Le dalaï-lama, la technologie et l’intelligence

«Je pense que la technologie peut présenter certains avantages pour les gens intelligents, mais qu’elle ne peut pas susciter la compassion», a dit le dalaï-lama lors du sommet de la paix à Vancouver, cité dans cet article.

Photo : Jonathan Hayward / PC
Photo : Jonathan Hayward / PC

J’avoue avoir un peu de mal avec ce genre de déclaration ambigüe, surtout de la part d’un leader religieux qui utilise abondamment internet, l’avion et la télévision pour répandre ses idées à travers le monde… Qu’a-t-il voulu dire? Qu’il faut se méfier de la technique comme outil d’asservissement des masses?

La révérende Mpho Tutu, fille de Desmond Tutu, a dit quant à elle que l’influence de la technologie dans la quête de la paix était plutôt neutre et que «nous pouvons utiliser la technologie comme une force positive, une force qui puisse nous rapprocher».

Et vous, qu’en pensez-vous?

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La première chose qui me vient à l’esprit, suite à la citation du Dalaï Lama, est la disparition du contact humain dans plusieurs domaines; comme le remplacement des caissières de banque par les guichets automatiques, des téléphonistes par des répondeurs à choix multiples…
À cela peut venir s’ajouter le magasinage par internet, pratique, mais totalement dépourvue de contact social.

À partir du moment ou la technologie n’est plus au service de l’humanité mais que les humains sont à son service, il y a une menace potentielle de la techno-hégémonie (réf. R. Kursweil, H.Bloom, etc.) Quant on s’approche comme maintenant de l’intelligence artificielle et de la cyborgénétique, (ex.: nano-technologie) la frontière entre humain et machine devient difficile à cerner. Quand le virtuel est aussi sinon plus sensoriel que le réel, nous passons en perception holographique. Est-ce à cela que la 4è dimension ressemble?

Ma perception est qu’il sera de plus en plus difficile d’implanter une programmation religieuse chez l’humain.
Et donc la différence c’est que la programmation du cerveau fait appel à la logique. Chez les religieux, on programmait principalement le corps émotionnel qui renforçait la peur du corps animal en y introduisant des réflexes.
Ce temps est révolu. Faudra voir les explorations de l’espace à venir via la technologie.
La logique n’est pas complémentaire à la compassion: elle est et c’est tout.

La technologie est grosse consommatrice d’attention et d’efforts.
Trop occupé a s’assurer du bon fonctionnement de son PC, le malheureux terrien n’a plus le temps matériel de compatir.
Merci Windows !

Heureusement il y a Apple…mais soyons sérieux !

Le Dalaï Lama a sans doute voulu attirer l’attention sur le fait que la technologie, mise au service d’une dictature, ou d’une médiocratie, ne peut que déboucher sur la pensée unique, ou toute opinion divergente, toute compassion, serait impitoyablement censurée.

La technologie est potentiellement mortelle pour une société. En tant que telle elle nécessite plus de vigilance que de compassion.

Le développement durable, grand générateur potentiel de tensions et d’injustices ,grand consommateur de technologies dématérialisantes, doit toucher tous les domaines et pas seulement la technologie, le matériel. Les conditions psychiques dans lesquelles se trouvent les populations sont déterminantes dans la réussite ou l’échec de toute action publique. La spiritualité conditionne en partie la condition psychique, et quand bien même il n’existerait aucun ange ou aucun démon, le concept de l’ange ou du démon, par sa popularité, agit sur les consciences. A défaut de chasser les anges et les démons, apprenont à les maîtriser. Anges et démons ont une faiblesse commune, ce sont des concepts. Si l’imagination populaire en a fait des esprits, cela n’est pas un problème. Du moment que l’on maîtrise le concept d’un esprit bon au mauvais,par l’érudition, l’humour et une solide dose de compassion, on neutralise l’esprit lui même. Et le peuple sera protégé au moins en partie des tentations. Ainsi des concepts, qui ne sont que des concepts, comme le racisme par exemple, pourront être hissé au rang d’esprits malfaisants(le racisme deviendra donc un démon qu’il faut combattre), tandis que des esprits deviendront des concepts qu’il faudra maîtriser, pour les mettre au service de l’homme. Dieu, tout au moins le concept de perfection absolue qu’il représente, doit servir l’homme, à la manière d’une lanterne, et non l’inverse.
Une fois le concept de la perfection absolue rabaissé au niveau d’une lampe de poche, ce concept devient fort utile pour éclairer une décision difficile, cependant, chaque contradicteur restant libre d’orienter la lampe de poche dans la direction qu’il souhaite, il faut une puissance neutre , »l’état laïque » pour s’assurer que la lampe de poche soit orientée dans toutes les directions et que personne ne se batte pour en revendiquer la propriété exclusive.

Dans cet esprit de laïcité agnostique et apolitique, il est possible de dépassionner les enjeux qui tournent autour du religieux ou du politique.
La liberté de conscience, en particulier la conscience divergente, peut devenir un atout de la stabilité et de l’ordre public, a condition que les concepts politiques et religieux divergents soient étudiés, maîtrisés et poussés à maturation.
Equilibrer cette liberté, non pas l’interdit, ni par la censure, mais par une approche pragmatique, conceptuelle des opinions exprimées.

Il est plus efficace de démontrer par l’humour et l’érudition les limites conceptuelles d’un raisonnement que d’en d’interdire l’expression.
Cette confrontation théorique des concepts opposés ou concurrents doit échapper au cercle fragile du débat public, ou chacun campe habituellement sur ses positions.
Manipuler et confronter les concepts, sans les diaboliser, en pousser la logique jusqu’au bout,jusqu’à l’absurde, pour finalement les renvoyer dos a dos et fabriquer ainsi un consensus intellectuellement acceptable, consensus qui deviendra par nécessité le concept dominant, telle est la voie.

Ce combat de coqs virtuel ne peut être effectué que dans le cadre d’un état laïc érudit, qui prenant acte de l’existence théorique des concepts, utilisant l’érudition comme une cage, parvient à limiter les débordements, et les troubles a l’ordre public potentiels que représentent les concepts lorsqu’il croisent la route de l’ignorance et de la misère.

Tout concept est potentiellement dangereux, il ne devient bénéfique que par l’érudition de celui qui le maîtrise.

Peut on mesurer l’érudition ?

Sana doute pas , mais tout au moins peut on s’assurer que les orateurs politique ou religieux, ainsi que leurs auditeurs aient une éducation qui soit la meilleure possible, en tout temps et en tout lieu.

L’état ne doit pas seulement promulguer des lois, il doit le faire de façon érudite.

Dans l’absolu il doit faire preuve d’érudition, et pourquoi pas d’humour, dans la gestion anticipée des troubles, notamment dans la rédaction des communiqués et des recommandations officiels.
Il ne faut pas attendre qu’un trouble apparaisse pour communiquer sur les question susceptibles de générer un nouveau trouble, ou d’aggraver un trouble existant .

La pédagogie, la propagande ne suffisent plus.

Que l’Esprit souffle !

Je suis d’accord avec Annie Richer et un peu étonnée que Valérie Borde n’ait pas compris d’emblée.

C’est un outil. Seulement.Ça n’aide pas à développer
la compassion ou l’intelligence. Comme avec tout outils,ça peut aussi servir à détruire, et non pas à construire un monde plus humain. On l’a vu dans les cas de rapt d’enfants: la réalité était pas aussi excitante que l’imaginaire. Objectifier l’humain est aussi une déshumanisation, comme
l’hypersexualisation, la méchanisation, le rendement statifié. Et de connaitre l’autre en personne, permet de marcher dans ses souliers quelques Km pour réellement ressentir ce qu’est sa réalité. Connecter à l’humanité de cet autre.

Je pense comme Mme Tutu que la technologie est neutre et que c’est l’usage que nous en faisons qui est bonne ou mauvaise.

