Le magicien du papier

Trois-Rivières vit au rythme du papier. Et ce pourrait bien être là que naîtront des papiers « flyés » !

Photo : Pierre Maning
Photo : Pierre Maning

Imaginez un papier peint dont l’imprimé changerait selon les saisons, un ruban qui pourrait détecter un virus dans le souffle d’un voyageur, un carton aussi fort que l’acier, du papier-écran, comme dans les aventures de Harry Potter, qui permettrait de suivre les déplacements d’objets ou de personnes comme sur un écran radar!

«Tous ces papiers « actifs » sont au stade du prototype», dit Patrice Mangin, professeur de génie chimique à l’Université du Québec à Trois-Rivières et directeur général du Centre intégré en pâtes et papiers (CIPP), aussi à Trois-Rivières. Sa grande idée: sortir la ville, et tout le Québec, de l’ornière dans laquelle l’industrie papetière (26 000 emplois) s’enfonce depuis 20 ans – et en accéléré, avec l’effondrement des journaux américains.

«Trois-Rivières est très bien placée pour profiter du nouveau filon», dit-il. Le CIPP est équipé d’une des machines les plus avancées au monde pour mettre à l’épreuve les papiers de demain.

Patrice Mangin cherche à recueillir 13,5 millions de dollars pour doter le CIPP d’une seconde installation, une usine-pilote de bioraffinage du bois. Ce procédé permettrait de fabriquer des produits comme l’éthanol, le biodiesel ou des nanoparticules (ces dernières pourraient procurer au bois des propriétés extraordinaires de force, d’adhérence ou de dureté).

Patrice Mangin a annoncé en mai son intention d’être candidat libéral aux prochaines élections fédérales. Selon lui, le gouvernement fédéral a des ressources, mais aucune vision nette de ce qu’il faut faire, contrairement à l’administration américaine, qui investit dans la recherche. «L’industrie est tellement fauchée que je ne vois qu’une solution politique au problème, dit-il. Si nous attendons encore quatre ans, le Québec aura raté le coche.»

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