Les femmes peuvent aussi avoir le cœur brisé

Les maladies cardiovasculaires sont une source majeure de décès chez les femmes, bien loin devant le cancer du sein.

(Photo: Виталий Смолыгин/publicdomainimages.net)

Il faut parler davantage de la santé cardiaque des femmes. Pourquoi? Tout simplement parce que les maladies cardiaques représentent actuellement la principale cause de mortalité des femmes dans le monde, contrairement à ce que l’on pense souvent.

Il est aussi troublant de constater que les femmes sont moins bien soignées pour des problèmes cardiaques graves comme l’infarctus aigu. Mieux comprendre les conséquences de cette différence sur le diagnostic, le traitement et même la prévention des maladies cardiovasculaires chez les femmes est donc essentiel.

Des maladies cardiaques fréquentes chez la femme

Si l’expression «maladies du cœur» désigne une foule de problèmes cardiaques, la maladie de cœur la plus fréquente, et la plus grave, demeure l’angine de poitrine, qui mène souvent à l’infarctus aigu (la fameuse «crise cardiaque»).

L’angine est causée par l’inflammation et un rétrécissement chronique des artères coronaires, qui nourrissent le cœur. Cela aboutit parfois à un blocage soudain, causant un infarctus aigu se présentant dans 20 % des cas sous la forme d’une mort subite.

Par ailleurs, quand on parle de «cœur brisé», comme dans le titre de cet article, on désigne plus spécialement un infarctus causé par une montée intense de l’adrénaline — par exemple lors d’un stress intense — qui provoque un syndrome assez particulier, rencontré plus fréquemment chez les femmes et n’impliquant pas nécessairement un rétrécissement chronique des artères coronaires. Ce syndrome demeure assez rare et on le diagnostique bien moins souvent que l’infarctus aigu «classique».

Les maladies cardiovasculaires, dont l’infarctus aigu fait partie, représentent donc une cause de décès majeure chez les femmes du monde entier, qui ont plus de risques de mourir d’une maladie cardiovasculaire que de toute autre maladie.

Pour faire une comparaison troublante, le décès par maladie cardiaque est sept fois plus fréquent que celui dû au cancer du sein chez les femmes!


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Certaines femmes sont plus à risque

Les femmes du Sud-Est asiatique sont particulièrement vulnérables aux maladies cardiaques, même si elles semblent avoir de manière générale un meilleur poids santé — un facteur de risque reconnu de la maladie cardiaque.

Par ailleurs, les femmes des Premières Nations sont chez nous bien plus susceptibles de souffrir de maladies cardiaques que les femmes non autochtones, notamment en raison d’une présence accrue de facteurs de risque pour l’infarctus — tels le diabète, l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie — et d’antécédents familiaux de maladies du cœur.

Si, comme pour les hommes, vieillir constitue un facteur de risque puissant pour la maladie cardiaque chez les femmes, l’après-ménopause est une période où le risque augmente substantiellement. Les maladies du cœur touchent en effet les femmes de tout âge, mais sont nettement plus présentes après 55 ans. Avec l’âge, les femmes sont même plus sujettes à contracter une maladie du cœur.

La cause de cette augmentation des maladies du cœur chez la femme vieillissante demeure l’objet de débats, mais elle est probablement liée à la baisse des œstrogènes, qui protègent de la maladie vasculaire la femme plus jeune.

Enfin, il semble également que le stress aurait un effet délétère majoré chez la femme, par rapport à son effet chez l’homme. Par exemple, on sait que les tensions professionnelles augmentent davantage les risques de maladie cardiaque chez les femmes.

Celles qui occupent un emploi où la tension est grande présenteraient ainsi un risque à moitié plus élevé de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et d’opération cardiovasculaire. Le risque d’infarctus doublerait si la femme occupe un emploi où le stress est soutenu.


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Des difficultés diagnostiques

Si on a longtemps affirmé que les symptômes d’infarctus sont bien différents chez la femme et chez l’homme, la réalité n’est pas aussi évidente qu’on le croyait.

Le plus probable est que les symptômes se ressemblent, mais que tout le monde, des patientes aux soignants, n’y est pas aussi attentif, parce qu’on juge erronément les femmes moins à risque. Il est aussi possible que les femmes réagissent différemment à leurs symptômes et les expriment moins clairement.

Ce qui est toutefois sûr, c’est que les symptômes graves ne sont pas aussi facilement reconnus par les soignants, et par conséquent, plus de patientes en meurent.

Il faut dire qu’un infarctus aigu ne se manifeste pas toujours par le classique serrement intense et soutenu dans la poitrine. Il se révèle souvent, surtout chez les personnes plus âgées, mais peut-être aussi chez les femmes, par des symptômes moins spécifiques. Ainsi, l’essoufflement, les nausées, une douleur au dos plutôt que dans la poitrine ou même une fatigue intense constituent parfois des symptômes confondants d’infarctus, ce qui rend d’autant plus difficile le diagnostic.

Mieux soigner les femmes

Il faut savoir aussi que certains examens courants, comme le tapis roulant, sont moins efficaces chez les femmes, c’est-à-dire qu’ils permettent moins souvent de détecter un problème réel (faux négatifs), ou au contraire indiquent plus souvent des résultats anormaux malgré l’absence de maladie cardiaque (faux positifs).

D’où le recours plus fréquent et approprié à d’autres options, comme l’échographie d’effort, les examens de médecine nucléaire ou encore le scan coronarien.

En somme, les femmes sont donc soignées différemment des hommes pour la même maladie cardiaque, en étant moins souvent admises dans une unité de soins intensifs, ce qui est malheureux, parce qu’il y a des conséquences.

Outre un taux de mortalité plus élevé à la suite d’un infarctus, le risque de récidive de crise cardiaque est également plus important.

Tout cela montre le chemin qu’il reste à faire quand on parle de maladie cardiaque chez la femme. Il y a nécessité d’en parler davantage, notamment en sensibilisant mieux les femmes et les soignants au fait que les maladies cardiaques sont fréquentes chez les femmes et qu’il faut donc apprendre ensemble à mieux les soigner.

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6 commentaires
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Si la médecine connait maintenant les grandes différences dans les symptomes des hommes et des femmes, il n’y a plus AUCUNE raison que les femmes soient moins bien soignées lorsqu’on va à l’urgence, ce qui a toujours été le cas, ce qui est encore le cas.

«…il n’y a plus AUCUNE raison que les femmes soient moins bien soignées lorsqu’on va à l’urgence, ce qui a toujours été le cas, ce qui est encore le cas.»

Pourriez-vous être plus précise?

HEIN??? Les femmes seraient moins bien soignées que les hommes?

Une Femen???

SVP envoyez-nous vos preuves ou à tout le moins, vos références.

Les maladies cardiovasculaires tuent 7 fois plus de femmes que le cancer du sein.
Est-ce vrai aussi pour les femmes de moins de 70 ans ?

Sœur qui souffre d’essoufflement, douleur atroce au dos, nausée depuis quelques heures. À l’urgence, après vingt.minutes le soignant lui dit qu’elle n’a rien. Retour à là maison, une nuit pénible.. Retour à l’urgence, arrêt cardiaque à l’arrivée.. Réanimation, soins intensifs. Trois jours plus tard, 2ème arrêt cardiaque, décès. 67 ans.
Dans les statistiques, les femmes ne souffrent pas de problèmes cardiaques. Elles décèdent: « »mort naturelle » »