Le spectre du vaccin tueur

Il n’y a aucune raison de croire que les futurs vaccins contre la grippe A(H1N1) augmenteront le risque de contracter une affection neurologue rare mais potentiellement mortelle, le syndrome de Guillain-Barré (SGB). Et même si cela devait arriver, ce serait bien moins risqué que de laisser tomber la vaccination.

Depuis quelques semaines, une vidéo troublante circule sur internet. Cet enregistrement (en anglais sous-titré français) de l’émission américaine 60 minutes,qui date de 1979, raconte comment, en 1976, les États-Unis ont mené une campagne de vaccination massive contre la grippe porcine qui non seulement s’est avérée inutile, mais a été associée à une recrudescence du SGB. De nombreux opposants aux vaccins invoquent cette histoire pour se justifier, même si les scientifiques sont d’un tout autre avis.

Regardez cette vidéo si vous voulez. Mais avant d’en conclure que nos experts en santé publique et gouvernements sont nuls et nous mettent en danger avec la campagne de vaccination massive qui s’en vient, lisez ce qui suit.

L’histoire commence en janvier 1976 avec le décès des suites de la grippe d’un soldat sur la base militaire de Fort Dix, dans le New Jersey. En quelques semaines, on découvre qu’au moins 200 personnes vivant sur cette base ont été infectées par un virus d’origine porcine, que les spécialistes croient identique à celui qui avait provoqué la pandémie de 1918. Les autorités américaines ne prennent pas de chance: devant la menace d’une épidémie potentiellement dévastatrice, et une population paniquée par le catastrophisme des médias, elles lancent une campagne de vaccination massive à travers le pays à compter du mois d’octobre. Environ 45 millions d’Américains sont vaccinés.

En novembre, les Centers for Disease Control commencent à recevoir des rapports inquiétants qui font état d’un nombre anormalement élevé de personnes atteintes du syndrome de Guillain Barré. L’épidémie appréhendée, elle, n’a pas eu lieu: aucun cas de grippe provoquée par ce virus n’est survenu en dehors de Fort Dix. En décembre, le gouvernement américain met fin du programme. Par la suite, il annoncera un plan de compensation pour indemniser les personnes qui ont contracté le syndrome de Guillain-Barré peu après avoir été vaccinées.

Depuis, toute cette histoire a été analysée en long, en large et en travers par une multitude d’épidémiologistes et autres spécialistes. Sans entrer dans les détails, voilà quelques choses que l’on a apprises depuis 1976, et qu’on devrait garder en tête avec la pandémie actuelle.

– le vaccin utilisé aux États-Unis en 1976 est le seul vaccin contre la grippe à avoir été associé à une augmentation de la prévalence du SGB. Depuis, cela ne s’est reproduit lors d’aucune campagne de vaccination contre la grippe saisonnière à travers le monde, bien qu’on ait systématiquement recensé les cas de SGB. Les vaccins contre le même virus donnés dans d’autres pays en 1976, comme en Angleterre ou aux Pays-Bas, n’ont pas non plus été associés au SGB.

– on ne sait pas ce qui a provoqué cette association entre vaccin et SGB, ni même s’il existe un lien de cause à effet, théoriquement possible. On a soupçonné que les vaccins avaient pu être contaminés par la bactérie Campylobacter jejuni, une cause possible de SGB, mais cela n’a pas pu être démontré. On a aussi soupçonné les adjuvants utilisés dans le vaccin, mais cette hypothèse a aussi écartée. Ces adjuvants ont été largement utilisés depuis et n’ont pas entraîné une augmentation du nombre de cas de SGB. Il est possible que le contexte de 1976 ait amené les médecins à avoir plus tendance à rapporter des cas ambigus, ce syndrome difficile à diagnostiquer pouvant parfois se manifester de manière très légère (par exemple par des fourmillements dans les mains).

– en 1976, le risque associé au vaccin a été jugé supérieur au bénéfice, car le virus ne s’est finalement pas propagé. Si l’épidémie avait eu lieu, il est probable que le bénéfice de la vaccination aurait été largement supérieur au risque.

Les vaccins de 2009 provoqueront-ils une hausse du nombre de cas de SGB? On ne le sait pas. Mais plusieurs experts pensent que c’est peu probable, compte tenu des connaissances actuelles et du fait que le vaccin de 2009 n’a pas beaucoup de points communs avec celui de 1976. En outre, on sait aujourd’hui de manière certaine que le virus est répandu dans la population. La pensée magique ne le fera pas disparaître.

Même si la vaccination devait entrainer une hausse du nombre de cas de SGB (encore une fois, rien ne l’indique, mais cela pourrait tout de même arriver), il y a bien peu de chance que le risque encouru en se faisant vacciner soit supérieur au bénéfice, même si la grippe est peu virulente.

Il y a encore beaucoup d’inconnues, mais je me risque à un calcul.

La prévalence habituelle du SGB dans la population est d’environ 10 cas pour un million d’habitants par an. Environ 90% des personnes atteintes du SGB s’en remettent complètement. 5% en meurent. Pour le Canada, cela signifie que chaque année, environ 16 personnes décèdent du SGB.

En 1976, on croit qu’il y a eu 7 fois plus de cas de SGB aux États-Unis qu’à la normale dans les semaines qui ont suivi la vaccination. Si la même chose se déroulait dans le Canada de 2009 (mais encore une fois rien ne le laisse penser), cela correspondait à 112 décès.

Actuellement, on estime que  le taux de mortalité associé au virus pandémique est d’un décès pour 2000 personnes infectées. Si 30% de la population contracte cette grippe, pas loin de 5000 personnes pourraient en mourir au Canada en l’absence d’un vaccin.

Autrement dit et suivant ces hypothèses:

Si vous vous faites vacciner, vous avez une chance sur 293 000 de mourir du SGB (dans le cas peu probable où l’histoire de 1976 se répèterait)

Si vous ne vous faites pas vacciner, vous avez une chance sur 6 560 de mourir de la grippe.

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Je suis tannée de voir du monde sans connaissance en sciences se permettre de faire des vidéos ou des commentaires sur des sujets sensibles comme la pandémie.

C’est un choix de se faire vacciner: si tu ne te fais pas vacciner et qu’ensuite tu infectes quelqu’un et qu’il meurt, tu l’auras sur la conscience!

Si tu es vacciné, et que tu n’attrapes rien, c’est parfait.

Si tu es vacciné et tu tombes malade, c’est triste!

J’adore votre blogue. Vive les faits.
Ça devient très difficile de nos jours de se faire une opinion à travers tout le flots d’informations souvent biaisés.

Malheureusement beaucoup de gens se forment des opinions sans vraiment s’informer sur le sujet.

J’ai d’ailleur, Mme Borde, bien aimé votre phrase: « -…une population paniquée par le catastrophisme des médias ». (sigh)

Parlant vaccins, j’ai déjà croisé une femme qui s’indignait sur le fait que je faisais vacciner mon enfant et me clamait de toute sa conviction que les bébés pouvaient en devenir autiste.

Bonjour,

Je suis scandalisé par un tel article. Etes-vous allé voir des informations un peu plus loin que ce vieux et discutables document vidéo ? Avez vous vu le documentaire « Silence on vaccine ? »

http://video.google.com/videoplay?docid=8503852033482537965#

Savez-vous que selon Cochrane, groupe d’évaluation et d’expertise de pointe en santé, les vaccins contre la grippe sont d’une médiocre efficacité ?

Savez-vous que, enfin !!!, la justice américaine a reconnu un cas d’autisme imputable aux vaccins ??

Et ceci :

http://www.dailymotion.com/user/tonino17/video/x9ibek_sylvie-simon-et-llp-conference-sur_news

Et cela :

http://www.rolandsimion.org/IMG/pdf/Vacciner_ou_pas.pdf

Je suis curieux de savoir si la censure oeuvre ici…

Cordialement

David

Bonjour Valérie,

Je me permets de répondre à David Morand.

Le film de Moreco « Silence, on vaccine » n’est qu’un pamphlet anti-vaccin. Ce pseudo-documentaire fait le lien entre autisme et le vaccin RRO. Or, l’étude publié dans Lancet par Wakefield qui a parti le bal anti-vaccin s’est avéré être une imposture:

http://www.timesonline.co.uk/tol/life_and_style/health/article5683671.ece

Depuis la parution de cet article dans Lancet, le taux de vaccination en Grande Bretagne est passé de 92% à 80%. Le nombre de cas de rougeole est passé de 56 en 1998 à 1348 en 2008. Il y a maintenant des enfants qui en meurent et la rougeole est qualifiée d’endémique en Grande-Bretagne. De plus, malgré la diminution du taux de vaccination, le nombre d’autistes n’a pas diminué.

http://www.timesonline.co.uk/tol/life_and_style/health/article5683643.ece

Dans le blogue de Moreco, on donne un lien vers la clinique du Dr Wakefield. J’ai envoyé plusieurs fois à Moreco un message signalant la fraude et je n’ai jamais été publié. Alors quand on me parle de la censure des médias et des scientifiques, je rigole!

Enfin, voici ce que pensent les médecins du CHU Ste-Justine du filem « Silence, on vaccine »:

« D’un point de vue médical, le film propose une vision mensongère et dangereuse de la vaccination. Ce documentaire malhonnête, clairement antivaccinal, ne repose sur aucune réalité scientifique. Il n’utilise et n’exploite que des tragédies familiales, jouant ainsi sur les émotions pour faire accepter, sans démonstration aucune, un lien de causalité direct entre le vaccin et la survenue de conditions neurologiques sérieuses. Cette approche alarmiste, et la publicité qui lui est faite, pourrait entraîner des conséquences néfastes pour la santé de nos enfants. »

http://www.chu-sainte-justine.org/Accueil/nouvelle.aspx?ID_NOUVELLES=51635

Christian

Je vous remercie de laisser les gens faire leur commentaire sur votre article. Mon commentaire est qu’il y a d’autres moyens que de vacciner les gens pour faire face à un virus. Chaque personne humaine a un corps physique-mental et émotionnelle qui lui est unique, donc sa façon de prendre soin de sa santé l’est tout autant. C’est à l’être humain que nous sommes de déterminer ce qui est bon pour sa santé, son expérience de vie le détermine. Il serait donc important de laisser la liberté à l’être humain de déterminer comment se protéger du virus en question.

La médecine traditionnelle n’est qu’une façon de traiter l’être humain, d’autres avenues existent et font leurs preuves tous les jours, beaucoup d’êtres humains réussissent à se guérir tous les jours de cette façon. Il serait donc important qu’on ait le choix de se faire vacciner… que celui-ci ne soit pas obligatoire !

@ Christian

Ouff… le document du CHU Ste-Justine, quel texte moralisateur: « nous, les professionnels, savons ce qui est le mieux pour vous ». Cela ressemble franchement à « Je veux avoir ton bien et je l’aurai contre ton gré s’il le faut »! Mais qui est mieux placé qu’un parent pour savoir ce qui est le mieux pour ses enfants? Ou pour toute personne saine d’esprit pour prendre une décision par rapport à elle-même?

Peu importe que je sois pour ou contre la vaccination, jamais je ne laisserai un soi-disant professionnel de la santé prendre des décisions sur MA santé et celle de MES enfants. Plusieurs médecins prennent souvent à tort des décisions pour nous selon leur propre système de valeur et non selon celui des gens devant eux(un peu comme ces médecins qui ont produit le document du CHU Ste-Justine contre le documentaire de Mme Moreco).

Quoi qu’il en soit, la question de vacciner ou pas revient surtout à une question de santé individuelle versus santé de la population. Je ne crois pas qu’il y ait de meilleure réponse: il n’y a que notre réponse personnelle qui devrait primer.

@Michelle

Le texte des médecins de Ste-Justine moralisateur? C’est votre perception. Je viens de relire ce texte et je n’y vois rien de moralisateur.

Ce que beaucoup de gens ne comprennent pas, c’est que pour qu’un vaccin tel que le RRO soit efficace, il faut que de 90% à 95% de la population soit vaccinée. Sinon, on tombe dans une situation endémique comme en Grande-Bretagne où des enfants meurent actuellement de la rougeole!

Michelle, vous dites « jamais je ne laisserai un soi-disant professionnel de la santé prendre des décisions sur MA santé et celle de MES enfants. » Alors en qui avez-vous confiance pour votre santé et celle de vos enfants?

Christian

Je ne suis pas scientifique pour 2 sous mais l’expérience du Guillain Barré vécu par mon beau-frère fut assez pour me tenir éloignée des vaccins pour un certain temps. S’il n’avait pas été diagnostiqué à temps (hospitalisé 5 jours et branché sur intraveineuse pour remonter son système immunitaire), c’est son système respiratoire et la paralysie qui le guettait ! Drôle de hasard, il s’était fait vacciné pour la grippe environ 2 mois auparavant. Les médecins lui ont dit que ça n’avait pas rapport car le délai entre la maladie et le vaccin était trop long…Pas besoin de vous dire qu’il ne se fera jamais plus vacciné ! Je ne remets pas nécessairement la vaccination en question dans certains contextes mais la phrase de cet article et je cite: « le syndrome de Guillain-Barré (SGB). Et même si cela devait arriver, ce serait bien moins risqué que de laisser tomber la vaccination. » M’a fait l’effet d’un coup de poing !

@ Christian

Je fais surtout confiance à mes propres lectures d’études scientifiques et comme j’ai moi-même fait de la recherche en santé, je sais mes sources sûres. Par ailleurs, je fais confiance à un certain nombre de professionnels de la santé (mes collègues au quotidien!), mais lorsque le discours manque de nuance, je ne peux faire autrement que de douter… comme dans le texte du CHU Ste-Justine. Vous avez raison, c’est ma perception, mais trop souvent, je rencontre des gens qui ne questionnent pas l’avis des sacro-saints médecins. Quand, dans ce texte, les auteurs affirment que les effets secondaires de la vaccination sont bien connus, ils divaguent: la science n’en est qu’à ses balbutiments pour expliquer les effets secondaires des vaccins. C’est déjà suffisant pour immiscer un doute dans mon esprit. Et c’est sans compter le ton condescendant de l’article…

@ Sonya
Je comprends votre réaction. Ceux qui n’ont jamais été en contact avec le syndrome de Guillain-Barré ne s’imaginent pas ce qu’il peut provoquer. Mais c’est un peu la pensée magique, « ça n’arrive qu’aux autres ». Accepter la vaccination comme un geste anodin, c’est mettre sa sécurité en jeu: encore faut-il y mettre un peu de réflexion! Un vaccin, ce n’est pas un comprimé de vitamine croquable…

Pour ceux qui s’empressent de dire qu’aucune littérature scientifique n’existe qui ne questionne légitimement la culture de vaccination dans laquelle nous évoluons, je vous invite à consulter le livre « Vaccinations : Les vérités indésirables » de Michel Georget, biologiste. ISBN : 2-7033-0507-9. Bonne lecture.

Merci pour le travail essentiel que vous faites Madame Borde. Je serais curieuse de connaître vos commentaires sur les autres arguments d’un certain Jean-Jacques Crèvecoeur contre la vaccination ainsi que vos commentaires du livre cité dans le commentaires pécédants.

Une maman qui ne sait parfois plus ou donner de la tête.

Si je comprends bien les propos de l’auteur de cet article, on peut considérer donc :

1. que le risque de complications suite à la vaccination n’est pas nul
2. que quelques morts en raison des effets indésirables de certains vaccins est préférable à plusieurs milliers de morts potentiels en l’absence de vaccination. (sans compter tous ceux qui auront peut-être des complications pour le restant de leur jour…)

A mon sens, on ne peut pas tenir ce genre de raisonnement. Les êtres humains ne sont pas des choses. Une vie est une vie à part entière. En tant que telle elle doit être respectée.

Et sur les quelques milliers de mort que fait la grippe chaque année, combien négligent leur santé, en buvant, en fumant, etc…
Le système immunitaire s’entretient par un mode de vie équilibré, une alimentation saine par exemple. Qu’on arrête de nous faire croire que « sans le vaccin point de salût! »

Pourquoi diable aller prendre un risque en se faisant vacciner ? Pour ne pas mourir ? Personnellement, je préfèrerais mourir qu’être un « mort-vivant » par accident vaccinal.
Le risque est pris parceque justement les gens le néglige et ne veulent pas y penser. C’est tellement facile et rassurant de se dire « Un virus? ce n’est pas de problème, il y a un vaccin! »

Ces considérations méritent donc réflexion. Après il est vrai que chacun fait SON choix, selon ses convictions personnelles et sa liberté.

H1N1 n’est pas plus mortelle que les autres:

Bonjour mme Borde,
puisque vous analysez les chiffres pour nous pour en conclure qu’il est mieux de se faire vacciner, je me permets de remettre en perspective ces mêmes chiffres. Cela pour le bénéfice de vos lecteurs et de vous-même qui pourrez ensuite prendre une décision éclairée.

Vous dites qu’une personne non vaccinée aura 1 chance sur 6560 d’attraper la grippe H1N1 et en mourra. Selon notre population, sur 7M de québécois cela ferait 1067 décès et sur 30M de canadiens, 4573 décès.

La grippe saisonnière(la pas-pandémique!) fait en moyenne 1000 morts par an au Québec et entre 4000 et 5000 au Canada. Pourquoi alors cette campagne de peur par nos experts, gouvernements et médias ?
La H1N1 n’est pas plus mortelle…

Si une personne ne prend pas le vaccin habituellement, elle n’a aucune raison de le prendre cette année. Arrêtons la psychose collective !

Enfin, j’ajouterais que la grippe saisonnière frappe toujours toute la planète et est donc toujours une pandémie. De plus, la grippe saisonnière tue toutes les catégories de gens, même les jeunes en santé. Hé oui! À la différence que normalement on n’en parle pas aux nouvelles. Et que dire du nombre de gens qui en décèdent, soit entre 250 000 et 500 000 par année sur la planète ! Ça c’est du monde, surtout si on compare aux quelques 5000 morts depuis l’éclosion de la pandémie actuelle en mars(8 mois).

Merci,