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La pollution atteint les endroits les plus reculés, les infrastructures sont touchées par les changements climatiques et un matériau tout nouveau pourrait permettre de climatiser les maisons sans énergie!

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Les jeunes adultes américains en crise

Le taux de mortalité a augmenté chez les jeunes Américains de 1999 à 2014, alors qu’il baisse dans tous les autres pays développés depuis 40 ans, selon une analyse publiée dans The Lancet. La hausse est particulièrement élevée chez les autochtones âgés de 30 ans, qui ont vu leur taux de mortalité augmenter de 4,3 % par an durant cette période, mais aussi chez les jeunes femmes blanches de 25 à 35 ans, dont le taux de mortalité a augmenté de pas moins de 3 % par an. Les causes les plus fréquentes de tous ces décès prématurés sont les surdoses de drogues, les cirrhoses consécutives à l’alcoolisme, le suicide et les homicides. En janvier, une autre étude a montré que le nombre d’Américains âgés de 25 à 34 ans morts d’une surdose d’héroïne avait plus que triplé de 2010 à 2015.

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Abysses contaminés

Des quantités «extraordinaires» de BPC et autres polluants persistants viennent d’être trouvées très loin de toute zone industrielle ou habitée, dans les abysses de la fosse des Mariannes et de la fosse des Kermadec, à plus de 10 km sous l’eau. Ces fosses profondes sont situées dans l’océan Pacifique, au nord de la Nouvelle-Zélande. L’équipe d’Alan Jamieson, de l’Université de Newcastle, a utilisé un robot sous-marin pour récolter des amphipodes, de petits crustacés se nourrissant de toute la matière organique qui finit par se déposer dans le fonds de ces failles. Il a découvert dans leurs corps des concentrations de polluants 50 fois supérieures à celles que l’on retrouve dans des espèces de crabes vivant dans les rivières les plus polluées de Chine. Ces polluants ne sont plus fabriqués depuis la fin des années 1970. Pour les chercheurs, il s’agit là d’une preuve de plus que nous vivons désormais à l’ère de l’Anthropocène, dans laquelle les activités humaines ont un effet global sur tous les écosystèmes terrestres. L’an dernier, une mission américaine avait déjà trouvé d’importantes quantités de débris jusqu’à 5 km de profondeur dans la fosse des Mariannes, y compris une canette de Budweiser.

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Le Québec a son Oncopole

La société pharmaceutique Merck vient d’investir 15 millions de dollars dans un nouveau pôle de recherche et développement sur le cancer, lOncopole, qui sera situé à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie, à Montréal. L’argent sera administré par le Fonds de recherche Santé du Québec, qui choisira les initiatives à financer. Il permettra à une cinquantaine de chercheurs de tout le Québec d’accroître leurs efforts de collaboration pour concevoir de nouveaux traitements.

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Vers des panneaux climatiseurs?

Des chercheurs américains viennent de mettre au point un étonnant matériau capable de climatiser une maison sans apport d’énergie. Fabriqué à l’aide de produits peu coûteux, il pourrait être installé sur le toit des bâtiments et permettrait, selon leurs estimations, de maintenir une maison à 20 ºC  quand il fait 37 °C à l’extérieur. Même si on est encore loin d’une application à grande échelle, leur étude, publiée dans Science, suscite beaucoup d’intérêt. Les chercheurs envisagent de tester leur matériau cette année dans une première «ferme de refroidissement» de 200 m² à Boulder, au Colorado.

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Barrages sous haute surveillance

En Californie, 188 000 personnes ont été évacuées la semaine dernière, menacées par la rupture possible de l’évacuateur de crues du barrage d’Oroville. L’administration Trump y a aussitôt vu la preuve que les États-Unis doivent réinvestir dans les infrastructures vieillissantes. Mais le problème est plus fondamental et menace l’ensemble des barrages du monde: il tient aux modifications dans les régimes de précipitation qu’induisent les changements climatiques. Qu’ils soient ou non en bon état, tous les barrages construits dans les décennies passées ont été conçus pour des conditions hydrologiques bien précises et plutôt stables au cours du temps. Le risque que les changements climatiques font courir pour ces infrastructures est bien documenté, notamment dans le dernier rapport du GIEC.

Les précipitations records qu’a connues la Californie après cinq années de sécheresse font dire à certains experts que les conséquences des changements climatiques sur les barrages se feront sentir bien plus vite que prévu. Au Québec, le Vérificateur général avait rendu en 2015 un rapport inquiétant sur les lacunes relatives à la surveillance de la sécurité des barrages, auquel Québec a réagi en juin 2016 en déposant un nouveau Plan d’action. Plus que jamais, la vigilance est de mise…

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L’Inde fonce en sciences

Les autorités indiennes accroissent de 11 % le budget de recherche et développement de l’État, qui atteindra huit milliards de dollars en 2017. L’Inde est cependant encore loin de rattraper la Chine, son concurrent traditionnel, qui a désormais une bonne longueur d’avance en sciences. Le budget de recherche en santé de l’Inde augmente de 31 %. Le pays veut notamment éradiquer quatre grandes maladies de son territoire: le kala-azar, une forme de leishmaniose fatale, en 2017, la lèpre en 2018, la rougeole en 2020 et la tuberculose en 2025. L’Inde accroît aussi de 21 % son budget en recherche spatiale, domaine dans lequel elle a de grandes ambitions. Elle vient d’ailleurs de réaliser une première mondiale en mettant en orbite 104 satellites d’un coup (le précédent record, russe, était de 39).

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