Les leçons de Fukushima (et leur impact pour Gentilly-2…)

Il faudra probablement dix ans avant que l’on puisse tirer des leçons claires de la catastrophe nucléaire de Fukushima, a déclaré André-Claude Lacoste, président de l’Autorité de sûreté nucléaire française lors du forum organisé par l’Agence de l’énergie nucléaire de l’OCDE à Paris et par la présidence française du G8.

Pourtant, les premières analyses commencent à être publiées.

La plus importante est le rapport (version anglaise, à télécharger chapitre par chapitre) de 750 pages remis par le gouvernement japonais à l’Agence internationale de l’énergie atomique, en prévision du sommet sur la sûreté nucléaire qu’elle organise à Vienne du 20 au 24 juin.

Même dans ce document volumineux, on en est encore à avancer des hypothèses sur ce qui s’est passé lors du passage du tsunami et dans les jours suivants.

Le gouvernement japonais dresse quand même déjà une liste de 28 leçons à tirer de l’accident.

Problèmes de conception (le risque de tsunami a été clairement négligé), de communication avec la population, les autorités locales et internationales, de modélisation et de la quantité de rejets radioactifs dans les premiers jours suivant l’accident, de formation en radioprotection des employés, d’études scientifiques sur lesquelles s’appuyer pour décider de l’ampleur de la zone à écvacuer… 

Je vous passe les détails mais en résumé, disons qu’il s’agit d’une sérieuse remise en cause.

À quel point ce mea culpa va-t-il évoluer pour être encore plus sévèrement jugé par la communauté internationale, ou pour être relativisé? Quelles leçons vont en tirer les autres pays où même si le risque de tsunami est moins important, la probabilité d’un événement exceptionnel quel qu’il soit est comparable? Cela reste à voir.

Un autre bilan intéressant, beaucoup plus court (3 pages) et en français, a aussi été publié cette semaine par Jacques Repussard (pdf), directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire et président du conseil scientifique de l’Agence pour l’énergie nucléaire.

On peut notamment y lire que:

Les technologies nucléaires existantes ne peuvent pas atteindre les hauts niveaux de sûreté attendus sans investissements supplémentaires significatifs, aussi bien  pour les réacteurs existants que pour les réacteurs de nouvelle génération, y compris en ce qui concerne leur adaptation à leur site de construction.

Si on en doutait encore, il semble désormais clair que Fukushima va faire monter le prix du nucléaire dans les prochaines années.

Voila qui doit certainement faire réfléchir Hydro-Québec, qui n’a toujours pas donné de nouvel estimé pour les travaux de remise à neuf de la centrale de Gentilly-2, évalués à près de deux milliards de dollars avant l’accident japonais.

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Un site aux tendances libertariennes a fait cette comparaison intéressante : le nucléaire est à la droite ce que le solaire/l’éolien est à la gauche, c’est-à-dire un trou sans fond dont le cout de construction (surtout le nucléaire) et d’exploitation (y fait pas toujours soleil/y vente pas toujours, ce qui oblige le recours à d,autres énergies) entraine une hausse fulgurante des couts d’électricité.

Ça fait depuis les accidents de Three mile Island en 1979, en Pennsylvanie aux États-Unis et celle de Tchernobyl près de Kiev en Ukraine en 1986 que l’opinion publique est inquiète de la sécurité dans les centrales nucléaires. Les centrales nucléaires rejettent des particules radioactives dans l’air, l’eau et l’environnement. Les micro-organismes, les plantes et les animaux sont sensibles aux radiations. Ces radiations modifient leurs codes génétiques. Ces modifications sont même transmises à tous leurs descendants. C’est toute la chaîne alimentaire jusqu’à l’être humain qui est affectée. Nous devons décider du sort de notre seule centrale nucléaire, Gentilly-2 qui possède un réacteur nucléaire Candu pour Canada Deutérium Uranium. Située à une vingtaine de kilomètres de Trois-Rivières, cette centrale arrive en fin de vie en 2011. Nous devons trancher entre un scénario de fermeture ou sa réfection. Moi ça fait longtemps que je suis décidé. Fermez-moi cette cochonerie.

@lemoutongris,

De toute façon le coût de l’énergie va aller en augmentant. Car ce sont encore les énergies fossiles (huile,pétrole et gaz) qui fournissent la plus grande part de l’énergie consommée actuellement. Or l’extraction des énergies fossiles est de plus en plus coûteuse pour la simple raison que la part qui était facile à extraire a déjà été consommée. Maintenant on a recours à l’extraction des sables bitumineux qui consomme l’équivalent de 3 barils de pétroles pour en extraire 4. Les forages sous-marins sont de plus en plus profonds. Il n’y a que le charbon qui est encore peu coûteux à extraire.
Mais le charbon c’est polluant en diable.

Avec l’augmentation des coûts de production des énergies fossiles et grâce à la recherche qui se fait présentement sur l’énergie solaire, dans quelques années le solaire sera rentable.

C’est certain qu’il y a de nombreux défis à relever en ce qui concerne le solaire: réduire les coûts de production et surtout trouver une méthode économique de stocker l’énergie produite pendant les périodes d’ensoleillement pour la consommation en période creuse.

