Légende urbaine en Ungava

Un biologiste se vide le cœur sur les causes de la noyade de milliers de caribous en 1984.

Hydro-Québec fut accusée de la mort des bêtes, qui avaient péri en traversant la Caniapiscau en amont de la chute de Calcaire. (Photo: Ryan Remiorz/La Presse Canadienne)
Hydro-Québec fut accusée de la mort des bêtes, qui avaient péri en traversant la Caniapiscau en amont de la chute de Calcaire. (Photo: Ryan Remiorz/La Presse Canadienne)

Aucun événement survenu dans la toundra arctique du Québec n’a suscité autant d’intérêt que la noyade de 9 604 caribous à la chute du Calcaire de la rivière Caniapiscau, à l’automne 1984. Les médias diffusèrent partout dans le monde les images de cette hécatombe. Une controverse s’ensuivit, opposant Inuits et environnementalistes à Hydro-Québec et à la Société d’énergie de la Baie James (SEBJ), tenues responsables de cette « catastrophe écologique ».


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Il s’agirait plutôt d’une « légende urbaine », selon le biologiste Gaëtan Hayeur, qui, trois décennies plus tard, règle ses comptes avec l’histoire dans l’essai La noyade de 9 604 caribous (éditions Mots en toile).

« Le paradoxe extraordinaire, dit-il en entrevue, c’est que parmi tous les gens qui donnaient leur opinion aux médias, on refusait de croire ceux qui avaient passé une partie de leur vie à étudier ces caribous ! Tout le monde voulait entendre que la noyade avait été causée par l’ouverture de l’évacuateur de crues d’Hydro-Québec. » Et c’est cette théorie qui s’est incrustée dans la mémoire collective.

La noyade de 9604 caribous, par Gaëtan Hayeur, Mots en toile, 200 p.
La noyade de 9604 caribous, par Gaëtan Hayeur, Mots en toile, 200 p.

Hayeur était lui-même un témoin en tant que responsable des études sur le caribou pour Hydro-Québec. Il faut savoir que, en cette période de balbutiement des sciences de l’environnement, le « projet du siècle » — le chantier hydroélectrique de la Baie-James — avait engendré un boum de la recherche dans ces vastes territoires méconnus.

Pour les spécialistes, la nouvelle n’était pas une surprise totale : « C’était prévisible. Je naviguais sur ces rivières depuis 1967 et j’avais souvent vu des caribous noyés. Les pluies diluviennes de septembre 1984 avaient rendu la traversée en amont de la chute du Calcaire plus périlleuse. Et comme la population de caribous explosait, sa migration s’étendait et un groupe plus nombreux que d’habitude a traversé là où chaque année des bêtes se noyaient. »

Les accusations contre Hydro-Québec furent d’abord lancées par les Inuits. « Ils se préparaient à négocier avec Hydro-Québec les indemnités et les mesures de correction pour compenser le fait qu’une partie du débit de la Caniapiscau avait été détournée. Ils ont profité de cet événement pour se placer dans une bonne position de négociation. »

L’auteur retrace en détail la couverture médiatique — les journalistes en prennent pour leur rhume — et dissèque les batailles que se livrèrent les multiples entités administratives pour déterminer qui serait à blâmer. Hydro, la SEBJ, le ministère de l’Environnement, celui du Loisir, de la Chasse et de la Pêche ou celui de l’Énergie et des Ressources, le Secrétariat des activités gouvernementales en milieu amérindien et inuit, autant d’organisations que d’intérêts et de rapports contradictoires !

Les données hydrologiques finirent par montrer que la catastrophe était bien naturelle. Certes, l’évacuateur de crues était ouvert, mais en l’absence de l’ouvrage hydroélectrique, le débit de la rivière aurait été encore plus élevé et plus dangereux qu’il ne l’avait été ce jour de septembre 1984…

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«Le paradoxe extraordinaire, dit-il en entrevue, c’est que parmi tous les gens qui donnaient leur opinion aux médias, on refusait de croire ceux qui avaient passé une partie de leur vie à étudier ces caribous !…»

Et ça n’a pas changé. C’est les politicien et la population qui décide. Les spécialistes ne sont que de la décoration. Quand il y a de la décoration…

Bien exprimé, les opiniatres sans fondement, nous les comptons par millions. Il est bien plus facile de cracher sur tout ce qui bouge que de faire l’éloge de ce qui trourne bien. Je suis déçu de constater que les journalistes sont devenus des « reporteux de nouvelles provenant d’autres reporteux qui les ont souvent fabriqués sans fondement pour la « UNE » de la journée. C’est la méthode de l’oignon, on épluche, on épluche, on épluche pour obtenir en fin de compte rien de substantiel mais pendant ce temps, la personne ou l’entreprise qui s’est fait épluchée a vécu un véritable harcellement et attaque à sa réputation dont elle aurait pu se passer.

