Le robot phoque en CHSLD : c’est sérieux !

Le bébé phoque robotisé Paro pour divertir les personnes âgées résidant en CHSLD n’est pas une panacée, et il n’a pas fait la preuve de son efficacité. Mais cet outil pour lequel le ministre de la santé Yves Bolduc s’est enthousiasmé récemment, provoquant les railleries de la députée péquiste Carole Poirier et la colère de l’Association des chasseurs de phoque des Îles-de-la-Madeleine, mérite toutefois qu’on s’y intéresse.

Paro a été mis au point en 1993 par Takanori Shibata, un chercheur du Japan National Institute of Advanced Industrial Science and Technology, un laboratoire du gouvernement japonais. Depuis 2005, il a été vendu à plusieurs milliers d’exemplaires dans le monde, d’abord au Japon, puis au Danemark, et en Amérique du Nord depuis 2009. J’en ai déjà parlé sur ce blogue en 2010, dans mon Défilé de robots.

Pourquoi un bébé phoque ? Pour les mêmes raisons pas très rationnelles qui font justement que Brigitte Bardot s’intéresse aux phoques : parce qu’avec ses grands yeux, c’est un animal particulièrement attendrissant. L’idée en a d’ailleurs été inspirée au chercheur japonais par des images d’un blanchon madelinot.

Le bébé phoque a aussi l’avantage de ne pas être un animal domestique que l’on a l’habitude de flatter, ce qui fait qu’une version robotisée même imparfaite a plus de chance d’être acceptée que celle d’un chien ou d’un chat dont on connait bien le comportement.

Depuis sa commercialisation, Paro a fait l’objet d’innombrables reportages qui ont rapporté, de manière anecdotique, qu’il pouvait aider des personnes âgées aux prises avec des démences ou la maladie d’Alzheimer.

Mais son efficacité a fait l’objet de bien peu de recherche systématique:  la plupart des publications scientifiques à son sujet porte sur ses spécificités techniques et non sur son aptitude à améliorer les soins aux personnes âgées.

En septembre dernier, cependant, Wendy Moyle, une chercheure autralienne de la Griffith University, spécialiste réputée en soins aux personnes atteintes de démence, a publié une première étude sur l’effet du robot Paro sur 18 personnes résidant en institutions et atteintes de démences modérées ou sévères.

Selon ses premiers résultats, le robot jouerait auprès des malades un rôle comparable à celui d’un animal domestique, dont on a déjà démontré les bienfaits sur la capacité de communication, le sentiment de solitude et la qualité de vie.

Avec toutefois un avantage :  il n’a pas besoin d’être nourri ni soigné, et ne souffre pas d’être manipulé n’importe comment.

Tout cela est encore préliminaire, et ne justifierait pas à ce stade que Québec investisse pour en doter les CHSLD. Mais des expériences devraient certainement être encouragées, histoire de vérifier si les bénéfices rapportés de manière anecdotique sont bien réels.

Quant au coût (6000 dollars), il ne semble pas forcément aberrant comparé à celui de certains médicaments ou d’autres formes de thérapies.

En tout cas, ce n’est certainement pas parce qu ‘il est facile de se moquer d’une peluche robotisée qu’on devrait balayer cette option du revers de la main et la tourner en ridicule. C’est du sérieux!

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Oui, le $6000.00 aurait pu servir pour payer une préposée seulement une journée de plus par semaine, et donner un second bain aux bénéficiaires. Des familles doivent payer de leurs propres poches, un aide pour un bain supplémentaire afin de donner pour le peu qu’ils le reste, un semblant de dignité à ceux qu’ils aiment.

Je veux bien qu’on examine de nouvelles avenues et de nouvelles façons de faire. Mais est-ce le rôle d’un CHSLD de faire de telles expériences.

Si un CHSLD souhaite faire des expériences, il pourrait bien, par exemple, étudier s’il y a un rapport entre les plaies de lit chez les grabataires et le nombre de bains qu’on leur donne ou avec les nombre d’heures qu’ils passent dans leurs couches souillées. Mais cela ils ne le feront car les résultats pourraient exiger plus de soins et que nos gouvernements néo-conservateurs comme Harper souhaitent avant tout prouver que le public ne peut plus rendre de bons services et que le privé doit donc prendre la relève. Pas question de démontrer que le public peut aider les usagers.

Franchement Bolduc s’est ridiculisé cette journée-là. Et avec raison. Il a perdu une belle occasion de garder le silence.

