Le Dr Efficacité

Une clinique médicale informatisée, ça ne remplace pas un médecin, mais…

Photo : Louise Bilodeau
Photo : Louise Bilodeau

Le système de santé québécois souffre d’insuffisance informatique chronique. Les cliniques croulent sous le papier, et les médecins perdent un temps fou à repérer les résultats d’examens de leurs patients. Car il n’est pas rare qu’un dossier soit éparpillé entre le cabinet d’un médecin de famille, quelques cliniques sans rendez-vous et deux ou trois hôpitaux.

Le Dr Jean-François Rancourt, 48 ans, allergique à la paperasse, s’est attaqué à la bête. Depuis 2003, ce médecin, qui manie aussi bien la souris de son ordinateur que le stéthoscope, pilote l’informatisation du Groupe de médecine familiale (GMF) de Montmagny. Les 20 médecins et les 3 infirmières du GMF – répartis dans cinq cliniques – ont maintenant accès aux dossiers médicaux électroniques complets de leurs patients. Qu’ils se trouvent au bureau, au CLSC ou à l’hôpital, médecins et infirmières peuvent consulter à l’écran les notes cliniques, examiner les radiographies, visualiser les résultats d’une prise de sang…

« Chaque médecin dicte ses notes cliniques, explique le Dr Rancourt. Les secrétaires les tapent, profitant du temps qu’elles économisent en ne courant pas après les papiers. Les autres documents sont numérisés. » L’appui financier consenti par le gouvernement du Québec pour l’informatisation des GMF s’est avéré déterminant.

Première clinique à prendre le virage du sans-papier, le GMF de Montmagny est largement en avance sur l’initiative Dossier de santé du Québec (DSQ), du ministère de la Santé, qui vise à numériser progressivement la liste des médicaments et allergies de tous les Québécois ainsi que leurs résultats d’examens et d’analyses. Le DSQ, qui devrait s’étendre au Québec d’ici 2011, « ne comprendra pas les notes cliniques », précise le Dr Rancourt.

Le médecin reçoit la visite de collègues des quatre coins du Québec, qui souhaitent suivre ses traces. Selon ses calculs, chaque toubib du GMF de Mont­magny économiserait 40 minutes par jour grâce au système informatique. C’est 10 % d’une journée de travail. Pour le GMF de Montmagny, avec ses 20 médecins, ça équivaut à l’ajout de 2 médecins. « Le système ne fait pas de garde aux urgences ni d’accouchements, mais il nous donne un sacré coup de main ! »

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