Les centrales nucléaires canadiennes plus résistantes que les japonaises ?

La Commission canadienne de sureté nucléaire donne un faux sentiment de sécurité aux Canadiens en leur laissant croire que les centrales nucléaires d’ici sont plus résistantes que les installations japonaises.

Sur son site, la CCSN publie une « Perspective canadienne» sur le séisme au Japon.

Elle y explique qu’il est très peu probable que des problèmes comme ceux que connaissent la centrale Fukushima Daiichi surviennent au Canada, ce qui est vrai.

Ce qu’elle oublie de dire, c’est qu’un tel accident était aussi peu probable au Japon, où comme partout dans le monde, les centrales sont conçues selon des normes internationales pour résister à un risque sismique supérieur à celui de la région où elles sont bâties.

Comme vous pourrez l’entendre à l’émission Les années Lumière, les experts en sismologie ne s’attendaient pas à un séisme aussi violent au Japon.

La centrale endommagée était quand même conçue pour résister à un tsunami d’une hauteur de plus de 5 mètres, mais c’est une vague de 10 mètres qui l’a frappée. C’est monstrueux.

La centrale nucléaire Gentilly-2, à Bécancour, est installée dans une zone sismique stable et résiste certainement moins bien aux séismes que n’importe quelle centrale du Japon, un pays qui connait plus de 1000 séismes par an. Ce qui ne veut absolument pas dire qu’elle soit plus ou moins sécuritaire.

La CCSN explique par ailleurs que les centrales canadiennes et japonaises sont très différentes, ce qui est vrai. Les premières fonctionnent avec de l’uranium enrichi dans un réacteur contenant de l’eau sous pression, les réacteurs Candu canadiens utilisent de l’uranium non enrichi enfermé dans des tubes de force noyés dans de l’eau lourde.

Elle omet de nous dire que les deux systèmes sont comparables en terme de sureté nucléaire puisqu’encore une fois, ils répondent aux mêmes normes internationales.

Les réacteurs Candu ont peut-être moins de risque qu’une explosion se produise à cause de la pression dans le réacteur, mais ils pourraient présenter bien d’autres problèmes – notamment au niveau des tubes de force, advenant un événement aussi hors normes que celui qui a frappé la centrale japonaise.

La CCSN insiste enfin sur le fait que tous les éléments de sureté sont redondants dans les centrales canadiennes. C’est vrai, mais encore une fois, c’était aussi vrai au Japon.

Le doublement, voire le triplement de tous les systèmes de sécurité est à la base même de l’exploitation de l’énergie nucléaire partout dans le monde. Il y a certainement des opérateurs moins consciencieux que d’autres, mais avec ses 55 centrales nucléaires situées à proximité de zones fortement peuplées, le Japon n’est certainement pas le moins aux aguets.

Les autorités nucléaires devraient reconnaître publiquement que le risque nucléaire, même s’il est très très faible et bien inférieur à ce qu’en perçoit la population, ne sera jamais complètement nul, même avec les meilleures volontés du monde.

La CCSN a raison de vouloir rassurer la population, puisque les messages les plus alarmistes et délirants circulent à propos du nucléaire. Mais avec ce document, elle nous prend vraiment pour des imbéciles.

Ceci dit, répétons-le encore: tout incident nucléaire n’a pas forcément des conséquences à grande échelle et dramatiques.

Ce qui me rassure pour l’instant, c’est que toutes les actions menées au Japon semblent avoir été prévues dans les mesures d’urgence de la centrale. On est loin de l’improvisation de BP dans le golfe du Mexique. Pourvu que ça dure…

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Avec le nuclaire, nous sommes probablement nulle part en sécurité sur Terre. Mais il y a des endroits où c’est pire. Un pays comme le Japon est littéralement assis sur des zones explosives en matière de séismes. La vallée du Saint-Laurent aussi, direz-vous. Vrai, mais le jour où nous vivrons un séisme de 9+ au Québec sur l’échelle Richter, les coqs auront aussi des chances de donner des oeufs… Et d’ailleurs, au Japon, n’est-ce pas le Tsunami qui a été plus dévastateur que le séisme en terme d’effets secondaires, même autour des centrales nucléaires? (c’est une question). Encore ici, on en voit pas exactement où exactement une centrale nucléaire canadienne (et encore moins québécoise) pourrait se voir emportée par un Tsunami d’une telle amplitude.

Ce tremblement de terre d’une magnitude 9 n’a apparemment pas endommagé le coeur des réacteurs japonais. Ce sont les systèmes de refroidissement qui ont été mis hors d’usage par cet évènement et le tsunami. La défaillance du refroidissement, voilà le point commun entre tous les accidents nucléaires graves.

La leçon à tirer de cet accident, quel que soit sa gravité est que les centrales nucléaires doivent coûte que coûte être refroidies pendant plusieurs jours quelles que soient les circonstances. Il faut désormais analyser toutes les causes possibles d’un arrêt du refroidissement.

Au Japon c’est le tsunami qui à fait des victimes et certainement plus de dix mille.

Mai c’est le mot « nucléaire » qui fait peur, pas le danger, pas dix mille morts et probablement des centaines de milliers de blessés et de dévastés.

Je vous invite juste à regarder cette simulation numérique, effectué par les équipes du département d’analyse et de surveillance de l’environnement (Dase) du CEA (France) qui représente la propagation du tsunami généré par le séisme. Et également de visionner cette vidéo; on comprend alors mieux les dégâts qu’un tel phénomène a pu engendrer, en particulier, au niveau de certaines centrales nucléaires proches de la mer :
http://bioecologie.over-blog.com/article-un-seisme-et-un-tsunami-de-grande-ampleur-frappe-le-japon-69337215.html

La leçon qu’il faut tirer ici au Canada de cet horrible désastre c’est que l’on ne doit pas laisser les politiciens congédier des experts du domaine lorsqu’une recommande des mesures supplémentaires pour protéger un site des secousses seismiques.

Il existe une différence fondamentale entre les CANDU et les PWR ou BWR: l’enrichisement de l’uranium. C’est toute une différence quand vient le temps de parler de sureté. L’uranium naturel doit baigner dans de l’eau lourde (isotope rare de l’hydrogène) afin de générer de la chaleur et par le fait même dégager de la radiation. Quant à l’uranium enrichi, le seul fait de l’immergé dans de l’eau ordinaire le fait réagir. Donc un des problèmes à Fukushima est que lorsque l’on asperge le combustible ou le réacteur d’eau salée pour le refroidir, cela stimule le combustible qui émet plus de chaleur et de radiation, ce qui vient compliquer l’opération de refroidissement. A Fukushima, il faut absolument mélanger à l’eau un absorbeur de neutron comme de l’acide borique pour étouffer la fission nucléaire de l’uranium enrichi. C’est ici qu’intervient un élément de sureté des CANDU : asperger d’eau ordinaire ou salée le combustible d’un CANDU et rien ne se produira autre que son refroidissment.

En cas d’accident, le combustible enrichi(5 à 7 fois plus d’uranium fisible que l’uranium naturel) génère beaucoup plus de chaleur et de radiation et sa gaine va se dégrader beaucoup plus rapidement à cause de l’énergie latente des produits de fission que l’on retrouvent en grande quantité.

La CCSN à raison de mentionner que les CANDU sont sécuritaire, et c’est effectivement la conception de réacteur commercial la plus sécuritaire grâce à l’utilisation de l’uranium naturel.