Mais il est certain qu’un ordinateur n’est pas très compatissant.

En voyant Nada (Iran) mourir sur YouTube, j’ai quand même ressenti de la compassion.

Et le contact humain peut parfois m’exaspérer !

L’ensemble des technologies est à la fois bon et mauvais, selon l’intention bonne ou mauvaise de la personne qui les utilise.

Les technologies Internet ne sont pas différentes, en ce sens, au couteau.

Je ne suis pas d’accord non plus.
Quand on parle de technologie on ne pense pas juste à internet
une pelle est une technologie…
La technologie existe depuis aussi longtemps que l’humain existe. Elle a servi à l’humain pour l’alléger de ses taches pour lui laisser le temps de faire autre chose, comme passer plus de temps avec sa famille et ses amis.
Il y a certes un problème aujourd’hui, quand on voit tous ces gens isolés dans leur ipod à peine conscients de tout ce qui se passe autour d’eux.
Mais je crois que la technologie donnera un fruit mûr lorsque nous serons libérés de l’esclavage monétaire.
Or sans la technologie se libérer de l’esclavage monétaire est presque impossible, car il y a quand même beaucoup de choses à faire et à gérer pour pallier aux besoins de la race humaine
Sans l’argent, la technologie nous donne du pouvoir pour équilibrer les besoins et la productions, permet aux gens de mieux s’orienter et de faire ce qu’ils aiment, d’avoir accès à plus d’information que tout ce qui était disponible il y a à peine 100 ans.

L’argent est bien plus nuisible à la compassion que la technologie, car celui-ci nous oblige à des actions que nous n’aurions pas fait, qui vont à l’encontre du bien de notre prochain et de soi-même.

La technologie n’a pas d’âme, de sentiments, de contacts humains, de compassions envers ses utilisateurs.
Moi la dernière fois que j’ai fait une blague à un service téléphonique automatisé, la voix à l’autre bout du fil n’a pas ri. Par contre, lorsque je parle directement à quelqu’un (ex. Une vraie personne du service à la clientèle) et qu’à la fin de la conversation je lui souhaite une bonne journée et vice et versa, il y a eu un échange.

Voilà je crois ce que le Le dalaï-lama a voulu dire. Mais pour avoir une réponse plus juste il faudrait lui demander.

Je peux prendre mon briquet pour allumer un feu pour me nourrir et me chauffer, ou je peux m’en servir pour allumer un incendie ou immoler un beauceron (pourquoi un beauceron? parce que ce sont mes têtes de turc préférées).

Toute technologie n’a de moral que ce qu’on décide d’en faire.

Il n’y a pas de jugement de la technologie dans la phrase du dalaï-lama. Ce sont plutôt des constatations. Pour rejoindre les propos de Mpho Tutu, les technologies sont des médias qui facilitent l’utilisation des techniques par l’humain. Dans cet article, une diffusion beaucoup plus rapide de l’information à travers le monde.

À elle seule, la technologie ne peut être suffisante pour susciter la compassion. Prenons un exemple bien simple tel qu’un courrier électronique. Ce dernier pourrait être interprété de plusieurs façons. Parfois, le lecteur n’a pas du tout saisi le sens que l’expéditeur a bien voulu associé au courriel. Il est donc difficile de se fier complètement sur les technologies pour susciter des sentiments aussi abstraits que la compassion, la sympathie, l’empathie, etc. La présence humaine est donc requise pour refléter réellement les sentiments qui accompagnent les propos.

La visite du Dalaï Lama risque de créer la controverse plutôt que de la compassion!
Plusieurs journalistes, dont moi et LeStudio1.com, ont été refusé l’accréditation pour la conférence de presse de samedi à Montréal et de nombreux journalistes ont commencé à publier des articles critiques et négatifs envers le Dalaï Lama.
Il faudra voir la suite mais le personnage est loin de faire l’unanimité!
Bernard Bujold

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