C’est bien beau de vouloir régler ses comptes 30 ans plus tard, mais M. Hayeur était partie prenante à cette affaire et comme il était à l’emploi d’HQ, on ne peut pas le considérer comme un observateur neutre de ce qui s’est passé, bien au contraire. Quant à la conclusion du texte, elle me laisse des plus perplexe, car l’ouverture d’un évacuateur de crues a pour effet d’augmenter le débit d’une rivière, évidemment, mais de réduire le niveau de l’eau. Alors il faudrait voir si le journaliste (et l’auteur) utilisent les bons mots pour décrire ce qui se serait vraiment passé…

Vous connaissez mal les travaux du projet de la Baie de James. L’évacuateur servait à détourner le débit de la Caniapiscau vers la rivière La Grande pour augmenter le potentiel de production en aval, i.e. LG4, LG3, LG2 puis LG1 au fil de l’eau de la Baie et ensuite les ajouts de Brisay et Laforge. Hors si cet évacuateur n’avait pas été construit, le débit de la Caniapiscau qui coule du nord vers le sud aurait été bien plus grand. C’est grâce au détournement de la rivière que le débit de la Caniapiscau aurait été beaucoup plus dévastateur puisque la rivière Caniapiscau qui était scindé par le réservoir et l’évacuateur était beaucoup plus étroit en aval de son propre lit.

Et puis, je me rappelle du mutisme absolu d’Hydro-Québec lorsque tous ces gens (Inuits, environnementalistes et certaines vedettes) sont allés crier haut et fort que c’était eux (la Société d’État) les responsables! Je me disais, en faisant allusion au roi de la propagande nazi Joseph Goebbels: « Si vous répétez continuellement la même chose, même si c’est un mensonge, il finira par être perçu comme vrai »! Voilà qu’avec l’inaction d’Hydro-Québec, ne laissant pas parler les vrais personnes (entre autre, les biologistes), les Inuits faisaient de la fausse propagande en Nouvelle-Angleterre martelant que la Société d’État était le seul responsable de la catastrophe! Hydro-Québec a perdu beaucoup de crédibilité au sein de la population américaine et des contrats avec eux ont presque été annulés! Oh, que je me souviens!

C’est toujours de la politique «sale». Le hic dans tout ça c’est que parfois les scientifiques sont payés pour émettre une opinion. Nous n’avons qu’à penser à certains scientifiques qui ont approuvés des médicaments. Voici un exemple: Des millions de patients sont concernés dans le monde.Le Dr Scott S. Reuben, un des chercheurs américains les plus prolifiques dans le domaine du traitement de la douleur postopératoire, a fabriqué de toutes pièces la plupart des données de ses recherches, depuis 1996, au profit de plusieurs géants pharmaceutiques. Pfizer et Merck notamment. Ce qui apporte du cynisme à plusieurs rapports.

J’avais oublié … et aujourd’hui la guerre est ouverte contre les chiens mauvais dit pitbulls. Au lieu de consulter l’Ordre des vétérinaires du Québec pour comprendre la nature des agressions, le débat est politisé à la une des journaux, au nom du droit à l’info. ! J’espère au moins que nos politiciens législateurs eux sauront consulter les experts cette fois ?

Il est clair que les politiciens de toutes provinces et pays carburent au nombre de votes qu’ils auront à la prochaine élection et sont donc contraint, pour conserver le pouvoir, de consulter ce que la population, toujours mal informée et qui ont des opinions sans fondement pré-établis pour aller dans un sens ou dans l’autre. Si les journalistes mettraient autant de temps à faire de la recherche avant de pondre un article à sensation, il y aurait bien moins de citoyens qui nageraient dans de la misinformation.

