Le grand bogue du Plan Nord

Un énorme défi d’acquisition des connaissances… et rien pour le financer! Voilà, en résumé, le grand paradoxe que représente le Plan Nord dévoilé hier en grandes pompes par le gouvernement de Jean Charest.

De page en page, le Plan Nord (texte intéral en pdf) insiste sur la nécessité absolue d’accroître nos connaissances de cet immense territoire très différent à de multiples égards du sud de la Province.

Le document décrit très bien les défis. D’emblée, il précise que:

L’acquisition de connaissances sera au coeur des actions du gouvernement. Il est primordial de se baser sur des données fiables et valides pour assurer un développement durable et ordonné du Nord québécois. Autrement dit, il faut connaître pour agir.

Très bien. Maintenant, comment va-t-on s’y prendre pour appuyer le développement du Nord sur des bases solides? Réponse un peu plus loin.

Le gouvernement entend d’abord créer des ponts entre les milieux de la recherche, québécois et étrangers, les promoteurs et les décideurs. Il reconnaît le besoin de mieux évaluer, notamment, les impacts environnementaux des projets de développement tant sur les écosystèmes naturels que sur les milieux humains. Il vise également à valoriser le savoir et les connaissances des communautés autochtones.

Au fil des pages, le Plan Nord dresse une longue liste de projets de recherche à mener, sous la responsabilité de plusieurs ministères. En voici quelques exemples:

Développer un programme de recherche pour la persévérance et la réussite scolaires des Autochtones.

C’est en effet un must, alors qu’au cours de l’année 2008-2009, 70 % des jeunes Naskapis, 81 % des jeunes Inuits et 92 % des jeunes Cris ont interrompu leur parcours scolaire sans avoir obtenu de diplôme ou de qualification!

La région, immense et loin des grands centres, représente aussi d’énormes défis pour la gestion de la main d’oeuvre. Il va donc falloir, selon le Plan Nord:

Dresser un profil de la main-d’oeuvre sur le territoire du Plan Nord et en assurer la mise à jour périodique.

Produire un atlas permettant de mieux comprendre les mouvements migratoires de la main-d’oeuvre active sur le territoire du Plan Nord et en assurer la mise à jour périodique.

Évidemment, l’exploitation des ressources naturelles et la préservation de la moitié du territoire implique des besoins de connaissances énormes. Parmi les grandes priorités listées:

Réaliser une étude approfondie des sites offrant un potentiel hydroélectrique et éolien sur le territoire du Plan Nord pour l’alimentation en énergie renouvelable des communautés et des projets industriels et miniers hors réseau. 

 Financer les études requises pour des projets de développement de parcs d’hydroliennes.

Investir pour l’acquisition et l’intégration de connaissances géoscientifiques dans le système d’information géominière.

Acquérir des connaissances sur la végétation au nord du 53e parallèle.

Poursuivre les travaux du Comité scientifique sur la limite nordique des forêts attribuables.

Accroître les connaissances sur les activités de prélèvement et les différentes espèces exploitées, documenter la diversité et l’abondance d’espèces ou d’habitats fauniques,

Évaluer l’effet de l’ouverture du territoire, des activités anthropiques ou des changements climatiques sur les ressources fauniques.

Mettre en place un réseau de recherche bioalimentaire au nord du 49e parallèle.

Augmenter le niveau des connaissances à des fins de décision, de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité ainsi que de protection de l’environnement.

Compléter et diffuser l’Atlas sur la biodiversité du Québec nordique.

Et maintenant, la question qui tue: comment va-t-on financer toutes ces études?

À moins que je n’aie rien compris – dépéchez-vous de me corriger si je me trompe – essentiellement avec les redevances issues de l’exploitation des ressources naturelles nordiques!

Autrement dit, c’est une fois que les mines auront commencé à générer des redevances qu’on pourra financer les études pour savoir comment encadrer leur développement!

Jean Charest et son équipe auraient-ils découvert un moyen de faire voyager l’argent dans le temps?

Ne cherchez pas non plus trace des sommes dévolues à l’acquisition des connaissances dans le Plan d’action 2011-2016, qui prévoit des investissements de 1,625 milliards de dollars, soit:

1,191 milliard de dollars dans le développement des infrastructures

382 millions de dollars dans les mesures sociales

52 millions de dollars dans le financement de la Société du Plan Nord et des activités de démarchage de partenaires investisseurs à l’étranger.

S’il veut tenir ses promesses et être crédible, le gouvernement Charest devrait nous dire beaucoup plus clairement combien il compte consacrer aux études qu’il promet à longueur de pages, notamment sur les écosystèmes nordiques.

Qu’il n’y ait pas un mot à ce sujet dans la partie du document consacré au financement de ce vaste chantier n’augure rien de bon…

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C’est du n’importe quoi, du laxisme envers les minières et cie..

Théorie; si le projet avait plus de cotés politiques qu’aussi ramener un lustre et une note historique au PM, mais aussi occuper politiquement le Québec, au cas où sa pourrait être utile de prouver qu’il appartient solidemnt au Québec, par example?

Comme d’habitude du placotage typique de la langue de bois. Noircir des pages et des pages de vœux pieux qui ne se réaliseront pas, tout simplement parce que cela n’intéresse pas ce gouvernement.

L’environnement, il n’en parle que parce que c’est payant politiquement. Cela contribue à amener les gogos à adhérer à ce qui n’est rien d’autre que son habituel bradage de nos ressources naturelles.

Quand on parle d’exploiter les ressources en partenariat avec le privé, on devrait retrouver ce partenariat sous forme de partage des dépenses de formation, d’infrastructures et d’environnement.

En fait, ce qu’entend le gouvernement quand il parle de partenariat, c’est que les contribuables défrayeront les coûts des infrastructures, de la formation, de la protection de l’environnement et qu’ils assumeront tous les risques en échange pour des redevances minimalistes et que les minières engrangeront les profits.

Nous avons vu le PLQ à l’oeuvre dans le dossier des gaz de schiste et de Pétrolia, pour lui faire confiance en matière de ressources naturelles ou croire qu’il a changé, il faut souffrir d’Alzheimer ou de partisanerie aigüe.

Le Québec et son Plan Nord: un modèle pour le 21ème siècle ?

Lisez cet extrait, c’est à si méprendre:

«Le secteur minier peut contribuer de façon significative à soulager les maux de l’économie nationale à plusieurs titres :
• Une exploitation minière est en mesure de générer un flot de devises.
• Les revenus que l’État percevra sous forme de multiples taxes et droits augmenteront la trésorerie de l’État.
• Une exploitation minière crée non seulement de nombreux emplois, mais elle est aussi en mesure de générer, par incidence, de nombreux autres emplois.
• Une activité minière a comme effet certain de stimuler l’activité économique puisque les sommes distribuées sous forme de salaire et de dépenses sont aussitôt recyclées dans l’économie locale.
• L’industrie minière contribue grandement à l’amélioration des infrastructures routières, aéroportuaires, maritimes, scolaires, hospitalières, énergétiques et de communication soit sous la forme de travaux qu’elle effectue en propre ou encore de contributions, directes ou indirectes, à la mise en place et à l’amélioration de ces infrastructures.

La stratégie actuelle de la politique minière est de promouvoir le développement des ressources minérales en incitant des investisseurs privés nationaux et étrangers à venir les explorer et exploiter. Les cadres juridique et fiscal applicables à un investissement minier ont été révisés en vue de créer des conditions favorables aux investissements et de mieux protéger les intérêts de l’État»

Non, il ne s’agit pas d’un document du MRNF ou du plan Nord mais d’un rapport de 1993 du Bureau des mines sur les ressources minières d’Haïti… Bonjour l’innovation au Québec !!!!!. J’ai le lien si vous voulez

http://elsie-news.over-blog.com/article-rapport-datant-de-1993-du-bureau-des-mines-sur-ressources-minieres-d-haiti-71911947.html

On n’a pas inventé le fil à couper le beurre.

Amusant de voir le document fédéral de 2003 (année deux mille trois) «Lignes directrices sur l’aménagement des terres du Nord: mise en application du développement durable (Ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien)
deshttp://www.ainc-inac.gc.ca/ai/scr/nu/abu/pubs/nlug1/nlug1-fra.asp#chp5 terres du Nord – Mise en application du développement durable»

Quoique que on l’on puisse avoir comme opinion, il suffit de remplacer le mot «Terres du Nord» par «Nord du Québec» et le texte pourrait servir cette année. Faudrait même vérifier qu’il n’y a pas de copié -collé …
Je reviens sur ma question qui ne soulève pas les foules. Quel sera le rôle du gouvernement fédéral ???? a-t-il été consulté ou sollicité ?

Bien simple à comprendre
On assiste encore une fois qu’à un show de boucane
Le seul plan qui tient encore la route et qui ne perd pas le nord c’est le plan OUT.

Revoyez les « pitch » du Suroît, d’Orford, de Rabaska, toujours pareil, ce gouvernement met le Charest devant les «beus».

Le plan nord Charest n’invente rien avec cela,pensez-y le nord du 49ieme parralele est bourré de potentiel de toute sorte c’etais de toute façon ecrit dans le ciel que les minieres bougeraient depuis le temps qu’elles font de la prospection.Quant aux autre source d’energie eolienne et hydro electricté encore la rien de neuf.Alors tant qu’a moi L’hritage Charest demeure la corruption et la collusion dans l’industrie de la construction.

Je me rappelle de trop de projets fiascos, comme le Mont Orford ou la rue Notre Dame qui est dans le grand sud, à porté de la main et pas de bande autochtone en vue !!!

Je me rappelle du Gaz de schiste dont les compagnies qui en font la prospection sont dirigée par des gens de la «famille» et a qui on a donner pour une bouchée de pain des permis d’exploration de 20 ans dans mon jardin…

Je me rappelle du fiasco monstrueux de la mise en commun des dossiers médicaux, si broche à foin qu’on a attendu 2 ans de travaux très payant par des firmes de la «famille» pour allez voir … enfin… ce qui existait sur le terrain ….et recommencer des travaux très payant….

Heureusement dans moins de 2 ans on aura la chance d’élire un autre parti, qui fera le même sort qu’a son grand frère fédéral PLC, le rayer pour longtemps de la carte et mettre en route une commission d enquête sur les relation des partis politiques et du monde de la construction, notamment des routes et ponts dans le grand nord……..

s’il n’y avait que ça, comme bogue…
le territoire du nord du Québec est délimité par les eaux… a marée haute! quel intérêt d’y construire des ports, qui seront doublement de juridiction fédérale?!

Il est amusant, attristant de voir que les commentaires, y compris celui Valérie Borde manquent l’essentiel du problème soit l’impossibilité matérielle de réaliser quoique ce soit à plus long terme, disons au delà d’une vingtaine d’années et probablement moins. Les commentaires parlent tous de développement, oui mais lequel et a quel prix ? Est-ce possible ? etc…
Nous rentrons dans une ère nouvelle pour l’humanité, celle de l’énergie de plus en plus rare et de plus en plus chère.
Ces projets nécessitent des infrastructures considérables et l’éloignement des mines ou autres facilités, rendra impossible leur exploitation, à des coûts économiques supportables (éloignement, réalisations et maintenance des infrastructures).
Il ne s’agit pas ici de dénoncer l’incapacité du gouvernement actuel à gérer ce dossier, ou à se lamenter sur sa corruption réelle ou supposée mais plutôt de constater que lui, comme l’opposition, le PQ notamment, passe complètement à côté de l’enjeu majeur pour le Québec, pour les vingt prochaines années, soit bâtir une société qui puisse s’adapter à une énergie rare et chère..A ce titre les préocupations d’occupation du territoire doivent se poser et notamment la viabilité et la sustainabilité des régions éloignés et ceci bien en-deca du 49 ème parallèle..Exemple – Comment vivre en Gaspésie avec un litre d’essence à 10 $…? Le développement a tout va est terminé, l’énergie a basse entropie comme le pétrole est en voie de disparition accélérée, d,autres matières également, cuivre, chrome, etc…nous entrons dans une ère nouvelle pour l’humanité et a ce titre ce genre de projet montre bien l’incapacité des gouvernements a saisir les enjeux et à la population à comprendre que les voyages dans le sud, l’hiver, bientôt n’existeront plus….

Bonjour Mme Borde,
Dans votrter analyse, vous soulevez l’essentiel des problèmes qui risquent de rendre difficile la réalisation de tous ces projets de développement mirobolants et payants. Le plus important, cependant, c’est celui qui touche à l’intégration dans le grand Plan de toutes les Nations autochtones directement ciblées par l’envahissement de ces petis ingénieurs-entrepreneurs-profiteurs venus du Sud et de partout dans le merveilleux monde des affaires et du développement profitable (pas nécessairement durable). Tout ce qu’il faut vraiment espérer, c’est que les leaders des Premières nations se tiennent debout et ne se laissent pas manipuler par tout ce beau monde qui vise leurs richesses, leur nature et leur environnement. Pour un fois que ces Nations autochtones tiennent le bon bout du bâton, souhaitons qu’elles ne le lâcheront pas. Cette terre tant convoitée leur appartient et ils doivent être les premiers bénéficiaires de son développement.

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