Les actualités science : Gare au kratom !

Une herbe médicinale suscite des craintes en pleine crise des opioïdes. Aussi, nouvel espoir pour les personnes atteintes de la maladie de Huntingdon, l’Arctique sous protection, et une bourse française pour un Québécois.

Photo : iStock

La crise des opioïdes n’a pas comme seules conséquences l’augmentation du nombre de surdoses et du trafic clandestin. Elle a aussi fait augmenter la consommation de kratom, une herbe médicinale originaire d’Asie dont les propriétés s’apparentent à celles des opioïdes et que certains vendeurs présentent comme une aide naturelle à la désintoxication.

Les produits contenant du kratom sont interdits au Canada et aux États-Unis, mais se trouvent facilement en ligne. En 2017, les inspecteurs du ministère de la Santé du Canada en ont trouvé à plusieurs reprises dans des commerces. Or, rien ne prouve que le kratom soit vraiment efficace pour combattre la dépendance aux opioïdes, avec lesquels il partage au contraire plusieurs effets secondaires potentiellement graves. Aux États-Unis, la FDA a recensé 36 décès de personnes ayant consommé du kratom. Elle vient de mettre en garde la population contre les effets potentiellement dévastateurs de ce produit naturel.

Lueur d’espoir pour les maladies neurodégénératives

Une molécule susceptible d’arrêter la progression de la maladie de Huntington, voire de plusieurs autres maladies neurodégénératives, comme l’alzheimer et le parkinson, vient d’être soumise avec succès à un tout premier essai clinique, ce qui a suscité une énorme vague d’espoir. Le médicament, fait d’un brin d’ADN de synthèse, empêche le gène défaillant de produire la huntingtine, protéine qui détruit progressivement les neurones. Il a été mis au point par Ionis Pharma, une entreprise de Californie. Le médicament vient d’être testé pour la première fois par une équipe de chercheurs du University College de Londres, qui l’a administré à 46 personnes à un stade précoce de la maladie de Huntington. La société pharmaceutique Roche a annoncé qu’elle allait investir 4,5 millions de dollars dans la poursuite des essais. Même si cette avancée est qualifiée de très prometteuse, tout n’est pas gagné. Pour l’instant, les résultats de cet essai n’ont pas encore été publiés dans une revue savante et n’ont donc pas été soumis à la critique par d’autres chercheurs. De plus,  les chercheurs n’ont vérifié que si le médicament avait été bien toléré chez les patients (ce qu’on appelle un essai de phase 1 à 2), mais n’ont pas encore évalué son efficacité ni ses effets à long terme.

Bonne nouvelle pour l’Arctique !

Un accord historique a été signé début décembre sur la protection de l’océan Arctique. Le Canada et 15 autres pays se sont entendus sur l’interdiction, pour les 16 prochaines années, de toute pêche commerciale dans les eaux internationales du centre de l’océan, soit à plus de 200 km des côtes. Ils devront par la suite renégocier tous les cinq ans pour maintenir ou lever cette interdiction. L’an dernier, environ 40 % de cette superficie grande comme la Méditerranée a été libre de glace pendant plusieurs semaines, et aurait donc pu voir arriver des navires de pêche intéressés par les ressources encore inexploitées de la région et les stocks de poissons qui la colonisent sous l’influence des changements climatiques. Les cinq pays qui bordent l’océan Arctique (Canada, États-Unis, Russie, Norvège et Danemark) se sont entendus du même coup avec la Chine, le Japon, la Corée du Sud et  l’Union européenne pour mettre sur pied un programme de recherche et de surveillance commun pour la région.

Un Québécois va « Make Our Planet Great Again »

Frédéric Bouchard, chercheur postdoctoral à l’INRS-Centre Eau, Terre et Environnement, à Québec, figure parmi les 18 étudiants qui ont obtenu des bourses « Make Our Planet Great Again », allouées à des chercheurs par l’État français pour qu’ils viennent étudier en France des questions liées au climat. Ce programme avait été lancé en juin par le président Emmanuel Macron à la suite de la décision des États-Unis de se retirer de l’accord de Paris. Il visait particulièrement les chercheurs américains. Plus de 1 800 candidatures ont été reçues, principalement des États-Unis, d’où viennent finalement 13 des 18 lauréats (parmi lesquels figurent plusieurs Français d’origine). Un deuxième concours sera organisé au printemps. Frédéric Bouchard se joindra au Laboratoire Géosciences Paris-Sud du CNRS pour y étudier la dynamique du pergélisol et des gaz à effet de serre en Sibérie.

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