Le Grand Nord vu du ciel

Après avoir survolé la planète avec le célèbre Yann Arthus-Bertrand, le photographe-aviateur québécois Mario Faubert a décidé de voler de ses propres ailes. Son livre nous fait découvrir le Nunavik comme on ne l’a jamais vu !

Le Grand Nord vu du ciel
Mario Faubert (photo : Air Photo Max)

S’il pouvait remonter le temps, Mario Faubert retournerait 90 ans en arrière et serait, aux côtés d’Antoine de Saint-Exupéry, pilote de l’Aéropostale, cette compagnie aérienne mythique qui distribuait le courrier de l’Europe jusqu’à Dakar et Buenos Aires. « J’aurais aimé survoler les dunes de la côte africaine en étant seul avec les éléments, sans aucune réglementation à respecter. Quelle liberté ! »

Voler, c’était le rêve de petit gars de Mario Faubert. La photographie est venue après, plusieurs années après, à celui qui se sentait privilégié de voir du haut du ciel la terre des hommes en tant que pilote pour la société Saputo, puis pilote de ligne pour Inter-Canadien. Après avoir suivi un cours de photographie aérienne, il crée son entreprise, Air Photo Max, qui croque les champs, les usines, les centres commerciaux pour des industries, des municipalités, des États…

En 2004, il réalise un rêve en se joignant à l’équipe de photographes aériens de La Terre vue du ciel, organisme fondé par Yann Arthus-Bertrand, qui publie des livres et présente des expositions de photos de notre planète telle qu’on ne la voit jamais quand on a les deux pieds dessus. Pour La Terre, il se rend aux Antilles, en Croatie, en Mauritanie, où il fait des milliers de clichés. C’est bien de parcourir le monde, se dit-il bientôt, mais il y a tant de beauté chez nous… Il pense en particulier au Nord-du-Québec, région dont il a survolé une infime partie et où il rêve de retourner.

Nunavik : Québec inconnu (Le Passage), en librairie le 6 octobre, est le fruit de deux vols réalisés en 2007 et 2008. Il nous montre la terre des Inuits telle qu’elle apparaît aux oiseaux migrateurs : grandiose, sauvage et peu peuplée. Mario Faubert a immortalisé un troupeau de caribous traversant une rivière, des villages de pêcheurs aux maisons qui semblent blotties les unes contre les autres dans le froid, le majestueux cratère des Pin­gualuit, ovale et bleu comme un œil de chat… En regardant ces images, on vit une vraie ren­contre avec une partie de notre province qui nous est parfaitement inconnue, même si elle occupe le tiers du territoire !

Touchées par son entreprise, des person­nalités inuites ou sensibles aux réalités du Nord, dont Chloé Sainte-Marie et Elisapie Isaac, ont accepté d’écrire un mot dans le livre de Mario Faubert. Et son idole, Yann Arthus-Bertrand, l’a préfacé : « Mario Fau­bert est comme un frère en photographie. Parce qu’il photographie la Terre vue du ciel, mais surtout parce qu’il a, avec ce livre, le souci de transmettre, de mettre en communication, de se faire passerelle entre un monde inconnu, inaccessible ou presque, et nous, ses spectateurs et lecteurs intéressés et, grâce à lui, tombés amou­reux de ces lieux du Nunavik. » Ima­gi­nez qu’il ait été le copilote de St-Ex… 

Voir le photoreportage de Mario Faubert, « Le Nunavik vu du ciel» >>

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