«Si ce que tu dis n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi.»
[Éric-Emmanuel Schmitt]

Peut-être qu’un animal qui est nourrit et traité cela fait partie des ingrédients thérapeutiques. Ne croyez-vous pas ?
De plus, à 6 000 pièces, il y a de quoi sourciller sur les coûts-bénéfices.
Mais c’est vrai qu’il n’est pas syndiqué 🙂

C’est bien mal connaître Brigitte Bardot que de dire qu’elle s’intéressa aux bébés-phoques à cause « de leurs grands yeux ». Elle s’y intéressa pour la cruauté et la souffrance infligée à ces animaux, qui à l’époque, étaient tués presque à la naissance devant leur mère (et ce massacre continue toujours mais les blanchons ont à peine l2 jours)
Quand à la colère des chasseurs de phoques elle est ridicule et absurde. Est-ce que l’inventeur du Teddy Bear a recu des menaces des chasseurs d’ours?

Rappelons que cet instrument n’est pas destiné à divertir toutes les personnes âgées dans ces établissements, mais celles qui souffrent de déficit cognitif et affectif, et qui ne réagissent pas aux stimuli ordinaires. Le ministre gaffeur a voulu prendre cet exemple pour détourner l’attention d’une question d’une toute autre importance posée par l’opposition: où vont les 25 millions destinés aux soins aux personnes âgées qui sont détournés de leurs fins? Le ministre des Finances n’a évidemment pas donnée de réponse, mais il a confirmé qu’il y aura 25$ millions de moins que ce qui a été annoncé dans le budget.

La doudou ou le toutou que les enfants en bas âge trimballent partout ne leur donnent ni à manger ni le bain mais pourtant participent à leur bien-être général et répondent à un besoin associé à une phase de leur développement.

Pour répondre à LouisB, les chasseurs d’ours n’ont pas été interdit de chasser l’ours à cause de Teddy Bear, pas vrai?
Nous devrions utiliser les Oméga-3 contenu dans l’huile de phoque afin de prévenir les maladies plutôt que des toutous.
En attendant, les Madelinots, eux, visitent leurs vieillards et leurs malades. Pas pour rien que Chantal Jolis ait décidé de terminer ses jours parmi nous. Pas mal, pour des barbares, non?

Bonjour, plus que le gouvernement pourra automatiser le quotidien des personnes âgées comme dans les loisirs, plus il pourra couper dans le muscle de ces CHSLD. Il est dommage que la société nord américaine considère la personne âgée comme un embarras, un être inutile et de là la pensée gouvernementale. Si l’on compare maintenant avec certaines sociétés où les personnes âgées sont mieux considérées et respectées et que même en vieillissant font parti intégrante de la famille et sont de plus considérées comme des humains utiles à part entières . L’infantilisation, l’incarcération, la lobectomie chimique dans certain cas et l’isolement par manque de personnelle (ils n’ont plus le temps de parler aux résidents) et aussi par le peu de visite famillilialle.
C’est la mentalité qu’il faut changer et nous en sommes loin car nous parlons plus d’euthanasie…

@Valérie Borde

LES DANGERS DE LA MICRO GESTION

Dans un forum partisan comme l’Assemblée nationale, il est extrêmement dangereux de faire appel à des expériences personnelles ponctuelles et forcément limités.

La moindre phrase mal lancée, le moindre exemple mal choisi et surtout mal expliqué parce que tronqué par les exclamations outrées ou moqueuses des rieurs en tout genre peut mettre n’importe qui dans l’embarras.

Et le pauvre ministre Bolduc, dont l’aptitude à la communication politique et partisane n’est pas la plus grande qualité, a ce don particulier de souvent amorcer des réponses ou des explications en sombrant dans le micro management. C’est exactement ce qu’il a fait avec son affaire de phoques mécaniques japonais.

Bien entendu, il a déclenché l’hilarité générale ce qui l’a empêché d’expliquer convenablement le contexte. Et, comme il se doit, tout ce qui grouille, grenouille et scribouille dans la classe médiatique officielle et surtout officieuse (lire ici tous les «Touïtteux et Féceboukeux») s’est emparé de la chose pour le tourner en bourrique.

Mais bien sûr que personne le moindrement intelligent et œuvrant en milieu de CHSLD n’ira mettre un «blanchon à batteries» entre les mains d’un résident lucide et en possession de toutes ses facultés, du moins l’ose l’espérer. Ce genre de palliatif ne s’adresse qu’à des gens dont les facultés cognitives sont lourdement handicapées.

On peut toujours chipoter sur la valeur thérapeutique de l’idée, sur le choix du remède, sur le cout du fameux blanchon mais on a plutôt choisi la moquerie généralisée et ce, pour deux malheureuses poupées achetées par une fondation et non avec les budgets du ministère.

Vous savez quoi? Il y a des fois ou tout cela me tombe royalement sur les nerfs. Et je ne suis même pas un employé du réseau ni un «hébergé», juste un citoyen fatigué de l’importance qu’on accorde aux insignifiances des insignifiants qui encombrent les médias dits «sociaux».

Et trop souvent, la presse officielle ne vaut guère mieux, avec sa manie de tout monter en épingle. Au moins, vous avez pris le temps de procéder à une analyse sérieuse qui dépasse, et de loin, les vociférations de la horde. Il faut vous en savoir gré.