Je suis plutôt optimiste en ce qui concerne l’avenir du solaire. A mes yeux c’est la plus belle source d’énergie, disponible partout sur le globe. Je ne doute pas que les scientifiques vont finir par trouver une méthode pour produire des cellules économiques, durables, fiables avec un rendement de plus de 20%. Le record actuel en terme de rendement est de 24% pour des cellules encore à l’état expérimental.

A part les énergies nucléaires et fossiles il y a de nombreuses alternatives:
éolien, solaire, hydrolien, géothermie, bio-énergie et sûrement d’autres que j’oublie.

A ne pas manquer dimanche 12 juin 18:30hres à Radio-Canada un reportage sur la plus grande centrale solaire au monde qui est à Sarnia en Ontario.

Le document de M. repussard est un plaidoyer pour augmenter les budgets de recherches en sûreté nucléaire mais je ne crois pas que ses recommandations auraient atténué l’accident de Fukushima. Ma compréhension des évenements est que les autorités de sûreté japonnaises ont manqué à leurs devoirs dans l’évaluation des conséquences d’un tsunami et ont été complices en cautionnant le laxisme de TEPCO.

Déja dans les années 90, Gentilly-2 a dû construire une centrale thermique à proximité pour se prémunir de la perte du réseau combinée à une perte des diesels (bien avant le verglas). La centrale de Point Lepreau est située à proximité d’une centrale thermique pour les mêmes raisons(Colsen Cove). Je ne comprend pas pourquoi le Japon avec toute son avancée technologique n’ait pas poussé plus loin son analyse de sûreté et réalisé la fragilité du site lors d’une action combinée d’un tremblement de terre suivi d’un Tsunami.

Revenenons à Fukushima. Compte tenu que la centrale de Fukushima est d’un modèle controversé (selon le Washington Post, GE aurait convaincu le NRC à la fin des années 50 que les réserves d’uranium ne justifiaient pas la rentabilité d’un réacteur équipé de systèmes de sûreté), qu’il n’a pas de système pour mitiger une perte de refroidissement (recombineur d’hydrogène ou système d’arrosage), qu’il utilise de l’uranium enrichi (produits de fission en grande concentration et réaction avec l’eau ordinaire) et que le volume de l’enceinte de confinement est à toute fin pratique inexistant, tous les ingrédients étaient réunis pour que l’on observe de notre salon la destruction des réacteurs 1 à 3.

Il y aura des conséquences à Fukushima mais dans une direction diamétralement opposée au développement durable. Une conséquence bien visible sur la scène internationale est une accélération de la production des gaz à effet de serre. Pendant que tous les biens pensants pestent contre le nucléaire et les gaz de schiste, la réalité est que 89% de nos besoins énergétiques sont comblés par les combustibles fossiles et leur croissance est de 5-10% annuellement. L’Allemagne, la Suisse et la Japon parlent de décroissance nucléaire pour les remplacer par des centrales aux gaz et au charbon. L’allemagne planche sur la fermeture des ses 17 réacteurs nucléaires et la construction de 19 nouvelles centrales thermiques. L’Allemagne a besoin du nucléaire/fossile pour subventionner ses énergies vertes après tout. Il me semblait que la menace la plus imminente pour l’espèce humaine était le CO2? Je crois que Fukushima est une bénédiction pour l’industrie du gaz de schiste. D’ailleur Québec Science mentionnait que le président de TVA, un grand opérateur électronucléaire américain, ne jure plus que par les centrales aux gaz car c’est très payant, ne laisse aucun résidu et aucun effet directe sur l’environnement n’est visible … une douce pollution quoi.

@Lemoutongris Pour l’instant le photovoltaïque produit plus de pollution par kWh que bien des technologies parce que cela prend bien des années pour récupérer les coûts de fabrication en énergie produite.

Ce ne sera peut-être pas le cas dans 10 ans mais c’est la situation aujourd’hui. Après l’hydroélectricité, c’est l’éolien qui est le moins polluant dans le renouvelable.

Fukushima nous donne essentiellement cette leçon : il nous faut prendre en compte des types de risques qui dépassent très largement nos capacités d’anticipation et de résistance.

Cela indique clairement que nous ne pourrons jamais rendre le nucléaire « sûr » avec la conséquence que si un événement a priori improbable survient nous devrons subir des dégâts éventuellement démesurés par rapport aux avantages que nous aurons tiré du nucléaire : c’est le cas Fukushima précisément.

Maintenant la question du coût, soit de la poursuite soit de l’abandon du nucléaire : il faudra de toutes façons payer pour sortir du nucléaire, peu avant, mais énormément après si un accident grave survient.

Question développée dans « Le nucléaire c’est Hitler en 1933 » (http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-nucleaire-c-est-hitler-en-1933-95863).

@cas59 Encore un cas de délire paranoïaque. L’auteur ne sait véritablement pas de quoi il parle. Il y a de nombreuses observations indépendantes qui confirment la version officielle. Évidemment, pour ce genre de zozo, toute information contradictoire fait de facto partie du grand complot.

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