Les food miles en trois questions

Pour Claude Villeneuve, titulaire de la chaire en éco-conseil sur le développement durable à l’UQAC, l’argument du kilomètre alimentaire a ses limites.

Mettez-vous en doute la pertinence de calculer les kilomètres alimentaires des produits que l’on consomme ?

– Non, cette notion est très importante dans l’établissement d’un bilan environnemental, social et éthique de la consommation. Mais des nuances s’imposent. Par exemple, ce n’est pas le transport d’un aliment par bateau qui entraîne les effets les plus graves sur l’environnement, mais bien la distribution de cet aliment par camion à l’intérieur du Québec et les déplacements des consommateurs vers les épiceries.

D’autres facteurs entrent donc en ligne de compte…

– Et pas les moindres. L’aliment que vous achetez a-t-il été transporté dans un camion réfrigéré ? Combien de kilomètres parcourez-vous pour aller à votre épicerie ? Quelle est la politique de distribution de votre chaîne de supermarchés ? À quelle fréquence allez-vous à l’épicerie chaque semaine ?

Quels comportements devrions-nous adopter dans notre approvisionnement en denrées alimentaires ?

– Allez à l’épicerie la plus près de chez vous ou à celle devant laquelle vous passez lorsque vous revenez du travail, par exemple. Choisissez des aliments de saison. Ils sont souvent cultivés localement. Les grandes chaînes doivent aussi fournir leur part. Leur système centralisé de distribution, qui fait qu’un brocoli cultivé au Saguenay doit être envoyé à l’entrepôt de Montréal avant de revenir dans les épiceries du Saguenay, est aberrant. Il implique des frais de déplacement, des émissions de CO2 et il use notre réseau routier. Qui paie pour ça, en fin de compte ? Le consommateur.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie