Le crapaud doré victime du climat?

C’est El Nino, et non le réchauffement du climat, qui a eu la peau du crapaud doré de Monteverde, selon une nouvelle étude publiée par deux chercheurs américains dans l’édition du 1er mars des Proceedings of the National Academy of Sciences.

Ce petit amphibien emblème de la région de Monteverde, au Costa Rica, a disparu vers la fin des années 1980 à cause d’une espèce de champignon pathogène de la classe des Chytridiomycètes, qui fait des ravages dans les populations d’amphibiens un peu partout à travers le monde.

Selon Kevin Anchukaitis et Michael Evans, la disparition du crapaud doré s’expliquerait par la période de sécheresse engendrée par l’épisode El Nino de 1987-88, qui a coincidé avec l’introduction de ce champignon pathogène dans les forêts nuageuses de Monteverde. Dopé par la sécheresse, le champignon a eu raison du crapaud en un temps record.

En 2006, une étude publiée dans Nature attribuait plutôt la disparition du crapaud doré et le déclin de nombreuses espèces d’amphibiens au réchauffement global, «selon une probabilité supérieure à 99%», écrivaient alors les scientifiques. Un résultat pris en compte dans le rapport du GIEC de 2007.

Si l’on en croit cette nouvelle étude, les scientifiques se seraient trompés, tout du moins dans le cas du crapaud doré de Monteverde.

Voilà qui devrait faire bien plaisir aux climatosceptiques qui, étonnemment, ont l’air d’être globalement passés à côté de cette nouvelle (pourtant bien plus significative sur des difficultés qu’éprouve la science à saisir les impacts des changements climatiques que l’erreur sur la date de fonte des glaciers de l’Himalaya !).

En 2006, a-t-on trop vite attribué la disparition du crapaud doré au réchauffement global ? Peut-être, même si une seule étude ne saurait apporter de réponse définitive à une question aussi complexe. Il en faudra d’autres pour y voir plus clair. Et il faudra d’autres rapports du GIEC pour nous aider à faire le point…

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Bonjour,

Votre comparaison des deux erreurs est vraiment simpliste (sinon c’est très sarcastique).

Regardez ce que le GIEC a fait en rendant publique l’information concernant sa « petite erreur » relative aux glaciers. (Article de l’AFP)

Publié le 05/12/2009 12:38 – Modifié le 06/12/2009 à 19:46 | © 2009 AFP

La fonte des glaciers de l’Himalaya menace 1,3 milliard d’habitants en Asie

Subel Bhandari AFP/ArchivesPlus d’un milliard de personnes en Asie dépendent des glaciers de l’Himalaya pour l’approvisionnement en eau mais les experts estiment que la vitesse alarmante à laquelle ils fondent risque de provoquer de graves phénomènes de sécheresse dans toute la région.

Les glaciers de l’Himalaya, une chaîne de 2.400 km de circonférence qui englobe le Pakistan, l’Inde, la Chine, le Népal et le Bhoutan, alimente les neuf plus grandes rivières d’Asie, sources de vie pour 1,3 milliard d’habitants qui vivent en aval.

Mais les températures dans la région se sont réchauffées de 0,15 à 0,6 degré tous les dix ans ces 30 dernières années, accélérant à un rythme alarmant la fonte des glaciers.

Au moment où les dirigeants de la planète se réunissent à Copenhague pour une conférence mondiale sur le climat, les associations environnementales tirent la sonnette d’alarme: selon elles, certains glaciers himalayens pourraient disparaître d’ici quelques décennies.

« Les scientifiques prédisent la disparition de la plupart des glaciers d’ici quarante ans à cause du changement climatique », s’inquiète Prashant Singh, le responsable de la campagne « Le climat pour la vie » de l’organisation environnementale WWF.

« Les négociations de Copenhague auront d’énormes répercussions sur la vie de centaines de millions de personnes habitant à l’embouchure des rivières issues de l’Himalaya et qui sont déjà dans une grande pauvreté », estime-t-il.

Le comité intergouvernemental des Nations unies sur le changement climatique (IPPC) a prévenu que les glaciers pourraient « tous disparaître d’ici 2035 » et les experts soulignent que les effets du réchauffement de la planète sont déjà visibles à l’oeil nu dans la région.

Au Népal et au Bhoutan, la fonte des glaciers a provoqué la formation de lacs immenses qui menacent aujourd’hui de céder et de détruire les villages en aval.

L’alpiniste népalais Dawa Steven Sherpa a commencé à s’intéresser de près au changement climatique après l’effondrement d’une partie du glacier Khumbu, au-dessus d’un camp de base sur l’Everest, lors d’une expédition en 2007.

Sherpa, qui a escaladé trois trois l’Everest et prendra part à un sommet spécial pour « les habitués des sommets » à Copenhague, marchait sur ce glacier encore quelques minutes avant sa chute. C’est là qu’il a compris, dit-il, que le réchauffement climatique dans l’Himalaya était déjà en route.

En Chine, des études ont montré que la fonte rapide des glaciers risque à court terme d’augmenter les phénomènes d’inondations. A long terme, elle pourrait entraîner une baisse progressive des courants des rivières, affectant en particulier l’ouest de la Chine.

Les experts estiment que le manque d’eau pourrait avoir un impact sur le développement économique de l’Inde et de la Chine, avec des conséquences tragiques pour les deux pays les plus peuplés de la planète.

Mais les recherches sur les conséquences du réchauffement climatique dans les montagnes, parfois inaccessibles, de l’Himalaya sont encore balbutiantes. L’IPPC décrit d’ailleurs la région comme « une zone vierge » en raison d’un manque de données scientifiques.

Des experts sont aussi en désaccord, certains affirmant même que les glaciers sont en train d’avancer.

Il y un « besoin urgent » d’approfondir les recherches, s’alarme le Centre international pour le développement des montagnes (ICIMOD), basé au Népal.

Autres clous pour le GIEC: on projette que , grâce au réchauffement climatique, la fréquence des cyclones tropicaux va diminuer de 6 à 34 %. Voir Knutson et al.: Nature geoscience 3, 157-163 (2010): « Tropical cyclones and climate change ».

De récentes projections de montée de la mer ( Siddal et al., Nature geoscience 2, 571-575 (2009)) sont maintenant rétractées parce qu’elles ont été largement SURestimées (retracted online on 21 February 2010).

Question de béotien, El Nino étant un phénomère climatique, il ne serait pas lié d’une quelquonque manière à l’évolution du climat, donc plus ou moins au réchauffement enthropique (ou pas d’ailleurs, c’est pas forcément la question)

Tout simplement faux :

http://www.ipcc.ch/publications_and_data/ar4/wg2/en/ch13s13-2-4.html

et même en 2001 le GIEC disait déjà :

« Disappearance of the golden toad (Bufo periglenes) and the harlequin frog (Atelopus varius) from Costa Rica’s Monteverde Cloud Forest Reserve appear to be linked to extremely dry weather associated with the 1986-1987 ENSO event (Pounds and Crump, 1994). »

NB: ENSO = El Nino

source :

http://www.ipcc.ch/ipccreports/tar/wg2/index.php?idp=221

Cette « découverte » était donc déjà connue du GIEC en 2001.

Madame Borde, pouvez-vous répondre quelque chose au commentaire de « aha » ? J’aimerais savoir ce que vous en dites.

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