Le marché des fleurs équitables au Québec

Au Québec, la majorité des fleurs équitables sont importées par Sierra Flower, une entreprise montréalaise qui tente, depuis 2002, de convertir les consommateurs aux « écofleurs ».

Le marché des fleurs équitables au Québec
Photo : A. Zehetbauer / CC 2.0

Sept millions de ces « écofleurs », cultivées principalement en Équateur, en Colombie et en Californie, ont garni les étals de fleuristes canadiens l’an dernier. « Malheureusement, la clientèle n’est pas au courant », dit Louise Gadoury, responsable du marketing de Sierra Flower.

Difficile, en effet, d’inscrire un label sur chaque fleur équitable, comme les producteurs le font sur les paquets de café ou les tablettes de chocolat. « Apposer une étiquette délicatement sur la tige coûte trop cher », explique Louise Gadoury. De toutes les fleurs équitables qu’importe Sierra Flower, seules celles certifiées Fairtrade sont étiquetées. Vendues chez une quinzaine de fleuristes au Québec, elles sont reconnaissables au logo bleu et vert de l’organisme… et à leur coût, près de 50 % plus élevé que celui d’un bouquet ordinaire. Les fleurs certifiées par d’autres organismes (FlorVerde, VeriFlora, Rainforest Alliance et Flower Label Program) ne portent aucun signe distinctif. En raison de cet anonymat, Sierra Flower les vend exactement au même prix que les fleurs ordinaires.

La chaîne d’intermédiaires contribue aussi à brouiller les pistes. Une fois livrées au Canada, les fleurs sont vendues par l’importateur à des grossistes, qui les distribuent en vrac à des fleuristes. « Tous les fleuristes ont des fleurs équitables dans leur frigo, sans nécessairement le savoir », confie un grossiste québécois.

Pour éclairer les consommateurs, Sierra Flower mettra en ligne sous peu la liste des détaillants qui offrent ses écofleurs. D’ici là, il faut s’en remettre aux fleuristes qui trient leurs fournisseurs sur le volet, comme L’Atelier Fleurs & Cie, à Trois-Rivières. La propriétaire, Marie-Claude Toutant, a visité quelques fermes équatoriennes qui l’approvisionnent. « Certaines n’ont pas les sous pour obtenir la certification équitable, explique-t-elle. Mes fleurs ne sont donc pas toutes certifiées, mais je sais qu’elles proviennent de serres où les employés sont bien traités. »

La designer montréalaise Eva Gludovatz se spécialise dans les compositions florales pour banquets, galas ou autres grandes occasions. « Il est impossible de se procurer certaines variétés de fleurs équitables ou biologiques, dit la propriétaire d’eva.g design floral équitable. Parmi celles-ci, les orchidées. Bien que je les adore, j’ai décidé de m’en passer. »

 

Laisser un commentaire