Le progrès selon Pierre Duhamel : modérez vos ardeurs!

Dans un récent billet, mon cher collègue blogueur Pierre Duhamel réagit vivement à la sortie du film Survivre au progrès, du réalisateur Mathieu Roy.

Je partage le point de vue de Pierre Duhamel sur le fait qu’il a toujours existé des prophètes de malheur, et que l’humanité se porte aujourd’hui dans son ensemble nettement mieux qu’il y a quelques siècles.

N’empêche qu’à moins d’un sérieux coup de barre, nous nous dirigeons droit dans un mur.

Si l’humanité a autant progressé, c’est parce qu’elle a su tirer partie de la richesse des ressources naturelles de la terre, domestiquant plantes, pétrole et autres minéraux pour les transformer en aliments, technologies et médicaments, permettant  aux humains de se préoccuper d’autre chose que de leur survie immédiate, d’étudier, d’explorer le monde et d’en comprendre les principaux ressorts grâce à la science.

Mais même si l’on regarde tout cela d’un point de vue très optimiste, force est de constater que ces ressources ne sont pas infinies.

La technologie permet certes de repousser régulièrement les limites du possible, mais à moins d’être capable de rationnaliser notre utilisation des ressources à un niveau qui n’a rien de commun avec ce qui se pratique aujourd’hui, à un moment ou à un autre, nous allons tomber en panne.

La planète nous donne des premiers signes d’essouflement : les changements climatiques montrent que la consommation rapide du carbone fossilisé sous forme de charbon ou de pétrole a des conséquences sur des processus globaux qu’on ne comprend pas encore très bien, mais qui sont susceptibles de modifier les conditions de vie sur Terre à un rythme très rapide que l’évolution des espèces vivantes va avoir bien du mal à suivre.

Si paniquer ne sert à rien, il faut en revanche réagir et ne pas continuer notre course folle comme si de rien n’était, en niant les évidences qui devraient nous inciter à la prudence.

Et ce n’est pas parce que les prophètes de malheur ont toujours eu tort qu’il faut faire la sourde oreille aux avertissements des scientifiques (et ils sont plusieurs dans le film de Mathieu Roy) qui entrevoient, par leur observation attentive du monde, que certains de ces malheurs risquent fort de nous tomber dessus dans pas très très longtemps.

Cher Pierre, allez donc voir l’état des sols de la planète, qui constituent le garde-manger de l’humanité, et vous me direz ensuite s’il n’y a vraiment aucune raison de s’inquiéter…

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La vidéo inclut un commentaire de la romancière Margaret Atwood! Cela lui enlève beaucoup de crédibilité à mes yeux, et en fait plutôt le produit d’une agence publicitaire qu’un produit sérieux. Je doute fortement des compétences scientifiques et environnementales de la romancière Atwood; mais je n’ai aucune difficulté à croire qu’elle ait une imagination extravagante et qu’elle sache inventer des histoires convaincantes ou émouvantes. La réalité, cependant, n’est pas de la fiction…

Dans un domaine où beaucoup d’objectivité est requise pour voir les choses telles qu’elles sont, il faut avoir une saine méfiance envers les spécialistes de la fiction.

Au début de la révolution industrielle, on prédisait l’épuisement des ressources de charbon

au début de l’utilisation massive du pétrole, on prédisait son épuisement

au début du télÉphone, on croyait qu’on manquerait de cuivre pour brancher tout le monde.

Comment réussit-on à ne pas manquer de ressources? LE PROGRÈS. Idem pour l’agriculture: grâce à une sélection rigoureuse, il serait possible de créer des plantes qui n’ont à peu près pas besoin d’eau ou qui résistent au insectes. Malheureusement, les écologeux s’opposent à ce progrès et veulent… revenir en arrière avec l’agriculture bio

n’en déplaise à la gauche, la marché fonctionne. Une hausse des prix crée des incitatifs à trouver des alternatives. C’est ce qui explique en partie pourquoi GM et Chrysler ont fait faillite : leurs véhicules étaient trop énergivores

Le commentaire de Mouton Gris est très pertinent.
Les ressources (à part le soleil) ne sont pas illimité mais il ne faut pas oublier que leur prix influe énormément sur leur utilisation. Un pétrole cher sera source d’évolution des techniques et des mœurs.

Vous parlez de sols, rien de nouveau. Le Dust Bowl du Midwest durant la grande dépression était dû a un labour intensif et a une forte érosion. Des solutions on été rapidement trouvées: culture en bande selon les lignes de niveau. Récemment c’est encore le «progrès» qui a permis avec les OGM la diffusion massive du semis direct qui a permis de limiter fortement le labour. Demain ce sera certainement l’agriculture de précision qui permettra de minimiser l’impact de l’homme sur son environnement en lui permettant de s’adapter aux variations intra-parcellaires de ses champs. Bref, si les sols vont mal c’est à cause d’un manque flagrant d’accès au «progrès» et de politiques agricoles et environnementales inadéquates.