À Gil Thériault, et tous les autres Madelinots lâchez nous donc 5 minutes avec votre maudit débat des pro-chasse vs les contre la chasse : ceci n’est pas un débat sur la chasse, c’est un robot-toutou en forme de phoque qui peut peut-être faire du bien à des personnes malades qui en ont bien besoin !!

Mon grand-père est mort des suites de la Maladie d’Alzheimer à la Villa Plaisance en janvier dernier. Durant ses derniers mois de vie, il était de plus en plus difficile de l’intéresser à quoi que ce soit, car ses souvenirs, ses mots se mélangaient, il était difficile de lui de nous comprendre. Les petites choses bien rares qui lui rendaient le sourire, une petite lueur de bonheur dans les yeux, c’était de voir des enfants ou des chiens. Alors si au lieu de s’abrutir dans un fauteil devant la télévision – qu’il ne regardait pas – ou de « jouer » avec une éducatrice qui l’emmerdait en voulant lui faire lancer des cercles sur un poteau, lui et les autres résidents – atteints d’Alzheimer ou de démence – avaient pu avoir un robot phoque pour se désennuyer, croire que c’est un vrai animal et peut-être avoir une petite dose de bonheur dans le journée, j’aurais vendu ma voiture pu augmenté ma limite de prêts étudiants à la Caisse avec plaisir pour leur en acheter un.

A ceux qui ont peur que ca remplace les employes, demandez-vous combien d’employes de CHSLD sont payes pour divertir les personnes agees. Ce que ces robots remplacent sont les chats et les chiens — qui ne sont de toute facon pas permis. Je ne pense pas que ca soit le temps de mettre un robot phoque dans chaque CHSLD, mais il est vraiment temps d’au moins experimenter.

A plus long terme, avec le vieillissement de la population, il se peut qu’eventuellement on doivent en venir avoir une partie des services assures par des robots simplement parce qu’il sera impossible de trouver suffisemment de preposes.

Des remarques :

« avril 11, 2012 à 19:26 »

Il me semblait l’avoir lu …

On dirait le meme commentaire qu’ici

http://www.ledevoir.com/opinion/blogues/mots-et-maux-de-la-politique/346695/la-complainte-du-phoque-en-chsld

et la

http://blogues.cyberpresse.ca/laporte/2012/04/05/le-phoque-en-chsld/

Je remarque que les internautes font souvent du copier colle …

Est-ce qu’on discute ou on met nos messages sans egard aux autres ?

—-

Concernant les robots …

(1)

Le mieux est l’ennemi du bien …

(2)

« Tout cela est encore préliminaire, et ne justifierait pas à ce stade que Québec investisse pour en doter les CHSLD. »

Personnellement je pense qu’un commentaire comme cela est completement deconnecte et passe a cote de … ( en tout respect bien sur … )

« Si un CHSLD souhaite faire des expériences, il pourrait bien, par exemple, étudier s’il y a un rapport entre les plaies de lit chez les grabataires et le nombre de bains qu’on leur donne ou avec les nombre d’heures qu’ils passent dans leurs couches souillées. »

qui nous ramene effectivement a des problemes urgents …

(3)

« Franchement Bolduc s’est ridiculisé cette journée-là. »

Bof … pas juste celle-la …

En plus c’etait en reponse il me semble a une question qui faisait reference aux clowns … on invente pas un dialogue de meme …

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(4)

Il me semble avoir entendu que c’etait une fondation qui payait.

Cela nous amene a la question des fondations qu’on propose comme modele en sante et en education.

Cela nous montre que ce qu’elles financent est parfois de l’ordre de l’accessoire. On imagine bien que de demander de l’argent dont pour un projet ici de robot-toutou-zootherapie va susciter plus de generosite qu’un projet
pour resoudre le probleme evoque en (2).

On imagine moins l’administrateur demander des dons pour que les patients aient plus de bains … ou qu’on change les couches plus souvent …

(5)

« Avec toutefois un avantage : il n’a pas besoin d’être nourri ni soigné, et ne souffre pas d’être manipulé n’importe comment. »

Mais peut-il etre lave ?

Il me semble que l’aspect de l’hygiene a ete evoque dans certains commentaires dans le devoir.

Dans la mesure ou on tribale ces truc de patient en patient …et on peut pas non plus les laver comme un simple toutou … et en regard de (2) …

(6)

Cela porte a reflechir sur ce que signifie vieillir en 2012.

A Gil Theriault : la chasse aux phoques n’a pas été interdite, pas vrai?
Vous aimeriez pouvoir continuer encore tuer des bébés naissants à peine sorti du ventre de leur mère ?
Vous déplacez le débat en le ramenant vers la chasse. L’image du bébé-phoque ne vous appartient pas. On peut être barbare enves les animaux mais tout à fait correct avec les humains.