort scientifiquement…

«Même quand il est question de l’avenir de nos enfants et petits-enfants»

Touchant, mais encore zéro science.

Remarquez je n’ai rien contre le fait de diminuer les émissions de carbone en les réglementant, serait-ce par prudence. Mais quand ça devient un prétexte pour taxer et grossir le rôle et la taille de l’état là je décroche complètement. Mais ce n’est pas surprenant, parlent de recyclage, la plupart des activistes «verts» sont en fait des socialistes recyclés.

Qu’on commence dont par remplacer toute les centrales au mazout et au charbon par des centrales au gaz et des centrales nucléaire. Simple pourtant mais beaucoup moins le fun pour un communiste!

L’information sur les changements climatique et la désinformation, le manque de vision des grands décideur du monde entier, les recherches sur le GES on été grandement négligé de la part des grands pollueur en investissement dans la recherche pour améliorer leur produit et dans le moment on nous propose une voiture électrique pour diminuer les GES une voiture très dispendieuse dont on ne connaît
pas les problèmes avec nos hivers et une autonomie déficiente, un transport en commun qui n’est pas au rendez-vous pour les travailleurs et un coût plus élevé qu’une automobile, toutefois je crois à l’urgence d’agir, mais à RDI économie un invité à fait la suggestion de mettre une taxe sur l’essence de 35 cent le litre pour nous faire comprendre l’urgence d’agir et dans le moment le gouvernement utilise ce moyen de taxer au lieu d’investir dans la recherche et développement.

Le climat? On s’en fout!!!

On a des préoccupations drôlement plus importantes au Québec comme la blessure de Carey, les cotes d’écoute des émissions, qui sera l’invité principal à TLMEP et autres choses capitales pour notre survie…

Oh…en passant, quelqu’un a vu la bande dessinée complètement disjonctée de Rad.-Can.?

La voici: http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/special/2015/11/bd-science-climatosceptique-climat-paris/index.html

Bien sûr, le gars y est représenté comme un débile profond en camisole qui OSE (ô horreur!) remettre en question les certitudes scientifiques et la fille est la scientifique BCBG qui propage de façon tout à fait conforme l;a propagande verdoyante.

Comme moralisation socialiste, difficile de trouver mieux.

Cette bande dessinée de Radio-Canada est effectivement tissée de mensonges et de demi-vérités sur le climat et les climato-sceptiques. Je la corrige dans ce qui suit

1) Les plantes et les animaux vont s’adapter, à quelques exceptions près. Radio-Canada confond « LES animaux » et « DES animaux ».

2) Radio-Canada confond météo et climat. Il attribue aux changements climatiques, si difficiles à percevoir, tout évènement météorologique spécial. Les données sur le terrain ne permettent généralement pas de faire une telle association.

3) Il y a consensus qu’une PARTIE du réchauffement qu’on connait est du aux gaz à effet de serre. Radio-Canada confond « LE réchauffement » et « UNE PARTIE du réchauffement ».

4) Les conclusions des scientifiques sont résumées (par des activistes et des non-scientifiques) dans les rapports du GIEC. Radio-Canada a sournoisement omis les mots entre parenthèse.

5) Radio-Canada confond le tout et la partie en méprisant les climatosceptiques. L’immense majorité des climato-sceptiques ne sont pas climato-négationnistes. Seuls les climato-négationnistes (ceux qui nient que l’être humain joue quelque rôle que ce soit dans le climat) méritent un certain courroux. Le climato-sceptique typique est avant tout climato-non-alarmiste, climato-réaliste ou, au pire, climato-phlegmatique.

6) Radio-Canada ment en disant que « 97 % des chercheurs en sciences du climat estiment que l’homme est responsable des réchauffements climatique. » La source de Radio-Canada (Cook et al., Environmental Research Letters, 2013) indique que 97 % des chercheurs en sciences du climat estiment que l’homme contribue (de manière soit mineure, soit majeure) au réchauffement climatique actuel.

7) L’immense majorité des climato-alarmistes, à commencer par les journalistes qui parlent de climat et Steven Guilbault, ne sont pas des scientifiques.

8) Devant un un géophysicien, météorologue ou biophysicien (PhD en Géophysique, Météorologie ou Biophysique), une réaction typique des activistes radio-canadiens est de dire « mais vous n’êtes pas climatologue », tout en écoutant ensuite religieusement le microbiologiste David Suzuki et le théologien Steven Guilbault!

Et le Québec qui va en rajouter avec la cimenterie de Port-Daniel…

Le Québec vert? Connais pas!

280 politiciens canadiens et leurs chums (le double de la délégation des E-U, G-B et Australie combinée) qui se paient la traite en France à nos frais…. Ils ne s’en foutent pas mais un voyage à Paris gratuit, ça n’a pas de prix!