Le patrimoine mondial menacé par les changements climatiques

Les changements climatiques menacent certains sites qui figurent sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Faudra-t-il les retirer de la Liste?

Avec le réchauffement climatique, certains des moaï, les statues monumentales de l'Île de Pâques, pourraient bien finir au fond de l'océan. (Photo: Jamie Norman/Pixabay)
Avec le réchauffement climatique, certains des moaï, les statues monumentales de l’Île de Pâques, pourraient bien finir au fond de l’océan. (Photo: Jamie Norman/Pixabay)

Peu avant que la France soit aux prises avec les inondations monstres que l’on sait, l’UNESCO sonnait l’alarme, en début de semaine dernière, pour souligner l’impact des changements climatiques sur la pérennité des sites classés sur sa prestigieuse Liste du patrimoine mondial.

Selon un rapport fraîchement publié par l’organisme onusien et intitulé «Patrimoine mondial et tourisme dans le contexte des changements climatiques», 31 sites naturels et culturels de 29 pays du globe sont ainsi sérieusement mis à mal par la hausse des températures ou l’exposition à des phénomènes météorologiques extrêmes, par des sécheresses corsées ou des incendies plus virulents et difficiles à maîtriser, entre autres choses.

Ainsi, les récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie sont soumis cette année à un blanchiment sans précédent; des statues de l’Île de Pâques situées en régions côtières pourraient bientôt s’affaisser dans la mer; des villes au ras des flots comme Venise ou Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, risquent de pâtir de l’élévation du niveau des mers; alors que la Grande mosquée en banco (terre crue) de Djenné, au Mali, souffre de plus en plus des poussées d’humidité ambiantes.


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Mêmes des perles urbaines continentales comme Cesky Krumlov, en République tchèque, ne sont pas à l’abri des bouleversements climatiques, si la rivière qui traverse son centre historique s’avise de sortir de son lit, après des pluies torrentielles extrêmes.

Du reste, on ne sait pas comment les cèdres sacrés de la vallée de la Qadisha – mentionnés 103 fois dans la Bible – réagiront au manque d’humidité et à la hausse des températures du bassin méditerranéen, tandis que le parc national Huascaran, au Pérou, voit ses 660 glaciers se réduire chaque année comme peau de chagrin, ce qui laisse présager le pire pour sa forêt tropicale de montagne et sa flore endémique, qui dépendent des eaux de fonte.

En un mot comme en cent, les changements climatiques menacent ces sites à un point tel que certains d’entre eux pourraient bientôt se voir retirés de la Liste.

Que faire pour ne pas en arriver là? Mechtild Rössler, directrice du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, insiste sur l’importance d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, en tentant de contenir la hausse de la température mondiale en-dessous du seuil de 2 ºC, au cours des décennies à venir. Plus facile à dire qu’à faire…

Mais il y a plus: pour l’heure, un site doit présenter «une valeur universelle exceptionnelle» pour figurer sur la Liste du patrimoine mondial. Or, dans ses conclusions, le rapport de l’UNESCO recommande qu’à l’avenir, le Comité du patrimoine mondial tienne aussi compte du risque de dégradation issu des bouleversements climatiques, dans sa décision d’inclure ou non un site sur la Liste.

Peut-être que de la sorte, les dirigeants de certains pays signataires seront davantage incités à atteindre les objectifs de l’Accord, si l’inscription de nouveaux sites leur tient réellement à coeur…