Ce qui démontre que les journalistes ne sont souvent que les porte-voix des groupes d’intérêt. Cele se vérifie avec les nombreux reportages visant les sévices subits par des clients ou des bénéficiaires, lors de négociations entre les vertueux syndicats et un gouvernement insensible et radin. Aussitôt qu’il y a entente, les raisons de s’indigner diminuent radicalement. Les journalistes ne devraient pas seulement protéger lers sources, mais les mettre en contexte.

Dans cette affaire les parties étaient bien campées et malheureusement M. Hayeur en était partie prenante et, avec tout respect, il n’est peut-être pas aussi objectif qu’une personne neutre. Oui, la catastrophe était naturelle mais la question était surtout de savoir ce qui serait arrivé si l’évacuateur de crues avait été fermé ou avait réduit le débit de la rivière? Est-ce qu’HQ aurait pu faire quelque chose pour réduire les dommages aux caribous, surtout dans le contexte où on savait que ces incidents se produisaient quand les niveaux d’eau étaient hauts? Peut-être que le livre répond à ces questions mais pas l’article de M. Chartrand.

Je l’ai vécu personnellement.. j’ai été un des premiers » blanc » du Sud arrivé sur place avec le directeur régional du MENVIQ de l’époque, un sous-ministre adjoint et la responsable des communications de la dir. régionale, pour organiser l’intervention gouvernementale…. Comme attaché de presse du ministre de l’Environnement (qui lui était à Terre-Neuve pour une conférence canadienne des ministres de l’environnement) j’ai eu à faire face à cette dure réalité des Inuits qui voulaient contrôler l’opération de récupération des carcasses de caribous qui jonchaient les rives et des autres intervenants (Hydro, SEBJ, MLCP, Environnement, etc) qui voulaient que ça se fasse dans les règles de l’art. Les Inuits avaient déjà monté des camps sur les îles au centre de la rivière et regroupaient les carcasses par petits groupes en leur attachant les pattes. Les journalistes arrivaient par avion de partout dans le monde à Kuujuaq, qui n’avait qu’un hôtel d’une quinzaine de chambres déjà occupées par des fonctionnaires. Le chaos. Sans parler des communications de l’époque, sans ordinateur, sans cellulaire… C’est le ministre de l’Environnement qui a finalement eu le mandat d’aller rencontre l’Administration régionale Kativik pour s’entendre sur les opérations. J’ai survolé la rivière en hélico et j’ai vu ces presque 10 000 caribous noyés. C’est un spectacle que je n’oublierai jamais!

Les chefs des communautés Inuits qui avaient dépensés sans limite alors que leur gouvernement régional, Katikik en faisait de même, une très grande partie de l’argent consentie en 1975 lors de l’accord sur la Baie de James et du Grand nord, se sont servis durant des années de toutes tout ce qu’il pouvait pour embarasser le gouvernement du Québec et Hycro Québec qui les faisaient vivre (en plus des généreux chèques provenant du fédéral pour chaque Inuit) voulait ré-ouvrir l’entente pour avoir encore plus d’argent et continuer le gaspillage éhonté des 10 années précédentes. Ils eurent gain de cause par une seconde entente surnommé « la paix des braves » de 1998 et 2002 sous différents accords avec des clauses restrictives afin que les Inuits ne puissent recommencer leur petit jeu sans fin quelques années plus tard.

Il est clair que lorsque la hache fut mise par le PQ qui pris le pouvoir en 84 sur l’accord pour le développement de la rivière Grande Baleine qui était prêt pour signature (les délégations devaient se rencontrer quelques semaines après l’élection) va coûter très cher aujourd’hui parce que les Cris et Inuits faisant partie de l’accord exigeront une nouvelle entente dont le montant sera au moins dix fois plus haut sans compter le prix des installations qui coûteraient beaucoup plus en dollars de 2016.

La rivière Grande Baleine qui est parallèle à la rivière La Grande est située à 450 miles au nord. Sa puissance exploitable est de la moitié de celle de la rivière La Grande. Une occasion en or que les péquoistes ont détruits.

Ceux et celles qui ont blâmé Hydro-Québec, l’ont fait comme les commentateurs sportifs. Lorsqu’il nous manque des données, telles que celles présentées par l’auteur qui étudie depuis longtemps la vie des caribous, il vaut mieux les valider avec celui qui était là pour Hydro. A moins que ce dernier cache les informations, on lui fait un procès d’intentions. Hydro-Québec n’est pas vierge dans tout ce qu’elle fait, mais on doit viser ce qui est prouvable.