La notion de progrès comporte plusieurs facettes dont le progrès scientifique, le progrès technique, le progrès humain, le progrès industriel … etc. Pointer du doigt le progrès, c’est comme pointer vers le vide et de ce fait favoriser l’inaction.
Cependant, il ne faut pas oublier que la surpopulation joue un rôle important dans détérioration des conditions de vie. Dans mon livre « Milliardaires » j’aborde cette question. http://www.jacquesgonthier.com

L’état des sols, c’est justement le manque de progrès qui a détruit les sols. Grâce au progrès, nous savons mieux que jamais comment les protéger et nos agriculteurs en sont de plus en plus conscient et grâce aux nouvelles technologies développées grâce au progrès, les sols sont mieux gérés.

C’est l’agriculture de précisions grâce au GPS, donc les satellites, qui permet de mieux utiliser les pesticides, engrais et travaux aux champs.

vive le progrès, nous produisons plus avec moins.

Avec 7 milliards d’être humains, je ne suis pas certain que le bio, les calèches et les poêles à bois soient la solution.

Merci Valérie Borde pour votre réponse à votre confrère. Pourquoi certains d’entre vous sont tellement réticents à l’idée que nous devrons faire des changements et nous adapter? Le choc risque de vous déstabiliser!

Avant que le pétrole devienne la source la plus usuelle d’énergie, c’était le charbon qui était le moteur la croissance industrielle. Voici comment William Stanley Jevons, un intellectuel anglais, appréhendait l’épuisement du charbon découlant de la croissance économique en 1865. Je vous laisse faire le parallèle avec ceux qui prônent la décroissance…

« I must point out the painful fact that such a rate of growth will before long render our consumption of coal comparable with the total supply. In the increasing depth and difficulty of coal mining we shall meet that vague, but inevitable boundary that will stop our progress. » […]

So far then as our wealth and progress depend upon the superior command of coal we must not only stop—we must go back. »

http://www.econlib.org/library/YPDBooks/Jevons/jvnCQ.html

Au lieu de regarder les glaciers d’eau douce fondre et augmenter le niveau de la mer, la rendre plus douce, moins lourde ce qui influe aussi sur les courants, ne pourrait-on pas récupérer directement l’eau de la fonte des glaciers. Que ce soit pour iriguer les déserts et y faire pousser de la végétation pour réduire l’impact de l’érosion et augmenter la superficie cultivable.
Ou simplement la récupérer dans des réservoirs pour la transporter là ou les besoins sont les plus criants.
Arrêter d’utiliser les rivières pour de l’hydro-électricité quand on peut fort bien utiliser le marémotrice et le mouvement perpétuel infini de la mer.
Récupérer une partie des eaux des rivières avant qu,elles ne se jetent dans la mer.
Au lieu de faire des toits vert de faire des serre sur tout les édifices. En ayant des toit en ppente on peut récupérer cet eau pour la traiter et l’utiliser dans la serre et l’édifice.

Le problème des sols agricoles sera réglé quand les techniques modernes d’agricultures de conservation se seront imposés. Elles ont fait leurs preuves et montre que la progression technique, en dehors des dogmes écogistes ou artificialistes, peut résoudre les problèmes (bien réels) auquel nous faisons face.

Il est important de noter (pour ceux qui n’ont pas vu le film) qu’il ne s’agit pas de revenir en arrière, dans un fantasme de société pré-industrielle ou de condamner le progrès dans son ensemble, mais bien d’être attentifs aux pièges du progrès. Une méthode d’exploitation trop efficace, par exemple, pourra détruire les ressources. On a qu’à penser aux arbres qui sont une ressource renouvelable, mais qui n’ont pas la capacité de pousser aussi vite qu’on les coupe. Il est évidemment suggéré de consommer moins et de façon plus responsable, mais personne n’ordonne de s’habiller avec des sacs réutilisables biodégradables… Ce n’est pas la consommation, mais la surconsommation qui est en cause (d’où son nom, en cas de doute, consultez un dictionnaire). P.S. Surviving Progress vaut la peine d’être vu. Certains témoignages sont alarmistes, certe, mais ce n’est pas le ton du film. Les intervenants eux-mêmes reconnaissent qu’il est difficile de changer de mode de vie. Le fondement n’est ni moralisateur ni pessimiste, mais il propose une réflection à laquelle on devrait s’attarder.