Le gaz de schiste pire que le charbon ?

C’est dans tous les journaux ce matin : une étude réalisée par des chercheurs américains de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA)  démontre que les fuites de méthane liées à l’exploitation du gaz de schiste ont été largement sous-évaluées. L’étude est encore sous presse à la revue  Journal of Geophysical Research, mais le magazine Nature en fait un compte-rendu assez détaillé dans sa dernière édition.

Du côté des opposants, c’est l’allégresse. «Le gaz de schiste aussi polluant que le charbon», titre le Devoir, alors que l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique estime que cette étude démontre clairement que si le Québec va de l’avant avec les gaz de schiste, il ne pourra pas atteindre son objectif de réduction des GES d’ici 2020.

Wow minute ! Les données n’ont même pas encore été publiées !

Selon l’article de Nature, les chercheurs de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et de l’Université du Colorado à Boulder ont mesuré le méthane dans l’air au dessus du bassin de Denver-Julesburg, une région géologique qui comprend notamment la ville de Denver et où plus de 20 000 puits de gaz ont déjà été forés.

Après avoir soustrait les principales autres sources de méthane du bassin (essentiellement le stockage du gaz dans des réservoirs), Gabrielle Pétron et son équipe ont estimé que les puits de gaz avaient un taux de fuite dans l’atmosphère de 2,3 % à 7,7%, avec une médiane à 4%, soit plus de deux fois les estimés de l’industrie.

C’est la première étude à ce sujet qui s’appuie sur des données expérimentales et non seulement sur des modèles.

L’an dernier, une étude théorique du professeur Robert Howarth de l’université Cornell avait estimé que les fuites représentaient 2,2 à 3,8% des quantités de gaz extraites du sol, dont une bonne partie (1,9%) provenant directement du processus de fracturation hydraulique.

L’EPA, elle, estime les fuites à environ 2,5%.

Quelque soient les chiffres, tout cela démontre ce dont on se doutait déjà, à savoir qu’on ne peut faire confiance à l’industrie pour fournir des données fiables.

Mais il va falloir plusieurs autres études pour confirmer, critiquer et compléter celle-ci avant d’avoir l’heure juste.

D’où l’idée d’un moratoire, tout à fait justifiée d’un point de vue scientifique, pour que l’on puisse multiplier les études indépendantes et avoir suffisamment d’arguments en mains pour pouvoir forcer l’industrie à divulguer ses données et à améliorer ses procédés.

Conclure dès aujourd’hui que le charbon vaut mieux que le gaz, et qu’il faut définitivement oublier le gaz de schiste, est abusif.

Nature précise d’ailleurs que pour produire de l’électricité, mieux vaut probablement des centrales au gaz toutes neuves plutôt que de vieilles centrales au charbon inefficaces.

Pour les autres usages (qui représentent 70% de la consommation de gaz aux États-Unis selon Nature), c’est moins évident.

Et si on laissait les chercheurs faire leur travail avant de sauter aux conclusions?

Les commentaires sont fermés.

Mme Borde,

Si j’étais vous, je ferais attention aux sujets que vous abordez. En effet, vos trois derniers sujets :
Climat : Nathalie Elgrably-Lévy en plein délire !
Allemagne : un «réchauffiste» a-t-il «défroqué»?
Le gaz de schiste pire que le charbon ?

vous placent dans la mire directe du gouvernement Harper et de son ministre de la sécurité publique : Dont voici un extrait

…le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, a présenté cette stratégie à Ottawa hier matin. Il s’agit d’un document de 46 pages qui fait l’inventaire des responsabilités des agences, services et ministères fédéraux engagés dans la lutte contre le terrorisme.

On y classe les menaces en trois catégories: l’extrémisme islamiste sunnite violent, les autres types d’extrémisme international et «l’extrémisme d’origine intérieure militant pour des causes précises».

«Ces groupes extrémistes sont enclins à faire des revendications – légitimes ou illégitimes – portant sur la défense de diverses causes telles que les droits des animaux, la suprématie blanche, l’environnementalisme et l’anticapitalisme», explique-t-on à propos de cette dernière catégorie.

…La stratégie définit le terrorisme comme étant, notamment, une omission ou une action commise «au nom d’un but de nature politique, religieuse ou idéologique en vue d’intimider la population quant à sa sécurité, entre autres sur le plan économique».

Les mesures évoquées pour contrer la menace incluent les poursuites judiciaires, l’inscription sur la liste des entités terroristes, la surveillance, l’enquête, l’échange de renseignements, la prévention et l’éducation de la population…

Source : http://www.cyberpresse.ca/environnement/201202/10/01-4494535-les-ecologistes-une-menace-a-surveiller-selon-ottawa.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_environnement_263_accueil_POS1

Sur ce, je vais de ce pas changer mon identité, mon adresse I.P. d’emploi et de région pour ne pas que les Tontons Harpers me retracent.

Gilbert Duquette
Témiscouata sur le Lac

Je veux bien qu’on laisse les chercheurs faire leur travail. Mais je m’abstiendrai également de faire de l’angélisme.

L’industrie du gaz a tout intérêt à embellir le tableau.Pour d’autres industries dont les activités peuvent être dangereuses pour l’environnement et notre santé, on le sait, on est même allé jusqu’à faire des études complaisantes et même jusqu’à trafiquer les données pour montrer patte blanche et continuer à empocher des milliards de dollars en profit. Pensons seulement au tabac, au nucléaire, au pétrole.

En attendant que les recherches se fassent, il me semble qu’on suffisamment d’indices pour nous convaincre d’être extrèmement prudent. Nos gouvernement devraient décréter des moratoires sur ce type d’exploitation si tout n’est pas clair et si nous avons des doutes raisonnables de danger pour la santé ou l’environnement. De toute façon, si les gaz de schistes ne sont pas extraits aujourd’hui, ils ne disparaîtront pas. Quand nous serons en mesure de les exploiter sans danger, ils seront encore là où ils sont et les chances sont que leur valeur aura augmentée.

«C’est une belle chose d’être honnête, mais il est également important d’avoir raison.» [Winston Churchill]

Ici dans la vallée du St-Laurent sur les quelques puits qui ont fracturé il y en a plusieurs qui ont des fuites.

Il est difficile de comprendre les Québécois qui veulent que cette exploitation se fasse. Pas un sous leur reviendront et seront pour les étrangers.

La seule explication est qu’ils sont récompensés par le milieux pétrolier pour en faire la promotion.

@ Denis Drouin (# 2):

« De toute façon, si les gaz de schistes ne sont pas extraits aujourd’hui, ils ne disparaîtront pas. » (sic)

Sauf que la fenêtre d’opportunité peut, elle, disparaître.

Et les fonds qui servent à la recherche et à l’exploitation dans cette industrie sont, eux, très mobiles et capricieux…

La boulimie énergétique de notre monde étant ce qu’elle est, je ne me fais pas trop de souci, la fenêtre d’opportunité ne devrait pas se refermer de sitôt. Cela vaut aussi pour l’ensemble des ressources naturelles.

@François 1 :

À l’évidence vous ne connaissez pas le phénomène de la rareté qui accroit la valeur des biens et des ressources. Dommage !

Quand les puits de pétrole seront taris, et cela arrivera, on s’en reparlera.

«La vérité attend. Seul le mensonge est pressé.»
[Alexandru Vlahuta]

@ François Premier

Les cours du gaz Naturels en Amérique du Nord n’ont jamais été aussi bas que présentement

Juste à titre d’indice voici les prix appliqués par différents fournisseurs en ontario depuis janv. 2006. http://www.ontarioenergyboard.ca/OEB/Consumers/Natural+Gas/Natural+Gas+Rates/Natural+Gas+Rates+-+Historical_fr

Exemple :
Enbridge gaz Distribution vendait son gaz à 41.20 cent le m. cube en janv. 2006 et 12.23 cent en octobre 2011.

Comme fenêtre d’opportunité j’ai déjà vu mieux.

Gil;bert Duquette
Témiscouata sur le LAc

P.S. Je vous laisse sur une phrase de M. Yves Bourget de Finance et Investissement

Les producteurs de gaz naturel ont vu leurs marges bénéficiaires se comprimer, surtout en Amérique du Nord, où les prix ont le plus chuté et frôlent leur creux historique.

Bonne journée encore

Un élément très important dans l’étude du NOAA et de l’université du Colorado c’est que le gisement étudié n’est pas un gisement de gaz de shale, c’est un gisement de gaz naturel dans des grès. Et cette différence est très importante.

La production dans les gisements de pétrole et de gaz naturel du bassin de Denver proviennent essentiellement des grès d’âge Crétacé.
Le gisement principal est celui de Wattenberg, juste au nord de Denver, qui a produit plus de 4 000 000 0000 000 pieds cubes (4 000 Bcf) de gaz naturel dans son histoire.
Le gaz naturel est produit à partir de 14 000 puits majoritairement verticaux. En 2007, le gisement a produit à lui seul 170 Bcf, à peu près l’équivalent de la consommation annuelle du Québec. La fracturation hydraulique a été utilisée dans ce gisement gigantesque (9e gisement gazier états-unien) car il s’agit d’un gisement de type « grès peu perméable » (ou tight sand).

La géologie et la méthode d’exploitation du gisement de Wattenburg diffèrent grandement de ce qui ce fait aujourd’hui dans l’exploitation des gaz de shale. Par l’utilisation des forages horizontaux multiples sur un seul site de forage, il devient possible d’optimiser la production de gaz, en diminuant grandement le nombre de tête de puits en surface. Je crois que c’est difficile d’extrapoler les conclusions de l’étude NOAA/Université du Colorado aux puits de gaz de shale forés actuellement.

Puisque les forages horizontaux sont également utilisés dans le bassin de Denver depuis les dernières années, il sera intéressant de visualiser, lorsque l’étude sera disponible, si les nouveaux puits présentent moins d’émissions fugitives par unités d’énergie produites que les anciens puits.

L’ensemble de ces informations sont disponibles sur les sites du USGS et autres organisations gouvernementales des états se rattachant au bassin de Denver.

Jean-Sébastien Marcil, ingénieur-géologue

@ Jean-Sébastien Marcil

Merci d’utiliser le vrai nom « Gaz de shale ».

Le gaz de schiste n’existe pas.

Du schiste c’est excellent sur les toits et sur les planchers.

Je trouve scandaleux qu’une province peu peuplée comme le Québec doive recourir à l’exploitation de ses richesses pour ‘nourrir sa population’.
Lorsque les sources d’eau seront contaminées, il sera trop tard pour se rende compte que l’eau est beaucoup plus important que le gaz.
D’ailleurs vendre des matières premières sans leur ajouter de la valeur, c’est comme changer 1 piastre pour 4 trente sous, pollution en plus.
Si je vends une once d’or à $1700., j’ai 1700 piastres de plus, mais j’ai pour une valeur moindre de $1700 en or. Mon actif n’a pas changé !
Mieux vaut emprunter $1700 et donner mon or en garantie.

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