Les défis du régime forestier

La Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier, adoptée le 1er avril 2010, donne trois ans au ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec et aux compagnies pour se préparer au nouveau régime forestier fondé sur l’aménagement écosystémique.

Les défis du régime forestier
D.R.

Ce régime entrera en vigueur en 2013.

Ce sera la seconde grande réforme de l’industrie forestière au Québec, après l’abolition de l’ancien régime des concessions forestières, dans les années 1980. Le régime actuel, qui repose sur l’attribution de contrats d’approvisionnement et d’aménagement forestier (les CAAF), a déjà du plomb dans l’aile depuis que le Forestier en chef, Pierre Levac, a diminué de plus de 20 % les droits de coupe.

Avec ce nouveau régime, ce ne seront plus les compagnies qui décideront de la manière dont elles entendent récolter le bois qui leur est alloué. Les plans seront établis par les directions régionales du MRNF, après discussion avec les membres de « tables locales de gestion intégrée des ressources et du territoire ».

Ces groupes de travail, formés de représentants de multiples organisations présentes sur le territoire (communautés autochtones, villes, pourvoyeurs, propriétaires d’éra­blières, industrie forestière, associations environnementales…), ont été mis sur pied dans tout le Québec par les conférences régionales des élus.

« Ils ont déjà commencé leur travail et vont faire en sorte que les aspirations de la population régionale soient prises en compte », assure Richard Savard, sous-ministre associé de Forêt Québec, la section du MRNF qui gère l’aménagement des forêts publiques.

Mais bien des doutes subsistent quant à la manière dont le gouvernement va s’y prendre pour se réapproprier l’expertise en planification forestière, tout en basant ses nouveaux plans d’aménagement écosystémique sur des études solides et en consultant réellement la société.

Le bilan d’aménagement durable des forêts pour les années 2000 à 2008, publié en juin 2010 par le Bureau du forestier en chef, dénonçait vertement le système de gestion gouvernemental. Selon ce bilan, le gouvernement ne prévoyait pas les ressources, les programmes de suivi ni la formation nécessaires à la mise en œuvre d’un aménagement forestier durable. La pente à remonter est très raide.

Richard Savard affirme que les choses ont changé. Québec créera 130 nouveaux postes en planification forestière, surtout en région. Mais arrivera-t-on à les pourvoir, alors que les facultés de foresterie ont été désertées ?

« C’est une grosse bouchée à prendre », reconnaît le sous-ministre, qui croit toutefois qu’on recrutera nombre d’ingénieurs mis à pied par l’industrie à cause de la crise. Ces nouveaux fonctionnaires pourront-ils travailler en toute indépendance ? Le Ministère donnera-t-il aussi plus de moyens à ses biologistes pour étudier le territoire ?

 

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