Les croisières : un risque important de santé publique?

Alors que le bilan du naufrage du Costa Concordia s’est alourdi, bien des personnes s’interrogent sur la sécurité des croisières, dont la popularité ne cesse d’augmenter. Y a-t-il lieu de s’inquiéter?

«Les croisières posent un risque important pour la santé publique», peut-on lire en introduction de l’Énoncé sur les voyages en bateau de croisière, produit par le Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages de l’Agence canadienne de santé publique en 2005.

Pas très rassurant comme entrée en matière !

Bien heureusement, il ne s’agit là que d’une mauvaise traduction de la phrase d’introduction en anglais, bien moins alarmiste:

« Cruises pose a potentially important public health challenge».

Le mot clé, vous l’aurez compris, c’est «potentiel». Toute une nuance!

Dans les faits, l’élément le plus inquiétant rapporté dans ce document concerne la manque de réglementation de la pratique médicale à bord des navires de croisières, dont la qualité varie énormément.

Pour déterminer le nombre de médecins à bord, par exemple, les compagnies doivent seulement suivre des lignes directrices qui n’ont pas force de loi, et les programmes d’inspection des navires par Santé Canada, pour ceux qui accostent dans des ports canadiens, se font sur une base volontaire.

Ceci dit, la plupart des compagnies sérieuses y participent, et l’hygiène à bord s’est beaucoup amélioré dans les dernières décennies.

On peut consulter en ligne les dernières notes des navires inspectés.

Voici donc les quatre principales causes de consultations médicales à bord d’un navire de croisière:

– les problèmes de santé préexistants (maladies cardiaques par exemple) : c’est de loin la cause numéro 1 de consultation à bord et d’évacuation d’urgence;

– les infections respiratoires comme les rhumes et la grippe, favorisés notamment par la promiscuité et la saison hivernale;

– les chutes dans les escaliers;

– les affections gastro-intestinales, qui restent relativement courantes à bord des navires.

Après une éclosion importante de norovirus  au début des années 2000, le nombre de cas est en baisse, mais ce virus bénin, qui donne diarrhées et vomissements pendant 1 à 2 jours, est toujours présent.

Si vous voyagez aux États-Unis, les Centers for Disease Control affichent sur leur site le nombre de cas rapportés par navire à l’issue de chaque croisière.

En gros, quand le virus est là, 2 à 4% des passagers l’attrapent ainsi que 1 à 2% des membres d’équipage.

Pour de plus amples informations sur les croisières, ne manquez pas le site CruiseJunkie tenu par Ross Klein, professeur de sociologie à l’Université Memorial à Terre-Neuve.

Une excellente source d’informations sur «ce que ne vous diront jamais les vendeurs de croisières (concernant notamment le droit du travail à bord, les crimes sexuels, les accidents, l’hygiène, la pollution…). Un must!

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