L’énergie du fond de l’eau

Pas besoin de construire des barrages pour tirer de l’électricité d’un cours d’eau. La petite entreprise RER, de Montréal, éperonne l’industrie avec ses hydroliennes !

L’énergie du fond de l'eau

Dans une petite usine en bordure de l’autoroute 40, dans l’ouest de Montréal, des ingénieurs serrent les derniers boulons d’une machine qui pourrait un jour être célébrée comme le Saint-Graal de l’hydroélec­tricité. Ce prototype d’hydrolienne de la société RER (Recherche en énergie renouvelable) ressemble au moteur d’un gros avion de ligne. Il ira bientôt rejoindre sa sœur, une hydrolienne identique installée l’été dernier sur le lit du fleuve Saint-Laurent, dans le Vieux-Port de Montréal. En exploitant la force du courant, celle-ci génère assez d’électricité pour subvenir aux besoins de 120 foyers. Une électricité verte produite sans causer les dégâts d’un barrage. Et sans ajouter de gigantesques tours munies de pales dans le paysage.

L’intérêt pour l’hydrolienne québécoise est grand : le deuxième proto­type n’est même pas encore sous l’eau qu’une commande de 826 appareils a déjà été passée – commande qui pourrait s’élever à trois milliards de dollars ! À elle seule, l’usine de RER, à peine plus grande que le garage d’un concessionnaire, ne suffira pas à répondre à une telle demande. Il faudra en construire une plus vaste et embaucher des dizaines d’ouvriers. Le client et le lieu de construction de la nouvelle usine seront annoncés prochainement, indique le grand patron de RER, Imad Hamad, Libanais d’origine qui s’est établi au Québec en 1989.

Il y a quatre ans, avant de lancer le programme des hydroliennes, cet ingénieur en électromécanique de 47 ans s’est penché sur l’état de cette jeune filière, née en Europe. « Il existe très peu d’hydroliennes adaptées aux rivières. La grande majorité d’entre elles ont été conçues pour exploiter les courants marins, au large des côtes », dit-il. Pour le Canada, qui possède de grandes rivières à fort débit, le potentiel est immense.

« Il serait hors de question de construire un barrage hydroélectrique sur le Saint-Laurent, précise Imad Hamad. Mais avec des hydroliennes, le fleuve peut se mettre, lui aussi, à alimenter le réseau d’Hydro-Québec ! »

 

Lire le dossier «Vivre sans pétrole» >>

Et aussi : «Les champions québécois des nouvelles énergies» >>

 

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie