Les déserts alimentaires favorisent-ils vraiment l’obésité ?

Les déserts alimentaires, où il est impossible de se procurer des aliments frais à distance de marche, jouent-ils un rôle important dans l’épidémie de surpoids et d’obésité ? Même si l’idée est très populaire et est défendue notamment par Michelle Obama, et plus près de nous par la Direction de la santé publique de Montréal, les études à ce sujet sont loin d’être toutes concluantes, relate le New York Times dans un long article publié la semaine dernière.

Le quotidien rapporte notamment une étude publiée par Helen Lee dans la revue Social Science and Medicine qui démontre que les quartiers pauvres de la Californie, là où l’obésité fait des ravages, ne sont pas les moins bien fournis en supermarchés.

Cette chercheure du Public Policy Institute of California a croisé les données d’une enquête fédérale sur 8000 enfants californiens, qui recensait leur adresse, celle de leur école et leur poids, avec une banque de données sur les commerces d’alimentation et des données économiques sur les quartiers de résidence de ces enfants.

Or dans les quartiers les plus pauvres, là où l’obésité est très répandue, elle a trouvé deux fois plus de fast-foods, de dépanneurs, et trois fois plus de supermarchés que dans les quartiers plus huppés !

L’étude a été financée par les fonds propres de l’institut, qui n’a pas de lien avec l’industrie alimentaire.

Une autre étude, publiée en mars dans The American Journal of Preventive Medicine, arrive à des conclusions similaires sans être basées sur les mêmes données.

Roland Strum, de la Rand Corporation, un autre centre de recherche indépendant, a analysé quant à lui les données sur l’alimentation de 13 000 jeunes californiens recueillies en 2005 et 2007 par le California Health Interview Survey, et les a couplées avec une base de données sur les commerces d’alimentations et restaurants présents dans les quartiers habités par ces enfants.

Résultat : il n’a trouvé aucun lien entre l’environnement alimentaire des enfants, ie le type de commerces à proximité de chez eux, et leur consommation de fruits et légumes, de lait, de boissons gazeuses et d’aliments de fast-food.

Cette étude a été financée par les National Institutes of Health.

Le New York Times a aussi interviewé Kelly Brownell, directeur du Rudd Center for Food Policy and Obesity de l’université Yale, qui n’a pas participé aux études précédentes.

Selon ce psychologue très réputé, il est toujours facile de réclamer plus de supermarchés, «mais si vous cherchez ce qui pourrait vraiment influencer l’obésité, on prend probablement nos désirs pour la réalité en ce qui concerne l’accès à l’alimentation saine».

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1 commentaire
Les commentaires sont fermés.

Ceci prouve que la pauvreté, c’est plus qu’un manque d’argent.
C’est avant tout une facon de penser et d’agir.
C’est aussi dans les quartiers pauvres qu’il se fait le moins de recyclage de déchets.