Le joyeux monde du cardinal Ouellet

N’en déplaise au cardinal Ouellet, interdire l’avortement tue, parce que c’est la première raison qui pousse des femmes à mettre fin à tout prix à des grossesses non désirées. Quitte à en mourir.

L’Organisation mondiale de la santé estime à une vingtaine de millions le nombre d’avortements pratiqués chaque année dans le monde par des gens insuffisamment qualifiés ou dans de mauvaises conditions. 97 % de ces avortements se produisent dans des pays en développement.

Environ 68 000 femmes en meurent, et des millions d’autres en gardent des séquelles parfois terribles. Allez voir dans ce document de l’OMS (pdf seulement disponible en anglais) ce que donne un avortement mal fait. Attention, photo choquante.

Selon l’OMS, la première étape pour mettre fin à ce qu’elle qualifie de pandémie évitable, c’est de légaliser l’avortement. C’est ce que 12 pays ont décidé de faire entre 1995 et 2005, incluant l’Albanie, le Bénin, le Burkina Faso, le Cambodge, l’Éthiopie, la Guinée, le Mali, l’Afrique du sud et le Népal.

Au minimum, la plupart de ces pays ont autorisé le recours à l’avortement lorsque la grossesse met en danger la vie de la femme, ou suite à un viol. Même la Colombie, après des débats houleux, a légalisé l’avortement après un viol en 2006.

L’avortement n’est pas une question de morale, mais de santé publique.

Malheureusement, il reste encore dans le monde bien des gens prêts à sacrifier la vie de femmes et même de petites filles pour des motifs religieux chers au cardinal Ouellet.

L’an dernier, au Brésil, une fillette de neuf ans s’est retrouvée enceinte de jumeaux après avoir été violée à répétition pendant deux ans par son beau-père, qui abusait aussi de sa sœur handicapée de 14 ans.

Les médecins ont mis fin à la grossesse dès qu’elle a été découverte, après quatre mois de gestation, conformément à la loi brésilienne qui autorise le recours à l’avortement après un viol et lorsque la vie de la future mère est en danger. L’enfant de 9 ans pesait 33 kg et n’aurait probablement pas survécu à l’accouchement, selon les médecins.

Qu’ont fait les autorités catholiques ? Elles ont excommunié la fillette et toute sa famille…

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Oui mais malheureusement, pour ces joyeux religieux, la femme est une sous-créature et une vulgaire machine à procréer. Nous le voyons très bien avec cette sortie du carinal Ouellet, « complémentarisée » par Michel Lizotte qui va jusqu’à équivaloir la femme qui a recourt à l’avortement après un viol, au violeur lui-même!

Si une femme est enceinte, elle doit le garder coûte que coûte, qu’elle soit en danger de mort, qu’elle ait 9 ans, qu’elle ait été violée ou non. Car le corps de la femme n’est qu’un four à bébé rien de plus!

C’est franchement dégueulasse tout ça!

Je voulais simplement ajouter une correction :

La fillette n’a pas été excommuniée contrairement à sa mère et à l’équipe médicale qui a procédé à l’avortement.

Ca veut dire qu’il n’y a que 600,000 avortements dans les pays développés?
Au Québec seulement il n’y en a plus de 30,000.
Est-ce que le Québec fait 1/20e du monde développé? Ben non.

Je n’ose même pas commenter les propos rétrogrades et dignes de l’obscurantisme du temps de l’Inquisition de cette Église dépassée et vétuste. Je ne suis pas un fan des femmes utilisant l’avortement comme contraceptif, mais je ne crois pas qu’elles soient si nombreuses qu’on le laisse entendre et c’est aux femmes de choisir ce qu’elles font de leur corps.

Cependant, j’aimerais bien vous entendre réagir, Mme Borde, à ces fameuses « preuves » que sortent des organismes pro-vie (ex: organisme Respect de la vie) et disent aux femmes voulant avorter comme quoi l’avortement augmenterait de 33% les chances de cancer de l’utérus, diminueraient de manière drastique la fertilité, etc. Quant à moi, ça sonne arguments pour créer la peur chez des femmes déjà vulnérables de leur décision pas facile à prendre, mais j’aimerais savoir ce qu’en disent les recherches scientifiques.

Évidemment, je me doute qu’une intervention comme celle-là, comme n’importe quelle intervention médicale comporte des risques, mais de là à tomber dans l’exagération…

Rectification encore: un évêque a voulu excomunier la famille mais il a été rabroué par tous les autres évêques et le Pape.

C’est pourtant pas si compliqué que ca. Nous vivons en démocratie et l’Eglise a le droit de s’exprimer. En contre partie, quiconque se trouve en désaccord avec les propos du cardinal peut les ignorer à sa guise. C’est pas comme si le Vatican allait faire passer des lois sur l’avortment demain matin. Pourquoi se soucier de faire prendre telle ou telle direction à l’Eglise alors qu’elle disparaitra le plus naturellement du monde quand l’indifférence à son égard sera assez répandue?

« L’avortement n’est pas une question de morale, mais de santé publique. »

Je suis en désaccord avec cette assertion et une grande partie du débat actuel est alimenté par le dogmatisme qu’elle représente.

Qu’on le veuille ou non, l’avortement touche à la vie et à la mort. C’est donc une question de santé publique ET morale.

Il faut être particulièrement sans coeur pour réduire l’avortement à une politique de santé publique.

Ceci étant dit, il est injuste d’imposer une morale dogmatique, qu’elle soit d’un groupe religieux ou autre, aux femmes appelées à faire ce choix.

Pour votre édification personnelle lire le rapport sur ces pauvres religieuses africaines violées et engrossées par des prêtres; quand on découvre leur état, elles sont renvoyées de leur communauté, bannies de leur famille et contraintes à la mendicité ou à la prostitution. Pendant ce temps le prêtre court toujours. Lire à ce sujet le rapport de Sœur Maura O’Donohue, médecin, fait à la demande de la Congrégation vaticane pour les ordres religieux et remis au Vatican en 1995. Le Vatican a reconnu les abus en 2001, soit six ans après, suite à sa publication dans le journal Le Monde (22 mars 2001).

SOYONS PRO-CHOIX et PRO-VIE !
Le droit de la femme de préserver son intégrité corporelle et de disposer de son corps est fondamental. En tout temps, une femme doit avoir la possibilité d’interrompre volontairement une grossesse.
Et le droit à la vie de tout être vivant arrivé à maturité doit être une valeur partagée par chaque être humain. Un fœtus suffisamment développé pour survivre à un accouchement prématuré, sans séquelles et sans support médical, mérite de vivre.
Forcer une mère, qui ne veut pas accoucher, à porter son bébé jusqu’à terme, met la santé de l’enfant en danger. Une mère ne souhaitant pas garder un enfant jusqu’à la naissance normale émet des toxines dues au stress, au rejet mental, à l’angoisse et à la culpabilité, qui vont endommager pour toujours la santé du bébé. Cet état se trouve souvent renforcé par des compensations au mal-être dû à cette grossesse non souhaitée, comme la drogue, le tabac ou l’alcool.
Ainsi, l’avortement doit pouvoir être pratiqué jusqu’à ce que le fœtus soit capable de survivre par lui-même, sans aucun soutien thérapeutique ou équipement médical. Parallèlement, il faut que les femmes qui ne souhaitent pas garder un enfant après ce délai puissent être informées des modalités pour accoucher prématurément et confier anonymes le bébé capable de survivre seul, à des institutions appropriées qui peuvent trouver des parents adoptifs.
Ainsi les droits de l’enfant et de la mère sont tous deux respectés.

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